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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 18:18

 

 

« Un homme doit être fort et essayer de se dépasser toujours davantage. Il maîtrise sa vie et ce en quoi il croit. »

 

C’est ma copine Hitomi, du pays du Soleil-Levant, qui m’encourage depuis longtemps à lire cet auteur. Et l’autre jour je suis tombée par hasard sur ce titre chez un bouquiniste, ignorant complètement s’il était représentatif ou non de la qualité de son œuvre. J’avais déjà des réticences car il m’arrive peu souvent d’apprécier l’univers des Nouvelles, même s’il existe des auteurs qui ont le talent de nous les rendre à merveille.

 

Ce petit recueil en compte donc trois, Les ombres, Le retour et Le dernier souper, que j’ai lu d’une traite. Ce que je n’ai pas du tout regretté puisque les histoires se recoupent, sous forme de fil continu, à travers des thèmes qui lui sont chers – la  mort, la solitude et la souffrance des secrets gardés en soi comme des blessures ouvertes. Les ombres étant celle, à mes yeux, la plus « complète » en ce sens. En premier, sont illustrés dans cette nouvelle les enjeux de la foi chrétienne, mal perçue dans le Japon des années 30. Le narrateur rédige une longue lettre à un prêtre catholique « défroqué » qui s’est occupé de sa mère durant des années, comblant ainsi un grand vide. Un incident x est survenu, sous forme de trahison, souillant la foi du narrateur en même temps que l’image de l’homme irréprochable s’est écroulée. Sa vie s’en est vue changée à jamais. Il l’a détesté, s’est mis à avoir des doutes, s’est remis en question avant d’être plongé dans une profonde solitude. Shûsaky Endô nous expose ici le pouvoir de la religion comme une manière possible de contrôler le comportement des hommes. 

 

On retrouve cette même solitude dans Le dernier souper, que j’ai aussi adoré ! Tsukada s’enivre à longueur de journée pour alléger ses souffrances. Depuis plusieurs années il porte en lui un terrible secret, les marques d’un traumatisme vécu durant la guerre en Birmanie. Le hasard d’une rencontre le fait croiser la route d’un psychiatre, le Dr Sakai. De très beaux échanges en découleront en même temps qu’un secret qui termine le recueil de nouvelles sur une note surprenante, pour ne pas dire glaciale !

 

Je n’en resterai pas là avec l’auteur, ça c'est certain. J’ai très envie de découvrir l’un de ses romans et je reste convaincue que je vais me régaler encore davantage…

 

Thanks Hitomi <3

 

« Ils sont torturés entre le désir de se décharger du lourd secret qui les hante et la souffrance et l’humiliation de le faire savoir à autrui. »

4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 17:42

 

 

« Papa m’a dit cent fois d’être un homme, et d’agir comme un homme. »

 

« Papa m’a dit cent fois : « Mon fils sera pas pédé, qu’il voulait pas de ça dans la famille. »

 

« Papa m’a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu’un garçon, ça ne pleure pas, ça se laisse pas faire. »

 

« Papa m’a dit cent fois de prendre exemple sur les autres : « Les autres garçons de ton âge, ils ont une copine, qu’est-ce qui tourne pas rond chez toi? »

 

C’est pareil tous les jours. Le narrateur, 13 ans, part à l’école chaque matin avec une douleur dans le ventre, celle de la peur et de l’appréhension. Il sait ce qui l’attend : l’intimidation, les moqueries, l’humiliation, les coups… Oui, les coups font mal, très mal même, les gars n’y vont pas de main morte avec les « mauviettes ». Ils tapent dur et figurez-vous que ça les fait même rire. Mais pire encore est la douleur en dedans, la solitude. Chaque claque en plein visage est une remise en question. C’est une culpabilité en plein cœur de l’adolescence déjà fragile, celle de la quête identitaire et des multiples questionnements sur soi.

 

C’est pareil tous les jours. Il se fait reprocher de son père de se faire battre sans rien dire, de manquer de courage, d’être faible devant les autres. Son paternel n’a rien compris. Il n’a pas même pu reconnaître le courage de son fils d’être resté soi-même. Il attire plutôt la honte, la déception, l’absence de fierté. Si seulement il pouvait être quelqu’un d’autre, et surtout pas un « pédé ». Non, pas son fils…

 

C’est pareil tous les jours. Heureusement, il y a Sarah avec qui en parler. Avec elle, il n’y a pas de « honte à avoir », parce qu’elle « aussi aime bien les garçons », elle peut le comprendre - c’est là un passage du livre qui m’a fait du bien. L’humour de cette jeune fille et son approche sensible. Plus question de devenir « invisible ». Si seulement de son père il pouvait aussi recevoir la fierté et l’amour…    

 

