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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 00:00

 

Aujourd’hui c’est le 13 octobre et un gentil toutou tout sweet s’ennuie dans sa poubelle qu’il partage avec Chaplapla, son ami chat.

 

Ohhhhhh qu’il s’ennuie…… et personne pour venir lui souhaiter joyeux anniversaire! Pas même Chaplapla, le caniche à frange, ni même les rats, le basset… Pfffff est-ce parce qu’on empeste la sardine? Quel monde injuste! Chien Pourrie est bien décidé à fêter son anniversaire, et même si c’est un « pourriversaire »! Il le fêtera dans sa poubelle, qui ne sent pas très très bon d’ailleurs… Pouahhhhhhhhhhhhhhh........ Une odeur de vieilles chaussettes pas propres… ou de cuisses de grenouilles qui fermentent dans le vinaigre…

 

Mais Chien pourrie n’a qu’un souhait, un seul cadeau tant souhaité, tant espéré, retrouver sa maman. C’est alors que Chaplapla se met à la tâche : « recherche parents Pourris ». Il faut quand même bien se le dire, « retrouver ses parents revient à chercher une arête dans un poisson surgelé »… Quelle ironie du sort!

 

Au fond de sa mare à grenouilles un kinG fête aussi son anniversaire aujourd’hui. Et fiez-vous à moi, il est pourri de chez pourri! Pourri un jour pourri toujours, on ne se refait pas… ^^

 

Happy birthday ma Pourriture préférée! Crôaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa <3

 

Gros becs tout collants à la tire d’érable SMACK! xx

 

 

 

 

8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 18:25

 

« Sombrer pour de bon, plonger dans un coma, que ce soit profond, très profond, un fond d’océan, un abysse depuis lequel on ne peut plus distinguer aucune lueur, une sorte de mort. »

 

4 novembre 2008, l’Amérique s’apprête à élire un nouveau président. Les citoyens se ruent aux urnes, au terme de cette journée, les américains auront-ils élu un Afro-Américain à la tête des États-Unis? Suspendus à leur téléviseur, le pays est dans l’attente. Le souffle retenu, en apnée...

 

Laura n’est pas allée voter ce jour-là. Elle retient aussi son souffle, pour d’autres motifs, car au terme de cette journée, c’est sa vie qu’elle va foutre en l’air. N’en a rien à cirer des élections présidentielles et de son soi-disant devoir démocratique. L’Amérique est malade, à quoi bon...

 

4 novembre 2008.

 

Un mari, deux beaux enfants, elle vivait dans les quartiers huppés de Los Angeles, l’American dream, le drapeau qui flotte au vent, triple entrée de garage avec voitures de luxe. Mais ce qu’elle aimait, de ce temps-là, c’était le sentiment d’indispensabilité, les heures surchargées dont il ne reste qu’une cruelle langueur, l’écroulement des jours, l’écoulement insupportable du temps. Laura marche sur des sables mouvants, déséquilibrée par l’audace assassine des remous sournois, ceux qui vous entraînent vers le fond des mers noires. Pour toute consolation, il ne reste que la récurrence des gestes quotidiens, rassurants, les actes répétitifs, banals en somme. Se réveiller chaque jour à la même heure, aller travailler au Joey’s Cafe, les yeux dans le vide, rougis, mais y être quand même. Les rêves se sont envolés, écroulés, les illusions avec, que reste-t-il d’espoir que toute cette douleur cesse enfin? Lâcher prise, parce qu’il le faut inévitablement, qu’importe l’issue.    

 

L’Amérique s’apprête à élire un nouveau président, mais Laura n’en a vraiment rien à foutre. Elle est plongée dans cette même solitude amère dans laquelle nous enlise la société contemporaine.  

 

Faut-il une bonne raison pour se tuer? Non, juste l’épanchement fade des jours. « La solitude sentimentale, la fragilité sociale, le défaut d’avenir, le désarroi face au temps qui passe, l’inaptitude à trouver sa place, l’engourdissement général, une infirmité, une imbécillité... »

 

« Je n’ai pas eu le choix, pardon. »

 

4 novembre 2008.

