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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 10:13
Pardonnable, impardonnable - Valérie Tong Cuong

« Ce n’est pas la manière dont les choses arrivent qui comptent, c’est la raison pour laquelle elles se produisent »

 

C’est arrivé comme ça, bêtement. D’ailleurs, c’est toujours bête ce genre d’accident. Puis on se croit à l’abri des souffrances qu’il dépose en nous. On pense que ça n’arrive qu’aux autres, que la vie ne peut pas basculer ainsi du jour au lendemain, d’une seconde à l’autre, cette douloureuse seconde de l’impact. Ce jour-là, Milo avait été confié à sa tante Marguerite qui devait l’accompagner dans un travail scolaire sur l’Antiquité. Mais ils auraient pris leur vélo, une distraction, une envie subite, spontanée, un besoin de souffler avant de retourner vers l’Antiquité. On dit qu’il aurait voulu cueillir un bouquet de fleurs pour sa mère. Enfin, c’est ce qu’on dit. Parce que dans ce genre d’histoire on ne sait jamais tout à fait les motivations qui se cachent derrière l’« Événement », on ne connait que le désastre…

 

« L’ivresse de la descente, un virage, et c’est la chute »

« Pardonnable, impardonnable » ?

 

Milo, 12 ans, est plongé dans le coma. Ses petites mains sont inertes, il a reçu un violent coup à la tête. Traumatisme crânien. Ses parents arriveront-ils seulement à pardonner à Marguerite ? Parce qu’il faut forcément un coupable quand la vie s’écroule. Vient ensuite les regrets, mais bien avant il y aura la suite d’événements précurseurs, les interminables « si » de la réaction en chaîne jusqu’au choc. La douleur de l’attente, l’incertitude qui tue à petit feu. La peur qu’il souffre, qu’il abandonne, et l’envie d’avoir mal à sa place. Et Marguerite… celle sur qui tout repose, l’éternelle souffre douleur de la famille. Le mouton noir détestée de sa mère, rejetée de sa sœur, humiliée par son beau-frère mais profondément adorée de Milo. On refuse qu’il la voit et pourtant, elle est son plus grand repère affectif, il a besoin d’elle. D’aussi loin qu’il soit, le petit la réclame, elle sera sa seule motivation à revenir d’un long sommeil…  

 

« Pardonnable, impardonnable » ?

 

Valérie Tong Cuong excelle à nous dresser le portrait d’une famille complètement dysfonctionnelle – à l’image de la plupart d’entre elles, on s’entend. On n’y va pas de main morte entre grosses méchancetés et petites vacheries, haine, jalousies, rancoeurs et manipulations. De vieilles blessures refont surface, les secrets sont mis à jour et chacun doit faire face, à sa manière. On recherche la vérité et on recherche l’amour. Le temps passe, une distance se crée, on se perd et on se retrouve. Mais nous sommes-nous vraiment quittés, hantés par la présence de l’autre?   

 

« Pardonnable, impardonnable »...

 

Milo est dans le coma, il faut d’abord tenir le cap, être forts. Et si on arrêtait de se faire la guerre au nom de notre amour pour lui ? On aura tout le temps après pour se dire le reste, et surtout se pardonner…

 

Un immense merci à toi ma précieuse Nadège pour ce merveilleux livre-cadeau qui avait été déposé sous mon sapin <3

 

Par la même occasion, je te souhaite un Joyeux Anniversaire !

Pardonnable, impardonnable - Valérie Tong Cuong
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 00:44

Ça pue la haine !

 

Depuis dimanche dernier, je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer la force de ma colère. Plus que de la rage, je ressens une profonde tristesse résignée face à la bousculade d’actes haineux qui frappe le monde. Cette haine inqualifiable dont certains hommes ou groupes se parent au profit de la vie et de la liberté d’être. Au nom du pouvoir et d’une vision étroite, pour ne pas dire «incarcérée» dans les prisons de l’intolérance. Sommes-nous à ce point incapables de vivre dans le respect des autres ? Dans le respect de toutes formes de liberté ? Dans le partage d’un monde qui, dans sa globalité, nous appartient à part égale ? Pffffff bien sûr que oui, ça pue la haine !

 

Les êtres humains atteignent sans trop de difficulté un niveau de mépris envers leurs semblables. Je pousserais même jusqu'à parler « d’arrogance » et là, loin de moi l’idée de vouloir faire dans la poésie, j’entends par arrogance ce dédain de l’autre, cette audace poussée à l’extrême limite d’en décider de la vie et de la mort d’autres personnes que de soi-même.

