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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 23:58

 

 

« Tous les crève-cœurs de l’enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n’est rien d‘autre qu’un réseau de stigmates.»

 

Catherine et Angélique se retrouvent en Haute-Saône afin de vider la maison de leurs grands-parents, à qui elles étaient confiées chaque été. Les sœurs y ont ancré des souvenirs que le temps ne pourra effacer, pas même les vents violents qui ont ce pouvoir de balayer les côtes. Pour Catherine, ils porteront à jamais une cruelle odeur de souffrances, de celles propres aux secrets les plus inavouables. Elles sont là, enroulées dans des sacs de couchage, témoins des années qui se sont écoulées. Ce lieu renvoie, en saccades douloureuses, les échos encore tenaces de ses cachettes, du placard à sucreries, du grenier et de ses charpentes, là-même où il faisait bon se retirer, à l’abri du monde.

 

« Je n’y laissais rien, sinon de la poussière, du silence, du vieux foin, l’odeur de cet été, emprisonnée, la chaleur, les souvenirs de ma solitude. »

 

Catherine nous raconte son adolescence à travers un récit touchant qui laisse forcément des traces dans l’âme du lecteur. Que l’on s’identifie ou non à son histoire, il y aura toujours quelque part des traces universelles de séquelles adolescentes qui traverseront les âges et les époques, certains y échappant plus facilement que d’autres. Femme encore aujourd’hui fragile mais incassable, forte de son vécu, elle est demeurée solitaire, à l’image des personnages mélancoliques du « Grand Meaulnes » d’Alain Fournier. Le pas mal assuré mais la démarche courageuse.

 

Tout a basculé l’été de ses 16 ans. C’était un été chaud. Les gamins de la colonie de vacances avaient pris l’habitude de venir se rafraîchir à la piscine municipale où les deux sœurs se trouvaient chaque jour. C’était à l’âge des amitiés éternelles et des histoires d’amour. Des moqueries, du manque d’assurance, des complexes aussi, du corps qui se métamorphose, de nos timidités, des musiques du coeur et des grands bouleversements qui nous jettent sur le chemin de la vie.

 

« Il fallait se débrouiller dans une mer d’incertitude. Je m’étais jetée à l’eau, très loin, directement en pleine mer, sans avoir jamais appris à nager. »

 

C’était la perte de l’innocence, des yeux qui brillent dans la nuit, la caresse de ses mains, sa peau chaude, son odeur musquée et son sexe qui émerge d’un short trop serré, désireux, tendu vers l’autre, encore malhabile. Étrange mélange de douleur et de plaisir. C’était à l’âge des découvertes et des premiers gémissements à deux. Des jouissances qui libèrent nos corps chargés de désir. L’impression que le temps s’est suspendu. C’est arrivé comme ça, au bord d’une rivière, au milieu d’un champ, entouré d’herbes hautes. C’est même arrivé un peu trop vite, sans qu’on pense à se protéger. Et ça restera notre secret, de remords et de honte, jusqu’à la nuit des temps.

 

« La vraie découverte, ce n’est pas le sexe de l’autre, c’est le sien. Comprendre tout à coup dans une sorte de révélation à quoi ça sert, jusqu’où ça va, pourquoi c’est mou, pourquoi c’est creux, pourquoi c’est mouillé. C’est comme découvrir une nouvelle pièce dans la maison où on habite depuis toujours. »

 

C’était « Le Premier Été ». L’été de nos 16 ans. Et si les années ont passées, les souvenirs ont laissé des traces ineffables qui font encore mal aujourd’hui...

 

Merci à mon complice manU pour ce très beau cadeau riche en émotions. Je viens de découvrir une auteure vers qui je reviendrai, c’est certain :-*

Venez lire ses billets Sous la vague et Ma mère, le crabe et moi

 

Merci à Anne Percin d’avoir écrit un roman aussi fort qui m’a ramenée vers des souvenirs aussi précieux que fragiles.

