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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 12:48

Pendant que le soleil se couche sur Cognac, les grenouilEs prennent un bain de minuit :D

J'en entends une qui croasse plus fort que les autres………… bonyeux c’est le kinG des marais!!! ^^

Crôa Crôa Crôaaaaaaaaaaaaaaaaa

« Kossar froskuR » ! :D))))

Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
Des grenouillEs sous le soleil...... :D
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 19:05
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze

« Je ne crois pas au destin. Je ne veux que vivre, c’est le but central de ma vie »

Frida Kahlo

 

En 1936, Léon Trotski et sa femme Natalia quittent le port d’Oslo pour le Mexique. Voyageant en tant que prisonniers en liberté surveillée, cette terre d’accueil leur promet un asile politique, pour autant qu’ils prêtent le serment de ne s’impliquer dans aucune activité liée au marxisme. Président du premier soviet de Saint-Pétersbourg, créateur de l’Armée rouge et de la révolution d’Octobre, Trotski est accusé d’espionnage et de terrorisme, aux suites desquelles Natalia et lui se sont vus retirer la citoyenneté soviétique. 24 heures sur 24, policiers et gardes privés – des Trotskistes mexicains - assurent une surveillance accrue sur un large périmètre encerclant la Maison bleue de Coyoacán, qu’ils habitent, depuis leur arrivée, avec Frida Kahlo et Diego Rivera. Trotski est menacé par les agents de la Guépéou. L’exil tant attendu ne sera qu’une suite de la longue descente en enfer que le Mexique se proposait de réparer en eux.

 

Mais avant l’abîme il y eut l’amour, celui entre Frida et Trotski, un amour passionné, passionnel, pimenté d’escapades nocturnes dans la maison de campagne d’Hidalgo à Bojorquez. Les amants se glissaient d’abord des mots d’amour dans les livres qu’ils s’échangeaient secrètement. Puis vint les heures des nuits torrides sous la chaleur du Mexique. Communions de corps et d’âme, ils remplissaient chez l’autre le vide que Diego et Natalia n’arrivaient plus à combler.

 

« L’amour dure autant de temps qu’il donne du plaisir » - Frida Kahlo

 

« Frida, mon amour, je couvre de baisers tes épaules, tes mains, tes seins, ton ventre… » - Léon Trotski

 

« Nul besoin de l’aube, dit Léon, le nez enfoui dans le sexe de Frida. Te sentir toi, ici, c’est comme sentir le premier de tous les matins. Ton parfum ressemble au parfum perdu de l’ancien lac de Mexico. » - Léon Trotski

 

Gérard de Cortanze nous peint, avec le mérite qui lui revient, le portrait d’une femme libre. De la belle mexicaine à la beauté mystérieuse, avant-gardiste, rayonnante, théâtrale et indépendante. Les années plus sombres aussi, les dépressions, l’accident de tramway qui, s’il ne lui a pas coûté la vie, l’aura cloué dans un lit avec des douleurs atroces au dos et l’impossibilité d’avoir des enfants. Un drame qu’elle aura souvent peint, d’ailleurs n’a-t-elle pas transposé ses souffrances, ses amours, ses passions, ses folies et ses euphories à l’ensemble de son art? À 13 ans, Frida Kahlo rejoignait les Jeunesses communistes. Ses voyages à Paris et New York lui ont ouvert la voie d’une renommée internationale ; elle était admirée de Kandinsky, Picasso, Miro et tant d’autres artistes...

 

J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce roman! C’est le plus complet que j’ai eu l’occasion de lire sur la vie de cette femme passionnante. Si l’auteur nous parle plus spécifiquement de sa relation d’amour à Trotski, il nous raconte aussi, inévitablement, sa vie avec Diego, leur mariage, leurs séparations puis le divorce. Ses amants, ses maîtresses, Franck, Nick, Maria, Jacqueline et plusieurs autres… Le lecteur découvre la provenance de ses œuvres et leurs sources inépuisables d’inspiration. Quel régal... L’ensemble du roman est placé dans le contexte historique de la Révolution mexicaine. À lire et relire <3

 

