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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 15:05

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C’est la mort d’Henri Morgentaler, en mai dernier, qui m’a ramenée plusieurs années en arrière, à la lecture de « L’événement ». Ce médecin était le porte-étendard de la lutte des femmes pour l’avortement. Polonais d’origine et ancien rescapé de Dachau, il a consacré sa vie à la pratique clandestine de l’IVG (interruption volontaire de grossesse), soutenant que sa philosophie de l’acte n’était rien de moins qu’une lutte pour la justice et la dignité des femmes. Peu d’hommes, aussi idéalistes soient-ils, ont pris autant de risques pour le droit des femmes. S’il a évidemment été extrêmement contesté par les forces réactionnaires, Morgentaler a fait preuve d’un courage sans nom dans la défense de ses convictions, jusqu’à sacrifier 10 mois de sa vie dans une prison de Montréal pour avoir usé de cette pratique clandestinement… 

 

Si Annie Ernaux, dans « L’événement », s’est affranchie par les mots d’un lourd fardeau, elle a aussi eu la force de s’élever au-delà des préjugés pour s’affirmer, non seulement dans ses croyances, mais aussi dans la lutte d’un sujet fort controversé. Elle nous raconte dignement ici son avortement, à l’âge de 23 ans et en plein cœur des années 60 alors que l’IVG est à cette époque en France sévèrement punie par la loi. Il s’agit ainsi d’une autobiographie sur cet épisode marquant de sa vie, pour lequel elle se donne le droit imprescriptible d’écrire, l’ayant vécu et jugeant qu’il n’y a aucune vérité inférieure.

 

Annie Ernaux est une authentique. Elle s’approche de la réalité avec tant de finesse et de naturel que nous nous sentons submergées par son vécu. En plus de briser les chaînes de la culpabilité, par les mots, elle a fait de la violence vécue une victoire individuelle. Avec courage, elle affirmera : «ce qui poussait en moi c’était, d’une certaine manière, l’échec social.» Je dirais, pour ma part, que l’échec social est également la part d’aveuglement d’une société incapable d’envisager de manière réaliste la condition reproductive des femmes. Malgré la culpabilité et la crainte, elle a vécu son avortement comme une libération extraordinaire. De cette expérience simultanée de la vie et de la mort, elle s’est sentie naître et mourir à la fois d’une mère trop présente. Elle exprimera de manière assez touchante : « Je sais aujourd'hui qu'il me fallait cette épreuve et ce sacrifice pour désirer avoir des enfants. Pour accepter cette violence de la reproduction dans mon corps et devenir à mon tour lieu de passage des générations ». Ces quelques mots en disent long sur l’acceptation de son geste…

 

Ce court récit a aussi éveillé en moi un certain nombre de réflexions. Il eut été difficile pour l’auteure de partager un vécu aussi intime sans qu’en résultent maints questionnements sur la condition féminine de l’époque. Elle ne manque pas de rappeler que sa pensée s’affilie au dogme proférant que les différences entre les sexes sont socialement construites. Et rappelons-le, cette philosophie de base est née chez Simone de Beauvoir qui affirmait qu’« on ne naît pas femme, on le devient ». S’ajoute à ses réflexions le pouvoir de vie et de mort qu’ont les femmes, et qui ont paradoxalement fait d’elles l’objet d’une domination masculine à plusieurs niveaux. En allant au bout de son avortement, elle dit avoir ainsi marqué la seule différence indiscutable entre les sexes. Elle rappelle également que si le sexe se passe de reproduction, l’inverse n’en demeure pas moins assez exceptionnel. Les tests de dépistage du sida s’ajoutent au processus pour en accentuer la peur. Car si certaines femmes ont non seulement eu à subir un avortement, elles vivent également dans la crainte d’être contaminées.

