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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 20:53
Le Ruban - OGAWA Ito

« L’espoir est quelque chose qu’on fait naître. »

 

Et si je vous disais que cette histoire d’amour a pris naissance dans le chignon d’une vieille dame passionnée d’oiseaux? Vous seriez peut-être déjà tentés de la lire, ne serait-ce que pour la douceur des images multiples que ces mots éveillent en vous. Quant à moi, j’ai ouvert ce roman et je l’ai refermé seulement une fois que j’ai eu terminé mon voyage sur les ailes de Ruban. Et connu la beauté de son destin…

 

Dans le nid chaud de sa chevelure, Sumire, sous l’œil et les soins complices d’Hibari, sa petite-fille d’adoption, couve jour et nuit l’œuf qui vient de tomber du nichoir d’un arbre centenaire. Avec cette tendresse propre à l’amour, et à travers des liens qui se resserreront entre elles à jamais, la petite Hibari prendra soin du retournement de l’œuf et de son incubation artificielle. Tout cela avec le même soin délicat que celui d’un secret confié aux seules personnes qui nous sont chères. Jusqu’au jour où Ruban naîtra, une jolie perruche calopsitte à tête jaune, qui viendra se percher sur l’épaule de Sumire. Ce jour-là, les cerisiers venaient de fleurir. Sous l’œil triste mais à la fois attendrie d’une vieille dame et de sa petite-fille, il prendra son envol, liant à tout jamais leur âme.

 

« Soudain, le dos de sa main est entré dans mon champ de vision. En regardant bien, sur ses mains, il y avait des montagnes et des vallées, des rivières, c’était comme la Terre vue d’en haut, de très loin. Ces mains avaient aimé Ruban, m’avaient serrée contre elle. » 

 

Sur son passage, témoins de certains malheurs, Ruban apaisera de sa présence. À chacune des petites histoires qui nous seront racontées sous formes de nouvelles, il apportera tantôt un réconfort physique aux douleurs, tantôt il donnera le courage d’aller de l’avant à cet homme malheureux qui aura tout perdu, même l’envie de vivre. Un jeune travesti apprendra les beautés de l’apprivoisement. Doucement, sa colère s’atténuera. D’autres histoires touchantes viendront parfumer ce roman où Ruban deviendra unique, source de consolation par sa douceur répandue. Il sera à la fois Citron, Banana, Sûbô ou Suehiro, selon les prénoms d’adoption que lui donneront ceux à qui il offrira son amour. Mais à jamais, pour Sumire, il sera Ruban, celui qu’elle aura couvé dans la chaleur de son chignon, réincarnation de l’homme aimé dont elle fut séparée par le mur de Berlin en 1961. Il reliera leur âme pour toujours…

 

Ce beau roman, on voudrait le poser sous notre oreiller pour qu’il nourrisse nos rêves. Il est écrit avec douceur et un infini respect des malheurs de chacun. Même dramatiques, les situations de vie qui nous sont présentées, en aucun cas ne sombrent dans les effets pervers de la victimisation. Les symboles sont multiples et forts. J’ai été particulièrement touchée par celui de la liberté, que l’auteure nous présente à la fois à travers le dilemme de la cage et celui du mur de Berlin, dont l’Ouest est enclavé dans la capitale de l’Est. Au-delà de la mort, Ruban unit les gens à jamais, les liens familiaux sont soudés, les amitiés aussi, plus fortes encore. Des pages emplies de magie, d’espoir et de rêves, ce roman est un hymne à la vie...

 

« Que notre ruban soit un lien éternel à notre amitié »

 

Un immense merci ma Douce Cristina pour ce précieux moment de lecture… xx 

Le Ruban - OGAWA Ito
Le Ruban - OGAWA Ito
2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 17:53
Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda & Daniel Mordzinski

« En Patagonie, on dit que faire demi-tour et revenir en arrière porte malheur. Pour rester fidèle aux coutumes locales, nous avons poursuivi notre chemin car le destin est toujours devant, et on ne doit avoir dans son dos que la guitare et les souvenirs. »

 

Attendez, j’vous raconte…

 

J’arrive à peine d’un voyage enchanteur au pays de Sepúlveda pour vous donner les Dernières nouvelles du Sud, le Sud du bout du monde. Mon sac-à-dos est chargé de souvenirs, pas de ceux qui s’abîment et se perdent, mais des souvenirs comme des odeurs qui s’impriment à jamais dans les mémoires du coeur. Mes compagnons de route, Luis Sepúlveda et Daniel Mordzinski - photographe franco-argentin - avaient envie de nous raconter la richesse lumineuse dont sont imprégnés les gens qui vivent dans cet endroit que l’on dit l’un des plus purs de la planète : la Patagonie. Et moi, je ne demandais pas mieux que de les suivre…

 

À bord d’une vieille bagnole, notre voyage débutait à San Carlos de Bariloche, où nous descendions vers le Cap Horn, à l’Ouest argentin de la Terre de Feu, pour revenir par la Patagonie chilienne jusqu’à l’île de Chiloé, quatre mille cinq cents kilomètres plus loin. La quila venait de fleurir, une variété de bambou andin. Pas un seul nuage dans le ciel, d’un bleu immaculé. Nous avons traversé la steppe patagonienne, affrontant de face les vents violents de ces grands espaces indomptables. Ils nous ont rappelé les beautés sauvages d’une terre qui côtoie de près les eaux glaciales de l’Antarctique et les masses d’air froides qui battent de plein fouet sur la Cordillère des Andes.