« Le jus de tes lèvres est riche de tous les fruits, le sang de la grenade, la rondeur du mamey et l’ananas parfait. Viens demain à 8 heures. À l’entrée ouest du parc du Centenaire. J’ai hâte d’être à toi » - Léon Trotski

 

« Mon Léon, JE – voudrais être – La PREMIÈRE FEMME de ta

V

I

E »

 

Un immense merci au sweet kinG des marais pour ce cadeau merveilleux :-*

 

Coup de cœur <3

Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
Les amants de Coyoacán - Gérard de Cortanze
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 01:03

Les mots dHitomi

 

クリスティーナさん、お誕生日おめでとう!素敵な一年になりますように。

Hello, I'm writing this message from Japan. I wrote above :

"Mrs.Cristina, happy birthday! I wish you have a wonderful year."

I hope this Japanese character above wouldn't be garbled :)

Have a great birthday!!!

 

*******************************

 

Joyeux anniversaire Cristina!!!

 

Pour tes 25 printemps, aujourd’hui je soufflerai 25 bulles de savon de toutes les couleurs.

 

Et parce que tu les aimes tant, je t’offre ces cerisiers en fleurs de Tokyo. Des trésors photographiques venus du Soleil Levant, là où Hitomi se joint à moi pour te souhaiter une journée pleine d’amour et de douceur...  

 

Gros bisous de caribou bou bou bouuuuuuuu XXX

Danse nocture

Danse nocture

Pour éclairer la nuit...

Pour éclairer la nuit...

De fleurs et d'amour

De fleurs et d'amour

Temple de Koudaiji

Temple de Koudaiji

Soleil Couchant au pays du Soleil Levant...<3

Soleil Couchant au pays du Soleil Levant...<3

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 00:21
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)

 « À onze ans, j’ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes. »

 

C’est ainsi que débute l’histoire…

 

***************

 

« Ce que tu donnes, Momo, c’est à toi pour toujours ; ce que tu gardes, c’est perdu à jamais. »

 

J’ai toujours aimé ce roman, c’est comme une histoire d’amour que je retrouve chaque fois que j’en ouvre la première page. Il suffit que je me retrouve au cœur des échanges entre Monsieur Ibrahim et le petit Momo pour que je sois bousculée d’émotions tendres. Ce livre est touchant, il est beau, il fait du bien, c’est une vraie caresse pour l’âme. On y voit la vie à travers le regard d’un enfant qui apprend l’amour et l’attachement à l’autre. Je crois qu’on peut tous s’y reconnaître quelque part dans ces personnes qui ont changé le cours de notre vie. Qui nous ont amené à nous questionner juste assez pour que s’ouvre la voie des réponses.   

 

« C’est dingue comme, avec les mêmes mots, on peut avoir des sentiments différents. Quand je disais « papa » à monsieur Ibrahim, j’avais le cœur qui riait. »

 

Momo est juif, il a onze ans, il vit seul – ou presque – dans un appartement à moitié vide, vide de tout, de chaleur humaine surtout. Il passe ses soirées à se faire engueuler par son père qui le traite de voleur. Ce même père qui s’enferme dans « les murs de sa science », négligeant l’essentiel et se pourrissant la vie avec la nette exactitude à laquelle il arrive à abandonner son fils dans les rues de Paris. Comment un enfant de onze ans arrivera-t-il à cesser d’avoir honte? À se demander ce qui tourne de travers chez lui pour à ce point repousser l’amour des autres? Momo appréhende la vie à travers le regard de son père, avec mépris. C’est le modèle qu’il a reçu…

 

«-Qu’est-ce que ça veut dire, pour toi, Momo, être juif?