 

Sous la vague, les avis de Nadège, Jérôme et Noukette

 

Ma mère, le crabe et moi, les avis de Jérôme et Noukette

 

 

 

22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 00:21

 

 

« Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s’affichent en vert. »

 

Antoine pose son regard dans le miroir. Ce reflet de lui-même ne l’effraie pas, ou du moins ne l'effraie plus, à peine se rend-il compte qu’il n’est plus le même homme. Il revient de loin, d’un ailleurs hors du monde. Avachis sur son canapé, son quotidien se résume à fumer des joints. Allumer, tirer quelques bouffées, boire une gorgée de whisky. One Bourbon, One Scotch, One Beer. Sa quête dure depuis un sacré bout de temps déjà. Regard sur le monde environnant, recherche d’identité. Il s’accroche aux souvenirs d’ « avant » - avant la grande dérape – comme pour se cramponner à l’existence. Un décor à son image...

 

« L’herbe est rase. Il a tondu la pelouse hier. Des thuyas malades, jaunis, ferment l’espace. Au milieu du jardin, près de la balançoire rouillée, traîne un ballon crevé. La plaque de bois flotte dans le vide, une corde est coupée, pas nette, tout effilochée. »

 

Où sont passés les secrets de son enfance? L’air doux et les sourires. Tom Sawyer à la lumière d’une lampe de poche, sous les draps. Où sont passés les complots et les espiègleries? Lorette et ses robes à fleurs? Son visage doux et le premier baiser, enlacés dans l’herbe chaude. Envolés dans un nuage de fumée amère. Parce qu’un jour, d’aussi loin qu’il soit, il lui faudra bien revenir. Revenir de loin. Revenir tout court. Même Léa, avec qui il couche de temps en temps, préfère « rester amis ». La phrase qui tue. C’est comme ça quand on ne peut plus faire confiance. Léa est partie.

 

Le récit est parsemé de détails du quotidien qui rendent compte de sa douleur, qui accentuent le drame qui se joue, sous nos yeux de lecteur. Les allers-retours du présent au passé semblent être une façon de se rassurer, enviable ou non, quand tout nous échappe. Serait-ce aussi ce brin de nostalgie qui sommeille au creux de ses tripes? Chez Antoine, le temps s’est un peu arrêté pour tout le monde. Une famille banale, comme bien d’autres, et qui cherche à se retrouver. Mais trop tard. Sa sœur Camille s’isole, fume et sèche ses cours. Elle tente de survivre à une mère dépressive, partie sans donner de nouvelles. Elle se cherche, recherche l’amour. Antoine lui ressemble et en a conscience. Coup de poing au cœur. Tel un boomerang, nos racines nous heurtent parfois en plein visage. C'est comme ça...

 

« Il la regarde et il sait qu’ils sont pareils. À sa démarche, à son regard inquiet, sa réserve et ses ongles rongés, les bouts de peau qu’elle s’arrache. Ils sont pareils. Seuls et pareils dans la nuit des nationales. Sortis sur la pointe des pieds, maladroits… »

 

Olivier Adam m’a offert, une fois encore, une immersion dans un monde où le quotidien est drapé de souvenirs amers. Où l’âme et la mer s’unissent pour rompre la vague meurtrière du temps qui passe. La rumeur des eaux n’est pas loin. Il suffit de tendre le regard, quelque part À l’ouest.

 

« Les vagues s’échouaient sans violence, lourdes et épuisées. »

 

« J’ai fermé les yeux. So long Marianne sur le ressac. »

 

Merci Bison, je deviens complètement accro à ce Adam et ses états d'âme :-* 

19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 19:23

 

 

Vous connaissez Agrippine?

 

On me l’a fait découvrir il y a quelques jours et je me suis régalée! Est-ce que j’ai tout compris dès les premières pages? Non! Je me suis débattue « solide » avec mon Petit Robert et Wikipédia pour arriver à tout décoder dans ses subtilités. Après, on dira que les québécois ont de ces expressions! (sourire) Tout ça pour finalement réaliser que l’Agrippine de Claire Bretécher nage en pleine euphorie de mots directement sortis d’un code langagier propre à son auteure, n’allez donc en chercher les significations nulle part, croyez-moi. Un délire de mots et d’expressions d’ados absolument délicieux, « cool » ou « trop chill » comme diraient les miens. Ah pour ça, elle n’y va pas de main morte. Entre l’inégalable « faiche », la « pouffe », « rouler des gades » et la « prendre remous », le ton est donné! Au fil des pages le jargon se répète et la lecture coule de source, on devient accro puis on se surprend à mourir de rire à chaque planche. Son univers ne m’était donc pas familier, vous l’aurez compris, et c’est ce qui en fait tout son charme. Bref c’est dépaysant, et ça j’adore!

