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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 15:29

Recevoir vos soleils est un cadeau qui n'a pas de prix à mes yeux <3 

 

Je passerais des heures à découvrir les moindre recoins de ces ciels qui se lèvent et s'endorment. Ses aspérités, ses couleurs, ses lumières et ses nuages cotonneux de tendresse...

 

Chaque fois, mon cœur est en fête! 

 

Merci ma sweet grenouillE

 

Slurp! xx

 

Quand le soleil se lève sur Cognac et qu'un arbre sommeille encore, solitaire

 

 

Les douceurs du soir...

 

 

Un 24 octobre, le ciel est en feu...

 

 

Cognac s'endort au chant des grenouilles <3

Published by Nad - dans Vos soleils
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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 03:07

 

« Je me suis allongé sur un banc, j’ai fermé les yeux et tout se bousculait, ma mère et mon père morts et mon sale con de frère et ma sœur, et cet enfant, Su, toutes ces conneries, je pensais à tout ça, la lune était pleine et blanche, il y avait le bruit de l’eau et quelques automobiles. Des gens passaient, ils étaient gais et parlaient fort. J’avais des mouches plein le cerveau. »

 

Antoine n’a qu’une envie, décamper, prendre le large, s’amarrer ailleurs, appelez ça comme vous voulez, sa vie dérape, il est comme une épave rejetée par la mer. Son frère le traite de con, sa sœur a pris ses distances, ses parents sont morts et le frère de Su, sa petite amie, jure qu’il va lui casser la gueule s’il s’approche encore d’elle. Il s’est fait quitter, alors il quitte à son tour. C’est une forme de justice, une revanche sur la vie. Solitaire, il est cette île sur laquelle on choisit de ne pas s’échouer, où l’on évite de poser les pieds. Parce qu’à la longue, ça fait trop mal, c’est une brûlure vive, on en ressort KO.  

 

Dans la sueur du ring, il cogne sur ses espoirs perdus…

 

Le jour Antoine travaille comme croquemort. Il croise la mort, la souffrance des autres. Au-dessus du grand trou, un tout petit cercueil est mis en terre, un jeune garçon. Si vite enterré, trop vite oublié. La scène est insupportable. Moment de vertige, il ira vomir, « c’est le métier qui rentre », comme les coups qu’il se prend.     

 

Dans la sueur du ring, les mains bandées, il frappe l’adversaire, uppercut dans les côtes, il fonce…

 

… se défonce. À coups de poings, à coups de joints, à bout de nerf, à petit feu, à grandes rasades de whisky. Les images s’entrechoquent. Ses souvenirs d’enfance, le jardin, le panier de basket, un baiser de son père sur son front. Il avait huit ans, s’en souvient encore. Le temps s’est flétrit, il a tout gâché, même ses désirs. Trois jours sans se pointer au boulot. Dans le RER, sa tête contre la vitre, ce froid sur sa joue et les gens de passage. Anonymes sur les rails qui défilent, les quais déserts, il attend, solitaire. Il attend quoi? Pas grand-chose. C’est la fin du combat. Hors du ring. KO.        

 

Dans la sueur du ring, il joue sa vie. "Un coup de latte, un baiser"

 

Et foutre le camp.

 

« …la rage, la tristesse, tout ça c’est de l’énergie qui s’en va, du nerf qui fout le camp, qui claque et lâche, tout ça c’est de la petite chimie, faut tout maintenir à niveau, respirer tranquille et tout vider, sentir chaque muscle et la peau par-dessus, tous les rouages, n’être que ça, une machine bien huilée, si c’est grippé c’est foutu, être des membres déliés, du sang et des muscles, être un corps et rien d’autre. »

 

Olivier Adam me laisse à nouveau KO. C’est de la littérature "cash" (dixit Bison), c’est rude et on en redemande...