-Ben j’en sais rien. Pour mon père, c’est être déprimé toute la journée. Pour moi… c’est juste un truc qui m’empêche d’être autre chose. »

 

Monsieur Ibrahim est propriétaire d’une épicerie, on l’appelle « l’Arabe de la rue Juive ». En réalité, il vient du Croissant d’Or, les gens y sont « musulmans », mais ça sonne moins faux qu’ « arabes », vous ne trouvez pas? Ce vieil homme ressemble à un sage, il est calme, posé, il adhère au soufisme, c’est sa façon d’appréhender la vie. Leur route se croise un jour et au fil de leurs échanges Momo renaît. Cet homme chaleureux lui ouvre un regard nouveau sur le monde des adultes. À son contact, il retrouvera le sourire. Il se débarrassera de sa haine et découvrira la liberté. Il comprendra mieux pourquoi son père est parti, son histoire, ses parents morts dans les camps nazis. Il apprendra à faire la différence entre ce qu’il a vécu auprès de son père et le monde tel qu’il est aujourd’hui au côté de Monsieur Ibrahim : « Avec monsieur Ibrahim et les putes, il faisait plus chaud, plus clair. »

 

« -M’sieur Ibrahim, quand je dis que c’est un truc de gens riches, le sourire, je veux dire que c’est un truc pour les gens heureux.

-Eh bien, c’est là que tu te trompes. C’est sourire, qui rend heureux.

-Mon œil.       

-Essaie.

-Mon œil, je dis.

-Tu es poli pourtant, Momo?

-Bien obligé, sinon je reçois des baffes.

-Poli, c’est bien. Aimable, c’est mieux. Essaie de sourire, tu verras. »

 

Un jour, ils partiront voir la mer et rejoindre ce Croissant d’Or si cher au cœur de Monsieur Ibrahim. Devant ce spectacle, Momo ne pourra s’arrêter de pleurer. Ils s’arrêteront dans un tekke et assisteront à la transe des Soufis. Le vieil homme attendait ce moment depuis longtemps. Sa rencontre avec Momo sera l’occasion de renouer avec ses racines. De lui transmettre un héritage d’amour qui passera à jamais par le souvenir….

 

« La beauté, Momo, elle est partout. Où que tu tournes les yeux. »

 

Pour lire le magnifique billet de Nadège

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 03:20
Moka - Tatiana de Rosnay

« Pourquoi nous? Pourquoi ça nous arrive, à nous? Qui décide de tout ça? »

 

Le 23 mai à 14h30, Justine ne se doutait pas que sa vie allait basculer. Elle s’est levée ce jour-là en se croyant à l’abri. Un seul coup de fil a suffi pour comprendre que plus rien ne serait jamais pareil. Comment voit-on le désastre venir? Son fils Malcolm, 13 ans, s’est fait happer par une voiture, le chauffard a pris la fuite. Il repose dans le coma. D’aussi loin qu’il se trouve, qu’on le touche ou lui parle, il ne réagit pas... Mais que savons-nous de ce faux sommeil? Le petit entend-il sa mère? A-t-il des rêves?

 

En sortant de cette lecture, on ne peut faire autrement que se poser mille questions, à commencer par comment apprendre à vivre « avec ça »? Y arrive-t-on seulement? La terre continue de tourner et pourtant, il y a ce poids constant au creux de la poitrine qui empêche d’avancer. L’absence, le vide, les souvenirs qui remontent, la peur dans laquelle la solitude nous plonge. Il y a le supplice de l’attente, l’incertitude. Ceux qui nous soutiennent et ceux qui nous abandonnent, parce qu’ils n’auront pas su comment s’y prendre. Il y a Andrew, son mari, le gars stoïque, la forteresse qui s’effondre et le couple qui fout le camp. Comment fera-t-elle pour le soutenir alors qu’il était toujours celui qui consolait, qui rassurait? Il y a le discours prudent des médecins, le jour J de l’accident, la culpabilité d’avoir survécu. Une envie de revenir en arrière et de tout reconstruire, d’être allée chercher Malcolm après son cours de musique. Et d’avoir évité le pire…     

 

« Le plus dur, c’était de tenir. Calquer le quotidien sur l’horreur qui nous arrivait. Et puis le réveil. Le moment où on ouvrait les yeux, on ne se souvenait de rien, on se sentait léger. Puis tout revenait. »

 

« Quelqu’un m’avait dit, il y a longtemps, que c’était dans l’épreuve qu’un couple se révélait. Dans la douleur. C’était ainsi qu’un couple tenait, ou pas. »

 

Le 23 mai à 14h30, Justine ne se doutait pas que sa vie allait basculer. Qui était le conducteur de la Mercedes couleur Moka qui a plongé son fils dans le coma?