 

« La steppe patagone invite les humains au silence car la voix puissante du vent raconte toujours d’où il vient et, chargé d’odeurs, dit tout ce qu’il a vu. »

 

Comme seule boussole, nous avions une envie furieuse de nous abreuver du parfum des fleurs sauvages, des saveurs des ravioles con tuco et de l’agneau rôti sur la broche, que mes amis voyageurs affirmaient dur comme fer être le meilleur au monde. Le vin chilien coulait dans les verres au son des guitares et des accordéons, avant de finir la soirée devant un bon maté que nos hôtes au visage tanné par le vent nous servaient avec fierté.  

 

De toutes ces rencontres que nous ayons faites, si je devais n’en revivre qu’une seule, j’irais revoir La dame aux miracles, cette vieille femme de quatre-vingt-quinze ans avec ses beaux sillons de rides qui témoignent de son histoire. Sa petite maison de campagne est entourée d’un jardin qui abonde de fruits et de légumes. Les herbes miraculeuses qui foisonnent de toutes parts ont ce don d’éveiller la fertilité. Mais je voudrais surtout, au coin du feu, qu’elle me reparle des souvenirs de l’homme sur la photo sépia. Je saurais alors que le plus beau des voyages est celui qui nous offre le cadeau d’une fenêtre ouverte sur le cœur des gens…

 

« Un jour mourait en Patagonie mais, à l’aube suivante, une vieille dame de quatre-vingt-quinze ans, qui avait fêté son anniversaire avec deux hommes des grands chemins, garderait la merveilleuse habitude de vivre. »

 

Je pourrais aussi vous parler de l’homme-luthier, El Tano, avec lui nous avons cherché dans chaque recoin de la steppe des bois rares pour la confection de ses violons. Ou encore des Gauchos de Patagonie, ces cavaliers qui franchissent la Pampa au galop, hommes élégants avec un foulard rouge autour du cou. Ils sont maîtres du lasso avec leurs gestes lents et harmonieux…

 

Ce récit de voyage est dédié à Osvaldo Soriano. Des pages émouvantes témoignent de son amitié envers l’écrivain et scénariste argentin.

 

« Osvaldo Soriano se dirigeait à pas lents vers Callao, il s’est arrêté pour saluer un vendeur de journaux, s’est penché un peu  plus loin pour caresser un chat de gouttière puis a continué à s’éloigner, à s’éloigner jusqu’à ce que sa silhouette se perde sous les arbres, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’un souvenir inoubliable, définitif, têtu, incombustible, installé pour toujours dans le cœur de ma mémoire. »

 

Le temps me manque pour vous en dire davantage, le Patagonia Express arrive dans quelques minutes. Je monterai à bord et je me fermerai les yeux sur ces souvenirs inoubliables d’images et de rencontres.

 

Des Grandes Plaines du Montana en passant par un igloo du Québec, je dois le cadeau inestimable de cet aller-simple au Sud du 42ème parallèle à un Bison. Si vous passez un jour à la petite maison de campagne de La Dame aux miracles, vous seriez gentils de la serrer très fort dans vos bras de ma part. Dites-lui qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que je pense à elle et à la photo sépia suspendue à son mur.

 

L’amour est le plus beau des voyages…   

 

Pour lire les billets du Bison sur trois livres de Sepulveda:

 

Le monde du bout du monde

 

Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre

 

Un Nom de Torero

Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda & Daniel Mordzinski
Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda & Daniel Mordzinski
Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda & Daniel Mordzinski
Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda & Daniel Mordzinski
29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 23:25
La pyramide des besoins humains - Caroline Solé

« Si, un jour, la célébrité vous tombe dessus comme la fiente d’un pigeon sur la tête : fuyez. Plus personne ne vous regardera droit dans les yeux quand vous serez un demi-dieu. On vous fera des courbettes, mais vous serez traqué comme une bête. J’ai trop d’honneur, Maslow, pour jouer à ton petit jeu. Remballe tes paillettes, tes cerises et tes dollars, j’ai tourné la manivelle et j’ai vu trois têtes identiques : la mienne, la mienne et la mienne. J’ai touché le jackpot, mon pote. Moi. »

 

