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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 23:43
Neige sur le pont de Taiko

Neige sur le pont de Taiko

(D’après une estampe d’Ando Hiroshige)


Neige sur le pont de Taiko aujourd’hui.

Vol de larmes surpris ce matin par le gel,
Les flocons délavent le visage du ciel,
Sertissant les passants aux pas ensevelis
D’étincelants silences, au plaisir de leur danse.

Leur mémoire glacée fige le doux soupir
De l’eau de la rivière en son bleu souvenir,
Qui reflète les cieux, sous le pont de Taiko,
Là où choît l’horizon dans un cri sans écho.

Au seuil du mourir blanc d’un jour qui se termine,
Les mains d’ébène hésitent sur cette peau d’hermine
Que presse au dos du pont, dans son train incessant,
Le flux silencieux d’élégiaques passants.

Belles-aux-yeux-de-miel, fermez vos kimonos,

Car il neige ce soir sur le pont de Taiko.


Théo, 2003

23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:56

balade des elephants 1

 

Oui, les éléphants pleurent!

 
Le soleil enrubanne les nuages de rose, la nuit approche, et le terme de la maman … Un enfant va naître.
Elle l’a porté longtemps, si longtemps que le père a oublié … Il a quitté sa famille pour une autre. Cela
arrive parfois, rarement.

Elle l’a porté longtemps, si longtemps ! Et ce soir, il va venir sur terre, il va se séparer de sa chair et la longue épreuve commencera : l’apprentissage de la vie.
L’apprentissage des sentiers et celui des dangers ; l’apprentissage de l’eau et celui du feu.
De la faim, de la soif, de l’amour et des jeux …

Ce soir, cette nuit.

La Lune attend. La famille entoure la future maman. Père, mère, frères, sœurs, silencieux et pesants.
Bientôt …
Un singe crie, un lion rugit.

La maman perd ses eaux. Le cercle de famille se resserre.

L’enfant paraît !

C’est un éléphanteau de trois cents kilos.

Alors … Sur les joues des géants gris, montagnes frémissantes, coulent des larmes d’émotion …
Des larmes de joie sillonnent ces peaux immémoriales qui font rêver les enfants. Les grandes oreilles s’agitent, les larmes coulent. Et moi, je comprends … Je comprends qu’ils ont une âme, comme le disent les guerriers Masaï.

Et je m’associe à eux, mes frères paisibles et fiers.

Oui : les éléphants pleurent !! Et je pleure avec eux, de joie.

 

Théo

20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 01:44

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Fleur du mâle

Le soleil allumait les vagues en myriades ;
Les ramiers roucoulaient dans les tamariniers,
En éternel écho au chant des mariniers.
Tes cheveux t’habillaient d’une ébène en cascade.

Poséidon plantait dans ta chair succulente
Mille tridents d’écume à la mousse lubrique.
Les bateaux attendaient, amarrés dans les criques,
Que s’apaise le rut des eaux incandescentes.

Tu sortis d'une lame en extase amoureuse,
Vénus, qu’un dieu marin inonde de semence,
Et tu offris ton corps de native indécence
Au désir façonné par ta bouche pulpeuse.

Et l’océan portait une étrange rumeur,
Tandis que j’accordais sur ta peau de basane
L’archet dur de mon corps aux marées océanes,
Qui laissent sur la grève leur sel et notre odeur.

Théo
Janvier 2005/mars 2009

20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 01:41

rimbaud-par-ernestpignonernest-1

 

   Être      

(Île de Rimbaud)

Etre Rimbaud, attaché au poteau du rêve,
Descendre les fleuves sur le dos d’un radeau
Jusqu’à la chute sombre, inévitable et brève,
De l’horizon dans l’eau.

Etre un sale gosse, marcher dans la gadoue
Boire le calice de sang jusqu’à la lie,
Attendre l’hallali dans l’île de Padoue,
Parque, filer la vie.