Impossible de sortir de ce petit « grand » livre sans ressentir de la colère et beaucoup de tristesse. Une autre très belle lecture d’Antoine Dole qui m’avait séduit avec «  Je reviens de mourir ». Un auteur dont je dois la découverte à mon sweet manU :-*

Un roman qui devrait être déposé entre toutes les mains des enfants de collèges…

 

Les avis de Jérôme, Noukette et Canel

 

Pour visiter le site de l'auteur c'est ICI

 

« Pourquoi tu m’apprends pas les mots, plutôt? Les mots qui soulagent, les mots qui apaisent, je voudrais avoir les mots qui soignent, ceux qui ne laissent pas seul. Ceux qui ne me viennent pas quand les choses vont trop loin. »

 

« J’ai pas treize ans, j’en ai cent quarante-deux. Usé, fatigué, amoché. À force de ressasser la peur, j’ai rogné tous les points d’appui, quand j’essaie de grimper dans les hauteurs je glisse, m’écrase au sol. Chaque fois je tombe de haut, alors le moral reste bas, c’est plus sûr. »

28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 19:45

 

 

« On ne peut rien savoir d’un vieillard si on ne va pas à ses yeux, ce sont eux qui détiennent l’histoire de sa vie. »

 

Trois vieillards épris de liberté, Ted, Charlie et Tom, fuient le monde des vivants et choisissent de s’isoler en forêt. Ils ont chacun une cabane face au lac et vivent de chasse, de pêche, d’ours et de maringouins, mais avant tout, ils vivent dans ce lieu où les jours sont propices à la lenteur et l'errance. Dans ce coin reculé de l’Ontario (profond), la chaleur du poêle à bois suffit à peine pour survivre aux hivers par moins 50. Le confort est minimal mais ils y gagnent le luxe de l’isolement serein.     

 

Leur touchante histoire, romancée mais plausible, s’inscrit dans le contexte historique des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début des années 1900 - Matheson, Timmins, Cochrane, Haileybury… - une tragédie apocalyptique à jamais ancrée dans la mémoire collective des survivants. Aux trois hommes viendra s’ajouter Marie-Desneige, 82 ans, la petite jeunesse du groupe. Minuscule bout de femme, en cavale avec de faux papiers, qui aura passé soixante-six ans de sa vie dans un institut psychiatrique en banlieue de Toronto. Presque cent ans plus tard, une photographe débarque sur les lieux dans le but de recueillir le récit des quelques survivants, s’il en reste, ou de leurs témoins. Elle s’accrochera avec émotions à ces vies racontées. Celle de Ted, l’enfant de quatorze ans qui a marché durant des jours dans les décombres fumants, ses parents, frères et sœurs morts asphyxiés dans un caveau à légumes. Du ciel, ce jour-là, il pleuvait des oiseaux…

 

Magnifique roman sur le courage, autant celui de choisir sa vie que de se reconstruire. Sur les traces du passé qui hantent le présent de souvenirs imprégnés dans la chair. C’est un roman qui défie les âges, un amour naissant et des caresses pour deux vieilles personnes attachantes qui ont choisi de vivre avant de mourir - faire l’amour pas la guerre. L’histoire n’est pas dépourvue de cet humour noir dont Tom et Charlie usent avec délice. Entre deux cabanes poussent des plants de marijuana, c’est tout dire. Le portrait des soins psychiatriques du début du siècle dernier, où on incarcérait à peu près n’importe qui pour n’importe quoi est bien représenté. L’histoire de Marie Desneige me rappelle celle de Camille Claudel… C’est un roman sur la vieillesse, l’appréhension de la mort et le suicide. De vies pleinement vécues jusqu’au dernier souffle.  

 

Depuis sa sortie en 2011 que j’ai envie de lire ce roman que tout le monde sauf moi semblait déjà avoir lu au Québec ! Une histoire que je ne suis pas prête d’oublier…

 

« J’aime les histoires, j’aime qu’on me raconte une vie depuis ses débuts, toutes les circonvolutions et tous les soubresauts dans les profondeurs du temps qui font qu’une personne se retrouve soixante ans, quatre-vingt ans plus tard avec ce regard, ces mains, cette façon de vous dire que la vie a été bonne ou mauvaise. »

 

L'avis de Didi

Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 01:29

 

 

Je sors de ce deuxième rendez-vous avec l’auteur en me disant qu’Olivier Adam n’a pas fini de me secouer les tripes avec ses écrits. Deuxième roman avec lequel je me débats à la surface d’une eau trouble pour éviter de me noyer. Seul mon visage arrive à sortir du tumulte, j’ai le souffle court. C’est cru, c’est vif, comme une brûlure c’est un froid lacérant qui pénètre au creux des entrailles. C’est divin! Une impression de s’avancer sans cesse au bord de la falaise. Il suffirait d’un coup de vent pour basculer dans le vide, seulement quelques vents contraires. L'auteur allie les sentiments les plus forts aux éléments de la nature dans des descriptions qui donnent vie aux émotions qu’il foule. La mer a des odeurs de souffrance, le vent des goûts d’amertume, comme une gifle qui laisse ses empreintes longtemps après le coup.