 

Tatiana de Rosnay explore avec finesse la longue descente dans le monde du sommeil profond. Je suis chaque fois charmée par sa plume, les sujets délicats dont elle sait parler avec justesse. Son livre me ramène quelques années en arrière au si beau roman de Marie Laberge, Revenir de loin.

 

****************

 

Malcolm, entends-tu? C’est Big Ben qui sonne et la voix de Churchill, ta chanson favorite. Attends, je pose le casque d’écoute sur tes oreilles d’enfant. Tu entends? : “We shall go on to the end. We shall fight on the seas and the oceans.”

 

"History recalls how great the fall can be

When everybody’s sleeping, the boats put out to sea

Borne on the wings of time

It seemed the answers were so easy to find"

 

R’n’B

Moka - Tatiana de Rosnay
19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 23:29
Le sumo qui ne pouvait pas grossir (1) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)

« À l’envers des nuages, il y a toujours un ciel. »

 

********

 

« Ce qu’on refoule pèse plus lourd que ce qu’on explore. »

 

Jun a quinze ans. Un jour, il s’est levé et a eu envie de tout foutre en l’air, de réorganiser sa vie autour de ce qu’il croyait être son incapacité à vivre en collectivité. Dégoûté de lui autant que de la vie, il s’est dit que ce qu’il perdrait en « confort » il le gagnerait en liberté. En réalité, Jun a peur, c’est pour cette raison qu’il abandonne tout avant même de s’être donné la chance de réussir. Il fait partie de ces jeunes qui attribuent aux autres l’entière responsabilité de leurs malheurs - quand on se pose en victime, on se décharge de ses torts, c’est moins lourd à porter... Certes, son père est mort et sa mère, selon lui, ne lui a jamais témoigné de tendresse. A-t-il seulement saisi le message d’amour derrière ses lettres? Je ne dis pas qu’on naît tous égaux, loin de là, mais je pense qu’à l’adolescence il peut nous arriver d’occulter la réalité sous une avalanche de certitudes. En fuguant, Yun s’est protégé derrière une carapace. Une couche bien solide de repli sur soi pour lui éviter de se sentir constamment agressé par les paroles des autres, de les déformer, de les juger, d’en douter, de les interpréter. Ce n’est pas lâche, c’est une manière comme une autre de survivre…

 

« Tu agonises parce que tu as tout recouvert, tes émotions, tes problèmes, ton histoire. Tu ne sais pas qui tu es, donc tu ne construis pas à partir de toi. »

 

Il vit maintenant le cul sur un bout de béton d’une ruelle insalubre de Tokyo et s’alimente de restes de poubelles. De temps en temps, pour pouvoir se permettre le luxe de quelques boîtes de conserves, il vend des canards pour le bain, mais pas n’importe lesquels… les siens ont des formes de femmes, des seins aussi rouges qu’une promesse. Jusqu’au jour où il rencontre Shomintsu, un maître de sumo. Et que d’une voix aussi douce qu’imperturbable, ce dernier se tourne vers lui et lui dit :

 

« -Je vois un gros en toi.

-… »

 

Et le jour suivant…

 

« -Je vois un gros en toi.

-Va te faire foutre ! »

 

Ce que Shomintsu a réellement vu en Jun ressemble à de faux semblants pour cacher ses souffrances. Un monde de sensibilité étouffé sous les apparences. Il repoussera d’abord le maître, puis finira par se laisser apprivoiser. Son univers basculera. Jun sera sur la voie de l’apprentissage... En participant à son école de sumo, ses instincts seront plus vifs, ses certitudes s’écrouleront. Il perdra ses repères mais vaincra ses préjugés. Surtout, il apprendra à penser à travers son propre regard. Le temps sera-t-il venu alors d’ouvrir les lettres de sa mère et de découvrir ses secrets?

 

« J’ai dit que c’était possible, pas que c’était facile.