Au centre de l’écran, les mots surgissent d’une pyramide multicolore comme une invitation à changer de cap : « TOI AUSSI, JOUE TA VIE ». Il s’agit d’une émission de téléréalité, inspirée de la pyramide des besoins humains de Maslow, où les candidats doivent chaque semaine écrire un court texte dans lequel ils ont à rendre compte de la satisfaction des besoins du niveau en cours. La pyramide compte cinq niveaux, des besoins physiologiques au besoin de s’accomplir, en passant par la sécurité, l’amour et la reconnaissance. Le public votera, il n’y aura au final qu’un seul gagnant… 

 

« Christopher Scott, il me plaît bien ce nom. Il sonne comme la mascotte des paumés et des gars en marge. »

 

« Jouer sa vie » est exactement ce qu’était en train d’accomplir Christopher, quinze ans, au moment de s’inscrire, sans savoir que ce jeu allait à jamais changer sa vie. Adolescent fugueur et sans abri, il venait de prendre un train pour Londres et de tirer un trait sur son passé : un père qui le frappe et une mère qui ne lève pas même le petit doigt pour protéger son fils. Laissé à lui-même, il dort sur un carton à Leicester Square, dans Chinatown, un bout de trottoir comme un lieu d’appartenance. Il déambule dans les rues de Londres, nulle part où aller, il fume, boit, mendie, la douleur au ventre et la peur dans le sang. Mais il y aura Jimmy, son colocataire de trottoir, présence rassurante dans les nuits de Londres, le genre d’ami que l’on souhaite quand on vit dans la rue. Puis Suzie, qui se prostitue dans l’immeuble d’en face, un lampion rose allumé à sa fenêtre, qui sait, pour mettre un peu de lumière dans toute cette noirceur qui noue les tripes de l’adolescence.     

 

« On m’a marché sur les pieds. On m’a chanté des berceuses dans mon lit à barreaux comme on m’aurait offert des fleurs couvertes d’épines. Il y a des trous dans chaque pore de ma peau, des petits manques se sont creusés chaque fois que ma mère quittait la chambre. »

 

« J’ai claqué toutes les portes, mais l’ombre de mon père s’est infiltrée en moi. Il m’empêche de dormir toutes les nuits. »

 

Comment se sent-on quand du jour au lendemain on devient un héros? Christopher n’avait cherché qu’à se sentir chez lui quelque part. Et pour la première fois de sa vie, en atteignant le cinquième niveau, il venait de prendre conscience du vide dont seule la solitude arrive à vous y plonger, un bandeau sur les yeux…

 

« Mon pseudonyme escalade la pyramide, mais je vis toujours dans le caniveau. »

 

Dès les premières pages de ce roman jeunesse, je suis déjà captivée par l’histoire de cet ado qui nous amène à se questionner sur l’essentiel, la surconsommation et le besoin de toujours posséder plus. Le rôle d’une société qui tourne le dos aux gens de la rue est-il acceptable? La vie c’est comme la loto, on ne naît pas tous égaux. Un jour, on met une pièce dans la fente d’une machine à rêves et on mise tout ce qu’on a, même ce qu’on a perdu. Certains vont parler de destin, à mon sens, c’est qu’une manière d’embellir la réalité. Christopher ne cherchait qu’un lieu d’appartenance. En posant un regard sur le monde qui l’entoure, il réalisera à quel point le rythme effréné des humains est peu enviable. Et que la liberté n’a aucun prix...     

 

 « J’ai la corde au cou, le cordon emmêlé dans ce jeu de fêlé. Je veux sortir de la mêlée. Sans famille, sans copains, sans armée, je ferai une percée. Maslow, laisse-moi passer, escroc, laisse-moi percer. Et je prouverai au monde entier qu’on peut manquer de tout et franchir quand même trois niveaux sans crever. »

 

 « Le gros cafard, c’est comme crever un ballon au moment où il allait s’envoler. »

 

Un immense merci à mon amie Nadège pour ce magnifique cadeau, un roman que j’ai lu avec l’énergie de retrouver chaque jour Christopher et son coin de trottoir à Leicester Square, dans Chinatown. Et mille bisous de la part de Vincent qui l’a dévoré… xx

 

Les avis de Jérôme et Noukette

28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 05:56
Le magot de Margaux

Ce soir je ferme la cantine et verrouille la Trabant, l’heure est à la fête!

 

Margot a 10 ans, sortez le Margaux!!!!

 

Viens-là mon mangeux d’poutine que j’te serve un beau grand bol extra fromage pour l’occasion ! MDR (Merci de rien)

 

Et parce qu’un dixième anniversaire ça se fête en grand et que j’ne fais jamais rien à moitié, ce sera « Spécial sauce Margaux ». Pouah, quel sens du raffinement ! Je sais, t’en bave rien qu’à y penser…

 

Mais surtout, parlant de bave… Parce que tu le vaux bien, prépares-toi à recevoir des gigalitres d’une bave millésimée qui en rendrait Garbi jaloux, le pauvre… Et n’oublies pas de sortir ton bavoir parce qu’après toutes ces années de sécrétions accumulées, ça va faire des dégâts mon homme…!!! SLURP!