 

Aujourd’hui, Samuel enterre son fils Paul, 17 ans. Il vient de se suicider et son père n’avait perçu aucun signe avant-coureur. Il est plongé dans la torpeur - comment peut-il en être autrement... ? - la culpabilité, l’épuisement, l’abattement, les nuits sans repos… Une envie de fuir le réel. Comme Laura, lui manquent les heures surchargées dont il ne reste qu’une cruelle langueur, l’écroulement des jours, l’écoulement insupportable du temps. Souvenirs douloureux de Paul sur sa planche de surf, affrontant la vague, cherchant l’équilibre. Bordel de vie, la vie qui perd pieds, le chagrin sous la vague, plus d’air, une écume de maux, un naufrage de l’âme. Ne même plus voir la ligne d’horizon. Et sombrer...  

 

« L’océan, c’est autre chose. C’est la turbulence, c’est aussi l’interminable, l’inintelligible, l’inattaquable. Une pureté qui gronde. »

 

L’Amérique s’apprête à élire un nouveau président, mais Samuel n’en a vraiment rien à foutre. Il est plongé dans cette même solitude amère dans laquelle nous enlise la société contemporaine...  

 

Faut-il une bonne raison pour se tuer? Non, « ça ne peut être seulement qu’une accumulation, un moment d’épuisement, une pulsion, un abattement insurmontable, ne plus trouver la force de continuer... »    

 

« Je n’ai pas eu le choix, pardon. »

 

Ce roman de Philippe Besson est une claque en plein visage, de ces gifles qui laissent des traces éternelles. C’est une rare et riche introspection de l’âme humaine submergée par le vide et la mélancolie, l’isolement. Le triste portrait d’une société égoïste, celui d’une Amérique malade qui a perdu ses repères, une structure sociale dans laquelle les armes à feu sont devenues le plus important symbole de liberté individuelle. L’Amérique se fiche de Laura et Samuel, aujourd’hui on est le 4 novembre 2008 et elle s’apprête à élire un nouveau président...

 

« Un jour, il n’y aura plus de reproches, de regrets, de repentirs, il n’y aura que de la douceur. Plus de visions atroces, de corps suspendu, de cercueil consumé, d’urne, seulement des images radieuses. Des aquarelles. »

 

Un immense merci Bison, une lecture inoubliable, ça c'est certain... Quel homme ce Philippe Besson!

 

5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 10:34

 

 

« … de bonnes grosses larmes bien grosses, bien grasses, bien rondes et bien chaudes. Du corps qui lâche. De la dureté qui cède. Du chagrin qui fond. »

 

Ça faisait une éternité que je n’avais pas croisé la route de Gavalda. Je gardais pourtant un très beau souvenir de Ensemble, c'est tout, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, La consolante ... Retrouver la douceur de sa plume m’a fait beaucoup de bien, sans doute du fait de ses mots dépourvus d’artifices. Si certains auteurs s’en encombrent, celle-ci a le mérite d’aborder le quotidien de ses « personnages » avec naturel, faisant de ses romans des juxtapositions de tranches d’émotions vives non pas moins fortes, au contraire, mais dans lesquelles on se retrouve tous quelque part. Il y a dans ses histoires ces impressions de déjà-vu, déjà-vécu et maintes fois ressenties. Je savais qu’en retouchant à ses mots, je serais amenée à lâcher prise ...

 

… à fendre l’armure

 

Saisir le sens de l’amour dans un élan plus vaste. L’amour de l’autre et de ses enfants. Prendre conscience de la vulnérabilité à laquelle il nous expose, la souffrance inhérente au fait de s’abandonner, la peur de la perte, les joies aussi, les déceptions, les culpabilités, les peines, les rires, les colères. La confiance, mais à quel prix parfois. Se retenir et …

 

fendre l’armure … 

 

Se dire au revoir et réaliser ce que l’on vient de perdre. Terminus, fin du voyage. Ne pas s’être compris. Se reconstruire ou regretter. Atteindre le point de rupture et …

 

fendre l’armure

 

Surmonter la mort de l’autre mais ne pas y arriver. Puis celle d’un enfant, et vouloir en finir. Sombrer dans l’alcool pour cuver sa détresse, comme d’autres s’engloutissent dans la drogue, et toute la gamme des dépendances nécessaires, mais éphémères. Penser y arriver et se fissurer. Au final, attendre le bon moment. Se laisser le temps avant de …  

 

fendre l’armure

 

S’abandonner à vivre et revivre l’amour, rire, mais se méfier. C’est la vie qui reprend, on se raconte et se dénoue. Ressentir la peur, car on se souvient de la douleur, celle qui nous a brisée. Et se demander si on survivrait une deuxième fois au bris de l’armure, ce bruit sourd et violent qui fend tout sur son passage …   

 

Avec Anna Gavalda les mots sont francs, ils sont directs, crus, presque violents tant on s’y reconnaît. Ils sont aussi douceur, celle de la solitude et des confidences.