 

Merci au Bison, vous trouverez son nouveau blog (ainsi que ses poils et sa vodka) dans les

Mémoires de son âme :-)

30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 21:24

 

Dans le cadre du Ciné-Club de Potzina, ce mois-ci hébergé chez la grenouille des marais de Charente - Clicker ici, sous le thème « Lumières d’artistes », j’avais TRÈS ENVIE de vous parler de MON FILM FAVORI, Camille Claudel 

 

J’ai dû voir ce film une dizaine de fois sans jamais me lasser... Vous direz que ça frise l’obsession et vous n’aurez pas tort! Entre Camille Claudel, Rodin et moi, c’est une longue histoire d’amour. J’ai vu ce film la première fois il y a plus de 25 ans (comment se rajeunir en 2 mots... ^^). Et la dernière en début d’année, dans le cadre de l’exposition « Métamorphose – dans le secret de l’atelier de Rodin ». 300 œuvres, sculptures, croquis et aquarelles, où j’ai eu la chance de revivre un grand voyage dans l’intimité du couple d’artistes.  

           

Leurs sculptures, leur histoire, cette passion foudroyante, la déchirure, l’enfermement, autant de sujets qui nourrissent ce film, dont les acteurs principaux, Isabelle Adjani et Gérard Depardieu, sont au sommet de leur talent! Adjani y est SUBLIME! Nominée aux Oscars comme meilleure actrice. Dans ce rôle de Camille, qui a marqué sa carrière, elle nous est présentée sous les traits d’une femme passionnée, déterminée, explosive et audacieuse - les femmes artistes étaient rares et jugées provocatrices à cette époque - que rien n’arrête dans son désir de créer. Jusqu’au bout de ses doigts, elle sculpte la rage de vivre, la fougue amoureuse, les émotions vives. Ses regards sont déchirants, ils communiquent le désespoir, la colère, la folie, la chute d’une psyché fragilisée par le deuil « post Rodin » dont elle ne se sera jamais remise. Longue descente aux enfers où ses délires de persécution la conduiront 30 ans dans un asile psychiatrique où elle expiera jusqu’à son dernier souffle.

 

Quelques mots ou quelques phrases (sourire) sur leur histoire. Ce ne sera pas facile, j’aime autant vous le dire! :D

 

Camille et Rodin, deux sculpteurs, deux génies, deux destins, une immense passion l’un pour l’autre. Il se sont rencontrés dans l’atelier de Rodin en 1883. Elle deviendra sa jeune élève, sa muse, puis son plus grand amour. Rodin est fasciné par le génie artistique de Camille. Dans son atelier, elle se met à nu et pose pour l’artiste. Certaines scènes me resteront à jamais gravées en mémoire. Des scènes sensuelles qui transportent notre âme de spectateur dans la chaleur érotique des corps qui s’abandonnent à la passion amoureuse. Chaque muscle est caressé, chaque grain de peau embrassé...

 

Leur relation durera 15 ans, au terme de laquelle Camille se résoudra à rompre, Rodin refusant l’enfant qu’elle porte de lui et la forçant à se faire avorter. Le sculpteur ne pouvait non plus se résigner à rompre avec sa femme, Rose Beunet. L’internement s’en suivra de peu, après qu’elle eut détruit plus de la moitié de ses oeuvres. Fin des « quelques phrases », je suis trop forte!

 

Ce film nous pousse forcément à se questionner sur la « folie », comment la nommer, qu’est-ce que la « normalité »? Je pourrais m’éterniser longuement sur le sujet parce que je crois qu’à tort et à travers on en pose trop facilement le diagnostic. Quoi qu’il en soit, je pense qu’il s’agissait surtout d’une dépression majeure dont le deuil, l’ennui et l’isolement en seraient les causes principales. C’est son frère Paul Claudel qui la fera interner. Ah lui, je l’ai détesté à mort! Je n’en dirai pas plus, ça me cause des palpitations et on dit que c’est tout sauf sain pour la santé... :P

 

Un GRAND FILM! UN CHEF-D'OEUVRE <3 

 

« Je réclame la liberté à grands cris »

Camille Claudel

 

 

 

 

27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 17:56

Quelque part au Québec, entre le nord des Laurentides et le Parc de la Vérendry...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 01:08

 

Nom, prénom, âge, « profession du père »?

 

Trois mots qui se détachent du formulaire scolaire auquel le jeune Émile doit répondre. Agent secret? Fabulateur? Son père a été Compagnon de la chanson, pasteur pentecôtiste, ceinture noire de judo, parachutiste à la guerre, footballeur professionnel et j’en passe.