 

Finalement, je vous laisserai sur ses mots : « Il était impossible de déterminer si l’avortement était interdit parce que c’était mal, ou si c’était mal parce que c’était interdit. On jugeait par rapport à la loi, on ne jugeait pas la loi. » Quant à moi, qui peut juger de l’honorabilité d’un acte qu’il n’a pas eu lui-même à affronter? Au nom de quoi certaines personnes se donnent-elles le droit de disposer du corps d’autrui? En prônant haut et fort que l’IVG est un crime, on contribue à mon sens à souiller la blessure déjà existante et à exercer un droit sur la plus intime des valeurs : la dignité. C’est ce qu’Annie Ernaux s’est à mon sens efforcée de transmettre…

26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:51

    danse la mer

 

Danse la mer

 

Seule la mer danse à l’horizon si lourd,

Et mon bateau la suit, sous le cri des mouettes,

Sur le parquet de vague en sa valse muette ;

C’est un adieu très seul et ruisselant du jour.

 

Je te nomme en silence au bleu de l’outre-mer

La nuit chavire et tombe, exquise en ton corsage,

Et mon arc se retend, phrase des corps en nage,

Flèche brisée du vers rompu de mots amers.

 

Les sentiments murés du volcan des yeux clairs

Jettent parmi le sombre une lave érotique

Et l’océan s’allume un instant de l’éclair

Qui meurt en obsidienne à la mémoire antique.

 

Théo

Décembre 2008

26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:48

100921   

 

Soleils

 

Sans doute sont soleils abonnés à des îles,

Qui brillent à l’appel et brûlent de longs cils ;

Sans doute sont des mains posées sur des peaux brunes,

Qui cherchent le sésame à l’entrée de vos urnes.

 

Peut-être à l’ascension d’horizontales fées

Planterai-je un drapeau au septième du ciel ;

Alors comblant le vide d’une énième belle,

Je ferai l’effraction de corps nus et défaits.

 

Mais la pierre d’amour restera un mystère,

Hiéroglyphe insoluble au ton chair de rosette,

Jamais je ne saurai ce que pour moi vous êtes.

 

Sans doute vos soleils sont étoiles qui meurent,

Et qui brillent d’autant que se rapproche l’heure

Où l’ombre invitera mon ciel et l’univers.

 

Théo

3 mars 2007

18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 22:08

CORBILLARD A TROIS BANDES TOUT ENCLIN DEUIL

 

La nuit tombe sans triomphe, en cabriolet Spitfire sans capote en glaise je roule cheveux au vent, quelques capotes au fond des poches, en grandes pompes je pars enterrer ma vie d’garçon !

Je suis une ambulance toute blanche qui avance comme un escargot;

Ce n’est pas que je sois pressé mais suivre un cortège ou une procession…

A l’approche d’un rond-point où trône au beau milieu un monument aux maures, l’ambulance ralentit de plus belle.

Un corbillard tout noir sorti au-delà de nulle part déboule à tombeau ouvert, il roule si vite que je me dis: Là ça doit être vraiment, vraiment, urgent.

La collision est inévitable, le corbillard et l’ambulance se percutent de front.

Ça tombe au mieux, le croquemort n’a pas perdu connaissance, ça doit être normal, vu qu’il n’en avait pas, il est le premier à sortir de son véhicule, se dirige vers l’ambulance, le constat d’accident à la main; le constat est vite fait, l’ambulancier aurait voulu ruer dans les brancards qu’il n’aurait pu car dixit le croque mort, il a été tué sur le cou, d’ailleurs son cou raide sort de la portière, coup du sort ou du lapin, si ça tombe toute sa vie durant, l’ambulancier ne fut qu’un chaud lapin; mdr, m’enfin coquin de sort de là à avoir une tête à claquer à la force de l’âge.  

Sang perdre mais sans froid d’heurts, aussi funestes soient-elles le croque mort ne marche pas à côté de ses pompes et prend funèbrement les choses en mains. Plus d’un accroc au corbillard, il est bon pour la casse voire le cimetière, l’ambulance ne semble pas avoir subi trop de dégâts.

J’ai à peine le temps de m’extirper de ma petite auto que les bras m’en tombent :

Le voilà en train de charger le corps du pauvre ambulancier dans son corbillard; ça tombe bien, il voyageait à vide, à l’arrière, le cercueil en beau bois d’acajou vernis s’en sort sans une égratignure, le croquemort y dépose l’ambulancier, referme sommairement le couvercle puis retourne à l’ambulance, s’installe au volant et démarre en trombe, toutes sirènes dehors : Pin-pon, pin-pon, pin-pon; enfin la logique recouvre ses esprits: Un corbillard mis définitivement au pas et une ambulance tout feu tout flamme qui fonce dans la nuit noire.