 

Un grand merci à toi Bison d’avoir rendu possible cette rencontre littéraire avec cette belle auteure :-*

 

L'avis de From the Avenue

 

 

 

30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 15:18

 

 

J’arrive tout droit du Maine, d’un voyage de pêche à la mouche. Une toute récente passion que je me suis découverte. J’ai toujours été émerveillée par le mouvement poétique du fil qui danse à la surface des eaux, au fil du temps, suivant la musique des rivières et l’appel du vent qui le fait tournoyer. J’avais avec moi un coupe fil, un couteau – pas celui des amateurs, non non, mon bon vieux Rapala, ami fidèle, avec sa lame d’acier bien effilée – une pince, un rétracteur, une puise et beaucoup d’espoir. Évidemment, je m’étais munie des meilleures mouches en ville... Grey Ghost, Warden’s Worry, la Nine Twelve, rien de trop beau. Voilà, en gros, la mouche c’est mon nouveau trip. Comme certains courent les vide-greniers du dimanche ou d’autres encore s’abreuvent d’un Cahors, un vendredi soir...

 

J’avais demandé conseils à mon ami Stoney, Calhoun pour les intimes, c’est le meilleur guide de pêche à la mouche du Maine! Ça faisait des lustres qu’on ne s’était pas piqué un p’tit brin de jasette. Il faut dire qu’il lui est arrivé bien des histoires à Casco Bay, il y a cinq ans. On dit qu’il se serait fait frapper par la foudre, qu’il aurait passé dix-huit mois à l’hôpital, tout cela semble bien mystérieux et quand on le questionne il ne se souvient plus de rien. Tabula rasa, le grand vide psychique, la mémoire envolée, c’est un homme sans passé, sans famille et pourtant hanté par de vieux fantômes... Avec quelques visions au passage, un corps nu qui dérive dans le courant d’une rivière, la chevelure flottant à la surface. L’étrange impression que certaines personnes craignent qu’il se souvienne de certaines choses. Des sentiments de déjà-vu, ça le plonge dans des angoisses terribles. Il arrive à recréer des images photographiques de quelques événements, mais sans plus.

 

Et du jour au lendemain, son pote Lyle disparaît. Il accompagnait Green ce jour-là, un visiteur inconnu de Key Largo, pour une partie de pêche à la mouche et il n’est jamais rentré. Calhoun partira à sa recherche. J’oubliais de vous dire que depuis son arrivée dans le Maine, notre héros travaille à la boutique de pêche de Kate, une Indienne sublime, la plus jolie du coin, qui lui tient compagnie la nuit. Mon ami, vraiment, c’est un sacré personnage, du genre inoubliable! Flegmatique, bourru, sauvage, énigmatique et solitaire, un sarcastique de « vieux con misanthrope », comme dirait affectueusement Kate, mais à la fois sensible et indéchiffrable, ce qui lui procurent une aura mystérieuse et attachante. En lui rendant visite dans sa cabane au milieu de nulle part - j’avais dans l’idée de l’amener pêcher avec moi – je ne me doutais pas que je serais plongée dans une histoire macabre. Véritable course contre la montre au cœur de la forêt américaine, je découvre à mon ami des talents d’enquêteur qui me font douter de son passé.  

 

Un excellent livre signé Gallmeister, dont il me tarde de découvrir la suite, Casco Bay. Et un véritable coup de cœur pour la plume de William G. Tapply!

 

Dérive sanglante, j’ai froid dans le dos. Je me retrouve à pêcher sur un îlot désert et « hostile », des ossements de source inconnue gisent à mes pieds. Ce matin, on m’y a déposée. Et j’ai follement envie qu’on me sorte de là!

 

Et si tu venais mettre une mouche au bout de ma ligne? Je pourrais te parler de ma nouvelle passion...