 

p.s. : « À part ça la photo là dis donc, c'est le petit studio dans le jardin pour les amis de pas sages! Il y aura un aquarium j'espère pour accueillir notre ti poisson rouge » 

 

-Au fait t’as changé l’eau du poisson j’espère? Paix à son âme… à Solange, Rémi, le Général, Lucie, Annie et toute ta bande de joyeux lurons. Lundi, 9 heures, j’t’attends sur mon divan en peau de vache pour ta thérapipi… (si tu veux mon avis t’es un cas perdu mais bon, comme t'insistes…)

 

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Le magot de Margaux

 

Que de cris sans éclat prisonniers du silence

Mon âme est cent issues quand s’écrit un regard

Exhumant de l’iris ces secrets que j’amarre

Île est telle en partage où l’ami prend naît sens.

 

C’est tant d’éclats de vert que de tessons à rire

Venus ouvrir la veine au pays des veinards

Y mettre baume au beurre en nos cœurs épinards

En mille mots sots d’Oh quatre sans cou férir.

 

Fée rire ou pleurer mais bougeons popotins

L’éther ankylosé sur les terres du vers

Voix là se nourrissant au détour d’une artère

L’envers d’une rigole halo d’un lendemain.

 

Sol en pleurs de rire si s’élèvent nos verres

A pied tombent à pic en jouant cœur atout

Qu’aussi taudis totems aussitôt dits tabous

Ils font boules de neige endroit verni en vers.

 

La vois-tu ingénue avec ses doigts d’Orphée?

Là tissant nos rêves au fil de ses rameaux

Ici posant tes pas aux sentes de mes mots

Au centre de mon cœur un brin ébouriffé.

 

L’amitié s’étoffe d’un chemin de traverse

Resserrée sous la fibre ombragée des passants

Où se noue d’un poème au céans de l’instant

L’ailleurs en liberté que l’océan déverse.

 

Ce chemin dans la main sans paume de discorde

Mais paumés si petits pousser la chansonnette

Avec des airs à euh qui se marient au net

Purs instruments du cœur à vibrer des dix cordes.

 

Cette paume en brasier aux prunelles d’enfant

Est offrande à serrer sur le tranchant de l’âme

Sirius si servant en portera la flamme

Pour éclairer ta route au quatre coins du vent.

 

S’étrennant par la main et traînant un nuage

Nous jetterons un sort à l’amer de tes larmes

Nous ferons du rire la plus belle des armes

Sirius investie en guise d’héritage.

 

L’esprit piqué au vif le mors de rire* aux dents *(mdr)

L’humour à butiner tant essaimer d’art-dare

Mots semés et s’aimer d’une amitié sans dard

Sans vol maugréent du vent s’envolent confidents!

 

Si telle est ta lumière à l’effroi de mes anges

Je peindrai l’angélus d’un grand sceau étoilé

Sonnerai l’ange élu à mes zèles déployés

Volant de mes ailes à l’assaut de Solange.

 

Poutine dînons nous? Margot dit non, eau toi

Divine, je dis vin puis nous nous avinons

En des mots pas si vains pacifiés, devinons

Qu’amitié ça devint chantée dessous les toits!

 

Le silence emmuré salutaire à ces pages

Une voix que les maux par delà les frontières

Enivrent d’abandon pour te dire en prière:

Joyeux noël J.C bénissons ce cépage!

 

J-C (rimarien) & Nad

25 janvier 2006

 

chmargaux2

24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 18:27
Des mensonges dans nos têtes - Robin Talley

« Les mots de l’homme sont pires qu’une gifle »

 

1959, en Virginie.

 

Je m’appelle Sarah Dunbar, j’ai 18 ans et je suis Noire. Si je vous le dis, c’est que dans mon histoire ce tout petit détail prend toute son importance. En septembre dernier, avec ma sœur Ruth et quelques élèves Noirs, nous avons intégré le Lycée Jefferson, un collège de Blancs. Le juge fédéral a émis son verdict, nous sommes les premiers Noirs du comté de Davisburg admis dans l’enceinte d’une école blanche. Au premier jour, nous n’avions même pas encore franchi la grande porte que les insultes fusaient dans tous les sens. Ici, nous n’étions pas les bienvenus, nous n’étions qu’une bande de « sales négros ». On nous a jeté des pierres, craché en pleine figure, balancé des coups de pieds, des coups de bâton, on s’est même fait agresser dans les couloirs. On s’est fait traiter d’agitateurs, d’intégrationnistes, on nous a violenté et regardé avec dédain, comme si le noir de notre peau était sale et contagieux. L’autre jour, mon ami Chuck s’est tellement fait tabasser qu’il s’est retrouvé à l’hôpital, entre la vie et la mort. À tous ceux qui croient que les Noirs sont inférieurs, j’aurais envie d’hurler que l’ignorance et le mépris de l’autre sont des actes bien plus faibles, qu’ils témoignent de la peur de reconnaître une richesse dans les différences… 

