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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 17:17

 

 

« Les arrière-saisons ont parfois quelque chose de déchirant. »

 

Rendez-vous chez Phillies, café-bar de Cape Cod. Ce soir j’ai sorti ma robe rouge, celle qui ne me sert que pour les grandes occasions. Je m’assois au bar, croise les jambes. Je passe par le Phillies toujours avec la même régularité, c’est en quelque sorte mon repère, l’endroit idéal pour noyer mes nostalgies. Et attendre... attendre Norman... Mais je ne vous embêterai pas avec mes soucis, Ben tendra l’oreille à mes vieilles histoires, histoires qu’il connaît par cœur d’ailleurs. Des années que l’on se connaît lui et moi. Derrière son comptoir, il astique ses verres. Il me sert un martini. Non, ce soir Ben je prendrai un verre de rouge. Rouge comme dans passion, une robe couleur rouge enfilée sur mon corps, le rouge des grands bouleversements intérieurs. J’attends Norman...    

 

« C’est quelque chose de presque imperceptible, comme un tremblement, un frisson à la surface de la peau, une timidité autour des yeux, une très légère hésitation à l’instant d’emboîter le pas de l’autre. »

 

Philippe Besson a eu l’ingénieuse idée de prendre, pour point de départ, un tableau d’Edward Hopper, Nighthawks - Les Oiseaux de nuit, et d’en faire vivre les quatre personnages. Je me retrouve au cœur des échanges, pierre angulaire de ce huis clos, vêtue de ma robe rouge, tourmentée et nostalgique. J’ai l’impression d’un film au ralenti, les émotions ne s’insinuent que doucement, par petites touches intimistes, dans les interstices de mon cœur. Quelques mots suffisent, les autres se devinent, se ressentent, ce sont les non-dits qui en disent plus longs que les paroles elles-mêmes. C’est l’arrière-saison, je regarde devant plutôt que derrière, je pense à l’automne et non aux étés enterrés, j’ai envie d’en finir avec le passé. C’est l’arrière-saison, les couleurs automnales. Et malgré tout, j’attends Norman...    

 

« Le silence est aussi une façon d’affronter la désolation. »

 

Un tout petit livre mais si dense, si chargé de sentiments divers, presqu’une nouvelle, qui parle du temps qui s’écoule et de celui qui ne reviendra jamais. Des deuils, des détachements nécessaires et des renoncements. De nos forces et nos fragilités. C’est une longue introspection de personnages aussi solitaires que Hopper aime à nous les représenter dans ses tableaux, contemplatifs, en retrait du monde. Et même s’il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour me rendre ce roman vraiment passionnant, les mots de l’auteur me parlent d’un homme qui possède une touchante maturité sur les émotions. Un homme qui a vécu, qui arrive à décortiquer les motivations de l’âme humaine, dans une finesse d’analyse rare, cherchant à fournir des réponses aux questions qu’il fait émerger de la psyché de chacun des personnages.

 

« En fin de compte, les souffrances font partie de l’existence, elles ne peuvent pas nous être épargnées mais elles valent cent fois mieux que des moments insipides, elles sont le prix à payer pour affirmer ce qu’on est et accomplir ce qu’on a décidé. »

 

Je n’ai pas été touchée par l'histoire de Louise comme je l’espérais, mais le récit en soi est riche et j’ai envie de retourner vite vers l’auteur dont j'ai adoré la profondeur de la plume. J'en ai justement un qui m'attend sur ma table de chevet ;-)

 

« Trop de tourbillon, trop de chagrin, trop d’alcool. Ou pas assez. Pas assez de ces bras qui enlacent, qui soutiennent, qui guident. Pas assez de ces regards désintéressés, de ces moments de rien qui sont la vraie vie. »

2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 01:40

 

« Il faudrait toujours être en route pour l’Alaska. »

 

Kodiak, Alaska, The Last Frontier. Nulle part ailleurs n’existe un bout de monde qui me fasse tant rêver. Combien de fois m’y suis-je imaginée, à mille milles de toute terre habitée, goûtant aux saveurs de l’instant. Combien de fois me suis-je dit que là-bas, je pourrais vivre de ce temps en suspens, des heures et des heures sur le fil fragile de ce bonheur que l’on capte à même le souffle de l’infiniment petit, pour autant que l’on apprenne à respirer en accord avec le vent du Nord. Un toit, quatre murs, une cabane pour abriter mes rêves. Et au bord de ce lac, la poésie d’une nature sauvage qui n’a de limites que ses forêts à perte de vue. Il y aurait des grizzlys, ça oui, peut-être arriverais-je même à m’y faire (mais j'en doute...). Un bout de monde et toute cette blancheur. Goûter au silence.

 

« On quitte enfin la terre, je sais déjà que je n’en reviendrai jamais. »

 

Kodiak, Alaska. Lili en avait aussi rêvé. Elle avait une fougueuse envie d’aller y pêcher la morue, d’apprendre le métier de marin. De tout foutre en l’air et de changer de cap. Qui n’en a jamais rêvés au moins une seule fois? Surtout, ne plus revenir vers cette vie d’avant, se faire passer pour morte s’il le faut. Vivre éternellement dans un bateau, ne plus jamais poser le pied à terre, sous peur de tanguer et de perdre ses repères... 