 

Merci à mon kinG des marais de m’avoir fait découvrir ce roman! Je sais, c’était un cadeau pour Tom Tom, ton ami pêcheur, mais que veux-tu, je lui ai piqué. Pffffff mauvaise mère (mdrrrrr) ^^

Mais j'te rassure, il est maintenant entre ses mains... :P

 

L'avis du Bison dans son ancien Ranch, qui a déménagé ses poils et ses sabots sous d'autres poussières...

 

Et l'avis de From the Avenue et Aifelle 

26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 15:32

 

 

« En fait, l’histoire de mon père est celle d’un type qui trouve une fonction à sa photographie, qui va trop loin, qui craque, et qui, obligé de se réinventer, le fait d’une façon qui engendre beaucoup d’espoir » - Juliano Ribeiro Salgado

 

Ceux et celles qui me connaissent savent que Sebastião Salgado est à mes yeux le plus grand photographe humanitaire. Je l’ai croisé une première fois au détour d’une route, puis j’ai marché sur ses pas, empruntant les chemins iodés du Sel de la Terre. Plus qu’un coup de foudre, cet homme a changé ma vision de l’humanité. Le monde qui nous entoure possède des étendues insoupçonnées de richesses humaines, malmenées par les Hommes.

 

Il a voulu que nous nous sentions concernés par l’ampleur des bouleversements qui marquent notre planète. Que nous prenions conscience de notre part de responsabilité dans ce grand chaos, désordre d’inhumanité que représentent les guerres, les génocides, les famines, les exodes... Seule une conscience collective pourrait mener les hommes à cesser de s’entretuer. Mais le photographe en est arrivé au constat que « … les êtres humains ne sont pas faits pour vive en communauté ». Enfin, il a voulu que nous saisissions les motivations de l’homme vis-à-vis de son prochain et sa force d’intelligence dans le processus d’adaptation à son milieu.

 

Ses observations sont fortes et douloureuses. Le chemin qu’il nous amène à emprunter fait écho aux réflexions de celui qui a côtoyé les pires tragédies et les plus grands bouleversements des dernières décennies.

 

Dans « Les enfants de l’exode », Salgado donne une voix aux enfants du monde. Les mots sont inutiles, les visages parlent d’eux-mêmes. C’est dans leur regard que l’on devine leur histoire...

 

Au-delà des mots, je suis bouleversée par ces photographies. Les enfants ne demandent qu'à s'épanouir. Plus encore, les violences planétaires ne les concernent pas, ils n'ont besoin que d'amour. Je leur offre le mien. Comme une petite goutte d'eau sur la mer des grandes émotions... <3

 

Merci mon sweet manU, kinG des marais, pour ce livre magnifique que j'ai déposé sur mon cœur. Je ne te remercierai jamais assez...

 

« Ce livre de photographies montre quatre-vingt-dix enfants, photographiés en différents points du globe, un certain jour de leur vie. Ils semblent beaux, heureux, fiers, tristes ou songeurs. Pendant un bref instant, ils ont été capables de dire « j’existe ». Ils deviendront adultes beaucoup trop vite et d’autres enfants prendront leur place. »

 

 

 

 

« Chaque enfant, à travers ses vêtements, sa pose, son expression et son regard, m’avait raconté son histoire avec une franchise et une dignité désarmantes. »

 

 

 

 

« Leurs yeux étaient comme des fenêtres ouvertes sur leurs âmes. »

 

 

 

 

« À travers elles, la tristesse et la souffrance vécues au cours de leurs brèves existences apparaissaient d’une façon poignante. »

 

 

 

 

« L’histoire qu’ils vivent a beau être celle de leurs parents, ils la subissent eux aussi. »

 

 

 

 

« Lorsqu’ils fixent l’objectif, cherchent-ils l’espoir ou la compassion? Ou n’est-ce pas plutôt ce que nous ressentons qu’ils méritent? »

 

 

 

 

« J’ai rencontré des enfants à un moment décisif de leur vie. »

 

 

 

 

« Les enfants réfugiés ont des blessures qui mettent plus de temps à cicatriser que les traumatismes physiques. »

 

 

 

 

« Lorsqu’un père a été assassiné, une mère peut-elle apprendre à son enfant à pardonner? »

 

 

COUP DE COEUR... <3

22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 19:59

 

Quand j’ai découvert ce manga, Le Mari de mon frère, j’ai tout de suite eu envie de te le faire découvrir. Je me suis dit que toi aussi tu serais touchée par l’humanité de ses personnages principaux.

