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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 03:06

Joyeuses fêtes sur les airs de Beau Dommage! :D

Nad xx

 

sapdenoel 

 

23 décembre

 

Vidéo(clicker pour l'écouter, vous en ressortirez le sourire aux lèvres, c'est promis! ^^)

 

Beau Dommage

 

J'ai dans la tête un vieux sapin, une crèche en d'sous

Un Saint-Joseph avec une canne en caoutchouc
Était mal faite pis j'avais frettte
Quand je r'venais d'passer trois heures dans un igloo
Qu'on avait fait, deux ou trois gars, chez Guy Rondou

J'ai d'vant les yeux, quand j'suis heureux, une sorte de jeu
Qu'on avait eu une sorte de grange avec des bœufs
La même année où j'ai passé
Le temps des fêtes avec su'a tête une tuque d'hockey
Parce que j'voulais me faire passer pour Doug Harvey

{Refrain :}
23 décembre, Joyeux Noël, Monsieur Côté
Salut ti-cul, on se r'verra, le sept janvier

J'ai sur le cœur un jour de l'an où mes parents
Pensant bien faire, m'avaient habillé en communiant
Chez ma grand-mère c'était mon père
Qui s'déguisait en Père-Noël pour faire accroire
Que les cadeaux ça v'nait pas tout de Dupuis Frères

{Au refrain}

Ça m'tente des fois d'aller la voir pis d'y parler
Fée des étoiles, j'peux-tu avoir un autre hockey?
J'ai perdu l'mien, beau sans-dessein
J'l'ai échangé contre des photos où on voit rien
Une fille de dos qui s'cache les fesses avec les mains

{Au refrain} x2

 

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Published by Nad - dans Musique
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 23:34
St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...

Un groooooooos merci à toi mon mangeux d’poutine, c’est tellement bôoooooooo!!!

 

Je vois d’ici la scène… alors que le soleil se couche, il sort son plat de poutine et sa bouteille de Margaux. Il ne lui manque qu’une chose, quelques tounes de Pink Floyd pour accompagner ce moment aussi magique que gastro-nomique… MDRRRR (merci de rien…)

 

ÉchoesWish you were here et Hey you (clicker sur le lien)

 

(le trio parfait avec la Poupou et Margot) ^^

 

Gigalitres de bave from Québec!

St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...
St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 23:12
Secrète Alliance

Secrète Alliance


Même si je suis le ciment de ton mouroir
La laide heure dont tu parles me décime…

D’un attrait subtil la secrète Horreur
Le Secret gelé m’est emblème de cœur
Sous la Peau damnée le sceau est bombe
Un pied dans le vide et l’autre en tombe

Même si je te vois en ce morne miroir
La raideur dont tu te pares m’abîme…

D’une souillon exilée ivre de fange
Le sépulcre exhale sa brise étrange
Un mal entendu des accords stridents
La voix sépulcrale épouse l’occident

Même si je suis le repère de ton savoir
La froideur dont tu t’armes me lamine…

D’une frontière aux infusions de narcisse
La Furie se meut dans le couloir factice
D’une fondrière aux allures de gangue
Le Fossile déploie sa mauvaise langue

Même si je me vois en ce reflet d’ivoire
Ta force d’âme - Mirenfant - me fascine…

 

Saphariel

14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 03:44

C’est tellement Magnifique… <3

 

Ces couleurs chaudes et les mouvements de l’arbre qui semblent figés au milieu d’une danse avec le vent. C’est plein de vie, c’est plein d’amour… !

 

Ce que j'donnerais pour voir cet arbre chaque matin au soleil levant et chaque soir pour bercer mes nuits. Je viendrais y poser mes rêves, mes désirs, mes bonheurs et mes instants fragiles...

 

J’me demande… est-ce que l’oiseau s’est perché quelque part sur une branche ?

