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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 22:14

 

 

J’ai lu Album d’un bout à l’autre, dans un grand souffle, l’âme emportée par les vents vifs de l’Islande, étourdie par tant de beauté. On traverse les étendues sauvages de ces pages comme on le ferait d’un album photos, d’une suite d’instantanés et de parcelles de vie captés sur le vif et chargés d’émotions.

 

Une jeune islandaise se remémore ses souvenirs d’enfance, tantôt pétillants, tantôt nostalgiques, toujours authentiques. Elle nous les livre avec spontanéité et naturel, des étoiles dans les yeux et débordante d’amour, d’une reconnaissance infinie pour cette Île qui l’a vu naître. Album est un battement de cœur, une aurore boréale, une danse du ciel en mille couleurs nostalgiques.

 

C’est une ferme de campagne et un champ de moutons, une grande étendue sauvage de lichens et de lave. Une grotte dans la montagne et des centaines de villages de pêcheurs. C’est un phare à l’appel des marins, un monastère, des tempêtes de neige, beaucoup de vent et du blizzard. Une eau de vie pour se garder au chaud. Des chevaux sur le flanc des falaises, un phoque sur un glacier et le galop des rennes. De jeunes filles aux longs cheveux blonds comme le soleil. Crayons gras, cubes de bois, jeux de mots et devinettes. Un rouleau de réglisse, des sucreries, des carrés de chocolat, l’art de croquer dans une pomme.

 

C’est une enfant espiègle et futée, remplit d’humour, qui a vécu de rêves et de désillusions, de peurs et d’éclats de rire. Jeune fille forte face aux remous de l’enfance. Confrontée à une mère que l’on qualifie de putain et lourde de ses confidences d’adulte. Devant s’adapter à une nouvelle famille, à la perte et l’insécurité. Son récit m’a touchée, c’est un vent de fraîcheur, de celui propre aux âmes épurées et saines. Un flot de superstitions et de commérages. Un voyage en Islande <3

 

C’est un superbe Album...

 

Merci Jérôme d’avoir fait voyager ce beau livre vers chez moi, je me suis régalée... :-*

 

**********************

 

Contourner les fumerolles, retenir son souffle

 

 

Vouloir vivre dans une maison au toit recouvert d'herbe

 

 

Tomber en amour avec les moutons...

 

 

 

Écouter le chant du cratère et de ses colonnes de basalte

 

 

Chevaux sauvages, vivre en toute liberté

 

 

Qu'importe le chemin, l'important est d'y arriver 

 

 

Marcher sur la lave, atteindre le volcan

 

 

Se rendre à bon port et vivre sa vie...

 

 

 

9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 21:43

 

L'âne à Tommy, of course :D))

 

 

ANNIE

 

Pour ne pas prendre ce risque

d'être moins cru en disant plein le dos

je dirai qu'Anne en a plein le cul

de tant d'années chargées d'études

dans un institut d'Asnières* :

Annie erre

puis se fait preneuse de son au cirque Pinder!

Là, elle a droit à quolibets et sarcasmes:

Est-ce ânerie qu'Anne pleure

ou est-ce quand Anne rit que l'âne pleure;

mais quel âne rit?

L'âne à Tommy ami d'Anne

Là une question m'habite:

L'anatomie d'Anne est elle comparable

à celle de l'âne à Tommy !

où le bât blesse, c'est que selles

les plus à cheval sur les principes

ont répondu franchement oui!

Alors Anne lasse braiment lasse

des quolibets et des sarcasmes

changea son sinistre prénom et

d'Anne se fit Annie fit au lit braire:

Finie la tête de mule, bonjour la tête d'émule

la tête de turque car dans la trappe Annie GO!!!

Ânesse ce bien raisonnable?

 

Annie Go à nigauds ?

Annie bar à nichons

Annie bas ni longs et talons

Annie barre Jo un nigaud beur!

Annie habite à Nice, Annie à rats

à rats nationaux paraît-il

là, une question m'habite: A Nice,

est-ce qu'Annie a l'anus anisé?

à n'user que si on s'insère

sincèrement je préfère

les sucettes à l'Annie!

mais les sucettes à l' Annie collent

je préfère les crêpes suzette à l'anis

de la Nicole une vieille amie d'école!

que nenni Annie croche accrochée

à l'âne us et coutumes amusés

c'est con ne badine* pas avec Annie!

moi sans entrain je dis au passage

Annie vaut mieux que tout ça!