-Tu progresses, Jun. Tu rates tes combats, mais tu échoues avec style. »

 

Le Cycle de l’invisible d’Éric Emmanuel-Schmitt comprend six romans – nouvelles - que j’ai décidé de relire. Chacune d’elles nous parle d’une religion. C’est mon p’tit Vincent qui m’en a donné le goût, il en a loué deux à la biblio de son collège la semaine dernière. Et comme c’est l’un de mes auteurs favoris…

 

Dans celui-ci, il est question de bouddhisme zen, que pratique Shomintsu. Un homme paisible et généreux qui médite durant des heures pour atteindre en lui le vide suprême. Une fois ce vide atteint, la force en lui s’éveille. Et nous apprenons, à son contact, que rien n’est impossible…

 

« Tu as raison, Jun. Le but, ce n’est pas le bout du chemin, c’est le cheminement. »

 

***********

 

« Jun, si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi... »

Le sumo qui ne pouvait pas grossir (1) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
Le sumo qui ne pouvait pas grossir (1) - Éric-Emmanuel Schmitt (Le Cycle de l'invisible)
16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 00:38
Angel, l'Indien blanc - François Place

Quelque part dans l’estuaire du rio de la Plata, au XVIIIe siècle

 

Angel, l’Indien blanc, est né là où les paysages sauvages de la pampa s’étendent à des kilomètres à la ronde. Avant sa naissance, sa mère, Française, avait été engagée pour enseigner la musique aux enfants de Don Alonzo, un riche propriétaire. Jusqu’au jour où elle se fit enlever par des Indiens. Esclave battue et méprisée par eux, elle mit au monde Angel neuf mois plus tard, faisant de lui un Indien de sang-mêlé. Après un combat mené par une troupe de soldats armés jusqu’aux dents, il ne la revit plus jamais. Mais de son enfance indienne dans le désert du Sud, il garda d’elle ce qu’il y a de plus précieux : le courage et la volonté de rester en vie, la confiance, la force de se battre et le pouvoir de la réflexion.

  

« Je me remettais en marche, en me raccrochant à la seule pensée de ma mère. Tout ce qu’il y a de bon et de beau, c’est elle qui m’en avait donné le goût. Je me réfugiais dans son souvenir. Je la revoyais, entre mes paupières mi-closes, ramper jusqu’à moi comme elle le faisait, chaque nuit pour me serrer dans ses bras. Personne ne pourrait jamais me voler ces moments-là, personne ne pourrait me voler la tendresse de sa voix, ni les contes qu’elle nous inventait soir après soir. »

 

Un jour il est vendu comme esclave à un marchand de Buenos Aires quand il saisit l’occasion de fuir clandestinement à bord d’un trois-mâts, le Neptune.

 

« Et là-haut, c’était beau, tout simplement : la mer à perte de vue, sous un ciel sans limites. Parfois l’horizon pris de vertige se mettait à danser, les vagues se hérissaient de crêtes d’écume, toute la mâture penchait, plongeait, s’envolait, l’estomac se prenait de spasmes, il fallait se cramponner davantage. »

 

Il jetait l’ancre vers le grand Sud de la Terre australe. C’est dans ce paysage d’aurores polaires qu’Angel vivra auprès des Woanoas, des monstres à deux bouches. Et que nous, lecteurs, nous serons transportés par la magie de son aventure auprès des Indiens Plumes-Grises. Il apprendra à se battre en duel, ce qui lui vaudra quelques côtes cassées mais le respect des siens. Il se mesurera aux baleines-léopards, aux loutres des neiges et aux « gens-de-l’eau », naviguera à travers les icebergs, apprendra à chasser au harpon – une occasion pour l’auteur de nous rappeler le rôle de l’Homme chassant pour sa survie.

 

« La chasse est la grande affaire des hommes, mais tout ce qui relève de son utilisation voit le premier rôle leur échapper. »

 

Jusqu’au jour où il s’élancera dans le vide… saura-t-il voler de ses propres ailes, digne du « saut de l’ange » dont il héritera le prénom? 