 

« L’oiseau ne fait jamais palabre avec l’arbre, car il finit toujours par s’y poser »

Proverbe ivoirien

 

Merci mon sweet manU, si tu savais comme ces soleils éclairent mes journées. Il n’y a pas plus beau cadeau…

L'oiseau finit toujours par s'y poser...
L'oiseau finit toujours par s'y poser...
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 02:11
L'ultime secret de Frida K. - Gregorio León

Un thriller politique situé dans le Mexique de Frida Kahlo, j’allais me régaler c’est certain! À Mexico ont débuté les préparatifs pour la célébration du centenaire de la naissance de l’artiste. Au même moment, des autels sont profanés, la guerre est déclarée à la Santa Muerte. Vierge des oubliés ou Sainte des narcotrafiquants, elle est cette figure emblématique d’un mouvement religieux mexicain - un squelette habillé d’une robe de mariée. Alors que des stripteaseuses sont retrouvées mortes avec cette icône macabre tatouée sur le sein gauche, dans une galerie d’art, un autoportrait de Frida avec un colibri dans la main droite (représentation de l’amour), dédicacé à Trotski, est volé. L’inspecteur Machuca et Daniela, une jeune détective privée, enquêtent…

 

Le contexte historique mouvementé dans lequel Gregorio León nous plonge est captivant, envoûtant, hypnotique! Du moins, et je reconnais manquer d’objectivité, pour ceux qui affectionnent ce pays autant qu’il me fascine. Le Mexique est donc divisé entre ceux qui défendent El Peje et ceux qui ont voté pour le Parti d’Action Nationale de Gustavo Madero Muñoz (enfin, même si en vérité il n’existe à mon sens qu’une seule division, marquée par une ligne géographique avec les États-Unis…). Néanmoins, l’auteur manie avec brio des allers retours entre le Mexique d’aujourd’hui et celui des années 40 à la Maison Bleue, 7 de la rue Coyoacan où habitaient Frida et Diego avec leurs invités Trotski et Natalia Sedova. Vous devinerez que je tournais les pages avec l’enthousiasme de retrouver le couple d’artistes! Gregorio León en a si bien peint la réalité que pour un instant je me serais cru dans une toile de l’un ou de l’autre à partager des fajitas tout en discutant Révolución…   

 

L’autoportrait de Frida dédicacé secrètement à Trotski est donc l’élément clé autour duquel pivote le roman. Il fait l’éveil notamment d’une correspondance entre les amants pour le moins compromettante. Alors que Diego s’était battu pour trouver un asile à Mexico à Trotski et sa femme, l’invité partageait le lit de son hôtesse. Il ne faut pas non plus se méprendre, je ne suis pas à faire l’apologie de Diego qui avait, à l’heure ou Frida se payait du bon temps, couché avec la moitié de Mexico! Trouvant donc refuge à la Maison Bleue, en dépit de leurs différents politiques, les deux hommes se lient d’amitié, du moins pour un temps. Si Rivera avait fait triompher la Révolución avec ses convictions politiques de gauche, le second, héros de la révolution d’Octobre et phare de la pensée marxiste, travaillait à une biographie sur Staline.

 

Quel régal que ce thriller politique! En plus d’y relater les frasques du couple, leur histoire, leur idéologie, leurs déchirures, leurs tromperies et plus encore, Gregorio León n’y va pas de main morte pour illustrer les corruptions, souvent d’actualité, entre l’église, les narcotrafiquants, la police et le milieu de la prostitution. 

 

J’ai dit déjà que je me suis régalée? :D

L'ultime secret de Frida K. - Gregorio León
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 14:53

vo« La Rochelle et Québec, deux villes situées sur le 46e parallèle Nord, sont unies par leur histoire. »

 

C’est fou comme j’suis impatiente de revoir un jour le soleil se coucher à l’Est du Québec!

 

Et pourquoi pas sur le 46e parallèle Nord…

…le soleil se couchant au chant des grenouilles qui croassent avec leur accent divin de colons d'marais charentais… ^^

 

Note pour une certaine grenouillE : les mouches trempées dans l’sirop d’érable et flambées au Cognac, c’est un met charentais qui doit te plaire non? Enfin, j’me pose la question comme ça, là…… J’me dis que se craquer quelques mouches en admirant un coucher de soleil ce doit être exquis. Pffffffffffff j’suis tellement romantique…… ptdrrrrr

 

Merci de me permettre de rêver avec ces superbes photos ma sweet grenouille...