 

Avant Orlando, il ne suffit pas de retourner très loin en arrière pour réaliser que le monde ne tourne pas rond. Bruxelles, Paris, les Syriens, les migrants, les exodes, les génocides, les guerres, les famines, un certain 11 septembre, et puis quoi encore ?

 

On est hétérosexuel ou homosexuel, on est blanc ou noir, on est juif ou musulman, riche ou pauvre, qu’est-ce que ça change ?

 

Dans quel monde de fous vivons-nous ?

 

***********************************

 

Éric-Emmanuel Schmitt a trouvé les mots justes, ceux qui sont là pour nous amener à réfléchir et se conscientiser sur l’ampleur du drame qui se joue. Je me dis que l’homme sensible qu’il est doit forcément être ébranlé dans ses fondements les plus profonds.

 

« nous resterons droits, debout, fiers, du côté de la vie »

 

Bravo Monsieur Schmitt <3

 

MASSACRE À ORLANDO

 

Comme vous, sans doute, je ne sais plus quelle horreur commenter ! Il s’en produit tous les jours et il ne faudrait surtout pas considérer qu’en choisir une revient à ignorer les autres.
La lâche, stupide et monstrueuse fusillade d’Orlando, ce dimanche, dans un club gay et lesbien m’a laissé sans voix. Un forcené a tué une cinquantaine d’individus qui dansaient, chantaient, buvaient, s’amusaient, tant le bonheur des autres lui était insupportable — voire le bonheur tout court. Il a abattu des gens qui avaient dû se battre, et devront se battre encore, pour obtenir des droits civiques. Il a massacré des combattants pour la liberté, mais à un moment où ils étaient sans armes, bien sûr…
C’est une attaque contre la liberté elle-même, pas seulement contre une communauté sexuelle. De même que l’attentat de Charlie Hebdo ne visait pas uniquement des dessinateurs, de même l’attentat d’Orlando ne cible pas que l’homosexualité : il veut supprimer un monde où vivent ensemble et harmonieusement des gens extrêmement différents, des athées, des juifs, des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes, avec des peaux blanches, brunes, noires ou jaunes. Refus de la complexité, refus de la nature, refus de l’humanité.
Le club d’Orlando s’appelait Pulse, c’est-à-dire Pulsion. Il désignait une pulsion de vie. Il a été détruit par une pulsion de mort.
Mais nous resterons droits, debout, fiers, du côté de la vie. Le combat contre la bêtise a commencé avant nous et se poursuivra après nous. Faisons notre part, mes amis.

 

Éric-Emmanuel Schmitt

Orlando ou « Les prisons de l’intolérance »
Orlando ou « Les prisons de l’intolérance »
Published by Nad - dans Divers
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 14:44
Entre ciel et terre (tome 1) - Jón Kalman Stefánsson

Jusqu’à quel point est-il possible de mourir à cause des mots, pour les vers d’un poème?

 

« S’en vient le soir

Qui pose sa capuche

Emplie d’ombre

Sur toute chose,

Tombe le silence »

 

Bardur et un groupe de pêcheurs islandais s’étaient rendus au baraquement juste avant la nuit. Ils s’étaient assurés de bien appâter les lignes, de prendre avec eux vareuses, chandails et bonnets de laine. Mais le froid glacial de mars ne pardonne pas, il vous transperce avant de vous faire mourir à petit feu. Sur les eaux glacées du froid polaire, une simple barque de pêcheurs est un mince refuge face aux vents violents du Nord, surtout quand la tempête se lève et que le ciel déverse sa colère. Que la rage des vagues vous submerge et que vos pieds sont mouillés. Que vous ne savez pas nager. Et que vous avez oublié votre vareuse, comme Bardur, parce que les vers du Paradis perdu de Milton, le poète aveugle, se sont insérés dans les fissures de votre âme, plus forts encore que votre instinct de survie.

