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21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 15:24

 

Qu’est-ce que j’ai aimé m’immiscer dans l’univers des Quatre de Baker Street ! C’est une superbe plongée londonienne au cœur de l’époque victorienne, là où il fallait se la jouer dur pour gagner sa croûte et rester en vie. Je me suis tellement attachée à nos jeunes espions en herbe - Billy, Charlie et Black Tom, l’irlandais - les protégés de Holmes ou les Irréguliers de Baker Street, comme on dit dans le jargon Holmesien. Ce que j’ai surtout aimé c’est le fait que nos héros soient des enfants des rues ! Il fallait de l’audace de la part des auteurs pour les faire évoluer dans un monde de grands, car nos francs-tireurs courent les recoins louches de l’East End, un quartier malfamé de Londres où se côtoient tavernes, ivrognes, mendiants, voleurs, trafiquants, prostituées et j’en passe. D’ailleurs, la petite Betty, 13 ans, se fait enlever par un proxénète et emmener de force dans un bordel. Nos jeunes futés sont bien décidés à la retrouver !

 

C’est vrai qu’on s’attache très vite aux héros de cette histoire, la proximité avec Sherlock Holmes aide beaucoup mais c’est aussi en grande partie grâce au dessin très réussi et aux cadrages très cinématographiques. C’est nerveux, rythmé, la reconstitution de l’époque vraiment convaincante et le travail sur les couleurs superbe.

 

Le scénario n’est pas en reste. On accroche tout de suite et on ne lâche plus la bande avant de connaître le fin mot de l’histoire. Et tu as raison, qu’ils soient des enfants des rues nous les rend d’emblée sympathique, on tremble pour eux, on a envie qu’ils s’en sortent tant les pièges et les chausses trappes sont légions.

 

Et puis la bande est confrontée à une sacrée galerie de personnages. Certains t’ont-ils particulièrement marquée ?

 

Ah ça oui ! (merci de m’ouvrir la porte mon kinG ^^) Il y a tout un délicieux langage propre à l’univers Holmesien, notamment en ce qui a trait aux personnages. Les « Clappendoggen » ou « mendiants qui font semblant d’être infirmes », les « Hommes d’Abraham » également, ces « mendiants qui font semblant d’être timbrés ». Excellent clin d’œil aussi à « Bedlam », un hôpital psychiatrique du borough londonien de Bromley fondé en 1400. Il devait s’en passer de belles là-dedans ! D’autant plus qu’à l’époque on internait quiconque avait un œil de travers. On dit même qu’il a été le théâtre de plusieurs pratiques cruelles et inhumaines. On imagine bien la scène, des médecins en robes blanches aux pratiques sadiques et sanguinaires. Ça devait quand même être quelque chose... Sinon c’est vrai que les dessins sont magnifiques, sans oublier la jolie préface de Régis Loisel du Magasin Général. Quand on y pense, Sherlock avait du cran de payer des gamins pour leur faire accomplir des filatures et recueillir des informations pour son compte ! En gros, c’est une super BD, d’ailleurs merci mon crapaud de me l’avoir fait découvrir.

 

(Pfffff... et tu crois qu’on arrivera à poster ce blabla un vrai jour de « weekend » ? Parce qu’après tout ce sont les blablas du weekend mdrrrrrrr on est trop forts ! ^^ ) 

 

Effectivement, ce serait plus logique... ^^ Bon sinon, content que ça te plaise !

 

J’en termine en précisant que j’ai la chance d’avoir chiné mon exemplaire dans un dépôt-vente. Il est contenu dans un superbe coffret qui comprend aussi un album rigide intitulé Le Monde des Quatre de Baker Street et un album souple intitulé Un jeu de rôle d’aventures et d’enquêtes. Si je ne me suis pas vraiment penché sur le jeu de rôle, je me suis régalé du premier qui est d’une incroyable richesse. Présentation du Londres de l’époque et de L’East End en particulier, de Sherlock Holmes et de ses principales affaires, de la bande des 4, de Watson, Moriarty, Mycroft Holmes, de l’ombre inquiétante de Jack l’éventreur et bien d’autres sujets encore liés à leur univers dont ces mendiants qui t’ont marquée. On découvre également une BD d’une dizaine de planches qui nous est présentée comme la première enquête de nos héros. Bref, un vrai régal que je te recommande !

 

C'est noté mon kinG ! :-)

 

 

Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad !

 

 

 

22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 19:59

 

Quand j’ai découvert ce manga, Le Mari de mon frère, j’ai tout de suite eu envie de te le faire découvrir. Je me suis dit que toi aussi tu serais touchée par l’humanité de ses personnages principaux.

L’histoire commence quand Mike, type au look de gros bûcheron canadien baraqué, débarque au Japon chez Yaichi, son beau-frère. Détail qui a son importance, Yaichi est le frère jumeau du défunt mari de Mike qui a souhaité venir découvrir le pays de son amour disparu. 

Yaichi n’est pas sans éprouver un certain malaise lié à la présence de cet homme, homosexuel, chez lui, inquiet du qu’en dira-t-on et du jugement de son voisinage. A contrario, sa fille Kana, désarmante de naturel, et sans tous les préjugés qui peuvent encombrer l’esprit des adultes, est super heureuse de la présence de ce gentil tonton venu du froid.

Alors, qu’as-tu pensé de ces trois-là ?  

 
Ce sont des personnages comme je les aime et que l’on croise rarement...
 

Tu avais raison, j’ai même été profondément touchée par leur humanité, leur sensibilité et leur côté introspectif. La petite Kana est craquante et même croquante! Quelle est belle avec son innocence de petite fille épurée de tous préjugés, débordante d’enthousiasme, pleine d’humour et spontanée! Je l’ai trouvé tellement attachante avec ses grands yeux curieux et ses milles questions au tonton Mike, toutes en douceur, assoiffée de comprendre le monde qui l’entoure. Parce que ce tonton elle s’y attache et d’ailleurs, comment faire autrement, il est charmant comme tout! Le portrait type du gros bûcheron bien poilu, bien viril, chemise à carreaux, avec un cœur gros comme ça et habité de sentiments forts. Son mari Ryôji lui manque, il en fait pitié, on voudrait le serrer dans nos bras qu’il en pleure un bon coup et se libère un peu de sa douleur, même si on ressent bien que Kana et Yaichi l’apaisent. Mais comme l’auteur le rappelle avec tendresse, c’est normal de souffrir et d’éprouver de la nostalgie quand on perd quelqu’un qu’on aime. Yaichi n’a pas vu son frère jumeau depuis dix ans, il arrive difficilement à répondre aux questions de sa petite Kana concernant ce frère et l’homosexualité. Ce que j’ai le plus aimé dans son personnage c’est son évolution, ses introspections et ses préjugés qui s’estompent. Au départ déboussolé par l’arrivée de Mike, mal à l’aise et déstabilisé, il prend conscience avec le temps du fait qu’il « était tellement ignorant ». Trois personnages que je n’oublierai jamais tant ils sont beaux!      

Et toi, qu’est-ce qui t’a le plus touché dans ce manga?

 
Difficile de dire ce qui m’a le plus touché, c’est davantage un ensemble de choses/faits qui donne sa richesse à cette histoire : la spontanéité/fraicheur de Kana, les doutes et l’évolution de Yaichi et parfois la détresse/douleur/tristesse dans le regard de Mike face au jumeau de son défunt mari. Peut-on imaginer sans l’avoir vécu ce qu’on peut ressentir en se retrouvant nez à nez avec le jumeau ou la jumelle de l’être aimé qu’on vient de perdre ? Ça a beau ne pas être la même personne, ce doit être particulièrement troublant.

Et sinon, qu'as-tu pensé de la rubrique "Petite leçon de culture gay" ? As-tu appris des choses ?

 
J’peux même pas imaginer le fait de se retrouver face au jumeau (elle) de la personne que l’on vient de perdre. Je suppose que l’on fait face à beaucoup de détresse et de douleur et que le deuil doit être encore plus difficile et long à traverser. En même temps, je me dis qu’au contact de cette personne, le fait de « revivre l’autre » nous aide peut-être à éprouver plus graduellement les maux liés à la perte, comme une soupape de transition émotive. Car il doit être aussi réconfortant de savoir que l’autre « vit » toujours, ne serait-ce qu’à travers une autre personne. Enfin je ne sais pas, il faut le vivre je crois pour le comprendre…

Sinon j’ai trouvé la « Petite leçon de culture gay » super intéressante! Les symboles ou expressions m’étaient familiers mais j’ai appris sur les origines du « triangle rose » comme symbole identitaire, Act Up qui s’en est servi durant l’épidémie du Sida, etc.

Il y a aussi dans ce manga de belles tranches d’humanité, comme par exemple lorsque Mike dit à Yaichi « vous êtes aussi le papa de Kana », sous-entendu « même si vous ne travaillez pas à l’extérieur ». C’est très beau tu ne trouves pas?