 

Quel bonheur d’avoir partagé cette lecture jeunesse avec mon ti Tom Tom ! <3 Depuis qu’il est tout petit les histoires d’Indiens l’ont toujours fasciné. Je me demande parfois si plus tard il gardera encore l’envie de se souvenir de nos ancêtres. Je l’espère vraiment, nos racines font de nous ce que nous sommes aujourd’hui, d’aussi loin qu’elles viennent. Angel pourrait vous dire à quel point celles de sa mère l’auront suivi à chaque souffle de sa vie depuis sa mort. Parce que l’héritage d’amour est le plus fort…

 

D’esclave, matelot malmené à otage étranger, Angel a suivi la plus belle des quêtes, celle de la liberté. Une fois que nous l’atteignons, fort d’avoir su apprivoiser le quotidien, voulons-nous seulement en revenir?

 

« Alors, Angel, qu’en dites-vous? C’est un bon point de départ, non?

-Je ne vois pas de quoi vous parlez.

-Mais ces îles. Si on parvient à s’emparer d’une pirogue…

-Mais qui vous dit que je veux repartir?

-Vous délirez, mon pauvre Angel! Le succès vous est monté à la tête! Réfléchissez! Vous n’êtes pas fait pour ce monde!

-Qu’est-ce qui vous fait croire que je lui préfère le vôtre? »

 

**********************

 

Heureuse coïncidence, aujourd’hui les Indiens Métis du Canada viennent de se faire offrir par la Cour suprême du Canada une pleine reconnaissance de leur statut d’« Indien » - englobant tous les peuples autochtones canadiens y compris les Indiens non inscrits et les Métis. Ils attendaient ce moment depuis des décennies. 

 

Un grand merci à mon amie Nadège pour ce magnifique voyage…

Angel, l'Indien blanc - François Place
11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 00:21
Bulles de savon - Emma Giuliani

PIF PAF POF!!!

 

Vous avez vu ces bulles de savon multicolores?

Elles ont déposées en moi des milliers de soleils…

 

Un cadeau tout en délicatesse qui a peint de caresses douces mes plus beaux souvenirs <3

 

Avec les « Bulles de savon » d’Emma Giuliani, j’ai voyagé à travers la mémoire de mon enfance. Et c’était tellement bon! J’ai tourné chaque page avec cette magie dans les yeux de découvrir le petit trésor qui se cachait sous le rabat ou la tirette. En traversant les images d’enfance de l’auteure, je suis comme retournée sur les pas d’un vieil album photos pour les faire revivre en moi. Elles avaient des formes, des couleurs et des odeurs. Elles éveillaient des sensations, des joies, des nostalgies, des rires et des pleurs aussi. Il suffit de peu de choses parfois, pour peu qu’on y prête attention, pour réaliser à quel point notre âme d’enfant n’est jamais bien loin de l’adulte que nous sommes devenus.   

 

Emma Giuliani a imagé ce livre de cette même tendresse avec laquelle on se laisserait bercer par un poème d’amour. Elle nous raconte la magie des flocons de neige, de la fourmis que l’on découvre sous la feuille au pied de l’arbre, du cerf-volant qui vole très haut dans le ciel, du premier baiser sous les étoiles, des cahiers et crayons aux milles couleurs à la rentrée scolaire, et bien d’autres petites pépites d’or encore. Le graphisme est magnifique. Publié aux Éditions Les Grandes Personnes, pour l’enfant qui sommeille en nous tous... 

 

******************

 

Des flaques d'eau à la joie de grimper dans les arbres, en passant par les souvenirs de cour d'école et la magie de Noël, ce petit livre merveilleux m'a permis de rêver. J'y retourne souvent, très souvent même... pour la joie de revoir mes grands-parents <3

 

Splash!

 

Je me suis revue courir vers une flaque d’eau avant de me lancer en plein milieu, pieds joints, pour tout faire éclabousser! Surtout sur mon frère................. :D

Mais je vous assure, j’n’étais pas du tout espiègle pour autant…… hum hum……

 

Hou Hou Hou Han Han Han Hannnnnnnnnnnnnn

 

Que j’aimais grimper dans le gros arbre derrière la maison... Un vrai singe qu’on disait! Pourtant, à part manger des bananes et imiter son cri comme personne, j’vois pas?! ^^

 

Cling Cling Cling

 

C’est le bruit des billes multicolores qui se cognent l’une sur l’autre. C’était mon jeu favori dans la cour d’école!

