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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 01:16

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Ce livre est tellement drôle! Et comme il s'agit pour Jonas Jonasson d'un premier roman, l'avenir nous réserve de belles surprises. L'auteur est sarcastique, déjanté, et son humour noir. Il suffit de regarder la page couverture de ce road movie pour saisir rapidement que notre centenaire en cavale, Allan, est un «phénomène» hors du commun. Il cavalera avec des personnages aussi loufoques que différents: un sexagénaire cleptomane, un vendeur de hot-dogs et Sonja, une éléphante. D'autres personnages s'ajouteront en cours de route et vous ne serez pas au bout de vos surprises.


L'auteur nous convie alternativement, d'un chapitre à l'autre, entre le moment présent, la cavale, et celui de l'évolution de la vie de notre centenaire, de sa naissance à sa fuite de la maison de retraite. En retraçant son parcours de vie, nous comprenons rapidement d'où vient cet attachant illuminé. Artificier de profession, Allan fait exploser les pages de ce roman dans tous les sens. Sa maison est dynamitée, son ami artificier espagnol explose, de même que l'épicier du coin. Il passera 4 ans dans un hôpital psychiatrique. Il assistera l'URSS dans ses recherches nucléaires. Il sera aussi envoyé en Chine pour combattre les communistes. Il sera sollicité par un pasteur anglican, voisin de cellule à la prison de Téhéran, pour tuer le président Churchill. Pour ne nommer que ces événements marquants...!


Il croisera la route et partagera le repas de plusieurs personnages historiques importants tels que le général Franco, Harry Truman, Mao Tsé-Toung, Churchill, Staline, Einstein, Meretskov, Nixon, Kim Jong-Il, le général de Gaulle et plusieurs autres. Chacune de ces rencontres sera aussi risible que farfelue. Il rencontrera des marxistes communistes, des socialistes, des islamistes, des bouddhistes, des hindouistes, etc... Si cette histoire est dense dans son contenu, l'humour vient à chaque moment alléger son déroulement.


Jonasson profite par moments de situations loufoques pour nous faire réfléchir: «La vengeance ne sert à rien. Il en est de la vengeance comme de la politique. L'une mène à l'autre et le mauvais conduit au pire qui aboutit en fin de compte à l'intolérable». Allan nourrit d'ailleurs une haine maladive face à la politique et on comprend pourquoi...

 

On rit aux larmes dans certains passages, notamment celui du personnage qui meurt sous le fessier de l'éléphante. Impossible de les nommer tous. Dans un épisode en particulier, alors qu'il est condamné à 30 ans de travaux forcés dans le camp de redressement de Vladivostok en URSS, Allan informe les gardiens de sa nouvelle intention: «Maintenant, j'ai envie de boire un coup. Et ici il n'y a rien à boire. Alors je m'en vais».

 

Ah oui! Ce livre est vraiment très drôle! L'humour est non seulement noir, il est subtil, intelligent et absurde. L'histoire est majestueusement bien ficelée malgré toute cette complexité de détails et finement documentée sur le plan historique. L'écriture est fluide et agréable. Les personnages sont colorés et uniques. J'ai adoré! Et j'attendrai le prochain livre avec beaucoup d'impatience... 

26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 15:55

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Mille mercis à mon frérot et ma belle soeur qui m'ont fait découvrir ces polars arctiques:) J'ai passé des heures mémorables avec les personnages colorés de ces 9 polars. Des heures de rires à profusion, de rires parfois noirs parfois jaunes et encore de rires aux éclats!

 

Ces polars sont d'autant plus authentiques que Jorn Riel, ethnologue et aventurier danois, a vécu 16 ans au Groenland à entendre des histoires de trappeurs. Ils évoquent les souvenirs de l'auteur, qu'il nous livrera dans un contenu 100% humoristique mais émouvant à la fois. Chaque fois que l'on ouvre un polar, on est plongé dans un monde totalement à part, dans un monde nouveau et opaque, qu'il arrive habilement à nous faire découvrir.

 

Les personnages sont colorés, authentiques, drôles, excentriques, attachants, décapants, sensibles et doux sous leurs allures rustres. Solitaires, ils passent des jours interminables dans la nuit polaire, sans lumière, 6 mois par année, les voisins étant à des km de traîneau. Et quand ils se rencontrent, ils boivent un coup d'alcool distillé, jusqu'à l'effondrement de toutes pensées cohérentes. Ils manquent la présence des femmes jusqu'à en inventer, philosophent avec un coq à défaut d'avoir un compagnon de route. Bref, difficile de démêler le vrai du faux tant les histoires sont à ce point absurdes et loufoques par moments. Riel affirmera lui-même: «Ces racontars sont des histoires vraies qui pourraient passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l'inverse».

 

Les versions sous forme de BD doivent être agréables à lire et doivent accentuer de manière plus tangible, visuel à l'appui, les diverses situations. J'aimerais bien découvrir la «binette» des personnages maintenant que leur personnalité m'est dévoilée!

 

Voici les neuf polars existants, à lire l'un à la suite de l'autre:

 

-La vierge froide et autres racontars

-Un safari arctique et autres racontars

-La passion secrète de Fjordur et autres racontars

-Un curé d'enfer et autres racontars

-Le voyage à Nanga et autres racontars

-Un gros bobard et autres racontars

-Le canon de Lasselille et autres racontars

-Les ballades de Haldur et autres racontars

-La circulaire et autres racontars

 

Merci Stef et Nad!

8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:55

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J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire ce roman, même suffisamment pour ressentir le désir d'en savoir davantage et lire le tome 2: L'appel de la rivière (trilogie dont le troisième volume n'est pas encore paru). Par contre, si beaucoup de sujets forts et de drames sont traités: l'adolescence, la mort, le deuil, le premier amour, la sexualité, l'anorexie, l'abandon, la culpabilité, l'inceste, l'homosexualité etc, les émotions sont effleurées, à peine évoquées. C'est dommage, je me sentais constamment sur ma soif d'en connaître un peu plus...

 

Je me suis attachée aux personnages et j'ai éprouvé de la compassion pour ce qu'ils vivent, aussi détestables et antipathiques que certains puissent l'être (je pense à Anja). J'ai aimé découvrir chez chacun la trame de leur drame personnel et chercher à comprendre ce qui a forgé les fondements de leur personnalité.

 

Ce qui m'a le plus touchée dans ce roman est sans doute la relation entre les jeunes pianistes. Cette «Société de jeunes pianistes» qu'ils créent, la passion commune qui les unit et les liens qui se tissent entre eux, complexes et riches comme peuvent l'être les relations adolescentes. Au-delà de leur volonté de gagner le concours «Jeune Maestro», je crois que l'auteur voulait nous illustrer le monde «différent» dans lequel ces jeunes évoluent. Les défis auxquels ils sont confrontés chaque jour. Ketil Bjornstad a lui-même étudié le piano et gagné le Grand concours des jeunes pianistes d'Oslo alors qu'il avait 14 ans. C'est dire qu'il sait de quoi il parle et ça se sent. Des notes glissent sur le papier tout au long de la lecture. Sa passion nous est communiquée avec force et beauté.

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