Moi, à la vue du sang, je tombai dans les pommes, la fin de l’histoire me fut racontée:

Pendant son parcours à folle allure vers l’hôpital, le croque-mort se rendit compte que derrière dans l’ambulance, gisait sur un brancard un autre macchabée, en fait l’ambulancier "es cargo" l’emmenait à la morgue au moment d’être percuté par le corbillard; après coup je compris

Pourquoi il n’était pas pressé.

Le croquemort voulut déposer le macchabée aux urgences, on lui répondit que ce cas-là ne présentait aucun caractère d’urgence, par contre lui, son visage pissant le sang, fut emmené en salle de soins pour quelques points de sutures, fin du micmac aberrant ?

Une petite demi-heure plus tard Arthur était dehors et avait retrouvé toute sa tête au point qu’avant de rentrer chez lui, il passa à l’office des pompes funèbres, préparer le devis des obsèques à envoyer à la famille du pauvre ambulancier.

Avec leur morgue légendaire, la police arriva un peu tard sur le lieu de l’accident, la preuve c’est que le corbillard n’avait déjà plus ses quatre roues et surtout il n’y avait personne dans le cercueil à moitié entre-ouvert.

Malgré six mois de garde à vue (disons-le sans ambages, au trou !) Arthur ne cracha jamais le morceau, les poulets n’y allèrent pas d’main morte, ils eurent beau lui marteler des centaines de fois : « Arthur où t’as mis le corps », Arthur inlassablement continuait à jurer ses grands dieux, qu’il l’avait mis dans le cercueil, qu’il était bien mort et qu’il l’avait vu de ses propres yeux.

Faute de preuve, il bénéficia d’un non-lieu et non-lieu aussi (de sépulture) pour l’ambulancier, vu que ni lui ni même son corps ne furent retrouvés. Arthur laissa tomber les pompes pour monter un groupe heavy-métal-gore dénommé: "Les zobes secs"

Moi, une heure après l’accident j’avais recouvré la santé et j’étais allé rejoindre mes potes à l’enterrement de ma vie d’garçon, j’vous dis pas tout ce qu’on s’est mis en bière ce soir-là; je ne me souvenais même pas comment ma petite auto avait pu nous ramener tous à la maison (nous étions quand même sept dans mon petit cabriolet olé!)

Je dis tout à ma mère qui me reprocha pour la énième fois de n’avoir que des histoires macabres à raconter, pas qu’un peu contrarié, je lui fis remarquer que mon pote Joe en avait des plus morbides et de lui prouver avec cette histoire tout enclin deuil et humour noir:

C’était par un bel après-midi d’été, Joe tout guilleret, ses longs cheveux au vent, déambulait sur le trottoir quand il aperçut un cortège funéraire en formation devant l’église: Un corbillard tout noir avec dedans : A l’avant gauche le chauffeur noir, tout de noir vêtu, à sa droite, à la place du mort, un autre employé des pompes funestes, blanc mais tout en noir aussi, à l’arrière, le cercueil tout blanc du vrai mort parmi des fleurs toutes blanches; juste derrière le corbillard, les proches du défunt et un peu plus derrière, toute une flopée d’autres gens obséquieux, pleureuses patentées mateurs ou curieuses qui n’étaient là que pour broyer du noir; dans le ciel noir, menaçant, une nuée de corbeaux passait en rase motte comme la patrouille de France.

Ça aurait pu faire un joli défilé funéraire, hélas le "chauffard du corbilleur" confondit la marche avant avec la marche arrière et toute la proche famille fut décimée!

 

JCE Tianjin 07.07.2013

1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 23:34

Paul erre dans la nuit polaire

Paul, pote à moi n’est pas Cambodgien mais méridional pur jus, grand amateur de pastis néant moins émérite pompier du feu, hélas en froid avec son boulot et surtout avec son chef de brigade qui lui reproche (entre autres) de jouer un peu trop avec le feu au cul de sa femme!