 

Sarah a disparu sans laisser de trace. Depuis ce jour-là, Paul s’agrippe, tente de s’amarrer. Anesthésié, tout semble lui venir d’un écho lointain, sans jamais ne l’atteindre. Il noie la douleur de l’absence dans le whisky et camouffle d’illusions les fissures de son âme. Il le fait pour lui, mais surtout pour ses enfants, Manon et Clément, encore si petits. Partir vivre au bord de la mer avec eux est d’instinct sa seule issue. L’endroit lui est familier et rassurant, il y a passé son enfance. Comme une évidence, il y confie leur destin. La mer se retire et laisse sur le sable une trace sinueuse, celle de la peine...

 

« J’avançais vers des flots invisibles et perdus dans le ciel noir, le ventre tordu et la poitrine serrée dans un étau. Il s’est mis à pleuvoir, des gouttes lourdes comme des balles, je me suis laissé trouer, transpercer, je me suis laissé laver de fond en comble, jusqu’à ce que Sarah s’en aille, son visage et son corps, et l’empreinte que creusait son absence. »

 

Comment a-t-elle pu faire une chose pareille ? La mer s’agite encore plus au fur et à mesure que la culpabilité lui noue les entrailles. Personne ne semble s’étonner qu’elle soit partie, c’est presqu’une évidence. Mais qu'en savent-ils ? Il se dit qu’il a dû lui arriver quelque chose, elle ne serait jamais partie sans prévenir, abandonnant ses enfants… Si ? Lui peut-être, mais pas eux…

 

« De l’extérieur on ne sait rien de ce qui se noue entre les êtres, de ce qui se joue dans un couple. On émet des hypothèses, des jugements hâtifs mais au fond on ne sait rien, c’est beaucoup trop profond, beaucoup trop complexe. »

 

À mes yeux, la densité des personnages compose la force de ce roman. Ils nous atteignent tous à leur manière, avec leurs blessures et leur enfermement. Manon avec son hypersensibilité, ses crises de nerf et de larmes. Clément et son impassibilité, il s’est muré dans le silence, léthargique. Puis les jours amènent Paul à s’entourer de gens qui, étonnamment, comme lui, sont en fuite. Ils fuient un travail trop exigeant, un beau-père - une brute de la pire espèce - ou encore il y aura Bréhel, ce père qui prend la fuite avec son fils. En s’attachant à eux, il apprend à composer avec la fragilité de la vie et comprend que la souffrance est universelle. 

 

On ressent au fil des pages une montée d'adrénaline. Les émotions s'accentuent et se précisent, elles sont amenées avec finesse à travers des dialogues d'une force incroyable. Il décortique l'âme humaine avec tant de justesse qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'il a connu de près ou de loin la souffrance des hommes...   

    

« J’ai fermé les yeux sans dormir et j’ai attendu. Que la marée me prenne et m’emporte. »

 

La mer se retire et laisse sur le sable une trace sinueuse, celle du doute. Serait-elle vraiment partie sans laisser de trace ?

 

Un immense merci au Bison pour ce roman que j’ai adoré ! D’autres Adam m’attendent et j'ai déjà hâte de m'y plonger, tête première, et tant pis si je m'y noie... ;-)

16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 23:35

 

 

Le charme des après-midi sans fin est une lettre d’amour que l’auteur adresse à sa grand-mère Da. Depuis L’Odeur du café, il aura vieilli de quelques années. Quand ce second roman verra le jour, Da se sera déjà éteinte un samedi d’automne, à l’âge de 96 ans. Cinq ans après sa mort, les mots émouvants de son récit lui adresseront un dernier adieu.    

 

Sous forme de petits portraits, instantanés de son quotidien, il écrit avec nostalgie son enfance haïtienne à Petit-Goâve. Les souvenirs émergent du passé et bouleversent l’âme du lecteur. Sur la galerie du 88 de la rue Lamarre se tient fièrement une grande balance à café. Assise sur sa vieille dodine, une chaise de Jacmel dont elle ne se sépare que pour dormir, Da passe des heures à discuter avec son petit-fils, Vieux Os. L’odeur du café des Palmes, le préféré de Da, se fait sentir partout dans le village. À toute heure du jour, les gens passent et s’arrêtent pour boire une tasse bien chaude. Da ne serait pas Da sans son café qu’elle prépare amoureusement dans la cour sous la vieille tonnelle. Il est le témoin muet du réconfort qu’elle transmet. Et de l’amour infini qu’elle porte en elle…

 

« Da dit que c’est ainsi la vie. Un moment, vous êtes là, on ne voit que vous, on n’entend que vous, on ne parle que de vous, et un autre moment, on ne se souvient même pas de votre visage. Moi, je veux me rappeler toujours les yeux de Vava. »