 

« Il est des poèmes qui changent votre journée, votre nuit, votre vie. Il en est qui vous mènent à l’oubli, vous oubliez votre tristesse, votre désespoir, votre vareuse, le froid s’approche de vous… »

 

Peut-on seulement s’imaginer jusqu’à quel point les mots sont assez puissants pour toucher le cœur des hommes et changer le cours d’une vie? Bardur est mort en mer par un jour de tempête. Son meilleur ami, le gamin, a tenté de réchauffer ses membres qui s’engourdissaient en lui frappant le corps. La peur s’est installée, les forces lui ont manquées, il s’est recroquevillé au fond de la barque et s’est laissé mourir de froid. La vie n’a pas tenu le coup face aux rimes…   

 

« Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts. » 

 

Enfoncé dans la neige jusqu’aux genoux, submergé par l’incertitude et anesthésié par la peine, le gamin entreprend un voyage pour rendre à son propriétaire le recueil de poèmes qui a donné la mort à son ami. Après, il aura tout le temps de décider s’il veut vivre ou non…

 

Comme lectrice affamée de nature, c’est au moment de la traversée que j’ai revécu l’Islande des glaciers, celle que j’ai l’impression de toucher encore du bout de mes doigts. Celle des fjords et des vallées, des falaises qui surplombent la mer, celle des volcans, des cratères, des chutes et des grandes étendues de terre. Celle du sommet des montagnes dans le lit des nuages, là où se perd la ligne d’horizon et où le monde prend fin. Je n’ai « jamais été aussi près du ciel » que dans ce 66ème parallèle nord. Les paysages de l’Islande sont une incitation à devenir poète, à réciter Le Paradis perdu de Milton…  

 

« Celui qui marche un long moment seul dans une tempête de neige qui jamais ne retombe est peu à peu saisi de l’impression qu’il est sorti du monde, qu’il avance dans un désert loin des hommes. »

 

Jon Kalman Stefansson est un magicien des mots. Ses réflexions sur la vie et la mort nous amènent à nous questionner sur l’existence ; son but et ses fondements, ce que nous laissons derrière nous une fois partis. Rien ne peut égaler en souffrance la cruauté des hommes, ni leur mépris, encore moins leur lâcheté. Ce monde dans lequel nous vivons nous confronte sans cesse à l’ « autre », et à l’image d’une nature où les éléments se déchaînent, nous sommes bien petits face à la menace. Mais les forces de l’amour et de l’amitié seront toujours vainqueurs. Dans le poids de l’absence, elles triomphent du vide et de la solitude. Peut-être en partie parce qu’elles nous renvoient le symbole de notre propre liberté…

 

« Les rêves nous libèrent parfois des amarres de la vie. Ils sont tel un soleil dans les coulisses du monde. »

 

Un immense merci à toi ma précieuse Lili de m'avoir fait découvrir ce grand auteur, et par le fait même d'être retournée voyager avec toi au pays des fuzzy... :-*

 

Les magnifiques billets de Nadège et Eeguab

Entre ciel et terre (tome 1) - Jón Kalman Stefánsson
Entre ciel et terre (tome 1) - Jón Kalman Stefánsson
Entre ciel et terre (tome 1) - Jón Kalman Stefánsson
Entre ciel et terre (tome 1) - Jón Kalman Stefánsson
31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 23:38
Le coeur cousu - Carole Martinez

« Maman n’a jamais su écrire qu’à l’aiguille. Chaque ouvrage de sa main portait un mot d’amour inscrit dans l’épaisseur du tissu. »

 

Au départ, il y eut cette boîte étrange que Frasquita reçut de sa mère en héritage. Un trésor confié sous la consigne de ne l’ouvrir que neuf mois plus tard, jour pour jour. Luttant contre l’envie irrésistible d’en découvrir le secret, elle l’enterra dans l’oliveraie du Seigneur Hérédia – « l’homme à l’oliveraie ». Lorsqu’elle fut en âge de comprendre la vie sous des yeux de jeunes filles, sa mère lui fit apprendre un ensemble de prières pour chaque misère humaine. Mais elle devra user avec parcimonie des pouvoirs qui en découleront… 

 

Personnage central de cette histoire fascinante, Frasquita, la couturière du faubourg Marabout, est emplit de dons. Elle coud et brode, magicienne faisant naître ce qu’elle touche du bout de ses doigts. À son contact, les robes et les châles se transformeront en maléfices qui agiront sur les hommes comme des philtres d’amour. Les fils aux mille couleurs changeront le regard qu’elle porte sur le monde. D’abord, il y eut ce petit cœur brodé dans les entrailles de la Madone qui un jour s’est mis à battre, et ce papillon qui prit son envol. Elle arrivera même à recoudre le visage de Salvador, ravagé par la haine des anarchistes. De quel miracle ou phénomène surnaturel Frasquita s’est-t-elle fait l’héritière? Empruntant un chemin opposé, vivant en marge de la société, s’affichant avec des prostituées et mettant au monde des enfants étranges – comme Angela qui nait avec des plumes et couine comme un canard - elle fera fuir les gens du village. N’aidant en rien l’ostracisme dont elle fut la victime, son mari devint fou et entra dans le monde des volailles pour en devenir l’un des membres. Il vivait dans le poulailler et se prenait pour une poule… Il lui vint même l’idée de couver un œuf rouge et de faire de ce coq le plus beau coq de combat.