 

Crôa Crôa BZzzZzZzzZzz

La Rochelle s’endort au chant des grenouilles
La Rochelle s’endort au chant des grenouilles
La Rochelle s’endort au chant des grenouilles
La Rochelle s’endort au chant des grenouilles
La Rochelle s’endort au chant des grenouilles
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 23:34

La journée se lève sur le Pacifique, vue de Katsurahama… <3

 

Mon cœur s’enflamme, j’aimerais tellement y être! Je glisserais mes pieds dans le sable chaud. Première halte méditative avant de me rendre à la chute d’Ichi no taki et d’écouter la poésie de l’eau…

 

Mon cœur s’emporte à nouveau, je glisse mes pieds dans les eaux froides. L’imposante cascade est un lieu culte du shinto et du bouddhisme. C’est ma deuxième halte méditative.

 

Quelques pas me mènent ensuite au Temple de Seiganto-Ji. J’enlève mes getas pour entrer dans ce lieu sacré. Commence alors mon pèlerinage…

 

Thanks Hitomi for those beautiful pictures and even more. Someday we’ll do that pilgrimage together. You’ll be my most beautiful Pacific sunrise each morning. Thanks for everything, thanks to be so honest and exceptional day after day. You're so courageous and my source of inspiration...

 

Your friend

LEVER DE SOLEIL SUR LE PACIFIQUE

LEVER DE SOLEIL SUR LE PACIFIQUE

TEMPLE DE SEIGANTO-JI

TEMPLE DE SEIGANTO-JI

CHUTE D’EAU DE ICHI NO TAKI DANS LA PRÉFECTURE DE WAKAYAMA

CHUTE D’EAU DE ICHI NO TAKI DANS LA PRÉFECTURE DE WAKAYAMA

AUTOMNE JAPONAIS...

AUTOMNE JAPONAIS...

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 23:44
Désolations - David Vann

« On peut choisir ceux avec qui l’on va passer sa vie, mais on ne peut pas choisir ce qu’ils deviendront »

 

Et si on se construisait une cabane sur l’île de Caribou Island ?

 

On y verrait des terres sauvages à perte de vue, aucune âme humaine à des kilomètres à la ronde, après une longue descente en canoë dans les eaux troubles de l’Alaska. On affronterait chaque jour des rafales glaciales de vent et de poudreuse, des sentiers à baliser dont les tempêtes de neige auraient effacé  les traces de la veille. Le temps que les travaux de la cabane se terminent… se ter-mi-nent…….

 

Gary en avait rêvé de ce projet. Il s’était mis en tête de construire cette cabane à partir de rien. Elle serait son refuge, comme un reflet de l’homme, qui fait écho à une image de soi déformée à travers le prisme d’une nature désemparée. Elle serait sa tanière, son obsession, comme un grand mensonge sur lequel on s’appuie pour éviter de regarder en face ce monde qui nous échappe. Pour faire semblant que les choses vont beaucoup mieux ailleurs que chez soi…

 

Alors, tu viens avec moi sur Caribou Island ? Bon, ce ne sera peut-être pas si idyllique qu’on l’avait imaginé. Mais on sera ensemble et puis, qu’est-ce qu’on à perdre pour tenter de sauver notre couple déjà en péril?

 

« Ce qu’elle voulait, c’était qu’il s’allonge à ses côtés. Tous les deux sur la plage. Ils abandonneraient, lâcheraient la corde, laisseraient dériver le bateau au loin, oublieraient la cabane, oublieraient tout ce qui avait cloché au fil des ans, rentreraient chez eux, se réchaufferaient et recommenceraient de zéro. »

 

La cinquantaine avancée, Gary n’avait jamais su prendre soin de personne d’autre que de lui-même. Une vie entière à fuir et rêver, à se dire que sa vie aurait pu être autrement, ailleurs. Que des remises en questions et des regrets, des apitoiements, une quête constante de distractions pour meubler les heures. Mais l’égoïsme est-il un motif suffisant pour foutre en l’air la vie de ceux qui nous sont proches ? Pire encore, comment t’as fait Gary pour ne pas voir à quel point Irène était devenue amère, broyait du noir? Qu’elle ingurgitait du Tramadol pour soulager ses migraines comme on bouffe des Smarties? Tu ne voyais donc pas que chaque rondin qu’elle transportait chaque jour était aussi lourd sur ses épaules que le poids des années qui ravage à force de lutter? Tu étais bien trop obnubilé par ton projet de foutue cabane! Mais attends Gary, la vengeance est douce au cœur de l’indien…