 

Annie dieu ni mettre

God et Michet à nichons

n'a ni gode ni godet à godiche

ah nigaude à nigauds à gogo

oh my Gode à qui à ni ni à Ninon?

Annie nie que nenni, honnit God

God blesse you and gode save the queen!

Annie oui à Ninon ni non à Michet

nie god, et Michet alors?

là une question m'habite:

adieu godemichet ou à dieu alors?

Les nigauds niaient

Annie n'y était plus,

s'exila au Japon

à nid doux à nippons

des oeufs bien fripons!

Annie nie que nenni:

que nid pond qu'Annie pond!

 

Annie mal dans sa peau

ce mâle qui lui colle à la peau

manque de pot à n'y plus rien piger:

ânon pas ça encore

bande de peaux de vaches

Annie vaut mieux que tout ça:

vaudeville ou veau des champs?

au diable veaux, vers vomissants

par dépit Annie s'envoie un panini

sans voix même Annie en rit

Henri? la question m'habite:

Annie mâle alors?

Annie nie, que nenni

c'est des trucs à nigauds

nigauds et lents d'esprit

ni go et l'êtes vous oh si!

nigauds ni égaux sans ego à gogo!

 

Annie entre en transe sans frapper

Annie danse c'est Annibal masqué,

qu'Annie balance son corps dense

tous les nigauds à croquer s'en balancent!

Annie rentre à Nice

amulette au cou et mules aux pieds

Annie verse, sert anis sans eau

elle est folle à nier car à Nini

à Ninon , Nicolas et Nicole lasse, Annie nie.

alors Annie, ou Anne est ce toujours?

Quittant Nice Annie à Nîmes part

pleine d'entrain entre en Gard*

là Annie anime une lingerie féminine

beau nez blanc, blancs bonnets à dessein

car Annie a des seins animés !

dessous chics et dessus choque;

Ah non, ça va pas recommencer!

Faisons plutôt une partie de boules

on va peut-être la baiser la Fanny*

la question qui m'habite!!!

 

JC.ELOY 30/04/2005

(Number one mangeux de poutine) :-*

Bisous baveux xxx

 

* à la pétanque baiser Fanny c'est perdre la partie par 13 points à zéro.

* badine: femelle du bardot de la famille des équidés

*Asnières ville de la banlieue parisienne

* Gard: département français préfecture Nîmes

4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 00:07

 

 

« Le pire, dans l’enfance, c’est de ne pas savoir que les mauvais moments ont une fin, que le temps passe. Un instant terrible pour un enfant plane avec une sorte d’éternité, insoutenable. »

 

Rahhhhhhh je me suis encore fait avoir par David Vann!!! (sourire)

 

Pourtant, concernant ce roman j’avais lu quelques avis mitigés, que venaient confirmer un début de lecture un peu cahoteux. Comparativement à ses autres romans, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire avec la même fougue. Le rythme est lent. Il y a quelques longueurs jusqu’à la moitié du livre, même si je trouve l’idée absolument géniale d’associer le monde marin à l’âme humaine. Il faut dire que je m’attendais d’emblée à être submergée de plein fouet dans un univers tout ce qu’il y a de plus noir - cet univers unique auquel l’auteur m’avait habituée - de ressentir un malaise, une plongée en apnée, malsaine et violente, dans laquelle je me débattrais en eau trouble et qui me terroriserait juste assez pour passer quelques nuits blanches. J’exagère à peine. J’ai eu du mal à me remettre de son Sukkwan Island, que j’ai ADORÉ par ailleurs! Chemin faisant, l’histoire progresse, les nuances s’affinent de détails multiples, longue évolution vers des personnages qui s’intensifient et se précisent dans leur personnalité. Et là, sans qu’on ne le voit venir, c’est le point de rupture et tout bascule. JUBILATION! Je venais de retrouver David Vann dans toute sa « splendeur », explorant les limites de l’homme, cette immersion de l’autre côté du mur, Dark side of the moon, une noyade de la psyché sur des vagues d’émotions qui auscultent les dérives de la folie. Quel génie!