 

Ho Ho Ho

 

Vite c’est bientôt Noël, il faut décorer le sapin! On sort les guirlandes, les boules de toutes les couleurs, les lumières, les figurines de caribous (bou bou bou), de grenouilles (crôaaaaa ^^), de bonhommes de neige (?), de loups (ahouuuuuuuuuuu), de singes (je vous la refais? ^^).

 

*************************

 

« Et une âme de petit enfant

qui ne demande à l’existence

qu’un peu de brise pour son cerf-volant »

Maurice Carême

 

Merci à toi ma p’tite Bulle de Savon toute gentille, toute sweet, toute Douce.

C’est un précieux cadeau que je garde tout près de moi... <3 

 

Bulles de savon - Emma Giuliani
Bulles de savon - Emma Giuliani
9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 01:02
L'Or noir - Arthur H et Nicholas Repac

« Dans chaque pas en terre étrangère,

de nouvelles racines prolongent

le chemin qui vient du pays natal. »

 

René Depestre - Haïti

 

*******

 

Ce soir, j’ai rendez-vous avec les airs intimes des caraïbes francophones...

 

Faire des heures de route n’a plus le même sens depuis que je voyage avec Arthur H et Nicolas Repac. J’ai laissé le volant de mon Westfalia rose, années 80, à Arthur. De la pointe de Grand’Anse à Port-de-Paix, en Haïti, le siège baissé et les pieds sur le tableau de bord, je bois ses mots avec la même ferveur que l’on met à tremper ses lèvres dans un Cocktail bien frais couleurs passion - jus d’orange, grenadine, curaçao, une rondelle de citron vert, 1 coupelle de sucre rouge, une fleur de grenadia et un Barbancourt 5 étoiles – fin de l’aparté. Nous longeons la mer des Caraïbes, l’eau est turquoise et les poèmes qui défilent dans ma tête ont une odeur de soleil. Arthur H, le « raconteur chanteur » de Poétika Musika, a choisi les textes de poètes des Antilles qui s’épousaient le mieux à ses émotions musicales. Il a voulu « reconnaître les liens qu’ils tissaient avec sa propre identité ».  

 

« J’irai par quatre chemins confesser l’indigo en poudre fine de ta petite culotte qui compte bien plus d’étoiles que les drapeaux des États fédéraux. Amoureux, je ne suis qu’un homme simple souffrant d’un gigantisme au niveau du myocarde me donnant un cœur trop grand pour ton âge. »

 

« À toi ma chance belle, ma chanson douce de me donner le bain en ton âme, navire à voiles, barque de mousse, et ton corps d’ail farci de tous les sortilèges. Encore vivrai-je de temps en temps sous la conjonction planétaire de tes tours de hanche gonflées de coups de grâce. »

 

James Noël - Haïti

 

Sur la banquette arrière, pour lui permettre de jouer plus librement de ses instruments, Nicolas Repac s’est saisi de ces poèmes afin de leur donner vie. Ils ont vibré en lui avant de nous être offerts à travers une fête harmonique de flûte, sanzas, guimbarde, sansula, duduk, harmonium indien, sampleur, guitare et tant d’autres. Pour peu qu’on se ferme les yeux quelques instants, on danserait pieds nus dans le sable, la nuit durant, avant de s’endormir sous les étoiles de ce Sud qui me bouscule le cœur.

 

« …si bien que l’on ne saurait plus qui passe ou d’une étoile ou d’un espoir

ou d’un pétale de l’arbre flamboyant

…Alors la vie j’imagine me baignerait tout entier

mieux je la sentirais qui me palpe ou me mord

couché je verrais venir à moi les odeurs enfin libres

comme des mains secourables

qui se feraient passage en moi

pour y balancer de long cheveux

plus longs que ce passé que je ne peux atteindre. »

 

Aimé Césaire - Martinique

 

L’or noir d’Arthur H est un écrin de merveilles dont les sens s’immergent sans fin, sans limites de temps ni crainte de l’épuisement que ses caresses pourraient provoquer en nous.