En changeant de trottoir Paul se dit qu’il ferait mieux de changer d’air, de métier, de pays, avec le réchauffement climatique, pourquoi-pas aller s’installer là-haut dans le grand nord, après tout à Marseille, il habite bien les quartiers nord! Il pense avoir toutes les qualités requises pour se fondre même se confondre dans le décor: Armoire à glace qui n’a pas froid aux yeux et ça tombe à pic, avec les gens, il n’a pas son pareil pour rompre la glace sans froid garder, sang chaud par contre…...

Bien sûr sa candide candidature au pot pôle emploi comme pompier en Laponie n’a pas fait long feu, sa mère a tout fait pour le dissuader de partir, combien de fois n’a-t-il pas entendu le sempiternel refrain: Tu es saumon fils, l’ours blanc ne fera qu’une bouchée de toi, sa grand-mère aussi a tenté de l’en empêcher, Paul n’a pas laissé mamie faire.

Un matin Paul partit sans un mot, sans un regret, en tout cas pas celui d’avoir vendu à son chef de brigade, le double du prix du neuf, son rutilant frigo américain tout en inox brossé avec distributeur de glaçons et glace pilée incorporé.

Paul est plutôt cigale que fourmi, pour un gars du midi ça n’a rien d’antinomique, la vie dans le sud est si dispendieuse, serait-ce à cause de la chaleur, les fonds fondent comme neige au soleil.

L’arrivée de Paul aurait-elle jeté un froid, il fait moins quarante degrés Celsius, à croire que c’est bien ici à Nuuk (Dour) que le gla-gla sonne, le Nuuk plus ultra du froid extrême.

Incroyable comme des gens peuvent se faire des phocidés du grand nord; tenez, fraîchement arrivé en rennes à la capitale, Paul se rendit à la banque Ise, à peine avait-il déposé ses fonds qu’ils furent gelés sur le champ; ici c’est assez intéressant à observer comment l’argent se cache à l’eau, il ne fond pas comme ailleurs, ne font pas des petits non plus mais ça fait des siècles que l’état a décrété le gel des prix, le gel des terres, de tout en fait! Prise par-là, Nuuk a son charme, pas de surpopulation de lapons, pas Dour ni de trouble à Dour ni même de troubadours et encore moins d’or à Dour; aucune auto que des autochtones aux exquis mots, Paul à part quelques rudiments de morse n’y comprend goutte. 

Trois mois déjà que Paul erre dans la nuit polaire, en quête de sa bonne étoile, la belle qui a du mal à lui offrir un lit douillet, seul, lit vide, livide mais sans être à l’arctique de la mort, Paul qui n’a pourtant pas la main verte plutôt gelée (même son poil dans la main est gelé), se prend à rêver d’un petit lopin de glace où il pourra planter quelques marrons glacés. Il n’y a pas le feu, le jour ne se lève que dans trois mois, Paul a tout le temps de la trouver sa belle étoile dans ses nuits blanches. Extinction des feux pendant trois mois, quand on pense qu’en France, pour des petites coupures d’à peine une heure, des fonctionnaires à vif d’EDF se font presque lyncher.

Pour chasser l’éventuel ennui, Paul avait emmené dans un sac d’ado dadais quelques magazines et polars dont il raffole, hélas il n’a pu en lire que les pages de garde, les autres sont restées collées par le gel. N’ayant plus rien à lire et pour tuer le temps, Paul va souvent mater sur la jetée les fraîches morues dans les brancards ou écouter au loin les rires de baleines qui ont rencard, lui qui n’avait jamais pu se voir dans la glace, voilà qu’ici il passe des heures et des heures devant :

Oh mouroir mon beau mouroir Oh alouettes vous miroir sans thym ni romarin de label Provence!

Sur le plan démarches administratives, aucun souci par ici (Paris si!) ; pas un fonctionnaire zélé pour venir vérifier si l’édification de votre igloo respecte scrupuleusement le plan d’inoccupation des sols ou si vous avez payé la redevance télé, sur le plan démarche pure, c’est à croire que Paul a eu des ancêtres manchots car c’est la même démarche chaloupée un peu gauche.

Dès le début, pour être mieux intégré à la faune locale, Paul a tenu à s’habiller en costume traditionnel : Smoking noir à queue de pie fourrée et chemise blanche en peau de BB phoque,

ça lui donne un peu l’air conditionné, même l’air con tout court mais les conditions de clim à tics étant si sévères.