 

Lire Agrippine c’est plonger tête première dans un monde unique fait de personnages colorés - représentation typique de l’ado en pleine rébellion qui pose un regard désabusé sur le monde des adultes. Elle prend un malin plaisir à faire passer sa mère pour une retardée vieux jeu née à l’époque des dactylos (mdr). La honte! Conflit de génération ou mauvaise foi? On s’en doute... Les planches avec la mère sont d’ailleurs mes favorites. C’est aussi l’anticonformiste qui s’allie à des causes, défendables ou non, par pure provocation. Sa devise : gagner le max en faisant le minimum, surtout refuser d’envisager l’avenir. Agrippine est habitée de soucis existentiels et de pensées contradictoires. Elle s’empiffre de coke et de gummy bear, clin d’œil à la malbouffe. Quelques mots pour la décrire : flegmatique, nonchalante, arrogante, râleuse, colérique, excessive, manipulatrice, opportuniste, molle, désabusée… comment ne pas s’attacher? ^^

 

Ces BD sont pleines d’ironie et de sarcasme. Le ton est parfois décalé. L’auteure de la série « Les frustrés » explore, au-delà du monde adolescent, une société capitaliste où triomphe le mercantilisme. Pied de nez ou provocation, elle illustre en page couverture du premier tome un magasine explicite : « Heidegger au Congo » , quand on sait la vision ethnocentriste de Heidegger et ses vues méprisantes de l’Afrique on ne peut s’empêcher de se dire que Claire Bretécher est une femme engagée. Féministe, je ne m’engagerais pas à le supposer, même si j’en reste à peu près convaincue quand je vois le physique de son héroïne. Quant à être « indépendante », certainement! ;-)

 

Merci à l’ami précieux qui m’a offert ces deux albums. Sans oublier de le remercier d’avoir bien voulu se faire le traducteur en franco-québécois :D))

 

Gros becs! J’me suis pas ennuyée « PANTOUTE »!

 

 

 

 

 

14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 13:43

 

Il est de ces belles rencontres, comme de celles que l’on doit au hasard, et qui nous font vivre, à l’image des amitiés uniques, des moments forts. J’entre à la librairie de mon quartier, ayant en tête d’en ressortir avec un joli roman graphique qui me ferait du bien, qui serait comme mon doudou du soir. Et mon regard s’est tout de suite posé sur ce livre, pour y revenir sans cesse. Comme je l’ai trouvé belle cette enfant blottie bien au chaud contre les flancs d’un cerf. Ses yeux sont fermés, il veille sur elle.

 

Guojing nous raconte son enfance. Dans les années 80, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, elle a été profondément affectée par l’isolement et la solitude, que la politique chinoise de l’époque concernant l’enfant unique, avait imposée à une génération d’enfants comme elle, laissés à eux-mêmes. Marquée par cette expérience et inspirée de ce vécu, elle nous dessine les images qui ont coloré son histoire personnelle, sans mots, que par le souffle de son magnifique trait de crayon sépia. Après tout, que serait la force des mots face à la mémoire du temps? Les images se suffisent à elles-mêmes, sans plus de couleurs que celles des souvenirs noirs et blancs, qui s’en font les témoins intimes.

 

 

 

 

À 6 ans, Guojing monte seule dans un autobus qui la mènera chez sa grand-mère, la mamie adorée qui prend si bien soin d’elle. Chemin faisant, elle s’endort. Au réveil, l’autobus est vide. Elle descend, marche et pleure. Pleure de toutes ses larmes. Ses pas s’impriment dans la neige, repère un peu vague que le vent efface, la petite s’est perdue. C’est alors qu’un monde imaginaire s’ouvre à elle, rassurant et cajoleur. Et que le jouet dans la main de l’enfant prend vie sous la forme d’un cerf qu’elle suivra dans une forêt de rêves, tantôt affolante, tantôt apaisante.

 

 

 

 

Un pied dans l’eau, des marches vers le ciel. Bondir sur le lit cotonneux des nuages et tomber. Un phoque qui aide à se relever. Une énorme baleine et une pluie d’étoiles. De nouveaux compagnons. Contempler l’horizon qui se couche en prenant l’ami dans ses bras. Le guider. Rire, pleurer et dire au revoir. Se blottir contre les flancs du cerf et rêver. Retrouver sa mère et pouvoir s’endormir…

 

 

 

 

La richesse graphique de cet album n’est pas sans me rappeler le travail sublime de Shaun Tan. Là où la beauté des émotions nous est communiquée sans le support des mots. Laissant libre cours à nos ressentis, par la force des images intérieures.