 

Chassée, elle prendra la fuite avec ses cinq enfants, la sixième reposant dans son ventre. Elle s’appellera Soledad et sera la narratrice de cette histoire. Son prénom lui viendra de cette solitude dans laquelle elle sera plongée dès sa naissance dans une « volonté de résister au monde ». D’aucun diront qu’ils ont vu une femme en robe de noces tirant une charrette avec sa marmaille dans les jambes…

 

« J’ai peur toujours de cette solitude qui m’est venue en même temps que la vie, de ce vide qui me creuse, m’use du dedans, enfle, progresse comme le désert et où résonnent les voix mortes. »

 

Le cœur cousu, premier roman de Carole Martinez, est l’histoire d’une famille entourée d’un mal mystérieux. C’est avant tout une histoire de transmission entre les générations. Celle de femmes fortes unies par d’étranges pouvoirs. C’est aussi le basculement entre le rêve et la réalité dont le point d’ancrage sera la recherche d’équilibre, un univers de « folie » où la haine et le mépris des hommes ne saura régner qu’au prix d’une certaine liberté. À travers ses personnages en marge, c’est un roman sur la différence et l’acceptation, les choix que l’on exerce et les épreuves de la vie. Le cœur cousu est un portrait de femmes, tissé au fil des pages, dans une broderie d’humanité et d’entraide qu’aucun lien ne pourra dénouer…

 

« Il arrive qu’on interrompe une promenade, oubliant même ce vers quoi l’on marchait, pour s’arrêter sur le bord de la route et se laisser absorber totalement par un détail. Un grain du paysage. Une tache sur la page. Un rien accroche notre regard et nous disperse soudain aux quatre vents, nous brise avant de nous reconstruire peu à peu. Alors la promenade se poursuit, le temps reprend son cours. Mais quelque chose est arrivé. Un papillon nous ébranle, nous fait chanceler, puis il repart. Peut-être emporte-t-il dans son vol une infime partie de nous. , notre long regard posé sur ses ailes déployées. Alors, à la fois plus lourds et plus légers, nous reprenons notre chemin. »

 

Un grand merci à toi ma chère Nadège pour ce cadeau aux mille couleurs <3

Et le billet magnifique de Céline du blog Le livre-vie

27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 18:03
Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus (3) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)

« La vérité m’a toujours fait regretter l’incertitude. »

 

Madame Ming s’occupe des latrines masculines du Grand Hôtel de Guangdong, dans le sud de la Chine. Étrange personnage de bonté et de dévouement, elle voit chaque jour défiler ces hommes dans l’urgence d’un soulagement aussi bref que nécessaire. C’est alors qu’elle rencontre le narrateur – dont le prénom n’est pas cité – et qu’une belle relation de confiance et de partage s’établit entre eux. Il travaille à l’étage supérieur à multiplier les contrats commerciaux avec la Chine et profite de chaque occasion, même de celles qui ne lui sont pas accordées, pour poursuivre ses bavardement avec dame pipi, cette femme pleine de sincérité et de douceur…

 

« Madame Ming incarnait la permanence dans un monde versatile. »

 

Elle lui raconte ses dix enfants, Li Mei, ses jumeaux Kun et Kong et tous les autres. DIX! Mais Madame Ming, comment est-ce possible d’en avoir dix alors que l’État chinois interdit aux couples d’avoir plus d’un enfant??! Au départ, il subit ses affabulations, puis éprouve de la sympathie pour elle. Une amitié se développe sous le couvert des confidences, dans ce milieu parfumé aux boules à mites à l’odeur de cèdre, et qui au départ n’avait rien on s’entend d’un lieu où s’attarder dans l’épanchement de sentiments. Rien que pour ce contraste délirant j’ai eu envie de remercier l’auteur, il m’a fait vraiment rire! :D Cette p’tite parenthèse mise à part, il réalise son besoin de fantaisie, d’illusions. Celui de s’évader dans un monde factice où la réalité se confond avec le rêve et l’urgence de vivre. Il en arrive à comprendre que le bonheur est plus fort que la recherche de vérité.