 

À bord du Rebel, elle se sent vivre. Et moi, solitaire, je respire à ses côtés. Il nous suffit de peu, un ciré, des bottes étanches et des long johns, pour les soirées froides. Il faudra faire nos preuves dans ce milieu d’hommes. Qu’importe, nous travaillerons jour et nuit, le visage brûlé par le froid, le vent, souffrant du manque de sommeil et de chaleur humaine, du mal de mer, de tous les dangers et de cette mer déchaînée qui ne pardonne pas. Les palangres sont à l’eau, il faut les remonter à bord, déferlante de poissons. Nous rêvions de devenir matelot et nous le sommes devenues...

 

« Peut-être va-t-on toujours aller ainsi, jusqu’à la fin de tous les temps, sur l’océan roussi et vers le ciel ouvert, une course folle et magnifique dans le nulle part, dans le tout, cœur brûlant, les pieds glacés, escortés d’une nuée de mouettes hurlantes, un grand marin sur le pont, visage apaisé, presque doux. Quelque part encore… des villes, des murs, des foules aveugles. Mais plus pour nous. Pour nous, plus rien. Avancer dans le grand désert, entre les dunes toujours mouvantes et le ciel. »

 

Mais la passion souvent nous fait oublier de se méfier. Je la trouve courageuse de boire à même la poche de laitance des poissons qu’elle ouvre, ce liquide visqueux me dégoûte. Je lui envie un peu moins de devoir retourner sur la terre ferme. Une arête caudale de morue noire s’est fichée dans l’os du pouce, le poison est mortel. J’ai pitié pour elle, alors je pose les pieds hors du Rebel et je marche sur les docks. J’apprends la vie des marins qui abreuvent leur ennui dans une chambre de motel. J’apprends les bars et les femmes qui leurs tiennent compagnie. J’apprends aussi l’alcool et la gueule de bois. Et puis j’apprends à connaître un peu mieux ce grand marin dont elle m’a tant parlé...

 

« Car il est le pêcheur, pour moi il est le seul. Il sait tout. Sa puissance ne tient pas à la largeur de ses épaules ni à la taille de ses mains, elle est dans son cri, l’écho de sa voix lorsqu’elle se perd dans la vague et le vent, lui debout, narines dilatées, seul dans son tête-à-tête avec la mer, seul toujours dans sa manière de regarder le ciel, de sonder les flots comme s’il y lisait quelque chose – ou rien, peut-être n’y voit-il qu’un grand désert qui s’étend, sans fin, dans les cris hennissants des goélands qui s’élèvent en rafales comme des chevaux de vent. »

 

Kodiak, Alaska, The Last Frontier. Nulle part ailleurs n’existe un bout de monde qui m’avait autant fait rêver. Maintenant que j’y suis, je sais désormais que ma place est parmi ces hommes du Nord. Le Grand Marin, l’homme-lion, a passé sa vie entre le whisky, les femmes et l’héroïne. Lili m’a appris à le regarder autrement. Regarde qu’elle me dit, admirative, regarde-le pêcher, remontant les calandres, si fort et fragile à la fois, c’est là toute sa beauté. Elle m’a raconté ses nuits d’amour avec lui, le pêcheur d’Alaska, mon Grand Marin.

 

« Les étoiles frémissent. Les autres sont à l’abri en troupeau endormi. Mais pas nous. Nous, on est sur la crête de la vague noire, dans la fraîcheur de la bruine. Le grand marin m’attire contre lui, on s’aime sous le duvet. Je ris quand il glisse, le vent court dans mes reins. » 

 

Viens avec moi qu’il lui disait, nous nous marierons.

 

« Tu comprends pas… Moi je veux pas d’une maison, j’veux vivre. J’veux partir et aller pêcher. J’attends pas. Non j’attends pas. Moi je cours. Je veux être en mer. » 

 

Mais Lili rêvait de liberté. Une fois arrivée vers ce bout de monde, elle voudrait aller encore un peu plus loin, à Point Barrow, Alaska. Là ou la terre s’arrête...