Enfin, c’est ce qu’il raconte…

 

Avec le chef de l’OAS (l’Organisation de l’Armée Secrète) et d’autres complices, il planifie une opération afin de tuer de Gaulle le 1er janvier 1963, à 11 heures. Il vient de s’allier à Salan dans sa lutte contre l’indépendance de l’Algérie. À l’entendre parler, avant le putsch de 61, il avait été le bras droit de de Gaulle. Mais ça, c’était avant qu’il ne le trahisse.

Enfin, c’est aussi ce qu’il raconte…

 

« Mon fils, je ferai de toi un rebelle! Tu rejoindras le camp de la France! »

 

C’est à coups de fouet qu’Émile a rejoint ce fameux camp de la France. Son bourreau de père l’a martyrisé. Il l’a forcé à jeûner pour l’endurcir. L’a enfermé dans sa « maison de correction », des heures dans le noir, une nuit entière, la peur au ventre. Coups de martinet et gifles. Perdant connaissance en même temps que la raison, sa tête heurtant le mur. Black out. D’après son père, il ne méritait rien de mieux ce « salaud d’incapable ». 12-13 ans, tout juste sorti de l’enfance. À peine le temps de reprendre son souffle entre deux bourrasques.

 

« Je ferai de toi un soldat! »

 

Élan de survie, les mains devant le visage pour parer aux coups. Se boucher les oreilles pour ne pas entendre les cris de sa mère en train de se faire battre. Longue descente en enfer.

C’est ce qu’on raconte, mais c’est aussi ce qui s’est passé…

 

Ce roman illustre à perfection la folie d’un père violent, fabulateur, parano et manipulateur. La chute vers l’enfermement psychiatrique. Les séquelles à long terme de la maltraitance, les conséquences d’une enfance meurtrie. La survivance d’un enfant aux pires violences psychologiques et physiques, à l’abandon, au rejet, au désillusionnement. Certains parleront de résilience. Qu’importe les mots, que fait-il que certains s’en sortent et d’autres non? « Profession du père » nous parle aussi d’une mère qu’il ne faudrait jamais oublier dans ce processus de survie : impuissante et résignée.       

 

Il n’est pas peu de dire que ce livre est une claque en plein visage. Puissant. Souffrant. Une histoire qui ne s’oublie pas. Impossible... 

18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 00:34

 

 

Aujourd’hui je viens vous parler d’Antoine Dole, un auteur bourré de talent avec qui j’ai eu la chance de discuter hier matin au Salon du livre de Montréal. J’ai d’abord découvert la richesse et la profondeur de sa plume avec son roman pour adolescents Je reviens de mourir. C’est en abordant À copier 100 fois  - un livre nécessaire, voire indispensable, qui nous entraîne dans le monde courageux d’un adolescent homosexuel victime des pires atrocités - que je me suis vue confirmer ce que le premier m’avait déjà révélé : Antoine Dole est un jeune auteur parmi les grands!  

 

Son répertoire est diversifié. D’ailleurs, c’est de « Mortelle Adèle » dont je viens vous parler aujourd’hui. Une petite peste rouquine qui est débarquée assez récemment en terre québécoise et qui séduit non seulement les jeunes mais aussi les grands, je vous le confirme! Ses parents ont eu l’ingénieuse idée, au grand dam d’Adèle, de l’envoyer à la colonie de vacances des « Ragondins Joyeux » alias les « Ragondins Morveux », les « Gras de boudin Affreux », les « Crétins » de « Gros radins Pouilleux » et j’en passe. Pouahhhh quelle horreur!!! Mais ça, elle s’en défoulera bien assez dans son « mortel journal »… C’est le début de son cauchemar et surtout de celui qu’elle fera subir aux autres vacanciers. Début de la parenthèse : remarquez que je la comprends, quand j’étais petite je passais mes soirées à pleurer autour du feu de camp! Pfffffff quelle idée d’envoyer ses enfants en camp d’été! Fin de la parenthèse… J

 

Bref, après avoir tout tenté pour dissuader ses parents, voilà qu’elle se retrouve en pleine forêt, mais ça ne s’arrêtera pas là. Elle a bien l’intention de tous leur faire vivre des mortelles vacances, à ces « andouilles » de moniteurs y compris! D’ailleurs, je ne vous l’avais pas dit, mais dans sa valise il y aura des objets pour le moins suspects, grenade, hache, torche électrique, Adèle n’a pas envie de rigoler, ça non!