 

« Tous les hommes sont créés égaux » - Thomas Jefferson

 

Mais mon histoire ne s’arrête pas là, au contraire, je crois qu’elle est vraiment née le jour où j’ai rencontré Linda, une rousse aux yeux bleus, Blanche en l’occurrence. Son père est rédacteur en chef de la Gazette de Davisburg, un raciste ségrégationniste qui véhicule dans ses éditoriaux des messages haineux à l’encontre des Noirs. Et mon père travaille pour lui…

 

« Tout ce qui se passe, c’est la faute des Noirs »

 

« Les gens de couleur ne sont pas aussi intelligents »

 

« D’accord, je n’ai aucune envie de travailler pour un homme qui jette un verre à la poubelle parce qu’il croit que je l’ai touché, mais je ne pense pas que papa ait davantage envie de travailler pour un homme qui écrit des éditoriaux sur l’infériorité des Noirs. On n’a pas toujours le choix. »

 

Dans les premiers temps, je comprends Linda d’avoir été un peu hostile envers moi. J’ai réalisé qu’elle s’obligeait à ne pas contredire son père même si elle était en désaccord avec lui. C’est un homme violent, il l’a déjà battue pour n’avoir pas tenue les mêmes opinions que lui. Ce doit être terrible pour elle d’avoir chaque jour à affronter de l’intérieur ce discours ambivalent entre les mots de son père et la naissance de ses sentiments à mon égard. Au début, je la jugeais de ne pas s’assumer et de ne pas agir. Jusqu’au jour où elle a pris ma défense et s’est fait traiter de « lèche-nègres ».   

 

« J’essaie d’imaginer ce que ça doit être de réfléchir à quelque chose si fort qu’on finit par se rendre compte qu’on s’est trompé toute sa vie. De déclarer devant tous ceux que l’on connaît qu’on a changé d’avis. »

 

Avec le temps, les choses ont changées, nous avons cessé de nous cacher la réalité et choisi d’être nous-mêmes. Nous ne comprenions pas ce que nous « faisions de si mal ». Le blanc et le noir c’est qu’une couleur de peau, plutôt bien assortie je trouve. Et les sentiments que j’éprouve pour Linda portent les couleurs de l’amour.

 

Je m’appelle Sarah Dunbar, j’ai 18 ans et je suis Noire. Je suis même la première Noire diplômée de Jefferson. J’ai la fierté de reconnaître le courage que j’ai eu d’assumer mes choix et d’affronter la tête haute le regard des autres.

 

Robin Talley signe ici, avec son premier roman, un hommage émouvant aux précurseurs de toute une génération de jeunes qui ont eu la force de s’être battus au nom de leur dignité. Ils sont à mes yeux des héros…

 

Des mensonges dans nos têtes, une envie de vivre librement sa vie.

 

« Nous nous punissons nous-mêmes pour des fautes qui n’existent que dans notre tête et nous finissons par nous convaincre que ce que nous faisons est mal. Voilà dix-huit ans que je crois ce que les autres me disent sur le bien et le mal. À partir de maintenant, c’est moi qui décide. »

 

Un IMMENSE coup de coeur dont je dois la découverte à mon sweet manU! 

Merciiii! :-*

Des mensonges dans nos têtes - Robin Talley
Des mensonges dans nos têtes - Robin Talley
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 02:05
Le problème avec Jane - Catherine Cusset

« C’est exactement ça le problème avec toi Jane. Si ça ne marche pas c’est à cause de toi.

-De moi?

-Tu es tellement passive. C’est toujours moi qui dois tout faire. Et quand une fois je te demande de faire un truc, un seul, tu sens que je n’en ai pas envie. Super.

-Tu veux dire, demanda lentement Jane en le regardant, que je suis toujours trop passive?

-Oui

-Tu veux dire qu’on n’a jamais bien fait l’amour?

-Exactement

-…si c’est vrai, tu sais quoi? Paie une pute! »

 

Il paraît que t’as un problème, Jane. Pourtant, je viens de terminer ton histoire et je me dis que qu’à ce compte, on a tous un sacré problème! À l’amour comme à la guerre, que celui ou celle qui ne s’est jamais trompé jette la première pierre… Plutôt, je te trouve extrêmement courageuse. Déjà, tu as eu la force de nous parler de ces hommes qui ont marqué ta vie. Et tu l’as fait avec la franchise de quelqu’un qui n’a plus rien à prouver ni à perdre, et dont le temps lui a permis de reconnaître sa propre valeur.