 

« C’est le bout. Après y’a plus rien. Seulement la mer polaire et la banquise. Le soleil de minuit aussi. Je voudrais y aller, m’asseoir au bout, tout en haut du monde. J’imagine toujours que je laisserai pendre mes jambes dans le vide… Je saurai que je ne peux pas aller plus loin parce que la Terre est finie. »

 

« Moi je cours. Je veux être en mer... »

 

 

Merci à mon sweet kinG de m'avoir permis ce voyage vers l'Alaska de mes rêves <3

 

 

 

7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 01:45

 

 

J'ai caché
Mieux que partout ailleurs
Au jardin de mon coeur
Une petite fleur

 

Cette fleur

Plus jolie qu’un bouquet

Elle garde en secret

Tous mes rêves d’enfant…

 

…L'amour de mes parents… - Petite fleur de Sidney Bechet

 

 

Petite fleur... les mots de Bechet, tels une ritournelle qui ne connaîtra aucune fin, si ce n’est la fatalité physique de la mort qui nous arrache aux gens que l’on aime. Petite fleur, immortelle, enracinée dans les souvenirs ressurgissant de l’enfance... Mathilde a besoin de nous raconter cette histoire qui, aux yeux de l’auteure, n’est rien de moins qu’une histoire d’amour entre la petite fille de jadis et son père. Cinquante ans après sa mort, comme un pèlerinage de mots et d’émotions, elle retourne sur les ruines du sanatorium d’Aincourt où il a fini ses jours, dans les années 30, atteint de tuberculose.

 

J’entends sourdre la mélodie de Bechet... « Elle garde en secret, Tous mes rêves d’enfant »... Les odeurs se sont effacées, pour mieux oublier, je suppose, mais il reste les images, les regards inquiets, les rêves bien sûr, nourrit d’espoir. Elle sortait à peine de l’enfance, ne comprenant pas bien toutes ces agitations autour d’elle, autour d’eux, ce grand vide, une nouvelle famille et ce que pouvait bien signifier un sanatorium. La tuberculose, les bacilles, le sang qui s’écoule de la bouche. Elle mettra des années à saisir l’ampleur de ces mots. Ce père qui ne sera plus jamais le même homme. C’est donc que là-bas, dans ce lieu que l’on nomme sanatorium, on devient quelqu’un d’autre? Tant de questionnements auxquels Valentine Goby nous amène à réfléchir : le sens de la famille, l’amour inconditionnel, les responsabilités de chacun quand la famille éclate. Mathilde, encore si petite pour tout porter sur ses seules épaules, rembourser les dettes, prendre soin de son petit frère, nourrir ses parents, sauver la maison de La Roche, hypothéquée, étudier et gagner sa croûte. Au milieu du tumulte, se faire discrète, invisible, rester tranquille, parce qu’il y a déjà suffisamment de soucis. Et sa sœur Annie, détachée de tout...

 

« Son ventre est une permission de repli supplémentaire contre lequel tout reproche se fracasse.

La grossesse est une île. »

 

J’entends sourdre la mélodie de Bechet...

 

« Dans mon cœur, Tu fleuriras toujours, Au grand jardin d'amour »…
 

Au café Le Balto, un homme souffle des notes dans un harmonica Hohner. C’était le bon vieux temps, le temps d’« avant ». Son harmonica posé sur une table basse, il prit Odile dans ses bras pour danser un slow. Sur le pont d’un paquebot...

 

« Une femme et un homme se mettent à danser. Serrés, sur leur bout de terrasse. C’est une salle de bal sur le pont d’un paquebot, on en oublierait presque les côtes manquantes, les lobes tranchés, les cavernes ouvertes, les bras quasi noirs du père et l’eczéma qui ronge sa peau… »

 

Sur mes vingt ans
Je m'arrête un moment
Pour respirer
Ce parfum que j'ai tant aimé

 

N'aies pas peur
Cueillie au fond d'un cœur
Une petite fleur
Jamais ne meurt

 

Merci mon sweet manU pour ce « roman solaire ». Mathilde est une femme forte et pleine de vitalité, comme je les aime. Elle avait besoin d’amour et de reconnaissance, du regard fier de son père. Je crois qu’elle l’a compris, un peu plus tard... 

 

Merci à Valentine Goby d'écrire d'aussi beaux romans qui me charment et m'enchantent <3 

Mon avis sur Le sorcier vert

 

Les avis de Nadège, Aifelle, Didi, Fanny et Jérôme

3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 13:37

 

 

« On peut tuer un être humain sans lui enlever la vie. »

 

Depuis la nuit des temps, les êtres humains « s’affrontent pour la possession des femmes, de l’argent, du pouvoir… ». Ils violent et tuent, sans trop de remords, voire aucun, guidés par cet élan collectif qui pousse les hommes à s’unir pour s’élever au sommet d’une folie meurtrière n’ayant de limite que la soif insatiable de violence. L’amour humain cherche à donner un sens, s’il en est un, à ces batailles qui ont rendu les hommes méconnaissables. En posant un regard cynique sur la vie et les individus qui peuplent le monde, et ayant comme toile de fond la guerre coloniale portugaise tel un prétexte à son exposé, l’auteur nous raconte avec sensibilité les peurs qui nous hantent, incontrôlables. La conscience de la mort, l’indifférence qui en résulte et l’amour maternel vers lequel l’âme cherche sans cesse à revenir, bulle de réconfort dans un monde dont les valeurs essentielles semblent s’être effondrées. Mais aussi l’amour des sens et des souvenirs doux qui apaisent les maux.