 

David Vann a un don, celui de nous entraîner si habilement dans l’atmosphère suffocante de ses histoires qu’on en ressort le souffle court. C’est oppressant, c’est noir, c’est même à la rigueur insupportable par moments, mais il nous le rend avec une telle intelligence de cœur et de sentiments qu’il nous fait presqu’oublier jusqu’où les limites de l’âme humaine sont capables d’aller quand elles se trouvent en rupture avec la réalité. Aussi, je pense que l’oppression qu’on ressent en abordant ses romans - et qui en font sa force aussi - nous vient, au-delà de l’atmosphère dérangeante, de ses personnages plus vrais que nature qu’on ne voudrait pas imaginer aussi « malsains » - pour certains - et qui pourtant ne reflètent qu’une société en mal de vivre, avec ses individus en marge. L’auteur a lui-même eu à affronter de près, étant très jeune, le suicide de bon nombre de membres de sa famille, défi qui le rend forcément aujourd’hui sensible aux revers de la santé mentale.

 

Dans Désolations, tout comme dans Sukkwan Island, on retrouve des histoires de relations familiales dysfonctionnelles. Des histoires aussi de personnages asociaux, d’isolement, de solitude, de vide, de mal de vivre, de coups puissants et impardonnables. Et plus particulièrement dans celui-ci, de relations de couple et fraternelles conflictuelles, de tricheries, de rancoeurs, de méchancetés, de chantage et de coups bas. Une panoplie de sentiments aigres, que je vous conseille de lire en des temps joyeux…

 

Un immense coup de cœur !

 

« Le froid s’insinua entre ses vêtements malgré son allure rapide, alors il se mit à courir à petites foulées, ses bottes émettant un bruit sourd. Unique âme solitaire sur cette route, les étoiles et l’absence de lune. L’Alaska, une immensité imperturbable qui s’étendait sur des milliers de kilomètres dans toutes les directions. »

 

Les avis de manU, Bison, Eeguab, Claudia Lucia et From the Avenue

 

Si vous l’avez commenté, n’hésitez pas à me le dire, je me ferai un plaisir de rajouter votre billet!

Désolations - David Vann
18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 20:44

"Parce que la douleur et la peine n'ont pas de frontières"

Le Québec est Paris...
Le Québec est Paris...
Le Québec est Paris...
Le Québec est Paris...
23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 15:35
Bérézina - Sylvain Tesson en side-car avec Napoléon

« Un vrai voyage, c’est quoi ?

-Une folie qui nous obsède, dis-je, nous emporte dans le mythe ; une dérive, un délire quoi, traversé d’histoire, de géographie, irrigué de vodka, une glissade à la Kerouac, un truc qui nous laissera pantelants, le soir, en larmes sur le bord du fossé. Dans la fièvre…

-Ah ? fit-il.

-Oui. Cette année, en décembre, nous devons aller au Salon du livre de Moscou. Pourquoi ne pas revenir à Paris en side-car ? À bord d’une belle Oural de fabrication russe. Toi, tu seras au chaud dans le panier, tu pourras lire toute la journée. Moi, je piloterai. Et tu sais quoi ?

-Non.

-Cette année, ce sont les deux cents ans de la Retraite de Russie, dis-je.

-Pas possible ! dit Gras.

-Pourquoi ne pas faire offrande de ces quatre mille kilomètres aux soldats de Napoléon ? »

 

Qui d’autre que Sylvain Tesson aurait eu l’idée de parcourir 4000 km en side-car sur les traces de l’empereur ? Enfin, c’est une idée que je pourrais très bien imaginer traverser l’esprit d’un Bison, pour peu qu’on lui offre de se tenir au chaud dans la caisse avec une bouteille de vodka à portée de main. Mais, mise à part cette vision jubilatoire, c’est bien ce qu’entreprit de faire Tesson avec quatre amis: Thomas Goisque, photographe, Cédric Gras, géographe, Vitaly et Vassili, deux amis russes appartenant à un club de motocyclistes suicidaires. Question de décorum ou pour donner vie à la passion de Tesson pour ces engins, ils entreprendront de voyager à bord d’une Oural vert kaki de fabrication russe – hommage aux Moujiks à casquette - un bicorne accroché sur la nacelle. Moi je dis qu’il faut quand même être un peu cinglé… et j’adore ça !