 

« Black gold, l’or noir, l’exploration du sexe, de l’âme et du cœur, du sens caché, du sens limpide, du sens révélé par le contact, le toucher si ressourçant avec l’âme du monde dans toute sa rugosité délirante, son hystérie, sa douceur, son infini douceur… c’est comme caresser la terre avec tout l’amour possible et voir des tourbillons de poussière s’élever vers le ciel pour devenir des soleils… »

 

Arthur H

 

Toujours les pieds sur le tableau de bord, je voyage au cœur de sensations fortes. Je ne voudrais être ailleurs qu’ici, au cœur de ces mots Couleur Café…

 

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« Arthur, le nègre

 

Enfant, j’ai entendu quelqu’un dire que les nègres étaient des gens qui vivaient le long du fleuve Niger et cela m’avait tant touché que souvent la nuit je filais là-bas. Il n’était pas question de race, ni de couleur mais d’un lieu où l’on pouvait se rendre en suivant le fil rouge de la nuit. Je dis cela parce qu’après t’avoir entendu, Arthur, je suis retourné là-bas où je t’ai retrouvé.

 

Le chemin, pour y aller, n’est pas fait de terre mais de chants, un long ruban de chants rugueux, longtemps macérés dans l’eau de vie et le sang gâté. J’y ai retrouvé des gens venant de partout et de tous les temps.

 

Ils y étaient par choix. Glissant, les pieds dans l’eau, conversant avec Césaire. James Noël pêchant des écrevisses juste à la courbe du fleuve, et ce nègre courant dans la brousse avec un molosse à ses trousses ne peut être que Chamoiseau, et tant d’autres, même Queneau et Vian, et cette voix qui nous vient du fond de la bananeraie, langoureuse et élégante, comme un hamac l’aurait fait s’il savait chanter, parfois grave et sèche comme une lampée de rhum, pour s’éteindre doucement afin de faire corps avec la nuit : c’est celle d’un jeune homme du nom d’Arthur H. Il a trouvé la route qui mène au fleuve simplement en murmurant des poèmes ramassés ça et là et qu’il nous chantera avec son complice Nicolas Repac. Soudain, Césaire s’est retourné pour lui demander de rejoindre le petit groupe de poètes nègres morts. Quand l’aube s’est agitée et qu’il fallait revenir à la surface du jour, Arthur a voulu y rester, et depuis je suis sans nouvelle de lui… »

 

Dany Laferrière

 

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Un grand merci au Bison qui a fait traverser L’Or noir par-delà l’océan pour m’en faire goûter les fruits délicieux, gorgés de poésie…

L'Or noir - Arthur H et Nicholas Repac
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 00:29

Les beaux jours du printemps bourgeonnent dans les arbres. Plus un seul flocon de neige au sol. Quel bonheur… Le soleil nous réchauffe doucement la peau et les oiseaux ont entamé leur migration du Mexique vers le Québec. Ça sent l’été et mon cœur est en fête!

 

Comme un mauvais coup de la nature, ce soir, le vent s’est levé et il s’est remis à neiger. Le sol est tapissé de blanc, il faut ressortir les manteaux, les bottes, les tuques et les foulards. Parce qu’au réveil demain, il vaudra mieux remettre les gougounes dans le placard si on veut éviter de se geler les orteils…

  

Je dépose ici quelques soleils de Cognac, Kyoto et Royan. Pour me réchauffer le bout du nez et l’écorce du cœur. Je m’y imagine et ça me rend heureuse!

 

Merci à mon sweet manU et mon amie Hitomi du Soleil-Levant pour ces douceurs <3

Le soleil se couche à Cognac, au chant des grenouillEs

Le soleil se couche à Cognac, au chant des grenouillEs

Cognac un 7 avril, les nuages sont en feu <3

Cognac un 7 avril, les nuages sont en feu <3

Kyoto s'endort sous les cerisiers en fleurs

Kyoto s'endort sous les cerisiers en fleurs

Royan, là où il ferait bon être, les pieds dans le sable...

Royan, là où il ferait bon être, les pieds dans le sable...

De Royan à Montréal, aussi loin que les bateaux nous portent

De Royan à Montréal, aussi loin que les bateaux nous portent

Royan est en feu et mon coeur est en fête...!

Royan est en feu et mon coeur est en fête...!

Published by Nad - dans Vos soleils
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