 

Ce livre m’a fait du bien. Il m’a procuré un moment de douceur, féérique, un instant douillet où plus rien n’existe que le silence nécessaire pour s’adonner à rêver...

 

 

 

 

Simplement magnifique <3

 

*********

 

Acclamé par la critique, "L’enfant seule" (The Only Child) s’est retrouvé, entre autres, sur la liste des plus beaux livres illustrés pour enfants du New York Times en 2015.

 

« Aujourd’hui, je ne suis plus une enfant et je constate qu’il arrive souvent que l’on se sente perdu. Mais si on cherche un peu, on finit toujours par trouver le chemin qui nous conduira jusqu’à la maison. »

 

Guojing

 

 

 

9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 20:32

 

 

Je m’appelle Galet et plus tard je serai...

 

*********

 

Ce roman graphique est une parenthèse intime, une pause douceur qui touche l’imaginaire.

 

C’est un « Nuage d’eau » sur les échos du ciel.

 

C’est une musique qui fait « La » et parfois « Si », tantôt calme, tantôt agitée. C’est la mélodie du ressac, le vent dans les voiles qui siffle sa cadence, des embruns de promesses, c’est la danse des vagues. Vague à l’âme ou lame de fond.

 

C’est une tempête fragile de colère et d’amer, le cri de la lune qui anime les marées.

 

C’est un cœur de pierre, le sel de la mer. Des larmes iodées, trop de mots égarés. C’est un enfant qui pleure d’avoir su pardonner.

 

« Un galet, ça a un cœur de pierre.

Mon cœur à moi est comme une éponge pleine de larmes. »

 

C’est le chant de l’eau qui heurte le rivage, le tumulte des flots.

 

C’est le soleil qui brille à l’amitié naissante.

 

C’est un phare, un repère, un guide et un refuge. Un chemin, quatre mains. Et des souvenirs qui jamais ne nous quittent.

 

« Je prendrai le large et rêverai de ton rivage. »

 

 

C’est une rencontre entre la mer et ses berges, le présent et le lointain. Entre le bleu des eaux et les nuances du ciel. C’est la chaleur des pieds dans mille grains de sable. Le temps que l’on prend pour s’apprivoiser. Un certain réconfort. C’est une bulle de quête et d’or, un trésor...

 

Galet, c’est une histoire d’amitié entre une petite fille et l’océan, un moment hors du temps. Une fenêtre sur l’horizon, aussi unique que mon complice manU. Merci pour tout... <3

 

C’est le chant de l’Ami.

 

« Alors écoute, écoute-toi, écoute en toi, écoute ton cœur. Je serai là… »

 

*********

 

Je m’appelle Galet et plus tard je serai…

 

Pour lire « Galet » de Christina

 

 

 

21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 19:10

 

« On passe sa vie à construire des barrières au-delà desquelles on s’interdit d’aller : derrière, il y a tous les monstres que l’on s’est créés. On les croit terribles, invincibles, mais ce n’est pas vrai. Dès que l’on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu’on ne l’imaginait. »

 

16 novembre 2095, quelque part dans la « Zone »

 

Lila a grandi dans les bas-fonds de la « Zone », un monde de torpeur. Enfant surdouée, farouche, curieuse et asociale, elle a passé les nuits de son enfance dans un placard. Sa mère y avait installé des couvertures et quelques peluches. De l’autre côté du mur, elle vendait son corps pour tenter de survivre. Petite enfant tombée trop vite dans l’univers des adultes. Maltraitée, séquestrée, privée de nourriture, déshydratée, avec infestation de poux, la gale, des plaies non soignées, de sévères brûlures aux deux mains, ayant entraîné la soudure de quelques doigts, la liste est longue, autant que les séquelles psychologiques. Elle sera incapable de vivre en société.