 

Superbe oui ! Encore une preuve de la grande ouverture d'esprit que l'auteur instille tout au long de cette histoire ! 
Alors, partante pour la suite ?
 
Je n'ai pas pu résister pantoute à m'offrir le plaisir de lire de tome 2... et même le 3! <3
Alors dans ce prochain Blabla, on s'fait quoi mon kinG d'la banquise?

 

 

Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad !

 

Pour lire l'avis de ma Rousse et le super billet de From the Avenue

Aussi le magnifique billet de A girl from earth

 

 

 

 

24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 01:16

 

 

Un caleçon qui sèche, étendu sur un fil à linge. Une femme s’empare d’une pomme. Rouge. Le fruit défendu ? Déjà la voilà, elle apparaît, Anne Dorval alias Diane alias D.I.E.

La scène suivante, sa voiture se fait percuter. Elle sort, le front en sang, titubante.

A peine est-il commencé que le film balance déjà entre douceur et violence alternant les moments beaux et tendres avec les moments tendus à la violence verbale oppressante et à la violence physique latente. C’est un film fort et tellement terrible à la fois…

 

Bien vu pour la pomme mon kinG!

 

J’trouve que le génie de Dolan se situe là, dans sa capacité à nous faire pivoter d’une extrémité d’émotions à une autre. On se sent déstabilisé, perturbé même, constamment sur le qui-vive, dans l’attente ou l’anticipation de voir ses personnages basculer et nous entraîner dans leur chute. Ils sont intenses, torturés et expressifs, et quel sens de la réplique! On les ressent en perpétuelle crise identitaire, aux limites de toutes confrontations.

 

Mes auteurs fétiches réunis dans un même film! Tabarnak!!!!!!! (il ne faut pas se gêner pour mettre en valeur cette si belle expression issue du jouale québécois et qu’on doit bien entendre au bas mot une cinquantaine de fois durant le film. J’en connais un dont les majeurs ont dû frétiller de plaisir!) :D

 

Quels sont tes moments préférés ? Moi, j’en ai plusieurs.

 

Celui où Steve met un CD avec la chanson de Céline Dion, On ne change pas. Ils se mettent tous à chanter, même Kyla, et à danser. Comme souvent Dolan fait d’une chanson populaire, que certains prendraient plaisir à dénigrer, un moment fort, un moment de communion entre les personnages et les spectateurs. Et puis on a tous des chansons pourries qu’on a plaisir à réécouter, non ?

 

Celui où Kyla pète un plomb avec Steve. On la comprend… Suzanne Clément est excellente dans cette scène. Un peu comme cette scène dans Laurence Anyways où elle hurle sur une nana ! J’adore !

 

Celui où tout semble aller mieux enfin et que l’écran s’élargit. La taille de l’image choisit par Dolan contribue largement à l’ambiance oppressante du film. Mais très vite, l’écran se rétrécit à nouveau…

 

Hum mes moments préférés, j’en ai plusieurs aussi. J’aurais voulu le revoir pour pouvoir m’en imprégner à nouveau, mais je n’suis pas arrivée à l’trouver, mautadine! Je me souviens pourtant de la scène du caddie et de toutes celles, douloureuses, qui mettent en évidence une relation mère-fils faite de violence, d’incompatibilité à communiquer et de désespoir. Du début à la fin du film on ressent jusqu’au fond de nos tripes la douleur causée par les limites de l’amour maternel et les troubles de l’attachement. Kyla est là pour ramener un peu d’équilibre à travers le chaos. Femme énigmatique, étonnante et mystérieuse, superbement interprétée par Suzanne Clément.

 

Il n’en demeure pas moins que ma scène culte est celle sous l’air de « On ne change pas », je pourrais la regarder en boucle!!! Les trois acteurs sont extraordinaires mais Antoine-Olivier Pilon et Anne Dorval sont explosifs de justesse. J’adore le personnage de Steve et l’acteur qui l’incarne, impulsif, sensible, hyperactif, violent, le portrait type de l’ado TDAH. Et « Die », la mère dépassée, aussi intense que passionnée, excessive, passant du rire aux larmes, alternance entre amour et révolte. Mon actrice chouchou!!!

 

Ah Anne Dorval !!! <3 Impossible de conclure sans ajouter un mot sur elle. Si je trouve les trois acteurs formidables, pour moi elle explose dans Mommy !

Des film de Dolan aux Parents en passant par le Cœur a ses raisons, dans des registres donc totalement différents, chaque fois elle me donne des frissons.