 

 

«Cédric Gras : les mecs, on m’avait vendu une partie de plaisir dans un side-car confortable où j’étais censé pouvoir lire et écrire.

-Tu te plains ? dis-je.

-Tu deviens précieux ? dit Goisque.

-Foutez-moi la paix ! dit Gras »

 

Ils partirent le 2 décembre 2012, saluant la mémoire de centaines de milliers de malheureux soldats, victimes d’avoir suivi leur chef. En répétant l’itinéraire de la Retraite de Russie, parsemé de visions cauchemardesques, le but ultime de Tesson était de faire taire en lui l’apitoiement dont l’homme est imprégné. C’était alors une effroyable boucherie, des hommes se mangèrent entre eux, emmitouflés dans des haillons, jetés nus dans les fossés, morts gelés. À moins 40, le froid tue ou rend fou. C’est le pire ennemi, pire encore que la famine, les épidémies et les privations...

 

« Le froid est un fauve. Il se saisit d’un membre, le mord, ne le lâche plus et son venin peu à peu envahit l’être. Les alpinistes savent que l’engourdissement est une réponse mortellement tentante. »

 

La Bérézina est une rivière de Biélorussie, affluent du Dniepr. Elle prend sa source dans des collines situées à 80 km au nord de Minsk. C’est aussi un lieu historique, témoin de la bataille opposant Napoléon aux troupes du Tsar en 1812. Deux cents ans plus tard, en traversant ces terres, théâtre d’un massacre sanglant, quels genres de questionnements peuvent émerger de l’esprit de Tesson et de ses hommes ? Au fil de ma lecture, plusieurs ont fait surface, des interrogations mises à l’épreuve par les cinq voyageurs en side-car, reflet d’une prise de conscience du courage des hommes. Qu’auraient-ils éprouvé, eux, en étant témoins de l’horreur ? Comment l’auraient-ils décrite ou encore supportée ? Est-ce qu’on s’habitue à côtoyer la mort ? À quelle extrémité la faim peut nous pousser?

 

Je crois que de ces épreuves, où l’on fait face à des marées de solitude et de détresse emplies d’autant d’impuissance, on ne peut faire autrement que prendre conscience de nos propres limites, elles-mêmes repoussées par la grandeur des obstacles. Qu’en connaissons-nous d’ailleurs si nous n’avons jamais été confrontés à en côtoyer même les frontières ? Laissés à nous-mêmes, je nous imagine nous découvrir des forces insoupçonnées dont les blessures inhérentes ne viendront nous affecter qu’une fois le tumulte passé. Il me vient en tête cette image de la mer qui, une fois retirée au loin par la marée descendante, laisse sur la peau la brûlure du soleil.

 

Dans un monde moderne, nous acceptons le sacrifice pour les gens de notre choix. Mais qu’en est-il dans ces circonstances où notre propre survie n’est plus que confinée à l’égoïsme issu de notre société individualiste mais une question d’entraide ? En temps de « guerre » - que je place entre guillemets pour signifier aussi les guerres affectives - je me dis que nous devons forcément nous dire que nous sommes des frères liés dans les épreuves. Peut-être après tout que la liberté se trouve là, dans l’amour que nous portons aux autres…

 

*************************

 

Quel beau voyage j’ai fait avec cette bande de joyeux colorés ! Je le dois à un Bison qui s’est isolé dans une cabane avec des caisses de vodka, quelque part Dans les forêts de Sibérie.

 

Ce roman est drôle et touchant, du grand Tesson tout craché. C’est une immersion dans un monde que l’on croit imaginaire, tant il est fou, mais qui n’est rien d’autre qu’une aspiration de certains hommes à franchir les limites d’eux-mêmes… 

 

*************************

 

« La vodka est hautement plus efficace que l’espérance »

Sylvain Tesson

 

« Avec Sylvain Tesson, la solitude ne frappe plus. Elle se distille dans une bouteille de vodka »  

Bison des grandes plaines

Bérézina - Sylvain Tesson en side-car avec Napoléon
Bérézina - Sylvain Tesson en side-car avec Napoléon
SYLVAIN TESSON ET CEDRIC GRAS

SYLVAIN TESSON ET CEDRIC GRAS

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