 

Un jour, des hommes en noir sont débarqués chez elle et l’ont enlevée à sa mère. Elle vivra désormais dans le « Centre », son nouveau refuge, sa prison. Elle sera bourrée d’anxiolytiques et de psychotropes, qui effaceront sa mémoire, par le fait même son passé. Et devra tout réapprendre, à parler, marcher, et quoi encore… une façon de la sauver en remettant les compteurs à zéro? Le « Centre » aura même effacé tout lien juridique entre sa mère et elle. Elle passera ses nuits sous le lit, une forme de bulle protégée du monde, à l’image de son placard. Venant des chambres voisines, ce ne sera plus les gémissements de sa mère mais ceux des autres enfants qui résonneront en elle dans le fracas de douleurs assassines. La réplique parfaite du monde dans lequel elle a grandi.

 

Beaucoup de questionnements émergent de cette lecture, c’est ce qui en fait à mon sens toute sa richesse. En marchant sur les pas de Lila, on cherche à comprendre ce qui peut pousser une enfant martyrisée à fournir autant d’efforts pour retrouver sa mère, son bourreau : maltraitante, droguée, prostituée, alcoolique. Et à lui pardonner. Il ne fait aucun doute que le lien maternel est plus fort que tout, même s’il ne viendra jamais à bout des douleurs inhérentes du désenchantement. Lila prendra conscience du fait que les relations humaines sont complexes et souvent irrationnelles. Que la liberté est angoissante mais n’a pas de prix. En vivant une série de deuils, elle apprendra à garder ses distances et à ne pas s’attacher. Parce que ce sera plus prudent. Et surtout parce que parfois les gens partent et ne reviennent jamais. À l’ère des robots, qu’est-ce que signifie être « humain »? Peut-on définir l’âme? La conscience? Jusqu’à quel point la génétique joue un rôle dans la transmission de nos valeurs? Le plus difficile étant sans doute de trouver des réponses et de retrouver le goût de vivre en société. De faire s’effondrer le mur des méfiances. Mais comment pourrait-on seulement lui en vouloir de penser que les gens ne sont « pas beaux »?

 

J’aime l’univers dans lequel j’ai été conviée en lisant ce roman. Dans un monde qui se veut futuriste - sans aucunement en faire un livre de science-fiction - le livre, sous forme de papier, menace l’humain d’allergies mortelles imputables à l’encre. Nous sommes à l’ère des grammabooks, manipulés avec des gants. Lila fera des rencontres significatives qui changeront le cours de sa vie. Il est des gens, ainsi, qui vous donnent la force d’avancer en dépit des épreuves auxquelles la vie vous aura soumise. Auprès de M. Kauffman, le directeur du « Centre » et spécialiste de l’enfance, elle arrivera à prendre des risques en se rapprochant un peu plus chaque jour du monde dans lequel elle évolue. Respectueux de son rythme, sans ne jamais la brusquer. Il sera sons seul espoir de retrouver sa mère…

 

Un grand merci à mon amie Nadège, Lila est un personnage qui ne s’oublie pas… <3

20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 12:21

 

 

Joyeux anniversaire mon beau Vincent d'amour, déjà 16 ans, je suis tellement fière de toi!

 

Je t'offre cette chanson d'AC/DC, ta favorite <3

 

BANANAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!

(promis j'ferai pas ça devant tes amis ce soir ^^)

 

Ta maman qui t'aime xxxxxx

 

******************

 

Highway to hell

(clicker ici pour voir la vidéo)

 

Living easy, living free
Season ticket on a one-way ride
Asking nothing, leave me be
Taking everything in my stride
Don't need reason, don't need rhyme
Ain't nothing I would rather do
Going down, party time
My friends are gonna be there too

I'm on the highway to hell
On the highway to hell
Highway to hell
I'm on the highway to hell

No stop signs, speed limit
Nobody's gonna slow me down
Like a wheel, gonna spin it
Nobody's gonna mess me around
Hey Satan, paid my dues
Playing in a rocking band
Hey mama, look at me
I'm on my way to the promised land, whoo!