 

Dany Laferrière n’oubliera jamais Vava, son amour de jeunesse. Jeune fille éblouissante dans sa petite robe jaune, aussi jaune que le soleil, assise sous le manguier. Il ne voit qu’elle, des papillons dans le ventre. Cinquante ans après, il lui dédie un livre jeunesse remplit d’amour : Je suis fou de Vava. Un trésor…

 

« Si j’ai aimé une fille, elle ne me sera jamais indifférente. Mon cœur battra toujours plus vite en entendant son nom. »

 

« Ses yeux se posent à peine sur moi que, déjà, ils me brûlent par leur feu intense. Même à cette distance, je sens cette chaleur. »

 

Il n’oubliera jamais non plus Rico et Frantz, avec qui il a fait les quatre cents coups. Ni Didi, Fifi, Edna et Sylphise. Certains d’entre eux reposent aujourd’hui dans un cimetière de Petit-Goâve. Il se souviendra d’une soirée chez Nissage et du fils d’Izma, mort de la tuberculose. D’autres gens encore et des commérages, de sa passion pour les livres, d’une épidémie de choléra, du bon vieux Marquis, le chien de son enfance et des rêves étoilés sous la penderie. Et qu’est-ce qu’il aimait regarder Da, son regard et l’expression affectueuse des traits de son visage. Un jour, sa mère et ses tantes ont dû rentrer à Port-au-Prince, le laissant seul avec Da des années durant. Il était encore enfant. J’ai l’impression que l’adulte qu’il est devenu lui doit tout, mais avant tout, un amour infini pour la vie. Et des racines inoubliables. 

 

Le régime des Duvalier débarque à Petit-Goâve. Les troupes gouvernementales encerclent la ville. Arrestations, amendes et couvre-feu général, des gens sont jetés en prison. L’auteur reste flou sur ces moments historiques qui ont marqué sa vie à jamais. Pudeur ou douleur encore omniprésente, de ces conflits il devra quitter Petit-Goâve et rentrer à Port-au-Prince. Ce jour-là, derrière le rideau de la fenêtre, Vava lui fait un baiser de la main. Et Da le regarde partir en pleurant. Il ne les reverra plus jamais qu’en pensées… 

 

« J’ai écrit ce livre pour une seule raison : revoir Da. Quand « L’Odeur du café » est paru en automne 1991, Da était encore vivante, et elle l’a lu.

-Vieux Os!... Quel beau cadeau tu m’as fait!

-Je te l’avais promis

Je me souviens de son doux sourire… Elle est morte un samedi matin. Et depuis, elle me manque. »

 

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« J’ai pris tant de plaisir à être à Petit-Goâve que je n’ai pas vu le temps passer. »

Le Charme des après-midi sans fin - Dany Laferrière
Le Charme des après-midi sans fin - Dany Laferrière
12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 02:08
Mémoire de mes putains tristes - Gabriel García Márquez

« Je suis fou d’amour. »

 

Le narrateur a été journaliste durant quarante ans. Un journaliste « médiocre », une vie gâchée. Il est « laid, timide et anachronique », je n’invente rien, il se décrit lui-même dans ces mots élogieux. Il faut déjà un sacré courage – une force d’autodérision ? – pour se renvoyer une image de soi-même aussi peu glorifiante. Ou encore serait-ce le dépit des années ? Car des années il en a d’accumulées, il aura bientôt quatre-vingt-dix ans ! Mes respects… Les « vieux » ont une histoire à raconter et je passerais des heures à les écouter. Leur vie est comme une musique dont le refrain ne me lasse jamais. Que les notes qui s’en dégagent soient fausses, justes, ou aléatoirement sur la gamme des émotions, elles portent en elles une certaine vision de la sagesse. Mais là je m’écarte du sujet, c’est le vieil homme qui me porte à divaguer tant je me suis prise d’affection pour son histoire d’amour. Parce que vous verrez, c’est une grande histoire d’amour sans âge, qui aura eu le mérite d’avoir été vécue.

 

« Le sang circulait dans ses veines avec la fluidité d’une chanson qui se ramifiait jusque dans les recoins les plus secrets de son corps et remontait vers son cœur, purifié par l’amour. »

 

À l’aube de ses quatre-vingt-dix ans, il a voulu s’offrir une jeune vierge. Ben oui, pourquoi pas ? On ne va quand même pas s’offusquer d’une idée aussi audacieuse. Et puis comment ne pas accorder à un homme d’âge mûr la satisfaction de ses envies ? Il n’a jamais connu de l’amour que les bordels de la place. Comment lui refuser la chance de s’offrir tel qu’il est, pour ne pas mourir seul ? Rosa, amie de longue date et tenancière d’une maison réputée, lui trouvera une jeune fille de quatorze ans, Delgadina. Elle coud des boutons dans une usine. Belle, rayonnante, un corps de nymphe, vierge…