 

Deux russes et un jeune révolutionnaire angolais, Elias – alias notre héros - sont retenus prisonniers au fond d’une case, ce dernier gisant à moitié mort. La guerre coloniale portugaise de 1961 vient d’éclater. Vingt-cinq ans plus tard, il se souviendra de cette nuit de terreur à Lunda Norte, où il assistera au viol d’une femme Noire par des soldats de l’armée angolaise. Au milieu de l’horreur, le visage d’Anna...

 

« Sans l’amour qu’il lui portait, la vie n’aurait été qu’une interminable nuit. »

 

Il se souviendra de ses mains noires sur sa peau laiteuse. De ce train filant à toute allure à travers la taïga sibérienne, sa terre natale. Des nuits d’amour et de cette femme qui portera sur sa robe les senteurs de la nuit. C’était le hasard d’une rencontre lors d’une conférence sur le développement durable en Afrique. Dans cette foutue jungle, peu leur importait le regard des autres. Parce que l’amour humain est incolore...

 

Il découvrira la tendresse, la confiance et la peur, celle inhérente à la perte. Sentiment inaltérable, inévitable. J’ai été transportée par ce roman de Makine. Avec douceur, il a su allier la révolution à l’amour - ce qui en fait, à mes yeux, toute sa beauté. L’amour des sens, l’amour maternel et celui des souvenirs. L’amour des mots, l’amour des gestes et l’amour qui panse, qui occulte la haine. L'amour d'Anna et les odeurs de la nuit. L’amour universel...

 

L’amour humain selon Makine. Plus fort que toutes les guerres. Merci Bison :-*

 

« Le soleil de l’Afrique, un billet pour Cuba, de la neige à pelleter et une histoire d’amour ». T’avais raison, j’étais dans mon élément... :P

 

« Croyez-vous qu’après la victoire de la révolution les gens vont s’aimer autrement? »

15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 18:20

 

 

Marianne ne se serait jamais doutée cette nuit-là que sa vie allait basculer. Qui peut seulement savoir ce qui l’attend? Petit train-train quotidien jusqu’au coup de fil qui vous brise à jamais. Son fils Simon est dans le coma. Les lésions sont irréversibles, il est sous assistance respiratoire, en état de mort encéphalique.

 

Je l’accompagnais ce soir-là, il faisait froid à crever, journée typique d’un février glacial. On venait de cirer nos planches et on partait pour un trip de surf. S’étaient joints à nous quelques amis de Simon, aussi enragés que nous pouvions l’être lui et moi. C’est ça avoir vingt ans, le cœur rempli de fougue et l’envie de repousser ses limites. Rien au monde ne nous aurait empêché d’aller affronter la vague, le « swell » comme on dit dans le jargon, genre de déferlante de Mavericks qui se produit au plus trois fois par année. Au retour, dans le van, c'était juste un peu passé Étretat et il se faisait tard. Tout s’est passé si vite, je cherche encore à comprendre. Un endormissement, une erreur de manœuvre, la seconde de trop où tout vole en éclat.

 

Marianne vit dans une autre temporalité. Le temps n’a plus de signification. Si elle pouvait seulement s’endormir et ne jamais s’éveiller. C’est une douleur insoutenable et innommable, le choc de l’impuissance, un état de désespoir. La pièce tangue. Je lui prends la main, pour peu qu’elle arrive à la sentir. Et je l’accompagne au chevet de Sinon. Ses yeux sont clos mais sa poitrine se soulève. Saleté de vie qui vous arrache à un bref instant d’espoir. Je suis forcée de lui dire qu’il respire artificiellement. Je voudrais n’avoir jamais eu à tenir ce rôle...

 

Je connaissais le synopsis de ce roman et je savais d’emblée que ce n’était pas le genre de lecture pour moi. Comme j’aurais dû m’écouter! Ça me bouleverse trop, ça me fait même mal en dedans, c’est ma fibre maternelle qui n’arrive pas à imaginer cette douleur. Je suis consciente du fait que l’auteure signe un très bel ouvrage avec ce livre, je n’ai juste pas l’objectivité ou le recul pour l’apprécier à sa juste valeur.

 

J’ai fait aussi l’erreur d’aller voir le film en cours de lecture, un excellent film par ailleurs, mais qui ne m’a pas donné envie de revenir vers le roman. J’avais déjà le sentiment d’avoir bouclé la boucle d’une histoire que je mettrais du temps à digérer, par le poids de son contenu.

 

Le livre en soi ne se réduit pas à une simple histoire de transplantation cardiaque. Bien au-delà, il y a une multitude de sentiments humains. Il y a le corps médical amené chaque jour à côtoyer la mort. Toutes ces vies tenues entre leurs mains et l’impuissance trop souvent ressentie. Il y a les questions délicates, comme celle notamment présentée dans le roman, d'aborder le don d’organe auprès d'une famille sous le choc, dans un délai que ne doit pas dépasser la survie de l'organe en question. Comment les proches peuvent-ils seulement l’envisager alors qu’ils n’ont pas encore réalisé que cette vie à laquelle ils tenaient leur sera arrachée à jamais?