I'm on the highway to hell
Highway to hell
I'm on the highway to hell
Highway to hell

Don't stop me

I'm on the highway to hell
On the highway to hell
I'm on the highway to hell
On the highway
Yeah, highway to hell
I'm on the highway to hell
Highway to hell
Highway to hell

And I'm going down
All the way
Whoa!
I'm on the highway to hell

 

 

 

Published by Nad - dans Musique
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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 15:32

 

« Tant que je pourrai sortir dans le jardin et contempler les étoiles, je ne serai jamais malheureux. »

 

Il m’arrive souvent de nourrir le rêve de partir m’isoler sur une terre sauvage, dans un recoin de monde où la nature nous invite perpétuellement à s’abandonner à vivre. Il n’y aurait que le silence des lieux comme seule boussole, pour guider le chemin des hasards. Chaque rencontre serait source d’émerveillement ; la voix d’un mélèze solitaire, la luminescence d’une aurore, le hurlement du loup à la nuit tombée et même l’odeur du bois. Des heures, droit devant, pour écrire mes pensées et les coucher sur le papier de ma vie qui défile. Un regard furtif posé sur les années passées, non pas pour les regretter, mais pour mieux définir celles à venir. Oui, tout cela me serait suffisant pour avoir le sentiment d’avoir accompli ma vie.

 

Il n’y aurait que le silence des lieux comme seule boussole et seule quête possible...

 

« La lumière n’est rien s’il n’y a pas l’obscurité, tout autour, pour la définir. »

 

Rick Bass et sa femme Elizabeth ont rendu ce rêve possible en allant se terrer dans un Ranch des montagnes de la Yaak Valley, une vallée sauvage du Montana à quelques kilomètres de la frontière canadienne. L’appel d’un retour aux sources, la volonté de vivre d’essentiel. Aucune âme humaine à des kilomètres, à mille milles de toutes les terres habitées. Quelques amis pour briser la solitude, aux moments venus. Un Magasin général et le Dirty Shame Saloon pour abreuver le silence. Une terre d’abondance pour les orignaux, les cerfs, les loups, les ours, les grizzlys et toutes espèces animales qui arrivent à survivre en ces lieux. Ils furent grisés par la beauté de leur nouveau refuge. Ce qu’ils auront perdu en confort, ils l’auront gagné en liberté...

 

« Si le bonheur ne coûtait rien, ça ne vaudrait pas la peine de le posséder. »

 

Les premières neiges pointeront leur nez d’ici quelques semaines. On ressent bien à travers les mots de Rick Bass le mélange d’appréhension et d’adaptation auquel ils devront faire face. Il coupera du bois presque jour et nuit en vue de se faire une réserve pour passer l’hiver. Mélange également de curiosité fébrile, cette neige est attendue avec impatience, on le sent aussi excité qu’un enfant à la vue du premier flocon de novembre, les yeux pétillants et l’envie d’aller se rouler dans toute cette blancheur. Mais parfois aussi, les vents glacials de l’Alaska leur fouetteront le visage. Ils provoqueront la sensation de lacération sur la peau distendue.

 

« Tant pis s’il fait froid. La beauté en vaut la peine. »

 

L’humidité s’infiltrera à travers chaque interstice. Sans électricité – une seule radio à ondes courtes - les nuits seront noires et tomberont à moins 40. La voiture sera munie de sièges chauffants et de pneus d’hiver. Les tuyaux risqueront de geler et gare à vous si vous croisez Bigfoot dans les montagnes, il est sacrément plus gros qu’un grizzly en période de rut. Mais il faut s’être collé au moins une fois dans sa vie à ces lieux aux limites de la nature extrême, pour pouvoir se dire, en contrepartie, qu’il n’y a pas plus bel endroit au monde que le spectacle offert par ces forêts à perte de vue, ces lacs et glaciers, ces aurores boréales et le chant des étoiles...

 

« Je découvre, ici, des vérités sur moi-même. »

 

L’auteur, fondateur de l’Association de sauvegarde des forêts de la vallée du Yaak et écologiste américain, est visiblement préoccupé par la survie des forêts et la négligence de l’homme face à son environnement. Plusieurs passages du livre mettent en lumière sa conscience écologiste, notamment les opérations minières, les coupes à blanc et la surcombustion du bois de chauffage, sans oublier les espèces disparues.

 

Oui, il m’arrive souvent de nourrir le rêve de partir m’isoler sur une terre sauvage, dans un recoin de monde où la nature nous invite perpétuellement à s’abandonner à vivre. Il y aurait des forêts à perte de vue, des lacs et des glaciers et le chant des aurores. Le silence serait porteur de mille mots tendres. Puis, chemin faisant, j’irais danser sous les étoiles...