L’histoire commence quand Mike, type au look de gros bûcheron canadien baraqué, débarque au Japon chez Yaichi, son beau-frère. Détail qui a son importance, Yaichi est le frère jumeau du défunt mari de Mike qui a souhaité venir découvrir le pays de son amour disparu. 

Yaichi n’est pas sans éprouver un certain malaise lié à la présence de cet homme, homosexuel, chez lui, inquiet du qu’en dira-t-on et du jugement de son voisinage. A contrario, sa fille Kana, désarmante de naturel, et sans tous les préjugés qui peuvent encombrer l’esprit des adultes, est super heureuse de la présence de ce gentil tonton venu du froid.

Alors, qu’as-tu pensé de ces trois-là ?  

 
Ce sont des personnages comme je les aime et que l’on croise rarement...
 

Tu avais raison, j’ai même été profondément touchée par leur humanité, leur sensibilité et leur côté introspectif. La petite Kana est craquante et même croquante! Quelle est belle avec son innocence de petite fille épurée de tous préjugés, débordante d’enthousiasme, pleine d’humour et spontanée! Je l’ai trouvé tellement attachante avec ses grands yeux curieux et ses milles questions au tonton Mike, toutes en douceur, assoiffée de comprendre le monde qui l’entoure. Parce que ce tonton elle s’y attache et d’ailleurs, comment faire autrement, il est charmant comme tout! Le portrait type du gros bûcheron bien poilu, bien viril, chemise à carreaux, avec un cœur gros comme ça et habité de sentiments forts. Son mari Ryôji lui manque, il en fait pitié, on voudrait le serrer dans nos bras qu’il en pleure un bon coup et se libère un peu de sa douleur, même si on ressent bien que Kana et Yaichi l’apaisent. Mais comme l’auteur le rappelle avec tendresse, c’est normal de souffrir et d’éprouver de la nostalgie quand on perd quelqu’un qu’on aime. Yaichi n’a pas vu son frère jumeau depuis dix ans, il arrive difficilement à répondre aux questions de sa petite Kana concernant ce frère et l’homosexualité. Ce que j’ai le plus aimé dans son personnage c’est son évolution, ses introspections et ses préjugés qui s’estompent. Au départ déboussolé par l’arrivée de Mike, mal à l’aise et déstabilisé, il prend conscience avec le temps du fait qu’il « était tellement ignorant ». Trois personnages que je n’oublierai jamais tant ils sont beaux!      

Et toi, qu’est-ce qui t’a le plus touché dans ce manga?

 
Difficile de dire ce qui m’a le plus touché, c’est davantage un ensemble de choses/faits qui donne sa richesse à cette histoire : la spontanéité/fraicheur de Kana, les doutes et l’évolution de Yaichi et parfois la détresse/douleur/tristesse dans le regard de Mike face au jumeau de son défunt mari. Peut-on imaginer sans l’avoir vécu ce qu’on peut ressentir en se retrouvant nez à nez avec le jumeau ou la jumelle de l’être aimé qu’on vient de perdre ? Ça a beau ne pas être la même personne, ce doit être particulièrement troublant.

Et sinon, qu'as-tu pensé de la rubrique "Petite leçon de culture gay" ? As-tu appris des choses ?

 
J’peux même pas imaginer le fait de se retrouver face au jumeau (elle) de la personne que l’on vient de perdre. Je suppose que l’on fait face à beaucoup de détresse et de douleur et que le deuil doit être encore plus difficile et long à traverser. En même temps, je me dis qu’au contact de cette personne, le fait de « revivre l’autre » nous aide peut-être à éprouver plus graduellement les maux liés à la perte, comme une soupape de transition émotive. Car il doit être aussi réconfortant de savoir que l’autre « vit » toujours, ne serait-ce qu’à travers une autre personne. Enfin je ne sais pas, il faut le vivre je crois pour le comprendre…

Sinon j’ai trouvé la « Petite leçon de culture gay » super intéressante! Les symboles ou expressions m’étaient familiers mais j’ai appris sur les origines du « triangle rose » comme symbole identitaire, Act Up qui s’en est servi durant l’épidémie du Sida, etc.