 

« À travers ces broderies où s’épanouissait son imagination, je sentais sa carence, sa nostalgie de transmettre, son aspiration à aimer. »

 

Toujours dans la poursuite de mes lectures du « Cycle de l’invisible », qui accorde à chacune de ses six nouvelles le plaisir de nous faire découvrir une religion ou une quelconque forme de spiritualité, Éric-Emmanuel Schmitt nous parle ici des entretiens de Confucius sur l’amour familial et le sens du respect. Ces quelques pages de douceur et d’amour nous amènent à nous questionner sur la vérité. Mais surtout sur la réalité à laquelle il ne faut pas s’attarder au détriment du rêve. Le bonheur est dans l’équilibre fragile des choses qui nous entourent.

 

Qui ne voudrait pas d’une Madame Ming dans sa vie? Je me suis profondément attachée au personnage qu’elle incarne avec tant de tendresse et d’humanité...

 

« De la Chine de Mao, madame Ming conservait l’égalitarisme ; de celle de Confucius, elle perpétuait l’humanisme. »

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus (3) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 23:37
Quand un Bison fête son anniversaire sur la banquise du phoque en Alaska

Joyeux anniversaire Bison! Sors ta tuque pis tes mitaines, tu vas te geler les majeurs sur la banquise... ^^

 

Qu’un nuage Unibrouesque déverse une pluie de bonheur au-dessus de ton Ranch, qu’il fasse frémir tes majeurs et fondre ton igloo…

 

Joyeux anniversaire tabarnak!

 

LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA
(paroles et musique: Michel Rivard pour Beau Dommage)

 

Pour l'écouter Clicker ici


Cré-moé, cré-moé pas
Quéqu'part en Alaska
Y a un phoque qui s'ennuie en maudit
Sa blonde est partie
Gagner sa vie
Dans un cirque aux États-Unis

Le phoque est tout seul
Y r'garde le soleil
Qui descend doucement sur le glacier
Y pense aux États
En pleurant tout bas
C'est comme ça quand ta blonde t'a lâché

REFRAIN:
Ça vaut pas la peine
De laisser ceux qu'on aime
Pour aller faire tourner
Des ballons sur son nez
Ça fait rire les enfants
Ça dure jamais longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand les enfants sont grands

Quand le phoque s'ennuie
Y r'garde son poil qui brille
Comme les rues de New York après la pluie
Y rêve à Chicago
À Marilyn Monroe
Y voudrait voir sa blonde faire un show

C'est rien qu'une histoire
J'peux pas m'en faire accroire
Mais des fois j'ai l'impression qu'c'est moé
Qui est assis sur la glace
Les deux mains dans la face
Mon amour est partie pis j' m'ennuie

 

REFRAIN

Quand un Bison fête son anniversaire sur la banquise du phoque en Alaska
Quand un Bison fête son anniversaire sur la banquise du phoque en Alaska
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:48

Pendant que le soleil se couche sur Cognac, les grenouilEs prennent un bain de minuit :D

J'en entends une qui croasse plus fort que les autres………… bonyeux c’est le kinG des marais!!! ^^

Crôa Crôa Crôaaaaaaaaaaaaaaaaa

« Kossar froskuR » ! :D))))

Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Published by Nad - dans Vos soleils
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 19:05
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze

« Je ne crois pas au destin. Je ne veux que vivre, c’est le but central de ma vie »

Frida Kahlo

 

En 1936, Léon Trotski et sa femme Natalia quittent le port d’Oslo pour le Mexique. Voyageant en tant que prisonniers en liberté surveillée, cette terre d’accueil leur promet un asile politique, pour autant qu’ils prêtent le serment de ne s’impliquer dans aucune activité liée au marxisme. Président du premier soviet de Saint-Pétersbourg, créateur de l’Armée rouge et de la révolution d’Octobre, Trotski est accusé d’espionnage et de terrorisme, aux suites desquelles Natalia et lui se sont vus retirer la citoyenneté soviétique. 24 heures sur 24, policiers et gardes privés – des Trotskistes mexicains - assurent une surveillance accrue sur un large périmètre encerclant la Maison bleue de Coyoacán, qu’ils habitent, depuis leur arrivée, avec Frida Kahlo et Diego Rivera. Trotski est menacé par les agents de la Guépéou. L’exil tant attendu ne sera qu’une suite de la longue descente en enfer que le Mexique se proposait de réparer en eux.