 

« Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir enfin l’impression d’être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes. » - Jim Harrison

 

Quel bonheur d'avoir partagé cette lecture avec manU, mon sweet bûcheron des marais :-*

 

 

 

12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 18:05

 

 

« Tu es davantage un homme qu’ils ne le seront jamais. »

 

Louisiane, années 40. Les afro-américains vivent à l’époque culminante des pires discriminations raciales. Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard que Martin Luther King abolira la législation à l’origine de la ségrégation du peuple Noir. Avec le Mouvement des droits civiques aux États-Unis, il visait l’égalité des droits pour les Noirs américains. Héros immortel et figure emblématique, le militant pacifiste s’est battu pour la justice et la liberté des hommes. Il fit exploser le mur de l’intolérance raciale.

 

Louisiane, année 40. Martin Luther King n’avait pas encore prononcé son discours, I have a dream today! Et Jefferson, notre héros, 21 ans, sera condamné à la chaise électrique. Les membres du jury, douze hommes blancs, en ont décidé ainsi. Le verdict a été rendu : coupable de meurtre avec préméditation, bien qu’aucune preuve n'a pu être administrée afin de l’incriminer. On le disait idiot et illettré. Mais Jefferson ne serait seulement pas arrivé à blesser un homme par ses mots, même en y mettant toute l’ardeur de sa rage. Il fut coupable d’être Noir, sans plus. Il devait aller dans le marais ce jour-là, mais s’était plutôt retrouvé avec Brother et Bear chez un marchand de vins. Un blanc fut tué. Deux voleurs sont morts et le troisième, notre héros, s’est fait prendre. Être à la mauvaise place, au mauvais moment. De ces hasards qui vous condamnent à mourir.

 

« Vous voyez, je vous l’avais dit. Je vous avais dit que c’était un homme. »

 

Lors de son procès, Jefferson est traité comme un porc, rien de moins qu’un animal à jeter aux ordures. Miss Emma, sa marraine, implorera Grant Wiggins, son professeur, d’en faire un homme. Il n’aura que quelques semaines pour l’accompagner, de ses visites en prison, et faire en sorte qu’il puisse mourir dignement. Mais peut-on se rendre digne de mourir? Devient-on un homme d’avoir gardé la tête haute? Comment peut-on seulement tenir sur ses jambes quand on longe ce long corridor étroit? Est-ce cela, mourir debout? À quoi peut penser un homme dans ses derniers jours? Quel est le poids de l’attente? Si vous saviez la charge émotive des questions qui m’ont traversé l’esprit en lisant ce roman. Je ne me fais aucune illusion. Je sais que jamais je n’aurais eu la force d’accompagner cet homme et de poser mes yeux dans son regard. Me sachant blanche et consciente des atrocités que mon peuple est en mesure de lui faire subir, ainsi qu’à des milliers de ses semblables. Comment aurais-je seulement pu me montrer à sa hauteur, ayant conscience que j’aurais faibli devant son courage?

 

Grant Wiggins, son professeur, était Noir. Il faisait la classe dans une église de plantation. Ses parents ont travaillé dans les champs au temps de l’esclavage. Si je vous mentionne ces détails, c’est pour vous dire qu’en dépit du fait qu’un homme soit issu des mêmes racines, il arrivera à faiblir devant ses semblables. Il se sentira sans doute même encore plus coupable et impuissant. La rage lui tenaillera les tripes et lui torturera l’âme. Parce qu’il prendra conscience que les hommes sont capable de tout, mais surtout d’intolérance. 

 

À mes yeux, il sera un Homme, un héros.

 

« Un héros agit pour les autres. Il ferait n’importe quoi pour les gens qu’il aime, parce qu’il sait que ça rendrait leurs vies meilleures. »

 

Un immense merci à toi Jérôme de m’avoir fait connaître ces hommes de courage. L'histoire de Jefferson m'a marquée au fer rouge. Je ne l'oublierai jamais.

 

 

*****************

 

 

Extrait du discours de Martin Luther King en 1963

 

« I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal."

 

I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.

 

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

 

I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

 

I have a dream today! »

 

 

 

10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 01:33

 

 

Douloureux… C’est le mot qui vient en sortant du dernier film de Xavier Dolan…

 
Je trouve aussi que c'est le bon mot, la douleur de ce fils qui revient après plusieurs années d'absence annoncer sa mort. Il choisit de s'entourer de sa famille pour briser le poids de la solitude. Puis il repart, plus seul encore, étranger dans un univers familial fait de violence contenue et de vieilles rancœurs. Chacun est emmuré dans son indifférence, le poids de ses conflits avec l’autre. C’est donc ça l'égoïsme?
Les silences et les regards dans ce film m'ont arraché le cœur.
Douloureux, c'est le bon mot...
 