Il y a aussi dans ce manga de belles tranches d’humanité, comme par exemple lorsque Mike dit à Yaichi « vous êtes aussi le papa de Kana », sous-entendu « même si vous ne travaillez pas à l’extérieur ». C’est très beau tu ne trouves pas?

 

Superbe oui ! Encore une preuve de la grande ouverture d'esprit que l'auteur instille tout au long de cette histoire ! 
Alors, partante pour la suite ?
 
Je n'ai pas pu résister pantoute à m'offrir le plaisir de lire de tome 2... et même le 3! <3
Alors dans ce prochain Blabla, on s'fait quoi mon kinG d'la banquise?

 

 

Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad !

 

Pour lire l'avis de ma Rousse et le super billet de From the Avenue

 

 

 

 

7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 12:07

À mes amis (es) des Petites Antilles, Paul, Patricia, Demetria et tous les autres ... tant d'autres... mes pensées sont là-bas, près de vous. Mon cœur est Caraïbes ... <3

 

*****************************

 

26 janvier 2014 :

Parce qu’il fait froid et que la mer me manque, et tous mes amis, je dépose ici la chaleur des soleils d’Anguilla (2011-2012)...

 

Anguilla 2012 575

 

Anguilla 2012 545 

Anguilla 2012 1434

 

Anguilla 2012 907 

Anguilla 2012 561

 

Anguilla 2012 938

 

Anguilla 2012 573

 

Anguilla 2012 723

 

Anguilla 2012 1461

7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 12:00

Janvier 2014

Demetria, ma petite princesse des îles…

 

Anguilla 2012 1375

 

Anguilla 2012 249

 

Anguilla 2012 1304

 

Anguilla 2012 1090

 

Anguilla 2012 430

 

Anguilla 2012 1089

 

Anguilla 2012 928

27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 17:17

 

 

« Les arrière-saisons ont parfois quelque chose de déchirant. »

 

Rendez-vous chez Phillies, café-bar de Cape Cod. Ce soir j’ai sorti ma robe rouge, celle qui ne me sert que pour les grandes occasions. Je m’assois au bar, croise les jambes. Je passe par le Phillies toujours avec la même régularité, c’est en quelque sorte mon repère, l’endroit idéal pour noyer mes nostalgies. Et attendre... attendre Norman... Mais je ne vous embêterai pas avec mes soucis, Ben tendra l’oreille à mes vieilles histoires, histoires qu’il connaît par cœur d’ailleurs. Des années que l’on se connaît lui et moi. Derrière son comptoir, il astique ses verres. Il me sert un martini. Non, ce soir Ben je prendrai un verre de rouge. Rouge comme dans passion, une robe couleur rouge enfilée sur mon corps, le rouge des grands bouleversements intérieurs. J’attends Norman...    

 

« C’est quelque chose de presque imperceptible, comme un tremblement, un frisson à la surface de la peau, une timidité autour des yeux, une très légère hésitation à l’instant d’emboîter le pas de l’autre. »

 

Philippe Besson a eu l’ingénieuse idée de prendre, pour point de départ, un tableau d’Edward Hopper, Nighthawks - Les Oiseaux de nuit, et d’en faire vivre les quatre personnages. Je me retrouve au cœur des échanges, pierre angulaire de ce huis clos, vêtue de ma robe rouge, tourmentée et nostalgique. J’ai l’impression d’un film au ralenti, les émotions ne s’insinuent que doucement, par petites touches intimistes, dans les interstices de mon cœur. Quelques mots suffisent, les autres se devinent, se ressentent, ce sont les non-dits qui en disent plus longs que les paroles elles-mêmes. C’est l’arrière-saison, je regarde devant plutôt que derrière, je pense à l’automne et non aux étés enterrés, j’ai envie d’en finir avec le passé. C’est l’arrière-saison, les couleurs automnales. Et malgré tout, j’attends Norman...    

 

« Le silence est aussi une façon d’affronter la désolation. »

 

Un tout petit livre mais si dense, si chargé de sentiments divers, presqu’une nouvelle, qui parle du temps qui s’écoule et de celui qui ne reviendra jamais. Des deuils, des détachements nécessaires et des renoncements. De nos forces et nos fragilités. C’est une longue introspection de personnages aussi solitaires que Hopper aime à nous les représenter dans ses tableaux, contemplatifs, en retrait du monde. Et même s’il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour me rendre ce roman vraiment passionnant, les mots de l’auteur me parlent d’un homme qui possède une touchante maturité sur les émotions. Un homme qui a vécu, qui arrive à décortiquer les motivations de l’âme humaine, dans une finesse d’analyse rare, cherchant à fournir des réponses aux questions qu’il fait émerger de la psyché de chacun des personnages.