 

À peine arrivée qu’elle fait déjà une « overdose de nature ». Tassez-vous, Mortelle Adèle est d’attaque! Elle flanque la trouille à tout le monde en plus de les faire pleurer, ébouillante des grenouilles, abat des arbres, n’y va pas de main morte avec les animaux qu’elle croise sur son passage et s’invente même une varicelle, sans oublier sa « fracture de la couette ». Mais là, comme l’auteur le souligne, c’est peut-être un peu « tiré par les cheveux ». Il y a dans cette BD de ces jeux de mots qui m’ont arraché des fous rires! Mais l’un de mes favoris est certainement ce clin d’œil à la surconsommation douteuse de produits Made in Taïwan. En plus des messages sous-jacents à la dépendance aux écrans, à ces manipulations que nous exerçons comme parents : « Les adultes nous ont rendus dépendants au sucre pour mieux nous soumettre. ». J’adore!

 

Détestable, cynique, sarcastique, rabat-joie, sans demi-mesure et excessive, Adèle cache aussi une tonne de sentiments. Elle finira bien par s’ennuyer malgré son emploi du temps chargé... a empoisonner la vie de tous!

 

Antoine Dole signe ses ouvrages de Mortelle Adèle sous la griffe de Mr Tan.

 

Merci Mr Tan, quelle « mortelle lecture »!

 

 

 

14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 20:42

 

Ce soir j’ai envie de vous parler d’un petit garçon hyper attachant! Il est plein de vie, indépendant, il est même plutôt téméraire et ne manque pas d’imagination. C’est aussi un grand solitaire, d’ailleurs, il ne comprend pas très bien pourquoi les gens ont toujours besoin de s’entourer pour être heureux. Il n’y a pas si longtemps, il s’est pris d’affection pour un vieil arbre, Bertold. Alors, il vous dira qu’il n’est jamais si seul après tout, puisque sur les branches de son chêne, il y a des écureuils, des sittelles, un Grand-duc d’Amérique, son ami le corbeau… Mais c’est bête, j’oubliais de vous dire, aujourd’hui il a perdu un gant. Lui trouve ça cool, il en aura des dépareillés et puis tant pis pour ceux que ça dérange!

 

Parfois c’est étrange, on n’arrive pas à s’expliquer pourquoi on s’émerveille devant un livre plutôt qu’un autre. Le très beau graphisme y est pour beaucoup, c’est certain. Ces quelques touches de couleurs vives, au cœur d’un dessin minimaliste fait de contours fins, donnent l’impression aux images de sortir de la page. À la manière de « Où est Charlie », on s’amuse à repérer l’araignée qui pendouille au bout de son fil, la casquette de baseball avec le logo des Expos - ancienne équipe de baseball montréalaise qui fait le sujet de plusieurs polémiques, pour ceux qui ne connaissent pas - ou encore le retour migratoire des outardes du Mexique vers le Québec. Des clins d’œil qui m’ont fait autant plaisir à voir que sourire! Et ce joli petit livre n’est pas dépourvu d’humour! Que ferait-on de ce vieil arbre s’il venait à mourir? Du bois de chauffage ou des milliers de cure-dents? Quoi qu’il en soit, notre petit garçon a une idée bien plus géniale mais ça, je vous laisse la découvrir…

 

Je me réjouis de rencontrer Jacques Goldstyn au Salon du livre de Montréal ce mercredi! L’auteur et illustrateur québécois est le créateur de la fameuse grenouille Beppo, mascotte du magazine Les Débrouillards. Vous connaissez peut-être aussi Le Petit Tabarnak, publié tous deux aux Éditions de la Pastèques.