 

Caitlin, 12 ans, vit seule avec sa mère dans une vieille bicoque de Seattle. La peur au ventre de la perdre, elle fait des cauchemars. Chaque soir après l’école, elle se rend à l’aquarium et admire les poissons à travers l’épaisse vitre, lieu de recueillement et bulle de réconfort. Elle y rencontre un vieil homme, étrange personnage qui ressemble à un poisson-grenouille à trois-tâches, avec ses cheveux, ses vieilles mains usées. D’ailleurs, les hommes adoptent un peu les mêmes comportements que les poissons, pour peu qu’on prenne le temps de les observer. Enfouis sous la roche, à l’abri du monde marin, ils se protègent. Certains, comme l’hippocampe, ont l’avantage d’avoir une armure. Et nous, n’avons-nous pas cette même carapace nécessaire à notre survie? Ces mécanismes de défense qui nous isolent en plein cœur des eaux agitées. Leur aquarium est notre maison. Aux heures de remous intérieurs, des vagues à l’âme aux violences du spleen, on s’accroche. Vagues fragiles et dévastatrices. On se brise mais on survit.

 

Dans Aquarium, David Vann confronte le lecteur à certaines questions essentielles, voire existentielles. Qu’est-ce qui fait de l’homme un être humain? Quelle est la part d’héritage dans les séquelles d’amour? Sommes-nous perméables ou non aux traumatismes de l’enfance, et qu’est-ce qui fait que certains le sont plus que d’autres? Il explore également, avec une finesse incroyable, le manque sous toutes ses formes, l’absence, l’incapacité de revenir en arrière, la sécurité affective et le pardon. Les séquelles de la guerre et l’homosexualité. Enfin, la relation mère-fille est au cœur du roman, avec ses élans violents, ses culpabilisations, son dégoût, sa haine et sa rage. L’aquarium est un rempart efficace à la survie de l’âme, mais à tout moment, il pourrait se briser en mille éclats...

 

« Comment recolle-t-on les morceaux d’une famille ? »

 

Lire l'excellent billet de Guillome

 

Et celui de Fanny

 

Mes billets sur Sukkwan Island et Désolations

31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 10:32

 

 

 

Joyeux anniversaire mon beau Tom Tom d'amour! Je sais qu'il n'y a rien qui te ferait plus plaisir que je souligne ton anniversaire sous le signe de la pêche, toi mon petit grand pêcheur parmi les hommes. Tu es si passionné et ça me rend très fière de toi! <3

 

Ta maman qui t'aime xxxxxx

 

Je dépose ici ce poème de Nérée Beauchemin, un poète québécois que j'adore et dont j'ai retrouvé les vers dans l'Almanach 2015 du pêcheur que t'avait offert ton ami grenouillE (l'appât à pêche? ^^)

 

LA MER

 

Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,
Et son sanglot d’amour dans l’air du soir se meurt.

 

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

 

La mer aime le ciel : c’est pour mieux lui redire,
À l’écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d’ambre et de diamant.

 

Et la brise n’apporte à la terre jalouse,
Qu’un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L’âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

 

Nérée Beauchemin (1850 - 1931)

 

 

 

25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 20:59

 

 

« Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléons, je t’y conduirai.

-Napoléons mon cul, réplique Zazie. Il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.

-Qu’est-ce qui t’intéresse alors?

-Le métro. »

 

C’est par hasard que je suis tombée sur ce roman de Queneau chez un bouquiniste du Mont-Royal, quand j’ai vu le sourire tout en dents de Zazie, j’ai craqué! Je l’ai même acheté sur ce seul motif, sans lire la quatrième de couverture, car j’aime bien parfois l’imprévu et que j’étais convaincue d’au moins passer un bon moment. Et ça a été le cas! D’ailleurs, comment s’ennuyer avec une enfant pareille! ^^

 