Oui, les regards. D'incompréhension, fuyants, interrogateurs, suppliants. Perdus.
Notamment ceux du personnage de Marion Cotillard. Tellement effacée, tellement horripilante, par ses multiples hésitations, et à la fois tellement troublante, tellement touchante. J’ai eu mal pour elle.
 
Si j’ai souffert pour l’un des personnages c’est bien elle. On sent qu’elle porte douloureusement la solitude de chacun. Ils sont tous dépassés par l’incapacité d’accueillir la souffrance de l’autre. Son âme est sur le point de se fissurer. Elle semble supplier celui qui croise son regard de la libérer. Regard désespéré, dissocié de la réalité, sur le seuil de la rupture.
Il existe plus grande solitude tu crois?
 
Je ne sais pas mais on a mal pour elle. Tellement enfermée, empêtrée, avec une telle volonté de bien faire, incomprise alors qu'au final, elle est la seule à comprendre...
C'est vraiment un huis clos oppressant. Étouffant. Suffocant.
Et le seul moment où l'on sort de la maison, je pense à la scène dans la voiture, c'est encore pire. Un lieu en mouvement, avec vue sur la nature extérieure et pourtant, c'est terrible. Encore plus oppressant.
 
J’y ai beaucoup réfléchit en sortant du film. C’est quand même fort, elle est la seule à avoir un lien indirect avec la famille et à la fois la seule à comprendre. Son « détachement » lui donne sans doute la force d’écoute que les autres n’ont pas. L’écoute à travers le regard et les mots…
J’ai eu du mal avec la scène de la voiture, j’avais l’impression d’étouffer. J’aurais voulu ouvrir cette maudite portière pour que Louis échappe à la violence de son frère. C’était tellement insupportablement bien joué que je ressentais une angoisse terrible en moi, il me semble que la scène n’en finissait pas! Comme tu dis, le lieu était en mouvement et en même temps figé dans un espace restreint auquel il est à peu près impossible de fuir sinon qu’en se jetant par la fenêtre. Quelle torture!
 
Aucune échappatoire possible !
Globalement, les acteurs sont remarquables. Moi qui ne suis pas très fans de Vincent Cassel et encore moins de Léa Seydoux, les deux m'ont vraiment bluffé, notamment dans les dernières scènes. On vit avec eux, l'impression qu'ils ne jouent plus mais qu'ils sont.
 
Oui, ils sont tous exceptionnels, Dolan arrive à les mettre en valeur à travers leur rôle. Je ne suis pas non plus une grande fan de Cassel et Seydoux et pourtant ici ils m'ont laissé sans voix, surtout Cassel. Je me dis que quand j'arrive à autant détester la personnalité d'un acteur; c'est qu'il a vraiment fait son travail! J'aurais eu envie à quelques reprises de le secouer un peu, il faut dire que les colériques je les fuis comme la peste!
 
Un film de Dolan assez différent même si on retrouve sa patte. Gros plan, regards, ralentis.
Et notamment dans ces intermèdes musicaux pour le moins décalés. Inclure le tube d'O-Zone dans ce film, il fallait oser !
 
Il m’a tellement fait sourire avec ce clin d’œil musical! Je me suis rappelée le fameux On ne change pas de Céline Dion dans Mommy, une chanson que personne n’oubliera jamais, et pour cause! :D
J’ai lu quelque part que la bande sonore originale est l’œuvre de Gabriel Yared, le même compositeur qui a produit la bande originale du Patient anglais. Je crois que c’est la seule musique de film que je ne me suis jamais achetée dans ma vie. Elle m’avait procuré des émotions fortes, vingt ans après le film il m’arrive encore de l’écouter. Quel talent!
 
Quel talent, c'est aussi ce que je me suis dit à propos de Xavier Dolan après avoir vu ce film !
 
Dolan, sacré jeune prodige, ne cessera jamais de m’étonner! J’attends déjà le prochain avec impatience.
Voilà, je retourne à mon bol de popcorn extra beurre…….. ^^
Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad!
 
Pour lire l'excellent billet du Bison d'un Déjeuner de Famille 
 
Et le tout aussi excellent billet de Guillome From the Avenue
 

 

 

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