 

Mais avant l’abîme il y eut l’amour, celui entre Frida et Trotski, un amour passionné, passionnel, pimenté d’escapades nocturnes dans la maison de campagne d’Hidalgo à Bojorquez. Les amants se glissaient d’abord des mots d’amour dans les livres qu’ils s’échangeaient secrètement. Puis vint les heures des nuits torrides sous la chaleur du Mexique. Communions de corps et d’âme, ils remplissaient chez l’autre le vide que Diego et Natalia n’arrivaient plus à combler.

 

« L’amour dure autant de temps qu’il donne du plaisir » - Frida Kahlo

 

« Frida, mon amour, je couvre de baisers tes épaules, tes mains, tes seins, ton ventre… » - Léon Trotski

 

« Nul besoin de l’aube, dit Léon, le nez enfoui dans le sexe de Frida. Te sentir toi, ici, c’est comme sentir le premier de tous les matins. Ton parfum ressemble au parfum perdu de l’ancien lac de Mexico. » - Léon Trotski

 

Gérard de Cortanze nous peint, avec le mérite qui lui revient, le portrait d’une femme libre. De la belle mexicaine à la beauté mystérieuse, avant-gardiste, rayonnante, théâtrale et indépendante. Les années plus sombres aussi, les dépressions, l’accident de tramway qui, s’il ne lui a pas coûté la vie, l’aura cloué dans un lit avec des douleurs atroces au dos et l’impossibilité d’avoir des enfants. Un drame qu’elle aura souvent peint, d’ailleurs n’a-t-elle pas transposé ses souffrances, ses amours, ses passions, ses folies et ses euphories à l’ensemble de son art? À 13 ans, Frida Kahlo rejoignait les Jeunesses communistes. Ses voyages à Paris et New York lui ont ouvert la voie d’une renommée internationale ; elle était admirée de Kandinsky, Picasso, Miro et tant d’autres artistes...

 

J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce roman! C’est le plus complet que j’ai eu l’occasion de lire sur la vie de cette femme passionnante. Si l’auteur nous parle plus spécifiquement de sa relation d’amour à Trotski, il nous raconte aussi, inévitablement, sa vie avec Diego, leur mariage, leurs séparations puis le divorce. Ses amants, ses maîtresses, Franck, Nick, Maria, Jacqueline et plusieurs autres… Le lecteur découvre la provenance de ses œuvres et leurs sources inépuisables d’inspiration. Quel régal... L’ensemble du roman est placé dans le contexte historique de la Révolution mexicaine. À lire et relire <3

 

« Le jus de tes lèvres est riche de tous les fruits, le sang de la grenade, la rondeur du mamey et l’ananas parfait. Viens demain à 8 heures. À l’entrée ouest du parc du Centenaire. J’ai hâte d’être à toi » - Léon Trotski

 

« Mon Léon, JE – voudrais être – La PREMIÈRE FEMME de ta

V

I

E »

 

Un immense merci au sweet kinG des marais pour ce cadeau merveilleux :-*

 

Coup de cœur <3

Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 01:03

Les mots dHitomi

 

クリスティーナさん、お誕生日おめでとう!素敵な一年になりますように。

Hello, I'm writing this message from Japan. I wrote above :

"Mrs.Cristina, happy birthday! I wish you have a wonderful year."

I hope this Japanese character above wouldn't be garbled :)

Have a great birthday!!!

 

*******************************

 

Joyeux anniversaire Cristina!!!

 

Pour tes 25 printemps, aujourd’hui je soufflerai 25 bulles de savon de toutes les couleurs.

 

Et parce que tu les aimes tant, je t’offre ces cerisiers en fleurs de Tokyo. Des trésors photographiques venus du Soleil Levant, là où Hitomi se joint à moi pour te souhaiter une journée pleine d’amour et de douceur...  

 

Gros bisous de caribou bou bou bouuuuuuuu XXX

Danse nocture

Danse nocture

Pour éclairer la nuit...

Pour éclairer la nuit...