 

Le cœur est bien plus qu’un organe vital, c’est aussi un symbole. Car c’est à travers lui que passe les sentiments humains…

 

« Enterrer les morts et réparer les vivants »

 

C'est le genre d'histoire qui vous bouleverse vous aussi?

 

Pour lire le billet de mon amie Nadège

 

 

 

25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 20:59

 

 

« Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléons, je t’y conduirai.

-Napoléons mon cul, réplique Zazie. Il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.

-Qu’est-ce qui t’intéresse alors?

-Le métro. »

 

C’est par hasard que je suis tombée sur ce roman de Queneau chez un bouquiniste du Mont-Royal, quand j’ai vu le sourire tout en dents de Zazie, j’ai craqué! Je l’ai même acheté sur ce seul motif, sans lire la quatrième de couverture, car j’aime bien parfois l’imprévu et que j’étais convaincue d’au moins passer un bon moment. Et ça a été le cas! D’ailleurs, comment s’ennuyer avec une enfant pareille! ^^

 

Avec ce sourire de dents, vous ne trouvez pas qu’elle a l’air GRAVEMENT détestable? Et elle l’est! Les enfants je les aime bien un peu rebelles - chez les autres, on s’entend (sourire). Une vraie peste, mais qu’est-ce qu’elle a du chien cette petite – du mordant, du bagou, de l’aplomb - appelez-ça comme vous le voulez - elle ne manque pas de répondant, têtue comme trois, impolie comme quatre, aucune gêne, arrogante à souhait, c’est qu’elle est drôlement mal élevée! Ahhhhhhhhh et elle n’a pas sa langue dans sa poche, complètement futée et e-x-t-r-ê-m-e-m-e-n-t perspicace, quand elle a une idée en tête elle ne lâche pas le morceau, ça je peux vous le dire! Elle pose des questions, beaucoup beaucoup de questions, s’achaaaaaaaaaaaarne. C’est l’oncle Gabriel qui pourrait vous le confirmer. Depuis qu’elle a appris qu’il se travestit et danse en tutu dans une boîte de Pigalle, elle ne cesse de lui demander s’il est « hormosessuel ». Et puis c’est quoi au juste tonton « l’hormosessualité »?

 

« Tonton Gabriel, dit Zazie paisiblement, tu m’as pas encore espliqué si tu étais un hormosessuel ou pas, primo, et deuzio où t’avais été pêcher toutes les belles choses en langue forestière que tu dégoisais tout à l’heure? Réponds. »

 

Dur de lui en vouloir, depuis que sa mère a un nouveau copain et passe nuits et jours à s’envoyer en l’air, la petite a pris le bord. Elle est même de trop, alors elle l’a confiée quelques jours à l’oncle Gabriel dixit l’artiste, le danseur de charme. Elle a adoré le voir en spectacle, fière comme tout, mais Zazie n’a qu’une envie, un grand rêve – une obsession plutôt, c’est le moins qu’on puisse dire - prendre le métro! Pas de chance, il est en grève. Ah les salauds… me faire ça à moi…

 

« -Tonton, qu’elle crie, on prend le métro?

-Non.

-Comment ça, non?

-Bin oui : non. Aujourd’hui, pas moyen. Y a grève.

-Y a grève?

-Bin oui : y a grève.

-Ah les salauds, s’écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi.

-Y a pas qu’à toi qu’ils font ça.

-J’m’en fous. N’empêche que c’est à moi que ça arrive, moi qu’étais si heureuse, si contente et tout de m’aller voiturer dans l’métro. Sacrebleu, merde alors. »

 

Un matin elle prend la fuite, Zazie veut découvrir la grande ville, les gens de Paris d’ailleurs elle les trouve un peu bizarres, du moins ceux qu’elle rencontre. Tout le monde se mêle des histoires des autres, chacun y met son grain de sel, ils semblent vivre de petits et grands drames, de cœurs brisés, d’espoirs envolés, on s’envoie joliment valser. Les dialogues sont cinglants, faits de conversations « à ciel ouvert », avec n’importe qui, des gens de passage, on discute de tout et de rien, n’importe comment, on se fait la morale et on se donne des leçons. Elle ira raconter à un inconnu que sa mère a fendu le crâne à son père d’un coup de hache. Comme ça, tout bonnement.

 

Ce roman c’est toute une galerie de personnages amusants, de Mado P'tits Pieds à la veuve Mouaque en passant par le cordonnier, le tavernier, Zazie bien sûr, au cœur de tout ce brouhaha. De l’ironie, du sarcasme, des situations cocasses et beaucoup de démesure. C'est le regard mature et humain d’une enfant sur le monde des adultes.

 

Il ne me manque plus qu’à voir le film de Louis Malle des années 60 ;-)

 

« La vie. Un rien l’amène, un rien l’anime, un rien la mine, un rien l’emmène. »

24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 23:58

 

 

« Tous les crève-cœurs de l’enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n’est rien d‘autre qu’un réseau de stigmates.»