Quel talent ! Quelle est belle ! Quelle est juste !

 

Anne Dorval est une Tabarnak de comédienne, esprit !!! ;)

 

« On ne change pas
On met juste les costumes d'autres sur soi
On ne change pas
Une veste ne cache qu'un peu de ce qu'on voit
On ne grandit pas
On pousse un peu, tout juste
Le temps d'un rêve, d'un songe
Et les toucher du doigt
»

 

 

Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad !

 

 

 

 

 

C'est l’occasion de te souhaiter un tabarnak de JOYEUX ANNIVERSAIRE Bison !!! Sans oublier de t'offrir cette VIDÉO (CLICKER ICI) qui fait forcément frémir tes majeurs :P 

 

« Attaches ta tuque, tcheck ça ! »

« C’est notre trésor national esprit !!! » :D

 

« D’ailleurs, je me demande si, entre eux, ils se comprennent réellement » ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrr j’t’assure qu’entre nous on n’a pas besoin des sous-titres ... ^^

 

 

 

 

 

 

 

 

20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 00:37

 

 

Sur tes conseils, je suis allé voir Moonlight. Quel film étonnant mais quel beau film ! Ce qui m’a le plus marqué je crois, c’est le rythme. Cette lenteur, ce calme, alors qu’il s’y dit et s’y passe des choses terribles.

 

Crois-tu que la musique y est pour quelque chose? Cette musique je l’ai trouvé enveloppante, vraiment superbe. Une harmonie de douceur vive au milieu du tumulte. Il y a une force dans les notes qui désamorce le drame sans pour autant lui enlever d’importance, qui au contraire met en valeur toute la charge émotive contenue dans ce film intelligent et sensible. Poignant, intense, bouleversant…
Qu’est-ce qui t’a le plus touché durant ces deux heures?
 
Une musique enveloppante et néanmoins contrastée par rapport à ce qui est en train de se jouer.
Qu'est-ce qui m'a le plus touché ? Difficile à dire...
Sans doute ses rapports, compliqués, avec sa mère, cette femme complètement broyée par son addiction, leur impossibilité à communiquer, leur douleur, puis réaliser le paradoxe de la "voie" qu'il va finalement suivre.
 
Ça m’a fait mal cette relation avec sa mère, ce jeune homme introverti qui se cherche et qui n’arrive à trouver aucune réponse auprès d’elle. En ce sens j’ai trouvé le film humainement violent. Toute cette trahison, et l’oppression omniprésente du début à la fin, que la qualité des acteurs rend à merveille!
Certains diront que le thème principal du film porte sur l’homosexualité. Moi je crois que, plus fort encore, il y a la question de l’identité que chacun porte en soi, avec ses doutes et ses interrogations.
Toi, t’en penses quoi?
 
Dirait-on que le thème du film porte sur l’hétérosexualité si telle était l’orientation sexuelle du héros ? Je ne crois pas !
Pour moi, il est question de quête d’identité évidemment, et d’amour, amour au sens large.
L’amour un peu paternel d’un dealer envers un gamin paumé.
L’amour d’une mère pour son fils même si la route sera longue et l’issue incertaine.
Et enfin un amour passé sous silence, sous une chape de plomb même, avant de se révéler enfin…
 
J’suis d’accord avec toi et c’est pourquoi je le soulève, l’orientation sexuelle ne se catégorise pas plus qu’aucun sentiment humain, j’ai d’ailleurs toujours eu horreur des catégorisations qui nous ostracisent, c’est la forme la plus cruelle d’exclusion et d’intolérance. Si les gens ne nous rejettent pas pour nos choix, ils le feront sous d’autres couverts que sont ceux du racisme, des guerres de religion, de l’intelligence cognitive, des inégalités sociales etc
L’identité est un terme plus global et plus juste pour parler des émotions, de la recherche de soi et de son accomplissement. Pour parler de l’Amour...
 
J’t’offre un gros bol de crème glacée avec extra sirop d’érable mon kinG? (le popcorn c’est trop light et banal) :D
 
 
 

 

 
Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad!
 
 
 

 

 

10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 01:33

 

 

Douloureux… C’est le mot qui vient en sortant du dernier film de Xavier Dolan…

 
Je trouve aussi que c'est le bon mot, la douleur de ce fils qui revient après plusieurs années d'absence annoncer sa mort. Il choisit de s'entourer de sa famille pour briser le poids de la solitude. Puis il repart, plus seul encore, étranger dans un univers familial fait de violence contenue et de vieilles rancœurs. Chacun est emmuré dans son indifférence, le poids de ses conflits avec l’autre. C’est donc ça l'égoïsme?
Les silences et les regards dans ce film m'ont arraché le cœur.
Douloureux, c'est le bon mot...
 