 

Le problème avec toi, Jane, c’est que tu es une femme comme toutes les autres. Authentiquement imparfaite, tu rayonnes de tes qualités et tu grandis de tes limites. Le chemin que tu empruntes t’est unique, il t’appartient pour autant que tu ne laisses personne le tracer à ta place…

 

Eh oui, on se cherche, on se trouve et puis un jour, le cœur fourmille de sentiments doux. On se touche, on se découvre et on s’abandonne. Plus fort que tout, on se sent libre de cet amour assez vrai pour nous permettre de rester soi-même. Mais t’as raison, Jane, parfois il peut aussi nous faire tellement mal. C’est peut-être alors le temps de se demander ce que l’on cherche vraiment…  

 

Alex t’a laissé sans nouvelles depuis des jours. Et si c’était lui le problème? Et ton étudiant et ex petit ami, Josh, rien à faire de mieux celui-là que de se mettre à te psychanalyser! C’est lourdaud, tu ne trouves pas?

 

« Le problème avec toi, c’est que tu n’aimes pas ton corps. Tu refuses d’être une femme : c’est pour ça que tu n’as jamais eu d’orgasmes. Tu ne sais pas te détendre »

 

Effectivement, celui-là, il ne donne pas très envie d’avoir un orgasme! Bon, après il y a eu Norman, qui lui t’a demandé 20$ pour l’aider à payer l’addition au premier rendez-vous, quelle classe! D’autant plus qu’il croule sous l’argent à ne plus savoir quoi en faire. Il paraît que sa femme lui coûte cher, le pauvre. Ah oui, sa femme, le détail qui tue… On parlait de « faire des erreurs », mais ça, comment aurais-tu pu te douter qu’il était tellement égoïste? Enfin, il y a eu aussi Eyal, quelle brute! Puis Francisco, ton confident le plus intime, celui qui embrasse comme un Dieu.

 

« Elle repassait dans sa tête les images de la veille, leurs corps sur le tapis, la bouche d’Éric, sa poitrine large avec le duvet châtain, ses épaules musclées. Ses fesses rondes et fermes, ses cuisses, ses mollets parfaits et, au bas de son ventre, le sexe doux et brun tout petit quand il reposait sur l’oreiller des couilles et qui se gonflait sous les doigts de Jane jusqu’à se dresser, si grand qu’elle avait chaque fois l’impression d’être vierge. Juste la bonne taille. Elle aimait tout de lui. Sa langue rentrant entre les lèvres de son sexe, la fouillant ou l’effleurant avec délicatesse… »

 

Jusqu’au jour J d’Éric. Éric est celui de l’Amour avec un grand A. Pour lui, tu étais prête à renoncer à bien des choses, même à ce projet qui te tenait tant à cœur, avoir des enfants. Un jour, n’en pouvant plus, tu as aussi touché le fond et connu le désespoir d’un amour en chute libre. En venant enseigner le français à Old Newport, en banlieue de New-York, tu pensais refaire ta vie. Tu as vécu bien des peines, mais tu es restée celle que tu avais toujours été, une femme complexe et libre, sauvage, belle, indépendante, douteuse et insécure. En ce sens tu y as gagné tout ce qu’il y a de plus important au monde, le respect de toi-même. Et moi je t’admire…

 

Mais un mystère demeure. Qui peut bien être cette personne qui t’a envoyé anonymement un manuscrit portant le titre « Le problème avec Jane »? Et qui te connaisse assez pour raconter des détails intimes de ta vie, de la relation avec ton père à tes orgasmes?

 

Une lecture toute en tendresse et désespoir, de l’amour à l’acharnement, de la passion à la révolte. À travers une écriture parfois crue parfois douce, mais toujours émouvante...

 

Une auteure dont je dois la découverte à ma voyageuse de Lili! :D

Le problème avec Jane - Catherine Cusset
10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 21:43
Les poissons ne ferment pas les yeux - Erri De Luca

« Maintenant encore, dans les nuits allongées en plein air, je sens le poids de l’air dans ma respiration et une acupuncture d’étoiles sur ma peau. »

 

***************

 

« À l’intérieur passait le spectre d’un petit arc-en-ciel. Là, j’ai su que la cascade est une merveille différente du feu d’artifice. J’aime la neige, la grêle et le saut à pic d’une cascade. J’admire l’avalanche, l’air déplacé comme une gifle, l’écroulement d’une paroi qui se détache avec sa charge de neige. J’aime l’eau qui plonge en descente, mais pas le feu qui s’élance vers le haut et veut monter, se cabrer et s’effriter en cendres. »

 

Erri De Luca revient avec nostalgie sur l’été de ses dix ans. Enfant casanier amoureux de la mer, chaque été il se rend sur l’île d’Ischia, petite île italienne située au nord du golfe de Naples. Il préfère la solitude des journées de pêche, ou encore la pureté des heures écoulées à regarder les pêcheurs tirer sur les filets, à l’encombrement des bandes de jeunes. D’ailleurs, les autres garçons de l’île le méprise, il est même rué de coups qu’il encaisse sans chercher à se défendre.    