 

Catherine et Angélique se retrouvent en Haute-Saône afin de vider la maison de leurs grands-parents, à qui elles étaient confiées chaque été. Les sœurs y ont ancré des souvenirs que le temps ne pourra effacer, pas même les vents violents qui ont ce pouvoir de balayer les côtes. Pour Catherine, ils porteront à jamais une cruelle odeur de souffrances, de celles propres aux secrets les plus inavouables. Elles sont là, enroulées dans des sacs de couchage, témoins des années qui se sont écoulées. Ce lieu renvoie, en saccades douloureuses, les échos encore tenaces de ses cachettes, du placard à sucreries, du grenier et de ses charpentes, là-même où il faisait bon se retirer, à l’abri du monde.

 

« Je n’y laissais rien, sinon de la poussière, du silence, du vieux foin, l’odeur de cet été, emprisonnée, la chaleur, les souvenirs de ma solitude. »

 

Catherine nous raconte son adolescence à travers un récit touchant qui laisse forcément des traces dans l’âme du lecteur. Que l’on s’identifie ou non à son histoire, il y aura toujours quelque part des traces universelles de séquelles adolescentes qui traverseront les âges et les époques, certains y échappant plus facilement que d’autres. Femme encore aujourd’hui fragile mais incassable, forte de son vécu, elle est demeurée solitaire, à l’image des personnages mélancoliques du « Grand Meaulnes » d’Alain Fournier. Le pas mal assuré mais la démarche courageuse.

 

Tout a basculé l’été de ses 16 ans. C’était un été chaud. Les gamins de la colonie de vacances avaient pris l’habitude de venir se rafraîchir à la piscine municipale où les deux sœurs se trouvaient chaque jour. C’était à l’âge des amitiés éternelles et des histoires d’amour. Des moqueries, du manque d’assurance, des complexes aussi, du corps qui se métamorphose, de nos timidités, des musiques du coeur et des grands bouleversements qui nous jettent sur le chemin de la vie.

 

« Il fallait se débrouiller dans une mer d’incertitude. Je m’étais jetée à l’eau, très loin, directement en pleine mer, sans avoir jamais appris à nager. »

 

C’était la perte de l’innocence, des yeux qui brillent dans la nuit, la caresse de ses mains, sa peau chaude, son odeur musquée et son sexe qui émerge d’un short trop serré, désireux, tendu vers l’autre, encore malhabile. Étrange mélange de douleur et de plaisir. C’était à l’âge des découvertes et des premiers gémissements à deux. Des jouissances qui libèrent nos corps chargés de désir. L’impression que le temps s’est suspendu. C’est arrivé comme ça, au bord d’une rivière, au milieu d’un champ, entouré d’herbes hautes. C’est même arrivé un peu trop vite, sans qu’on pense à se protéger. Et ça restera notre secret, de remords et de honte, jusqu’à la nuit des temps.

 

« La vraie découverte, ce n’est pas le sexe de l’autre, c’est le sien. Comprendre tout à coup dans une sorte de révélation à quoi ça sert, jusqu’où ça va, pourquoi c’est mou, pourquoi c’est creux, pourquoi c’est mouillé. C’est comme découvrir une nouvelle pièce dans la maison où on habite depuis toujours. »

 

C’était « Le Premier Été ». L’été de nos 16 ans. Et si les années ont passées, les souvenirs ont laissé des traces ineffables qui font encore mal aujourd’hui...

 

Merci à mon complice manU pour ce très beau cadeau riche en émotions. Je viens de découvrir une auteure vers qui je reviendrai, c’est certain :-*

Venez lire ses billets Sous la vague et Ma mère, le crabe et moi

 

Merci à Anne Percin d’avoir écrit un roman aussi fort qui m’a ramenée vers des souvenirs aussi précieux que fragiles.

 

Sous la vague, les avis de Nadège, Jérôme et Noukette

 

Ma mère, le crabe et moi, les avis de Jérôme et Noukette

 

 

 

22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 00:21

 

 

« Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s’affichent en vert. »

 

Antoine pose son regard dans le miroir. Ce reflet de lui-même ne l’effraie pas, ou du moins ne l'effraie plus, à peine se rend-il compte qu’il n’est plus le même homme. Il revient de loin, d’un ailleurs hors du monde. Avachis sur son canapé, son quotidien se résume à fumer des joints. Allumer, tirer quelques bouffées, boire une gorgée de whisky. One Bourbon, One Scotch, One Beer. Sa quête dure depuis un sacré bout de temps déjà. Regard sur le monde environnant, recherche d’identité. Il s’accroche aux souvenirs d’ « avant » - avant la grande dérape – comme pour se cramponner à l’existence. Un décor à son image...