Etre ce clavier où se posent les doigts
De la tendresse folle et du divin’ amour,
Pleurer la gamme de mes envies de toi,
Diapason de toujours.

Etre cet homme nu, locataire du Monde,
Qui paye son terme en colliers de larmes,
Qui se noie dans l’amer où regorge l’immonde,
Mais qu’un baiser désarme.

Etre seul et mourir, être deux et pleurer,
Etre en foule et courir devant pauvre Panurge,
S’abandonner aux flots pour un dernier refuge,
Et puis, avoir aimé.

Théo
Juillet 2005
 

3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 17:35

atlantide poeme théo

 

Demain, l’Atlantide

 

Liquide, elle avançait, et nous parlions toujours ;

Puis nous faisions l’amour ; tandis qu’à l’horizon

Le temps roulait tambour,

S’écroulaient les maisons.

 

Les îles lentement sur le flanc se couchaient.

Des oiseaux de silence, égosillés, tremblaient.

Et les mains de l’enfant

S’ouvraient sur le néant.

 

Liquide, elle avançait ; les colonnes d’Hercule

Passées en un éclair, les temples d’orichalque

Eclatés comme bulles,

Que l’histoire décalque.

 

Atlantis, Atlantis ! Cité- Mère qui meurt !

Un monde qui s’écroule et régnait sur les mers !

C’était hier, c’était l’heure …

… Mais si demain, la mer … ?

 

Homme, poursuis ton œuvre au goût d’inachevé ;

Ne cesse de violer la terre immaculée ;

Demain elle ouvrira les portes de l’enfer

Et t’y accueillera, Atlante fol et fier.

 

Théo

21 février 2007

12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 23:29

ciel-nuit

 

La nuit     

 

La nuit on meurt    

On meurt de nous   

On meurt debout    

La nuit, de peur.   

 

Nuages en robes blanches qu’un vent soulève     

Inconstantes vapeurs, où êtes-vous ? 

Il  est des chemins perdus interdits de rêve,    

Que jonchent et sont épars souvenirs de nous.   

 

Le jour un pleur      

Un pleur de nous    

Un pleur, c’est tout    

De jour trompeur.   

 

Visages roses de l’amour que le temps creuse      

Masques du bonheur, que dites-vous ? 

Oubliées les vagues  bleues de  chair heureuse,    

La mer qui se retire est grise en ses remous.   

 

La nuit debout      

Je meurs de nous    

Amour trompeur 

Un pleur, c’est tout.    

 

Théo

2013/2014

12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 23:28

    Madame et Monsieur    

 

Monsieur vote UMP

    Et lit le Figaro  

    Madame vote canapé  

    Et oui aux gigolos  

 

Monsieur compte ses sous

    Et suit ses stocks-options  

    Madame a des dessous  

    Fertiles en émotions  

          

Monsieur monte à cheval,

    Madame monte Pascal (d’Honfleur)  

    Ses amants sont légion,  

    Monsieur veut la Légion (d’honneur)  

 

Monsieur lit les Echos,

    Madame Histoires d’O ;  

    Monsieur veut des bonus,  

    Madame pense à Vénus.  

 

Monsieur cherche comment

    Ne pas payer d’impôts ;  

    Madame cherche un amant  

    Pour payer de sa peau.  

           

Monsieur va au Palais,

    Monsieur est courtisan,  

    Il prête à vingt pour cent ;  

   Madame est emballée,  

    Madame à ses amants  

            Se donne à cent pour cent.        

     

Monsieur est sarkozien,

    Madame un peu  putain,  

    Mais peut-être un peu moins  

    Que ce triste crétin.  

 

Monsieur sera Ministre

    Des Affaires Sociales,  

    Et dès ce jour sinistre  

    Madame fera la malle.  