Avec ce sourire de dents, vous ne trouvez pas qu’elle a l’air GRAVEMENT détestable? Et elle l’est! Les enfants je les aime bien un peu rebelles - chez les autres, on s’entend (sourire). Une vraie peste, mais qu’est-ce qu’elle a du chien cette petite – du mordant, du bagou, de l’aplomb - appelez-ça comme vous le voulez - elle ne manque pas de répondant, têtue comme trois, impolie comme quatre, aucune gêne, arrogante à souhait, c’est qu’elle est drôlement mal élevée! Ahhhhhhhhh et elle n’a pas sa langue dans sa poche, complètement futée et e-x-t-r-ê-m-e-m-e-n-t perspicace, quand elle a une idée en tête elle ne lâche pas le morceau, ça je peux vous le dire! Elle pose des questions, beaucoup beaucoup de questions, s’achaaaaaaaaaaaarne. C’est l’oncle Gabriel qui pourrait vous le confirmer. Depuis qu’elle a appris qu’il se travestit et danse en tutu dans une boîte de Pigalle, elle ne cesse de lui demander s’il est « hormosessuel ». Et puis c’est quoi au juste tonton « l’hormosessualité »?

 

« Tonton Gabriel, dit Zazie paisiblement, tu m’as pas encore espliqué si tu étais un hormosessuel ou pas, primo, et deuzio où t’avais été pêcher toutes les belles choses en langue forestière que tu dégoisais tout à l’heure? Réponds. »

 

Dur de lui en vouloir, depuis que sa mère a un nouveau copain et passe nuits et jours à s’envoyer en l’air, la petite a pris le bord. Elle est même de trop, alors elle l’a confiée quelques jours à l’oncle Gabriel dixit l’artiste, le danseur de charme. Elle a adoré le voir en spectacle, fière comme tout, mais Zazie n’a qu’une envie, un grand rêve – une obsession plutôt, c’est le moins qu’on puisse dire - prendre le métro! Pas de chance, il est en grève. Ah les salauds… me faire ça à moi…

 

« -Tonton, qu’elle crie, on prend le métro?

-Non.

-Comment ça, non?

-Bin oui : non. Aujourd’hui, pas moyen. Y a grève.

-Y a grève?

-Bin oui : y a grève.

-Ah les salauds, s’écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi.

-Y a pas qu’à toi qu’ils font ça.

-J’m’en fous. N’empêche que c’est à moi que ça arrive, moi qu’étais si heureuse, si contente et tout de m’aller voiturer dans l’métro. Sacrebleu, merde alors. »

 

Un matin elle prend la fuite, Zazie veut découvrir la grande ville, les gens de Paris d’ailleurs elle les trouve un peu bizarres, du moins ceux qu’elle rencontre. Tout le monde se mêle des histoires des autres, chacun y met son grain de sel, ils semblent vivre de petits et grands drames, de cœurs brisés, d’espoirs envolés, on s’envoie joliment valser. Les dialogues sont cinglants, faits de conversations « à ciel ouvert », avec n’importe qui, des gens de passage, on discute de tout et de rien, n’importe comment, on se fait la morale et on se donne des leçons. Elle ira raconter à un inconnu que sa mère a fendu le crâne à son père d’un coup de hache. Comme ça, tout bonnement.

 

Ce roman c’est toute une galerie de personnages amusants, de Mado P'tits Pieds à la veuve Mouaque en passant par le cordonnier, le tavernier, Zazie bien sûr, au cœur de tout ce brouhaha. De l’ironie, du sarcasme, des situations cocasses et beaucoup de démesure. C'est le regard mature et humain d’une enfant sur le monde des adultes.

 

Il ne me manque plus qu’à voir le film de Louis Malle des années 60 ;-)

 

« La vie. Un rien l’amène, un rien l’anime, un rien la mine, un rien l’emmène. »

20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 22:08

 

 

« La nostalgie, c’est de la tristesse, mais c’est aussi un peu du bonheur. »

 

 

************

 

 

« L’amour ne s’attarde ni sur l’âge ni sur rien qui ne soit l’amour. »

 

Quel petit roman tout à fait étonnant! Peut-être même une nouvelle, je ne sais pas, peu importe. Au cœur de son histoire, la vie d’une femme sarde nous est racontée par sa petite-fille. Elle a une masse de cheveux noirs aussi magnifique que ses grands yeux. Douce, désirable, discrète, elle parle très peu, que pour dire l’essentiel, transmettre une émotion à fleur de peau, à qui elle le veut bien, sans doute au Rescapé plus qu’à quiconque. Elle est atteinte d’un mal, le Mal de pierres, qui a interrompu toutes ses grossesses.