 

« En fin de compte, les souffrances font partie de l’existence, elles ne peuvent pas nous être épargnées mais elles valent cent fois mieux que des moments insipides, elles sont le prix à payer pour affirmer ce qu’on est et accomplir ce qu’on a décidé. »

 

Je n’ai pas été touchée par l'histoire de Louise comme je l’espérais, mais le récit en soi est riche et j’ai envie de retourner vite vers l’auteur dont j'ai adoré la profondeur de la plume. J'en ai justement un qui m'attend sur ma table de chevet ;-)

 

« Trop de tourbillon, trop de chagrin, trop d’alcool. Ou pas assez. Pas assez de ces bras qui enlacent, qui soutiennent, qui guident. Pas assez de ces regards désintéressés, de ces moments de rien qui sont la vraie vie. »

19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 00:13

 

 

« Sentant le sommeil le gagner, il reposa son livre. Il pensait aux nuits de Reykjavik, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. »

 

Reykjavik, la capitale. Les nuits sont polaires et le soleil se pointe quatre heures par jour en période hivernale. C’est ma plus belle saison, celle des aurores, une poésie de couleurs miroitantes dans un ciel sans fin. Mon héros, Hannibal, vit dans la rue. Les nuits de grand froid, il trouve refuge dans une cave insalubre. Un matelas crasseux à même le sol, des bouteilles d’alcool, du Brennivin – la « mort noire » - et en cas de nécessité, une bonne vieille bouteille d’alcool isopropylique à 70%, celui qui nettoie les plaies. Plaies, ce mot chargé de sens... blessures à l’âme et lame de fond, une noyade dans les recoins noirs de la psyché. Les lieux empestent l’urine. Il a connu les engelures, les doigts ankylosés qui n’arrivent même plus à tenir la bouteille d’alcool, pas même à ressentir la morsure du gel. La détresse humaine ne se juge en rien, elle se panse dans le sourire et l’accueil que l’on offre à ces gens qui n’ont pas eu notre chance. Le soir où je passais lui rendre visite, partager avec lui son bout de carton et de rêves envolés, on venait de le retrouver mort dans un étang de Kringlumyri. Je me suis effondrée. Chienne de vie...  

 

Erlendur patrouille dans les nuits agitées de Reykjavik. Personnage intuitif et taciturne, il se sent oppressé par toutes manifestations de bonheur. C’est un passionné de lecture, de jazz et des poèmes de Gudmundsson. Il lui arrive de noyer sa solitude dans les bars de la capitale. L’acharnement de l’inspecteur à élucider ce meurtre, mais surtout la fascination qu’il manifeste face au destin de ce clochard, ne me le ramèneront jamais. Mais ils me prouvent que les hommes sont capables d’empathie et qu’ils arrivent à voir la force et le courage dans les blessures humaines, à comprendre les motivations d’une personne à se placer en retrait de la société. La solitude et le refus de toute assistance. Je crois qu’Hannibal l’interroge sur sa propre vie, son propre destin. Ces gens dans la rue nous ramènent à l’essentiel, aux valeurs qui se perdent et à la soif de vivre.    

 

Arnaldur Indriðason signe, avec ce roman noir, la première enquête de l’inspecteur Erlendur. Les recoins sombres de la capitale se confondent à la brûlure hivernale. Mélange doux-amer de lieux et d’espaces sauvages qui se heurtent à la conscience sociale des gens qui l’habitent. Au-delà du polar, j’ai surtout ressenti, dans ce très beau livre, la douleur et la nostalgie des hommes. Je crois qu’il est juste de l’appeler le point de rupture.    

 

En partageant un bout de trottoir avec Hannibal, je me sentais au milieu des vrais hommes. Dommage qu’il soit parti si vite, j’aurais eu tant de choses à apprendre de lui... 

 

Je dédie cette lecture à tous ces clochards qui m'apprennent la vie <3

 

Photo empruntée à Google image

L'amarrée Des Mots

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La Frontière du loup par Hall

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