 

« J’étais allé moi-même au-devant de ces coups, pour obliger mon corps à changer. »

 

Car l’été de ses dix ans, le corps du jeune Erri est emprisonné dans l’enfance, aux frontières d’un monde de grands qui lui est encore étranger. Il réalise avec douleur la vulnérabilité inhérente à ce qui nous est inconnu. Il prend aussi conscience de cette haine possible au coeur des humains, celle qui cache une fragilité plus grande encore que la peur. Cette tristesse comme une « contamination de nerfs étirés jusqu’à leur point de rupture et qui met du vinaigre dans les larmes. ».

 

Puis il apprend l’amour…

…d’abord à travers celui qu’il perçoit de ses parents, un amour difficile à comprendre et invisible à l’œil nu. Et puis celui des autres enfants de l’île, alors qu’ils découvriront les premiers émois d’un baiser ou les frissons d’une main fuyante de curiosité sur un territoire encore fragile. Mais un seul sera plus dense encore, parce qu’il ébranlera à la fois sa chair et ses émotions, et que les changements qu’il provoquera en lui bouleverseront sa vision du monde : celui de la fillette du Nord. Près d’elle il apprendra les battements du cœur. Et le sens du mot aimer…

 

« Ça a commencé par ma main, qui est tombée amoureuse de la tienne. Puis ça a été le tour des blessures, qui se sont mises à guérir très vite, le soir où tu es venue me voir et où tu m’as touché.

-Alors, tu aimes l’amour?

-Oui, mais c’est dangereux, il en sort des blessures. »

 

« Elle se détacha de mes lèvres avec un claquement. J’étais resté immobile à la regarder. « Mais toi tu ne fermes pas les yeux quand tu embrasses? … Les poissons ne ferment pas les yeux. » Les deux allongés sur le sable reprenaient leur souffle dans des geignements… »

 

« Ferme ces maudits yeux de poisson!

-Mais je ne peux pas. Si tu voyais ce que je vois, tu ne pourrais pas les fermer. »

 

Ce court roman est une pépite d’or où repose une enfance marquée par l’amour dans tout ce qu’il peut contenir de tristesse, de vibrations du cœur aux sentiments les plus vifs. Dans cette petite chambre de l’île d’Ischia, entouré des livres de son père, l’adulte raconte l’enfant de dix ans qu’il était, et combien ces livres lui ont appris le monde des grands...

 

« À travers les livres de mon père, j’apprenais à connaître les adultes de l’intérieur. Ils n’étaient pas les géants qu’ils croyaient être. C’étaient des enfants déformés par un corps encombrant. Ils étaient vulnérables, criminels, pathétiques et prévisibles… Ce qui me gênait le plus, c’était l’écart entre leurs phrases et les choses. Ils disaient, ne fût-ce qu’à eux-mêmes, des paroles qu’ils ne maintenaient pas. »

 

« Aucune habileté dans un domaine n’a pu corriger la conscience de l’insuffisance que j’ai de moi-même »

 

Cinquante ans se sont écoulés…

… et l’enfant né dans la période d’après-guerre nous livre un témoignage extrêmement touchant.

 

Les poissons ne ferment pas les yeux, une prose poétique d’une infinie douceur. Plus qu’un immense coup de cœur, ce roman est un chant d’amour <3 <3 <3

Je ne l’oublierai jamais…

 

Voir le billet de DIDI

Les poissons ne ferment pas les yeux - Erri De Luca
9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 01:09
Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - Martin Michaud

« Je me suis posé la question dès ma toute première montée : pourquoi personne ne parle dans un ascenseur? »

 

…« Quand il se sent piégé, l’homme se replie sur lui-même »

 

Après avoir été séduite par S.A.S.H.A., vol 459, mon premier rendez-vous avec l’auteur, je me retrouve maintenant, par l’entremise de ce deuxième thriller psychologique, à passer mes journées – et quelques nuits blanches d’une enquête sordide – avec l’inspecteur Victor Lessard, enquêteur à la ville de Montréal. Il faut se le dire, le gars manque nettement de nuance, pour ne pas dire de délicatesse, il est rustre, cru, sec, aussi tranchant qu’une arme blanche. Mais moi il me plaît bien ce Lessard. Il met du piquant dans mon quotidien, cette petite touche épicée dans la douceur d’un bol de crème glacée au sirop d’érable. Mais là je m’égare… :D   

 

C’est donc l’histoire de Simone, designer Web chez Dinar Communications, une agence de pub. Hasard ou force du destin, au moment où elle sort du boulot, ce jour-là, une berline noire fonce à toute allure et la happe violemment. Elle passe vingt-quatre heures dans le coma. Qu’est-ce qui peut bien se passer dans l’autre monde et qui s’incruste si solidement à la chair qu’on se trouve changé lorsqu’on en revient?  