 

« On n’a pas l’âge que l’on paraît mais celui que l’on sent. »

 

Il rase les murs d’un quartier douteux. Les heures de l’attente sont interminables. Et la petite, il faudra la prendre avec délicatesse, c’est sa « première fois ». Dans le respect de ses peurs, il se contentera de passer des nuits allongé tout contre elle, sans la toucher, veillant sur son sommeil. Elle s’abandonnera, doucement. Et leurs rencontres subséquentes seront faites de gestes tendres et d’attentions, de petits cadeaux, nougats, chocolats et fleurs de toutes sortes. De soupirs et de saveurs, des parfums de son corps et de son âme. Il la couvrira de baisers auxquels elle répondra par le « langage naturel de son corps ». Auprès d’elle, il s’étonnera de l’attendrissement qu’il éprouve à son contact.

 

« Jamais je n’aurais imaginé qu’une petite fille endormie puisse provoquer en moi un tel cataclysme. »

 

Gabriel García Márquez aborde un sujet ambitieux. Contrairement à ce que le titre laisse présager, son roman n’a rien à voir avec le sexe, encore moins la perversion. Au fond, c’est une histoire d’amour incroyablement belle, sans limites et qui défi les âges, mais aussi celle d’une grande solitude. Ce sont les Mémoires d’un homme qui réapprend à vivre au seuil de sa mort. Qui découvre la relation faite de respect et de douceur, ces sentiments qui tuent l’amertume. Qui se redécouvre à travers l’autre. Qui apprend la douleur du vide que seule la présence de l’être aimé peut combler. C’est la découverte d’un premier amour. Le plaisir de contempler le corps nu d’une femme endormie. Une histoire de destin et de la nostalgie du temps qui passe. Ce sont les Mémoires d’un vieil homme attachant qui a souhaité laisser sur papier les traces d’un amour plus grand que nature…

 

« Le désir que j’ai éprouvé ce jour-là était si impérieux que j’ai cru à un message de Dieu. »

 

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Un BISON a aimé ce roman, « parce qu'il faut oser, oser baiser à tout âge, oser rêver à tout âge, et surtout oser aimer à tout âge »

 

7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 17:19
Sous le ciel à Paris - Stéphanie Perreault et D. Simon

Il faisait froid sur les trottoirs de Paris ce soir-là. Quand Jacky a croisé le regard de Louis, elle lui a proposé de monter pour se réchauffer. Pas de cash, gratis, juste pour avoir plus chaud. Il passe son chemin, intrigué. Elle n’avait pas l’air d’une pute… 16 ans, tout au plus, plutôt perdue, mystérieuse avec sa petite casquette de velours rouge. On aurait dit un Coquelicot…   

 

Louis ne s’était pas trompé. Car Jacky n’était pas vraiment une fille de la rue. C’est son petit copain José qui l’a balancée sur les trottoirs des quartiers sombres, où la vie se paye à grands coups d’ecchymoses sur le cœur, de désillusions en désabusements. Tu vis ou tu crèves. Si elle ne ramène pas d’argent pour payer le loyer, au mieux elle se fera engueuler, mais d’habitude il ne lésine pas sur les coups. Avec la « mine d’or sous sa minijupe », elle n’a qu’à faire semblant, c’est trop lui demander ou quoi ? Juste pour un temps, rien que pour essayer…

 

« -T’es malade ? Me faire baiser par n’importe qui ! Pour du fric !

-Oui ! Je sais ! Dis comme ça, c’est brutal. Mais si tu réfléchis… Tu montes avec un type, il te file du fric, il fait ce qu’il a à faire… Et tu redescends. Ça dure pas un quart d’heure. Tu sais combien elles se font, les filles? Certaines ramassent plus d’une brique, des fois deux… Bien sûr, elles font ça à plein temps, mais toi, t’es pas obligée. Quand tu auras assez pour payer le loyer, tu t’arrêtes… »

 

SDF, il vit au crochet des filles qu’il baise. En gros, il se fait entretenir. Logé, nourri, en claquant la porte il ne manque pas de leur piquer leur argent. Jacky n’a connu que le mépris des hommes. Elle n’a pas encore conscience que la vie peut être autrement. Avant José, il y a eu Farid. Il avait l’air gentil, attentionné, différent des autres. Jusqu’à ce qu’il la viole. Quelle importance de savoir si elle en avait envie ou non. Puis elle n’aurait même pas eu la force de l’en empêcher. Elle s’en souvient encore. La douleur a laissé des traces ineffables. Celles du dégoût…

 

« …des filles, des… des putes… Il y en aura, dans ton livre ? Il n’y en a jamais, dans les bouquins. On dirait qu’elles font peur. C’est pas toutes des mauvaises filles, tu sais. Tu pourrais leur faire une petite place, juste une petite page… Histoire de dire qu’elles ne te dégoûtent pas…

-Mais où vas-tu chercher ça ? Bien sûr qu’elles seront dans mon livre… Me dégoûter ! Quelle idée !