 

« L’herbe est rase. Il a tondu la pelouse hier. Des thuyas malades, jaunis, ferment l’espace. Au milieu du jardin, près de la balançoire rouillée, traîne un ballon crevé. La plaque de bois flotte dans le vide, une corde est coupée, pas nette, tout effilochée. »

 

Où sont passés les secrets de son enfance? L’air doux et les sourires. Tom Sawyer à la lumière d’une lampe de poche, sous les draps. Où sont passés les complots et les espiègleries? Lorette et ses robes à fleurs? Son visage doux et le premier baiser, enlacés dans l’herbe chaude. Envolés dans un nuage de fumée amère. Parce qu’un jour, d’aussi loin qu’il soit, il lui faudra bien revenir. Revenir de loin. Revenir tout court. Même Léa, avec qui il couche de temps en temps, préfère « rester amis ». La phrase qui tue. C’est comme ça quand on ne peut plus faire confiance. Léa est partie.

 

Le récit est parsemé de détails du quotidien qui rendent compte de sa douleur, qui accentuent le drame qui se joue, sous nos yeux de lecteur. Les allers-retours du présent au passé semblent être une façon de se rassurer, enviable ou non, quand tout nous échappe. Serait-ce aussi ce brin de nostalgie qui sommeille au creux de ses tripes? Chez Antoine, le temps s’est un peu arrêté pour tout le monde. Une famille banale, comme bien d’autres, et qui cherche à se retrouver. Mais trop tard. Sa sœur Camille s’isole, fume et sèche ses cours. Elle tente de survivre à une mère dépressive, partie sans donner de nouvelles. Elle se cherche, recherche l’amour. Antoine lui ressemble et en a conscience. Coup de poing au cœur. Tel un boomerang, nos racines nous heurtent parfois en plein visage. C'est comme ça...

 

« Il la regarde et il sait qu’ils sont pareils. À sa démarche, à son regard inquiet, sa réserve et ses ongles rongés, les bouts de peau qu’elle s’arrache. Ils sont pareils. Seuls et pareils dans la nuit des nationales. Sortis sur la pointe des pieds, maladroits… »

 

Olivier Adam m’a offert, une fois encore, une immersion dans un monde où le quotidien est drapé de souvenirs amers. Où l’âme et la mer s’unissent pour rompre la vague meurtrière du temps qui passe. La rumeur des eaux n’est pas loin. Il suffit de tendre le regard, quelque part À l’ouest.

 

« Les vagues s’échouaient sans violence, lourdes et épuisées. »

 

« J’ai fermé les yeux. So long Marianne sur le ressac. »

 

Merci Bison, je deviens complètement accro à ce Adam et ses états d'âme :-* 

21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 19:10

 

« On passe sa vie à construire des barrières au-delà desquelles on s’interdit d’aller : derrière, il y a tous les monstres que l’on s’est créés. On les croit terribles, invincibles, mais ce n’est pas vrai. Dès que l’on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu’on ne l’imaginait. »

 

16 novembre 2095, quelque part dans la « Zone »

 

Lila a grandi dans les bas-fonds de la « Zone », un monde de torpeur. Enfant surdouée, farouche, curieuse et asociale, elle a passé les nuits de son enfance dans un placard. Sa mère y avait installé des couvertures et quelques peluches. De l’autre côté du mur, elle vendait son corps pour tenter de survivre. Petite enfant tombée trop vite dans l’univers des adultes. Maltraitée, séquestrée, privée de nourriture, déshydratée, avec infestation de poux, la gale, des plaies non soignées, de sévères brûlures aux deux mains, ayant entraîné la soudure de quelques doigts, la liste est longue, autant que les séquelles psychologiques. Elle sera incapable de vivre en société.

 

Un jour, des hommes en noir sont débarqués chez elle et l’ont enlevée à sa mère. Elle vivra désormais dans le « Centre », son nouveau refuge, sa prison. Elle sera bourrée d’anxiolytiques et de psychotropes, qui effaceront sa mémoire, par le fait même son passé. Et devra tout réapprendre, à parler, marcher, et quoi encore… une façon de la sauver en remettant les compteurs à zéro? Le « Centre » aura même effacé tout lien juridique entre sa mère et elle. Elle passera ses nuits sous le lit, une forme de bulle protégée du monde, à l’image de son placard. Venant des chambres voisines, ce ne sera plus les gémissements de sa mère mais ceux des autres enfants qui résonneront en elle dans le fracas de douleurs assassines. La réplique parfaite du monde dans lequel elle a grandi.

 

Beaucoup de questionnements émergent de cette lecture, c’est ce qui en fait à mon sens toute sa richesse. En marchant sur les pas de Lila, on cherche à comprendre ce qui peut pousser une enfant martyrisée à fournir autant d’efforts pour retrouver sa mère, son bourreau : maltraitante, droguée, prostituée, alcoolique. Et à lui pardonner. Il ne fait aucun doute que le lien maternel est plus fort que tout, même s’il ne viendra jamais à bout des douleurs inhérentes du désenchantement. Lila prendra conscience du fait que les relations humaines sont complexes et souvent irrationnelles. Que la liberté est angoissante mais n’a pas de prix. En vivant une série de deuils, elle apprendra à garder ses distances et à ne pas s’attacher. Parce que ce sera plus prudent. Et surtout parce que parfois les gens partent et ne reviennent jamais. À l’ère des robots, qu’est-ce que signifie être « humain »? Peut-on définir l’âme? La conscience? Jusqu’à quel point la génétique joue un rôle dans la transmission de nos valeurs? Le plus difficile étant sans doute de trouver des réponses et de retrouver le goût de vivre en société. De faire s’effondrer le mur des méfiances. Mais comment pourrait-on seulement lui en vouloir de penser que les gens ne sont « pas beaux »?