 

Suite de l’interrogatoire… Prenez votre temps Simone, essayez de nous parlez de Miles. Vous le connaissez depuis longtemps? Merde, c’est le fruit de votre imagination ou quoi? Hallucinations? Folie? Reprenons à zéro, comment se fait-il que les lieux autour de vous aient subi autant de transformations? Au fait vous l’avez rencontré où ce Miles? Vous cherchez à prendre la fuite d’un événement traumatisant ou quoi?

 

« Mes idées se bousculaient. Je me sentais prisonnière d’un monde où la réalité et mes hallucinations s’affrontaient, avec mon cerveau et ma santé mentale comme champ de bataille. »

 

C’est bien ce que je disais! Je me retrouve après ce deuxième rendez-vous avec Martin Michaud à me dire à quel point l’auteur arrive à me séduire avec son sens de l’analyse et sa fine psychologie. Sa plume est incisive et laisse une trace nette sur la chair de l’âme, qu’il manipule malgré nous avec tellement de soin qu’il arriverait à en convaincre le plus sceptique d’entre nous. Les mystères entourant la psyché humaine et les limites de la santé mentale, juste avant le point de rupture avec la folie, sont autopsiés avec doigté ; les déviances sexuelles, la paranoïa, les personnalités limites, les traumatismes de l’enfance et les psychoses de toutes sortes. Le sujet de la mort est placé sous la loupe d’une analyse poussée qui met en premier plan cette autre réalité de laquelle certains individus reviennent ou non : le coma. Et puis avant tout, on y parle des effets irréversibles des avancées médicales, de l’aveuglement de notre société vis-à-vis les fautes qu’elle commet et de déresponsabilisation...

 

« Je suis schizophrène, et moi aussi. » - Carl Jung

 

Un deuxième rendez-vous 100% réussit en compagnie de Martin Michaud, quand la folie côtoie le désir de vengeance…

 

Les autres thrillers signés Victor Lessard :

 

-La chorale du diable, 2011

-Je me souviens, 2012

-Violence à l’origine, 2014

 

Parce que c'est l'année du Québec chez mon sweet manU :D

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - Martin Michaud
23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 03:06

Joyeuses fêtes sur les airs de Beau Dommage! :D

Nad xx

 

sapdenoel 

 

23 décembre

 

Vidéo(clicker pour l'écouter, vous en ressortirez le sourire aux lèvres, c'est promis! ^^)

 

Beau Dommage

 

J'ai dans la tête un vieux sapin, une crèche en d'sous

Un Saint-Joseph avec une canne en caoutchouc
Était mal faite pis j'avais frettte
Quand je r'venais d'passer trois heures dans un igloo
Qu'on avait fait, deux ou trois gars, chez Guy Rondou

J'ai d'vant les yeux, quand j'suis heureux, une sorte de jeu
Qu'on avait eu une sorte de grange avec des bœufs
La même année où j'ai passé
Le temps des fêtes avec su'a tête une tuque d'hockey
Parce que j'voulais me faire passer pour Doug Harvey

{Refrain :}
23 décembre, Joyeux Noël, Monsieur Côté
Salut ti-cul, on se r'verra, le sept janvier

J'ai sur le cœur un jour de l'an où mes parents
Pensant bien faire, m'avaient habillé en communiant
Chez ma grand-mère c'était mon père
Qui s'déguisait en Père-Noël pour faire accroire
Que les cadeaux ça v'nait pas tout de Dupuis Frères

{Au refrain}

Ça m'tente des fois d'aller la voir pis d'y parler
Fée des étoiles, j'peux-tu avoir un autre hockey?
J'ai perdu l'mien, beau sans-dessein
J'l'ai échangé contre des photos où on voit rien
Une fille de dos qui s'cache les fesses avec les mains

{Au refrain} x2

 

00004606.lrg

Published by Nad - dans Musique
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 23:34
St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...

Un groooooooos merci à toi mon mangeux d’poutine, c’est tellement bôoooooooo!!!

 

Je vois d’ici la scène… alors que le soleil se couche, il sort son plat de poutine et sa bouteille de Margaux. Il ne lui manque qu’une chose, quelques tounes de Pink Floyd pour accompagner ce moment aussi magique que gastro-nomique… MDRRRR (merci de rien…)

 

ÉchoesWish you were here et Hey you (clicker sur le lien)

 

(le trio parfait avec la Poupou et Margot) ^^

 

Gigalitres de bave from Québec!

St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...
St-Raphaël sous le soleil, une poutine à portée de main...
Published by Nad - dans Vos soleils
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