-Tu ferais l’amour avec une pute ? Je veux dire, pas comme client… Comme…, comme un homme…

-Si j’en avais envie, oui.

-Tu ferais l’amour avec moi ?

-Avec toi, Coquelicot ?

-Oui, avec moi !

-Avec Casquette ou Jacky, je ne pense pas. Mais avec Jacqueline ou Coquelicot, sûrement… » 

 

Au début, c’est déstabilisant quand on n’a pas connu la douceur d’un homme. Le bonheur nous effraie. Prêt à rompre, on le sent filer entre nos doigts. La peur s’installe, celle du refrain maintes fois entendu. Et un jour, sans même s’y attendre, on lâche prise. C’est dans la complicité et le respect que Jacky a réappris à vivre. Dans les gestes d’amour de Louis, elle a compris qu’il n’était pas nécessaire de tout accepter pour se faire aimer. Elle a repris le contrôle de sa vie en revêtant le quotidien de gestes spontanés et libres. Oui, c’est ça. Jacky est maintenant libre. Mais dans la liberté de l’amour, il y a aussi la souffrance et le deuil.     

 

Mourir par amour. Mourir d’amour. Mourir tout court…

 

Je voudrais remercier l’auteure québécoise Stéphanie Perreault de m’avoir fait parvenir son roman. Jacky est une jeune femme pleine de courage, un personnage qui ne s’oublie pas. Dans les recoins de ma mémoire, il y aura toujours une pensée pour elle…

 

Pour visiter le site de l’auteure, c’est ICI

Et pour se procurer le roman,

3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 19:29
Art - Yasmina Reza

Ça faisait une éternité que je n’avais pas autant ri en lisant un livre! J’ai dévoré d’une traite ses quelques dizaines de pages avec le regret d’arriver si vite au dénouement de l’histoire. Ce court roman est inspiré de la pièce de théâtre du même nom, Art, écrite par Yasmina Reza. Elle met en œuvre la symbolique de la toile blanche, de ces fameuses toiles que l’on retrouve dans les plus grands musées d’art contemporain au monde. Celle qui nous concerne ici fait environ un mètre soixante par un mètre vingt, blanche. Bon ok, il y a quelques lignes transversales… blanches… peut-être aussi quelques fines rayures… blanches… en gros, l’œuvre est monochrome, et Serge vient de l’acheter pour deux cent mille francs. S’installe entre lui, Marc et Yvan, ses amis de longue date, un dialogue à l’humour cinglant.   

 

Serge : Tu n’es pas bien là. Regarde-le d’ici. Tu aperçois les lignes?

Marc : Comment s’appelle le…

Serge : Peintre. Antrios.

Marc : Connu?

Serge : Très. Très!

Marc : Serge, tu n’as pas acheté ce tableau deux cent mille francs?

Serge : Mais mon vieux, c’est le prix. C’est un ANTRIOS!

Marc : Tu n’as pas acheté ce tableau deux cent mille francs!

Serge : J’étais sûr que tu passerais à côté…

Marc : Tu as acheté cette MERDE deux cent mille francs?

Serge (se dit à lui-même) : « Mon ami Marc fait partie de ces intellectuels nouveaux qui, non contents d’être ennemis de la modernité, en tirent une vanité incompréhensible »

 

Serge, l’acquéreur de l’œuvre, est plein de fric. Médecin spécialiste, c’est le genre de gars plutôt snob, limite prétentieux et sûr de lui-même, pour ne pas dire imbu. Fier de son achat, il compte partager sa joie avec Marc et Yvan. Le problème c’est que Marc, en parfait cartésien rigide et méprisant, est complètement désintéressé par l’art moderne. Plus que déstabilisé par l’achat de Serge, qu’il qualifie de « merde blanche », il n’arrive pas à comprendre qu’il s’y intéresse, plus encore, il s’inquiète pour lui, y voit quelque chose de « grave » chez son vieux copain. Il croit même qu’il devrait aller consulter un psy. En sortant de chez lui, pour l’aider à diminuer son anxiété, il doit prendre des granules de Gelsémium… Serge n’en reste pas là, il reproche à Marc sa suffisance, son ignorance, son manque de tact, sa condescendance…

 

Marc : « Que Serge ait acheté ce tableau me dépasse, m’inquiète et provoque en moi une angoisse indéfinie. »

 

Yvan joue le rôle de médiateur. Lui, c’est le gars nerveux et anxieux, qui fuit les conflits. Contrairement à Marc, il ressent une certaine « vibration » devant le tableau. Il est touché par les couleurs et croit que derrière chaque œuvre il y a un « parcours intérieur », une recherche de sens. Marc est scandalisé... vous êtes cinglés ou quoi!!!???