 

J’aime l’univers dans lequel j’ai été conviée en lisant ce roman. Dans un monde qui se veut futuriste - sans aucunement en faire un livre de science-fiction - le livre, sous forme de papier, menace l’humain d’allergies mortelles imputables à l’encre. Nous sommes à l’ère des grammabooks, manipulés avec des gants. Lila fera des rencontres significatives qui changeront le cours de sa vie. Il est des gens, ainsi, qui vous donnent la force d’avancer en dépit des épreuves auxquelles la vie vous aura soumise. Auprès de M. Kauffman, le directeur du « Centre » et spécialiste de l’enfance, elle arrivera à prendre des risques en se rapprochant un peu plus chaque jour du monde dans lequel elle évolue. Respectueux de son rythme, sans ne jamais la brusquer. Il sera sons seul espoir de retrouver sa mère…

 

Un grand merci à mon amie Nadège, Lila est un personnage qui ne s’oublie pas… <3

13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 15:41

 

 

Aujourd’hui c’est jour d’inscription, la séance est ouverte, nombre de places limitées!

 

Mettez ensemble, deux fois par semaine, dans une thérapie de groupe, des gens qui n’ont rien en commun sinon une addiction quelconque, et ça risque d’être assez loufoque! C’est le défi que s’est lancée Clarisse. Une chose est certaine, vous en verrez de toutes les couleurs :D))

L’empathie s’installera, ils arriveront à s’ouvrir au contact des autres et sous l’influence de leurs dévoilements, bon parce qu’après tout dans une addiction, que ce soit n’importe laquelle, les sujets passeront par une perte de contrôle, du déni total à la honte. Mais avant d’en arriver là ils ne manqueront pas, même si le mot d’ordre est le respect, sous peine de se voir expulser du groupe, de se balancer en pleine face des remarques ironiques, sans négliger les petites provocations et autres vacheries! J’en ai ri un coup avec ce roman, surtout dans sa première partie.

 

Mettez ensemble, justement, Jean-Charles et Damien. Le premier est curé et consulte parce que Dieu l’a abandonné. Il est addict à la messe dominicale et sniffe de la coke pour se donner du courage. C’est en plein état d’euphorie qu’il communique son enthousiasme à ses fidèles. Il se signe, baise l’autel et fait deux lignes de coke. Amen. Il lui est même arrivé de répandre la parole de Dieu en slip kangourou, après tout, « Jésus sur la croix portait-il une soutane? ». Pas fou le gars, il fallait y penser… Le deuxième est accro au sexe, il ne pense qu’à forniquer et se débauche – pour employer ses mots – minimum 4 fois par jour. Il est adepte de « l’auto fellation » et là si quelqu’un peut m’expliquer je sens que je me coucherai moins conne ce soir ^^

Lui c’est le provocateur dans le groupe, il use d’ironie et de sarcasme, c’est délicieux! Il joue le rôle du gars scandalisé qui se signe chaque fois qu’il entend les blasphémations de Jean-Charles « Jésus Marie priez pour lui et paix à son âme »…       

 

Mais il y aura aussi Gunter, Pablo, Mariette, Mylène et Élizabeth. Ils sont accros au jeu, aux sports extrêmes, au magasinage, poly toxicomanes et alcooliques. Et finiront par développer une étonnante complicité. Nous avons tous à apprendre d’eux, parce que Les ennemis de la vie ordinaire sont avant tout ces héros du quotidien!

 

Et vous, quelle est la vôtre, avouable ou inavouable? :D

 

Ma liste est longue… allez je balance tout (ou à peu près…!)

Je suis accro au chocolat, à la tire d’érable (^^), au sirop du même nom que je bois en cachette des enfants à même la canisse. CHUT!!! Et la grenouille que j’te vois le dire au pêcheur!!!

…… je suis aussi accro aux souliers, vous les hommes vous ne pouvez VRAIMENT pas comprendre qu’une paire de chaussures noires il y en a DE TOUTES LES SORTES et qu’elles ne sont pas TOUTES PAREILLES! À talons hauts, à talons plats, bottillons, mi mollets, aux genoux pfffffffff etc etc!

Je suis accro aux couchers de soleil, aux cuisses de grenouille (mdr), à la mer, au silence, à l’amour, aux coquillages, à la nature, au Petit Prince, aux lapins (trop sweet!!!), aux peluches (ben quoi?), aux livres, à la gentillesse, la douceur, aux SUCRERIES, au… bon c’est déjà pas mal. Le reste je le garde pour moi, c'est inavouable ! :D

 

Merci Bison pour ce roman ;-)

 

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