Nullement abattu juste un poil dépité, Paul se demande si c’est vrai « ces gens du nord qui ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors »; il commence à se lasser de ne sucer que de la glace se disant qu’un peu de chaleur humaine ça ne serait pas vain, chaud réconfort, d’ailleurs sans être chauvin, ce n’est pas tant les glaçons qui lui manquent mais l’anis sûrement.

Il décide de prendre le morse par les cornes (je sais on dit le taureau par les cornes mais ça c’est dans le sud, dans le grand nord c’est le morse).

Justement, Paul amorce une vie nouvelle depuis qu’il s’est fabriqué un alambic au procédé plus qu’alambiqué: Il distille de l’urine de baleine mélangé à du sang macéré dans ses bras; au goût ce n’est pas vraiment de l’anis, pas tout à fait comme en terrasse à l’Estaque à Marseille, mais mélangé aux glaçons la ressemblance est si frappante qu’hier Paul s’est pris une cuite bien frappée avec ce constat rassurant, à oublier toutes vos misères: Le pipi de baleine du grand nord se rend aussi bien que l’anis du grand sud!

Une bonne chose n’arrivant jamais seule, Paul n’est plus seul, il a fait la connaissance d’un bandit, manchot quasi nomade mais bon maçon, excellent bâtisseur d’igloos. En échange de son pipi de baleine, le manchot lui a construit (sans permis) un joli igloo tout blanc, le manchot lui-même fait office de pompe à chaleur, on ne peut pas dire qu’il soit pédé comme un phoque mais plutôt gai comme un pinson. Il faut les voir ces deux-là comme cul et chemise, de nuit comme de jour (puisqu’il  fait toujours nuit!) à tomber la chemise et allumer le feu à l’igloo, à se rouler des patins à glace, bonté divine, c’est si chaud qu’on se croirait bien au show « Holiday on ice », s’ils continuent, l’un d’eux va finir avec un bec de lièvre.

Paul fait le feu de tout boit et glou igloo et glou, il est des no ..o…treuh, il a bu……………….

Inuit câline Inuit d’amour, comme ici la nuit dure trois mois je ne vous dis pas dans quel état ils vont être à la fonte des glaces, pendant tout ce temps-là, le chien du manchot traineau bar!

A noter quand même qu’il a fallu qu’il débarque au pôle pour que Paul se découvre des tendances  bipolaires médisons plutôt qu’il est comme le bateau ivre, à voile et à vapeur.

Gardons-nous de juger, relatives, visons un peu mieux ses nuits torrides, à moins d’être maître-glacier, même en ayant le sang chaud, ce n’est pas évident de se faire encorner de glace, pas facile d’avoir le feu au cul au sol avec -40°degrés ou de force avec popole  toujours recroquevillé au fond du pantalon. Si encore Paul avait été un morse avec son oosik*(un os pénien de 60cms), il n’aurait plus ce genre de problème. Heureusement que le bon dieu n’a pas affublé l’homme d’un os si pro éminent, surtout si on l’accueille à froid, avouez que le cas contraire la sodomie n’aurait jamais fait de vieux os sur notre belle terre!

Merci petit Jésus, dis-le à ton papa qu’il a bien fait de ne pas nous faire un pénis en os surtout que de nos jours avec le viagra……….ça ne se justifierait plus, tout ça donne si froid dans le dos qu’il vaudrait mieux trépasser à autre chose!

N’allez pas croire que Paul a peur de se prendre une calotte glaciaire en pleine tronche, les calottes, il connaît trop bien pour en avoir ramassées à la pelle depuis son plus jeune âge.

Ici dans le grand nord pas de pastis, de "père Duval à la calotte chantante" tout au plus des phoques moines mais pas dévots marins et qui n’ont aucune velléité à vous convertir à leur religion aux mœurs plus que blizzard. De calottes l’ex pompier n’en a cure, sa peur la plus grande serait de se retrouver nez à nez avec un vieille ours mal léché par sa femelle à qui la bagatelle pendant ses ours ne fait ni chaud ni froid, les règles élémentaires ne dictent-elles pas qu’il ne faut pas vendre la peau d’mémé avant de l’avoir tirée. Heureusement pour Paul, la seule fois qu’il aperçut un ours blanc, celui-ci était bien trop pressé d’emmener sa dulcinée matrone en lune de miel à………………. ……………………………………………………au lit wood.