 

Marc : « Bien sûr. On ne peut pas détester l’invisible, on ne déteste pas le RIEN! »

 

C’est drôle, l’humour est absurde et les dialogues à mourir de RIRE! Certain qu’on m’a entendue dans tout le camping cet été! :D  

Art - Yasmina Reza
27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 01:47
Gouverneurs de la rosée - Jacques Roumain

“Gouverneurs de la rosée est le plus beau roman d’amour que j’ai lu… »  

Dany Laferrière

 

Il y a des livres avec lesquels on tombe littéralement en amour dès les premières pages. Gouverneurs de la rosée est de ces romans que l’on oublie jamais…

 

« Toutes ces années passées, j’étais comme une souche arrachée, dans le courant de la grand’rivière ; j’ai dérivé dans les pays étrangers ; j’ai vu la misère face à face ; je me suis débattu avec l’existence jusqu’à retrouver le chemin de ma terre et c’est pour toujours. »

 

Après plusieurs années d’exil, Manuel est de retour vers l’Haïti de son enfance. Il revient des champs de canne à sucre de Cuba où il a trimé dur du matin au soir. Il pourrait lui prendre l’envie de pleurer tant le spectacle qui s’offre à ses yeux est désolant : Fonds-Rouge, sa terre natale, est en train de mourir. Calcinés sous la chaleur de la Savane, les arbres sont morts, morts de soif. Le canal est à sec et tout dépérit, les bêtes comme les plantes. Il n’y a plus rien à se mettre sous la dent, ni de riz-soleil, ni de pois-congo, pas même une goutte d’eau. Le grand mal s’est emparé du village et par-dessus tout, la main de l’homme a tout déboisé…   

 

« Tu as beau prendre des chemins de traverse, faire un long détour, la vie c’est un retour continuel. »

 

Les habitants sont amers. Le serait-on à moins? À bout de nerfs, les enfants pleurent et les mères ont peur – elles ont peur pour eux. Toute cette haine, ces bavardages, ces querelles et vengeances engendrés par la misère. Mais ils ont la foi, c’est ce qui les maintient en vie. Les hounsi s’adonnent des nuits entières à des prières et rites vaudous, sacrifiant une bête en dansant sous les étoiles. Quelques uns trouvent une consolation salvatrice, bien qu’éphémère, dans les bouteilles de clairin haïtien, une eau-de-vie à 60% d’alcool. De quoi noyer, pour au moins quelques heures, la peur du lendemain.

 

“Le malheur bouleverse comme la bile, ça remonte à la bouche et alors les paroles sont amères. »

 

Alors Manuel s’est mis à chercher l’eau. Au-delà du courage, il avait trouvé l’amour dans le regard complice d’Anaïse. Un amour infini, fait de confiance et de rêves communs. Celui qui vous mène à franchir n’importe quels obstacles et dont les pires sécheresses n’arriveront jamais à faire mourir la soif de vivre. C’est ainsi qu’un jour il aperçut les malangas. Puis l’eau s’était mise à monter. Menant Anaïse au secret de la source, il lui fit l’amour pour la première fois, « et la rumeur de l’eau était entrée en elle »…  

 

« Elle ferma les yeux et il la renversa. Elle était étendue sur la terre et la rumeur profonde de l’eau charriait en elle une voix qui était le tumulte de son sang. Elle ne se défendit pas. Sa main si lourde lui arrachait une douceur intolérable, je vais mourir. Son corps nu brûlait. Il desserra ses genoux et elle s’ouvrit à lui. Il entra en elle, une présence déchirante, et elle eut un gémissement blessé, non, ne me laisse pas ou je meurs. Son corps allait à la rencontre du sien dans une vague fiévreuse ; une angoisse indicible naissait en elle, un délice terrible qui prenait le mouvement de sa chair ; une lamentation haletante monta à sa bouche, et elle se sentit fondre dans la délivrance de ce long sanglot qui la laissa anéantie dans l’étreinte de l’homme. »

 

Il n’y aura désormais qu’une seule façon de faire de la nature qu’elle soit gonflée de pluie. Ne jamais oublier que dans la misère et l’injustice, l’entraide et le pouvoir de la réconciliation triompheront de tout. Et l’amour surtout - avant tout - celui d’Anaïse...  