 

En accompagnant son personnage au fil des pages, on explore de près les limites de la folie. Folie douce, à peine dissimulée sous le voile de comportements atypiques et dépressifs. Elle est pointée du doigt, c’est la « folle » du village. On dit qu’elle s’est jetée dans un puits pour tenter d’en finir, se taillade les bras, s’enlaidit. Pourquoi l’amour lui est-il refusé? Peut-être est-elle prise d’un mal mystérieux, autre que son Mal de pierres, qui le fait fuir? Ses parents ont voulu l’interner, jeune femme abandonnée à sa détresse. Petite parenthèse, en lisant son histoire, je n’ai pu m’empêcher de penser à Camille Claudel, cette folie dont on la disait atteinte et le grand nombre d’internements injustifiés et ce, dans un passé pas si lointain. Fin de la parenthèse :-)

 

On y explore à la fois l'amour. La folie d'aimer? Celui des douceurs mais aussi l’amour des bouleversements intérieurs. Celui qui nous pousse à tout accepter, jusqu’aux jeux malsains, au prix d’en mourir. Celui des caresses qui nous manquent et des larmes qu’on ne retient plus. Mais aussi celui qui rend heureux. L’amour des nuits d’amour et des êtres inséparables. La souffrance de l’éloignement et l’envie de se retrouver. C’est la différence entre le mari épousé en 1943, un mariage forcé, et l’homme rencontré sur le continent, quelques années plus tard. Celui qui la fit sortir de son mutisme et le seul à penser que ce sont les autres qui sont dérangés...

 

« Une princesse. Vous vous comportez comme une princesse. Vous ne vous souciez pas du monde autour de vous, c’est le monde qui doit se soucier de vous. Votre seule tâche est d’exister. »

 

Ces pages s’inscrivent dans le contexte historique de l’après Seconde Guerre mondiale. La quête désespérée de cette femme pour trouver le grand amour nous arrache des sentiments d’empathie, de pitié? Les pages défilent au fil de vérités où le lecteur est amené à démêler le vrai du faux, le réel de l’imaginaire. Une fin surprenante et complètement inattendue en ce qui me concerne! Je tenterai de voir le film sous peu, ça c'est certain.

 

« Que pouvons-nous savoir, vraiment, même des personnes les plus proches? »

 

Mal de pierres, maux d’amour. Parce qu’un Bison aime lire des romans d’amour :P

 

Merci! :-*

15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 22:57

 

 

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. Mais je ne crois pas avoir jamais pensé que la vie qui nous était échue fût particulièrement mauvaise. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. »

 

Ahhhhhh ce roman j’en avais envie depuis un moment déjà! Pour les paysages de Naples, que l’on devine malgré tout plus qu’on ne ressent. Mais surtout pour cette histoire d’amitié entre Lila et Elena, l’auteure, qui nous raconte, dans le premier tome de cette saga, les épisodes marquants de son enfance et de son adolescence. D’ailleurs, la richesse du portrait adolescent est sans doute ce qui m’a le plus touchée. Rien n’y échappe, on se revoit, malgré nous, aussi fragiles que forts. On se souvient des amitiés indispensables, souvent trop compliquées. Des querelles et réconciliations. Du regard des autres, celui qui blesse et nous fait douter. Des vengeances, des menaces, des coups de poing, des coups au cœur et des premiers chagrins. On se cherche, recherche à s’identifier, jamais complètement heureux, parfois tourmentés, maintes fois vulnérables. On s’abandonne difficilement. On se rappelle nos histoires d’amour, la légèreté d’une robe, le soleil sur la peau, l’insouciance et l’excitation du frisson qui traverse l’échine. Les premières caresses, les sentiments amoureux difficiles. Nous reviennent en mémoire les rivalités, les jalousies, le désir d’indépendance qui se heurte à celui de la présence de l’autre. C’est la contradiction entre le besoin d’isolement et l’absence de frontières. C’est une rumeur sourde et le temps qui nous change... 

 

C’est donc inévitablement un portrait de femmes comme je les aime. Femmes fortes, femmes rebelles, déterminées et audacieuses. Leur histoire se situe dans les années 50, en période d’après-guerre. Elena Ferrante et Lila sont copines depuis plus de 60 ans. Elles se sont connues en première année de primaire. Elles ont fait les quatre cents coups et on nourrit des projets communs. Elles ont été les témoins de leur corps transformé, du pouvoir de séduction, du regard des hommes sur elles et des premières rondeurs, ces seins qui prennent vie. Elles ont été complices, ont contourné les règles et au détour du chemin, ont emprunté des vies divergentes. Mais toujours elles ont été unies par ce lien d’amour qui habite les amitiés vraies.