 

L’arbragan, un bijou sur la différence, la solitude et le temps qui passe, avec une histoire touchante qui aborde le thème de la mort.   

 

Adressé aux 6 à 9 ans mais aussi pour les grands! <3 

 

********************

 

Quelques mots sur l’entrevue de ce matin avec Jacques Goldstyn…

 

Il a parlé de l’arbre en tant que symbole, ce qu’il signifie pour lui, son côté magique, magnifique, le fait d’y grimper. Le choix de l’arbre relève également de son amour pour les sciences naturelles et la botanique. Il a partagé son point de vu sur la solitude, qui exprime à ses yeux un regard détournée sur la différence. Lorsqu’on exerce le choix d’être seul, les gens nous jugent, ne comprennent pas. D’ailleurs, quand on le questionne sur le petit personnage solitaire de L’arbragan, il répondra qu’il n’est jamais seul puisqu’il a un ami : l’arbre!

 

« Je pense aux histoires comme j’aurais aimé qu’on me les raconte quand j’étais petit. »

 

« J’aime les gens hors norme. Ça prend de l’audace pour être seul. »

 

J’étais vraiment heureuse de le rencontrer, un homme d’une rare sensibilité, d’une belle générosité et d’un dynamisme à l’image de son petit héros de L’arbragan. Et son travail est magnifique! C’est mon Coup de Coeur 2016...!   

 

 

 

 

12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 23:21

 

L’autre jour j’ai revu The reader, avec Kate Winslet et Ralph Fiennes, et après le film j’ai eu GRAVEMENT envie de me plonger dans le livre! Probablement un désir de revivre les émotions que j’avais éprouvées à l’époque. Il faut dire que ce n’est pas tous les films qui laissent ce genre d’empreinte en moi et pour des raisons qui m’appartiennent, je n’avais pas été capable de le revoir avant aujourd’hui. Le roman est vraiment magnifique, mais à mes yeux, il n’équivaut pas le film dans sa seconde partie. Cet avis n’engage que moi, c’est certain, mais la force des regards qui se croisent, se rencontrent et s’effleurent - notamment durant le procès - demandent à être « vus » pour être ressentis. On devine la souffrance et la honte d’Hanna, on devine aussi l’impuissance de Michael et pourtant, il m’a manqué ce petit quelque chose pour avoir des étincelles dans les yeux.  

 

Un soir, au retour du lycée, Michael est pris de vomissement. Hanna lui vient en aide. Il a 15 ans et elle en a 36. Sa mère l’envoie porter un bouquet de fleurs pour la remercier, rue de la Gare. Par la porte entrebâillée, il la voit en sous-vêtements, femme dans toute sa féminité. Il l’observe, avec ses gestes lents et naturellement sensuels, enfiler son bas jusqu’à mi-cuisse pour l’attacher à la jarretelle. Michael vit ses premiers élans de désir, il ressent cette chaleur douce dans le bas de son ventre. Chaque jour il viendra lui faire la lecture, avant qu’elle ne l’emmène sous la douche et dans son lit. L’adolescent est transporté vers des sensations qu’il n’avait jamais connues, initié aux vertiges de l’amour charnel. Puis elle disparaît.

 

Sept ans plus tard ils se recroisent en cour d’assises. Comme ancienne gardienne de camp à Auschwitz, Hanna est accusée d’actes criminels. Et Michael, dans le cadre de ses études de droit, assiste aux interrogatoires. Le choc des images se bousculent en lui. Il revoit la Hanna sensuelle, celle des premiers orgasmes, la Hanna heureuse, rayonnante et souriante, celle qu’il a mis des années à cesser de chercher sous ses draps. Puis la Hanna toujours restée secrète sur sa vie, celle accusée de complicité auprès des SS.     

 

Beau roman sur l’initiation au monde des sensations, à la « première fois », qui ne s’oublie jamais. À la désillusion, au mensonge aussi. Aux conséquences de l’analphabétisme, tels que la honte d’être démasqué et le pouvoir du sacrifice au nom de cet honneur. Enfin, Le liseur aborde également le travail de reconstruction de l’âme auquel ni Hanna ni Michael n’échapperont…

 

Je vous conseille de regarder le film avant de lire le roman. Pour mieux « voir » et donc mieux ressentir, à la lecture, les échanges de regard et l’amour complice qui font toute la beauté de cette histoire.