       

Théo

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:21

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Île de Demain : La boîte de Pandore

Nous n’irons plus au bois, la forêt enchantée
Se ferme pour toujours aux désirs murmurés …
Nous irons sur le sol d’un désert inventé,
Sur la croûte épuisée d’un âge épouvanté …

Le soleil percera les crânes nouveaux-nés,
Tu n’auras plus de larmes à abandonner
Au creux sec de ma main tendue vers ta douleur ;
Le gris terne des jours mangera les couleurs.

Des arbres de métal empaleront les heures
Qui mourront lentement en pleurant leurs secondes ;
Le seul vent se levant sera celui des cœurs,
Un souffle agonisant sur la mer qui succombe.

La mer à bout de vague et des vagues de plomb … !
Au ressac disparu de rivages martiens,
Tituberont nos pas écrasés par l’aplomb
De l’étoile à midi, qui cherchera les siens …

Nous n’irons plus au bois, les forêts sont coupées,
Nos rêves morts de soif aux fontaines étroites,
Tous fauves libérés, rapaces aux aguets …


Pandore l’avait dit : n’ouvrez pas cette boîte …

Théo
2003/avril 2008

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:11

Songes poème théo

 

SONGES 



L’étoile 


Certains soirs il fait bon sur la plage s’asseoir 
Pour regarder le vent jusques au fond des yeux, 
Et puis convoquer Dieu 
A venir au parloir. 

Agrippés aux barreaux de nos prisons de chair, 
User la liberté que l’étoile nous laisse 
De boire sa lumière, 
Ou ténèbres épaisses. 

Le pas mêlant le sel aux embruns clairs-obscurs 
Fouler, mais solitaire, une dernière terre, 
Qui s’offre en un murmure 
A la première mer. 

Savoir que de nos pas, 
Il ne restera pas seulement une empreinte, 
De la page un seul mot, sur la dernière plage, 
Et malgré nos étreintes … 

Le savoir et s’asseoir, le soir, face à la mer, 
Pour regarder l’étoile 
Qui teinte d’infini cette nuit carcérale 
Aux brisants de la Terre. 


Mai 2006 



Amour 


Aiguisant mon attente 
Au fourreau de tes lèvres, 
Le roc de ma jeunesse 
Poussait contre le ciel 

La voile d’un esquif 
Qu’un vent avait perdu 
S’accrochait à la mer 
Et dansait avec elle 

Lorsque tes reins ployés 
Se creusaient en mourant 
Aux vagues insoumises 
Du désir qui nous prend, 

A l’écume des jours 
Ne restait que lumière 
Qui rejetait la mort 
Aux portes du néant. 

Nous sommes grains de sable 
Sous un diamant de Lune, 
Le silence écarté 
Par un seul mot toujours : 

« Amour ». 

 *

Théo 

Mai 2006

3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 16:47

Voyage Théo

 

Voyages

 

 

Et je me perpétue, 

Du rêve tu de toi, à toi perdue au rêve,

Sempiternelle fuite d'un jour 

Qui jamais ne se lève 

Battements d'un cœur de nuit toujours 

Dans l'attente de l'aube, 

Qui se dérobe.

  

 

Je ne suis que cela, ombre d’une main, 

Chemin, 

Qui effleure ta robe.

 

   

Voyage éternel au pays 

D’où l’on ne revient pas 

De l'amour de toi, 

Croix qui me consumera 

Et me porte en ses bras.

  

 

Voyage, mouvement qui déforme l'ennui ! 

Cargos, aéroplanes et trains lents de mi-nuit ! 

J'ai tout essayé 

Que ton image fuie, 

Mais sur mer et dans l'air ton visage me suit !

  

 

Et je me perpétue de silence vêtu 

Mendiant l’eau de ta bouche 

De silence cousue 

Et le chaud de ta couche 

A mon corps éperdu.

  

 

Voyage au pays des rêves 

Offrande de fève, 

Reine de ma fièvre, 

Que je porte à tes lèvres, 

Immobile en silence

  

 

Quand ta douleur me lance.

 

 

11 janvier 2007

L'amarrée Des Mots

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