De fleurs et d'amour

De fleurs et d'amour

Temple de Koudaiji

Temple de Koudaiji

Soleil Couchant au pays du Soleil Levant...<3

Soleil Couchant au pays du Soleil Levant...<3

Published by Nad - dans Vos soleils
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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 00:21
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)

 « À onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes. »

 

C’est ainsi que débute l’histoire…

 

***************

 

« Ce que tu donnes, Momo, c’est à toi pour toujours ; ce que tu gardes, c’est perdu à jamais. »

 

J’ai toujours aimé ce roman, c’est comme une histoire d’amour que je retrouve chaque fois que j’en ouvre la première page. Il suffit que je me retrouve au cœur des échanges entre Monsieur Ibrahim et le petit Momo pour que je sois bousculée d’émotions tendres. Ce livre est touchant, il est beau, il fait du bien, c’est une vraie caresse pour l’âme. On y voit la vie à travers le regard d’un enfant qui apprend l’amour et l’attachement à l’autre. Je crois qu’on peut tous s’y reconnaître quelque part dans ces personnes qui ont changé le cours de notre vie. Qui nous ont amené à nous questionner juste assez pour que s’ouvre la voie des réponses.   

 

« C’est dingue comme, avec les mêmes mots, on peut avoir des sentiments différents. Quand je disais « papa » à monsieur Ibrahim, j’avais le cœur qui riait. »

 

Momo est juif, il a onze ans, il vit seul – ou presque – dans un appartement à moitié vide, vide de tout, de chaleur humaine surtout. Il passe ses soirées à se faire engueuler par son père qui le traite de voleur. Ce même père qui s’enferme dans « les murs de sa science », négligeant l’essentiel et se pourrissant la vie avec la nette exactitude à laquelle il arrive à abandonner son fils dans les rues de Paris. Comment un enfant de onze ans arrivera-t-il à cesser d’avoir honte? À se demander ce qui tourne de travers chez lui pour à ce point repousser l’amour des autres? Momo appréhende la vie à travers le regard de son père, avec mépris. C’est le modèle qu’il a reçu…

 

«-Qu’est-ce que ça veut dire, pour toi, Momo, être juif?

-Ben j’en sais rien. Pour mon père, c’est être déprimé toute la journée. Pour moi… c’est juste un truc qui m’empêche d’être autre chose. »

 

Monsieur Ibrahim est propriétaire d’une épicerie, on l’appelle « l’Arabe de la rue Juive ». En réalité, il vient du Croissant d’Or, les gens y sont « musulmans », mais ça sonne moins faux qu’ « arabes », vous ne trouvez pas? Ce vieil homme ressemble à un sage, il est calme, posé, il adhère au soufisme, c’est sa façon d’appréhender la vie. Leur route se croise un jour et au fil de leurs échanges Momo renaît. Cet homme chaleureux lui ouvre un regard nouveau sur le monde des adultes. À son contact, il retrouvera le sourire. Il se débarrassera de sa haine et découvrira la liberté. Il comprendra mieux pourquoi son père est parti, son histoire, ses parents morts dans les camps nazis. Il apprendra à faire la différence entre ce qu’il a vécu auprès de son père et le monde tel qu’il est aujourd’hui au côté de Monsieur Ibrahim : « Avec monsieur Ibrahim et les putes, il faisait plus chaud, plus clair. »

 

« -M’sieur Ibrahim, quand je dis que c’est un truc de gens riches, le sourire, je veux dire que c’est un truc pour les gens heureux.

-Eh bien, c’est là que tu te trompes. C’est sourire, qui rend heureux.

-Mon œil.       

-Essaie.

-Mon œil, je dis.

-Tu es poli pourtant, Momo?

-Bien obligé, sinon je reçois des baffes.

-Poli, c’est bien. Aimable, c’est mieux. Essaie de sourire, tu verras. »

 

Un jour, ils partiront voir la mer et rejoindre ce Croissant d’Or si cher au cœur de Monsieur Ibrahim. Devant ce spectacle, Momo ne pourra s’arrêter de pleurer. Ils s’arrêteront dans un tekke et assisteront à la transe des Soufis. Le vieil homme attendait ce moment depuis longtemps. Sa rencontre avec Momo sera l’occasion de renouer avec ses racines. De lui transmettre un héritage d’amour qui passera à jamais par le souvenir….

 

« La beauté, Momo, elle est partout. Où que tu tournes les yeux. »

 

Pour lire le magnifique billet de Nadège

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)

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