 

(Commentaire hors sujet et non constructif : me faire faire la lecture par Ralph Fiennes dans un bain de mousse, c'est le genre de sacrifice dont je serais capable... :D)

 

 

 

 

 

11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 15:49

 

Leonard Cohen à sa muse, Marianne Ihlen, décédée en juillet dernier:

« Sache que je suis si près, derrière toi, que si tu tends la main, tu peux atteindre la mienne. Au revoir, ma vieille amie. Mon amour éternel. Rendez-vous au bout du chemin. Je te rejoindrai bientôt. »

Chanteur, poète et musicien, il incarnait la vie, l’amour, le désir...

Prenez le temps d'écouter cette danse...

Dance me to the end of love (Clicker sur le lien pour la vidéo)

 

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

 

Oh, let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

 

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We're both of us beneath our love, we're both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

 

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a…

Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love

 

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic till I'm gathered safely in
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love

 

 

Published by Nad - dans Musique
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 00:11

 

Toujours à table avec Les Restos du cœur, l’édition 2015 nous offre treize nouvelles dont le thème commun est « le repas ». Je retrouve certains auteurs de l’édition 2016 en plus d’en découvrir de nouveaux, c’est un régal! Un recueil « gustativement » alléchant dont les mets, salés ou sucrés, émoustilleront vos papilles :D

 

Ma grande nouvelle COUP DE CŒUR fut La Part de Reine d’Éric-Emmanuel Schmitt. En quelques pages il arrive à nous faire sourire et pleurer, en passant par les mille réflexions qu’il éveille au passage. Impossible de rester insensible à l’histoire de Clovis, cet attachant clochard, et de sa chienne Reine. À travers un émouvant dialogue avec un jeune garçon, duquel émerge une amitié réciproque dès le premier coup de regard, nous sommes amenés à réfléchir au sens que l’on donne à ces quelques mots : le partage, l’amour, le dévouement et la bonté. Et à cette pensée encore plus profonde qui devrait tous nous habiter : « ce que les gens ont de trop ne leur appartient pas ». Qu’il est beau cet Éric-Emmanuel Schmitt! Tu avais raison mon kinG des marais, c’est la meilleure ;-)

 

Franck Thilliez nous fait voyager, quant à lui, dans le sud de l’Alaska où un couple vit au milieu des grizzlis… grosses bibittes à poils!!! Quelle horreur! Mon deuxième coup de cœur <3

 

Avec Françoise Bourdin on se met à table pour le fameux réveillon de Noël entre querelles, règlements de compte et petites vacheries. Idem, quelle horreur! ^^

 

L’histoire d’obésité morbide (à peine 100 kilos en un an.......) d’un gars qui se croit possédé. Je retrouve à nouveau Maxime Chattam toujours dans un face à face avec le cannibalisme. Végétaliens s’abstenir! :D

 

Agnès Ledig, avec Un petit morceau de pain, a écrit avec sensibilité une très belle nouvelle. Une femme qui tente d’endosser le rôle de la mère parfaite (pfffffff). Ça vous dit quelque chose? Deux beaux extraits que j’ai retenus :    

 

« Apprends-lui le discernement, pas la méfiance en tout. »

 

« La vision peut être jolie, quel que soit le niveau de l’échelle sur lequel on se trouve. Tout dépend ce qu’on regarde. Du premier barreau, on peut quand même regarder le ciel en levant la tête. »

 

Je n’oublie pas les autres bons auteurs : Alexandra Lapierre, Gilles Legardinier, Pierre Lemaître, Marc Lévy, Guillaume Musso, Jean-Marie Périer, Tatiana de Rosnay, et Bernard Werber

 

1 livre acheté = 3 repas distribués!

 

Encore un beau merci à mon kinG des marais pour ce cadeau gustatif, d’ailleurs j’me craquerais bien une p’tite cuisse de grenouillE! ^^ 

SLURP sur ta joue qui pique! CRÔAAAAAAAAAAAAA :-*

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