Comme quoi dans le sud malgré les piquants, la pêche aux oursins est moins risquée que la chasse aux ours, sains ou pas du grand nord avec son froid pas épicé mais tout aussi piquant!

Trois mois plus tard, avec ce satané réchauffage de la planète et la dérive d’incontinents, l’iceberg des deux compères à la dérive au milieu de nulle part à des plombes du centre-ville, ceci fit dire au manchot, bandit mais filousophe : Si les icebergs étaient en fonte, au moins la fonte serait plus lente.

Dix ans ont passé, dix ans glandeur nature à peigner la girafe à longueur de journée, certes, il avait bien créé un cercle (bi) polaire de poètes genre Otarie’club quasiment tous disparus : Gérard de Narval, Gérard deux par dieu, De Villiers et même le Gérard de Coluche ; à se demander si ce fameux cercle fut polaire, bipolaire ou tout simplement vicieux.

Paul a décidé de regagner son sud, il se sent de plus en plus en froid avec le grand nord. Il repart avec de bonnes notions de gastronomie lapone : Tout lard du buffet froid, je crois que du côté de l’Estaque, il va faire forte impression avec ses bouchées à la renne-mer assez zonée à l’huile de mauvaise foi de morue, le court bouillon d’otarie aux yeux de merlan frit trempés dans la graisse de phoque comme il ce d’oie. 

La banquise ayant finalement fondue, Paul récupéra ses fonds avant de quitter Nuuk.

Purée ce matin sur Marseille, il fait un mistral à décorner un morse, un froid de canard à ne pas mettre un chien voire un marseillais dehors. On est à la mi-décembre et l’ami Paul ronronne comme à mi-août. Simplement vêtu de son marcel à l’effigie de l’OM, il déambule lance à la cantonade que le printemps est revenu, va rejoindre des potes au bar Jo.

Dixit Jojo le tenancier, Paul aurait pris de l’étoffe cérébrale pendant sa villégiature dans le grand nord, jugez-vous-mêmes, Paul aurait dit: Vous ne voyez de moi que quand je veux bien émerger mais un jour vous aurez la chance de découvrir mes parties immergées!

(Immergées dans le pastis, peut-être ?) Je ne sais pas si c’est con, génital ou si on peut encore parler de troubles bipolaires ou de troubles éthyliques, Paul s’identifiant à un iceberg, je penche plutôt pour un dédoublement de personne alitée, le comble ça serait qu’il rencontre la petite Annick!  

Sur le quai du vieux port tout illuminé de guirlandes et lampions, un père noël vient à passer, ça met Paul hors de lui: C’est un faux, un faux, info père noël : Le vrai, moi je l’ai vu là-bas dans le grand nord, il se faisait tirer par des rennes au igloo, igloo et glou et glou……………………………………

Jojo la même chose, c’est ma tournée !

Sans être nullement terrassé par le stress malgré des mois à glander en terrasses du côté de l’Estaque, Paul se décide à rendre une petite visite de courtoisie à ses « potes » de manque de pot pôle emploi qui lui dénichent facilement, compte tenu de son expérience glaciaire, une place de maître glacier à Tahiti, fini tous ces pingouins, manchots, allez phoque you all, I have nothing Toulouse nor Marseille to win, fini tous ces pingouins, à lui les vahinés et leur tiaré en fleur.

La seule chose qui le rend un peu chagrin de folie c’est qu’il va falloir qu’il se rachète, bien sûr une conduite mais surtout un frigo américain avec distributeur de glaçons et glace pilée et une grande glacière pour les oursins. Loin des bistrots pic à glace du grand nord Paul espère qu’au moins ses maigres fonds ne fondront pas trop sous le soleil des tropiques.

*oosik : je précise pour certaines qui semblent intéressées l’oosik est bien un os mais sans moelle.

P.S : Paul a réussi à revendre ses secrets de fabrication de son infect breuvage de pipi d’baleine à la société Ricard (j’en ris car tout est mâle qui finit bien).

JCE Tianjin 22/06/2013 (brut de décoffrage)

1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 22:17

Photos prises par Amélie, ma nièce et filleule en or...