Oui, les regards. D'incompréhension, fuyants, interrogateurs, suppliants. Perdus.
Notamment ceux du personnage de Marion Cotillard. Tellement effacée, tellement horripilante, par ses multiples hésitations, et à la fois tellement troublante, tellement touchante. J’ai eu mal pour elle.
 
Si j’ai souffert pour l’un des personnages c’est bien elle. On sent qu’elle porte douloureusement la solitude de chacun. Ils sont tous dépassés par l’incapacité d’accueillir la souffrance de l’autre. Son âme est sur le point de se fissurer. Elle semble supplier celui qui croise son regard de la libérer. Regard désespéré, dissocié de la réalité, sur le seuil de la rupture.
Il existe plus grande solitude tu crois?
 
Je ne sais pas mais on a mal pour elle. Tellement enfermée, empêtrée, avec une telle volonté de bien faire, incomprise alors qu'au final, elle est la seule à comprendre...
C'est vraiment un huis clos oppressant. Étouffant. Suffocant.
Et le seul moment où l'on sort de la maison, je pense à la scène dans la voiture, c'est encore pire. Un lieu en mouvement, avec vue sur la nature extérieure et pourtant, c'est terrible. Encore plus oppressant.
 
J’y ai beaucoup réfléchit en sortant du film. C’est quand même fort, elle est la seule à avoir un lien indirect avec la famille et à la fois la seule à comprendre. Son « détachement » lui donne sans doute la force d’écoute que les autres n’ont pas. L’écoute à travers le regard et les mots…
J’ai eu du mal avec la scène de la voiture, j’avais l’impression d’étouffer. J’aurais voulu ouvrir cette maudite portière pour que Louis échappe à la violence de son frère. C’était tellement insupportablement bien joué que je ressentais une angoisse terrible en moi, il me semble que la scène n’en finissait pas! Comme tu dis, le lieu était en mouvement et en même temps figé dans un espace restreint auquel il est à peu près impossible de fuir sinon qu’en se jetant par la fenêtre. Quelle torture!
 
Aucune échappatoire possible !
Globalement, les acteurs sont remarquables. Moi qui ne suis pas très fans de Vincent Cassel et encore moins de Léa Seydoux, les deux m'ont vraiment bluffé, notamment dans les dernières scènes. On vit avec eux, l'impression qu'ils ne jouent plus mais qu'ils sont.
 
Oui, ils sont tous exceptionnels, Dolan arrive à les mettre en valeur à travers leur rôle. Je ne suis pas non plus une grande fan de Cassel et Seydoux et pourtant ici ils m'ont laissé sans voix, surtout Cassel. Je me dis que quand j'arrive à autant détester la personnalité d'un acteur; c'est qu'il a vraiment fait son travail! J'aurais eu envie à quelques reprises de le secouer un peu, il faut dire que les colériques je les fuis comme la peste!
 
Un film de Dolan assez différent même si on retrouve sa patte. Gros plan, regards, ralentis.
Et notamment dans ces intermèdes musicaux pour le moins décalés. Inclure le tube d'O-Zone dans ce film, il fallait oser !
 
Il m’a tellement fait sourire avec ce clin d’œil musical! Je me suis rappelée le fameux On ne change pas de Céline Dion dans Mommy, une chanson que personne n’oubliera jamais, et pour cause! :D
J’ai lu quelque part que la bande sonore originale est l’œuvre de Gabriel Yared, le même compositeur qui a produit la bande originale du Patient anglais. Je crois que c’est la seule musique de film que je ne me suis jamais achetée dans ma vie. Elle m’avait procuré des émotions fortes, vingt ans après le film il m’arrive encore de l’écouter. Quel talent!
 
Quel talent, c'est aussi ce que je me suis dit à propos de Xavier Dolan après avoir vu ce film !
 
Dolan, sacré jeune prodige, ne cessera jamais de m’étonner! J’attends déjà le prochain avec impatience.
Voilà, je retourne à mon bol de popcorn extra beurre…….. ^^
Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad!
 
Pour lire l'excellent billet du Bison d'un Déjeuner de Famille 
 
Et le tout aussi excellent billet de Guillome From the Avenue
 

 

 

 

 

 

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