 

Le chant du coumbite sera celui de l’eau, des plantes, de la terre, de l’amitié et du courage. Et la mort, « le recommencement de la vie. » 

 

« Si l’on est d’un pays, si l’on y est né, eh bien, on l’a dans les yeux, la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes : c’est une présence, dans le cœur, ineffaçable, comme une fille qu’on aime : on connaît la source de son regard, le fruit de sa bouche, les collines de ses seins, ses mains qui se défendent et se rendent, ses genoux sans mystères, sa force et sa faiblesse, sa voix et son silence. »

 

C’est sans aucun doute l’un des plus beaux romans que j’ai eu l’occasion de lire… <3

 

 

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Je voudrais remercier Aurore, Samuel et particulièrement Anthony, avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger, d’avoir fait en sorte que ce roman se rende jusqu’à moi. Les trois fondateurs de La Kube vous proposent, par l’entremise de librairies sélectionnées, de recevoir, par la poste, un livre finement choisi selon vos envies. Par la même occasion, je tenais à remercier Sarah, de la librairie Terre Des Livres, de m’avoir fait découvrir Gouverneurs de la rosée. Je n’oublierai jamais ce roman, d’une beauté infinie…

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 18:04
Lever de rideau sur Terezín - Christophe Lambert

« Faites de moi ce que vous voulez, mais faites le vite… »

 

L’été dernier, j’ai pris le train pour Terezín, à une soixantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Prague. Mes enfants étaient là, ils avaient besoin de « savoir », de toucher l’empreinte inhumaine, encore floue à leurs yeux, des camps d’extermination nazis. Nous n’oublierons jamais cette journée, comme marquée pour toujours au fer rouge…

 

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, la ville-forteresse de Terezín fut transformée en ghetto juifs, réservé aux gens célèbres, savants, musiciens, intellectuels et artistes de toutes sortes. Chaque semaine, ils y étaient déportés par centaines, entassés dans des wagons à bestiaux. Qui pourrait comprendre, sinon ceux et celles qui l’ont vécu, le poids de l’épuisement? La soif et la faim qui vous rongent? Le dégoût des odeurs fétides s’échappant du seau d’excréments plein à ras bord? Qui pourrait comprendre le cri des enfants, peut-être les vôtres, et pour qui vous avez peur, impuissants à les protéger des souffrances qu’ils endurent? L’incertitude vis-à-vis ce qui les attendait, aux vues des traitements inhumains qui leurs étaient accordés, ne laissait présager rien de bon. L’homme est capable des pires atrocités…

 

Ce soir-là, Victor Steiner, célèbre dramaturge juif, marchait dans les rues de Paris, en direction de son domicile. Il sortait de la représentation du Soulier de satin de Paul Claudel – durant la guerre, les salles de spectacle étaient interdites aux Juifs. Des coups de sifflet se firent entendre. Il est arrêté et déporté à Terezín, où il trouvera, en l’officier nazi Waltz, l’un de ses plus grands admirateurs. En vue de la visite de contrôle des membres délégués de la Croix-Rouge – et dans l’unique but de les divertir - l’officier SS lui commandera une pièce inédite en allemand. Coup de théâtre, les nazis vont tenter de créer un « faux décor », un paradis artificiel où les malades seront cachés dans les sous-sols. Il y aura un match de football, un orchestre, des jeux de rôle simulés dans le bonheur et l’épanouissement. Steiner « jouera le jeu ». Parce que l’écriture est avant tout un exutoire, qu’elle sera son unique chance de survivre. Et qu’il n’aura plus rien à perdre.

 

« L’art est une version stylisée de la vie. »

 

Lever de rideau sur Terezín nous raconte le courage de milliers d’êtres humains. Dans cette ville coupée du monde, deux à trois mille personnes sont mortes chaque mois. Des listes affichées sur les murs du baraquement Magdebourg décidaient du sort de centaines de prisonniers. Y étaient inscrits tous ceux qui seraient envoyés par convois vers Auschwitz-Birkenau, pour y être gazés. Lors de la visite des membres de la Croix-Rouge, le 23 juin 1944, 7500 noms ont été inscrits sur ces listes. Il fallait « faire le grand ménage »…   

 

Ce livre est aussi une histoire de courage et de solidarité. Je repense à l’humoriste Jean Milton, au bibliothécaire Moese Richter, à Léo Sapolsky et son grand-père Slavek, au Grand Sebastian, qui a donné sa vie. Et à tous les autres…

 

En fin de journée, en reprenant le train pour Prague, j’avais la gorge nouée. Oui, vraiment, l’humain est capable des pires atrocités…

 

Un immense merci au kinG des marais. Avec ce roman, j’ai revécu la teneur émotionnelle que m’avaient laissé les lieux. Je suis encore bouleversée...

(Vincent viendra y poser ses mots…) ;-)

 

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A little garden,

Fragrant and full of roses.

The path is narrow

And a little boy walks along it.

 

A little boy, a sweet boy,

Like that growing blossom.

When the blossom comes to bloom,

The little boy will be no more.

 

Poème écrit en 1943 par un enfant déporté à Terezin

Lever de rideau sur Terezín - Christophe Lambert
Lever de rideau sur Terezín - Christophe Lambert
Lever de rideau sur Terezín - Christophe Lambert

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