 

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Published by Nad - dans Vos soleils
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 19:05

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J'ai abordé ce livre avec la curiosité de celle qui visite les ruines d'un pays en cherchant à comprendre l'origine de ses ravages. Nelly Arcan, cette jeune prostituée montréalaise, s'est donnée la mort en 2009, à l'âge de 34 ans. Qu'est-ce qui a amené cette étudiante en littérature à ne plus espérer au point de s'enlever la vie ? J'ai tenté de trouver des réponses à travers ce roman, sans tomber dans le piège de la suranalyse des traumatismes qui l'ont habitée, encore moins dans le voyeurisme. Même si ses mots laissent en nous une empreinte de mal être, son univers n’est pas moins complexe que celui qui évolue en chacun de nous.

 

« Putain » est son premier roman, une autofiction débordante de sentiments noirs résultant de comportements autodestructeurs. Quelques pages à peine suffisent à nous éclairer sur les origines de son mal. Entre une mère, qui passe ses grandes journées à dormir et qu'elle qualifie de « larve » et de « cadavérique », et un père qui chasse les putains, on a vite fait de comprendre que Nelly Arcan n'a pas été entourée de modèles positifs.

 

Les pages de ce roman m'ont aussi révélé sa hantise des femmes et sa misanthropie. Son besoin de plaire et l'image d'un corps qu'elle craint de voir vieillir. C'est d'ailleurs en alliant les mots « femmes » et « féminité » que l'expression de cette crainte est la plus marquée. Un passage du livre : « Je me suis mise à vieillir à toute allure », m'a rappelé Marguerite Duras qui disait dans « L'amant » : «  J'avais à 15 ans le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance. Tout a commencé de cette façon pour moi, par ce visage voyant, exténué… en avance sur le temps… ». Les ressemblances dans leurs écrits sont frappantes. Le style est tout autre, Duras ayant une plume incomparable, beaucoup plus fine et subtile, mais leur vécu comporte un nombre infini de similitudes, notamment celle de faire l'expérience de la sexualité à un âge beaucoup trop précoce. 

 

Pourquoi ne suis-je donc pas arrivée à aller au bout de cette lecture ? Le style est lourd, un immense cri de détresse sans points ni ponctuations. S'ajoute au style un ton vulgaire qui m'a vraiment déplu. N'allez pas croire que je pense nécessaire d'exprimer son mal de vivre dans le but d'obtenir des distinctions de l'Académie française. Je crois seulement que, pour demeurer authentique face à son vécu, il ne soit pas nécessaire de communiquer avec une telle disgrâce. Un minimum de pudeur ajoute sans doute une meilleure crédibilité aux yeux du lecteur. C'est un avis personnel, bien sûr... J'en arrive maintenant à ce qui m'a vraiment percutée : la paradoxalité de son discours. Nelly Arcan aborde dans ses ouvrages des thèmes tels que l'influence de l'image chez la femme, la marchandisation du corps et le suicide. Elle dénonce haut et fort le commerce de la prostitution qu'elle refuse pourtant de quitter. Pour toute réponse, elle dira que « c'est peut-être à cause d'une tendance naturelle que j'ai à me dévêtir et à m'étendre à toute heure ». J’ai franchement été agacée de l’entendre parler de l’image corporelle de la femme, affirmant que les femmes ne se sentent le besoin d’exister qu’à travers le regard des hommes. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre que, même avec une conscience aussi aiguë des raisons qui poussent les femmes à devenir des esclaves de leur image (époque axée sur l’image et la minceur), elle n’ait pas réussi à s’en affranchir elle-même. Son roman est à mes yeux un tissu de provocations qu’elle alimente à travers une allure hyper-sexualisée et des propos uniquement centrés sur le sexe. J’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps alors qu’une tonne de romans croulent sous mes pieds…

27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 20:38

Source: Audlidou

 

Je suis heureuse de voir ce soleil couchant que je pourrai admirer de ton beau balcon la semaine prochaine, quand je m'inviterai à souper chez toi ha ha ha 


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Verdun

Juillet 2013

Published by Nad - dans Vos soleils
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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:52

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Québec

6 février 2013

19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 17:35

Bromont juin 2013 032 (2)-copie-1    

 Bromont    

15 juin 2013    

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