 

Comme lectrice, je me suis attachée autant à l’une qu’à l’autre, à leurs forces complémentaires mais aussi à leurs fragilités qui les ont rendu belles à mes yeux. Elena Ferrante a marché sur les pas de Lila, à la fois inébranlable et chancelante. Elle rêvait d’une amitié exclusive, faite de jalousie et d’insécurité. On aurait voulu que cessent ses envies et ses peurs constantes. Qu’elle mesure la richesse de ses forces, qu’elle s’accroche à son intelligence et sa fine sensibilité. Mais son personnage se construit la force d’avancer et je suis convaincue de la retrouver autrement dans le deuxième tome. Lila, quant à elle, est tout le contraire. Intimidante, audacieuse et pleine de malice, indisciplinée, rebelle, humiliante, imprévisible, « terrible et fulgurante », elle attise chez les autres la crainte. Mais elle fera les mauvais choix et sera trahie. Transformée à jamais... 

 

J’ai ADORÉ cette lecture, exigeante dans sa première partie. Un nombre impressionnant de personnages défilent, pour lesquels l’auteure a pris soin de mettre un lexique en début de roman. On y aborde des sujets dont je n’ai pas parlés mais auxquels j’ai été sensible, notamment la pauvreté, la rage et la violence dont les pères sont capables, les histoires de famille qui nous suivent et nous hantent, une lame acérée qui transperce la peau et laisse des stigmates. C’est aussi une fine réflexion sur le rang social et l’ascension au pouvoir. Trop hâte de lire la suite!

 

Merci à mon sweet manU, mon ami prodigieux, pour ce si beau livre <3

 

À lire sous un cocotier du Costa Rica (parce que l'ami prodigieux comprendra le sens que je porte à ces mots là) ;-)

 

«Le sable était froid, noir-gris à la lumière de la lune, et la mer respirait à peine. Il n’y avait pas âme qui vive et je me mis à pleurer de solitude. Mais qu’est-ce que j’étais, et qui j’étais?»

 

Les avis de Noukette, Canel, Alex et Violette

2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 02:52

 

« Je suis convaincu que chaque individu, sur cette terre, est persuadé de mener une vie normale et croit que c’est celle des autres qui ne l’est pas. »

 

Qu’est-ce que ça fait du bien de temps en temps de se plonger dans un roman adolescent. D’autant plus que l’auteure, Anne Fine, plante ses personnages dans un décor noir à l’atmosphère trouble, voire tendue, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.

 

Nous suivons l’histoire du jeune Daniel, 10 ans. Depuis qu’il est tout petit, il s’entend répéter par sa mère qu’il est gravement malade. Coupé du monde, il passe ses journées au lit, privé d’air pur et de toutes compagnies. Quelques tableaux aux murs et des livres, d’ailleurs qu’aurait-il fait sans eux? Sa vie s’est construite dans les pages d’un roman, avec seule la force de son imagination, unique manière d’entrevoir le monde. Une maison de poupées, ayant appartenue à sa mère, repose dans un recoin de sa chambre. High Gates, la réplique parfaite de la maison où elle est née, avec des poupées à l’image des membres de la famille.

 

Un matin, des hommes sont venus le chercher. Atteinte de folie, sa mère s’est retrouvée dans un institut psychiatrique, alors que le jeune Daniel s’est vu confier au docteur Marlow et sa famille, désormais la sienne, une famille aimante, chaleureuse et rassurante. Il s’émerveillera devant tout, découvrira le monde tel qu’il est, prendra des forces. Jusqu’à être confié à son oncle Jack, dans la maison de High Gates. Non loin du Passage du diable où ont eu lieu plusieurs morts suspectes…

 

C’est donc un très bon roman qui allie le surnaturel aux puissances diaboliques. Un livre qui aborde la santé mentale et ces enfances volées. La désillusion maternelle et la force du souvenir, de l’amour qui est plus fort que tout. C’est une quête d’identité, un état de survivance et le courage d’affronter son destin.

 

« Les passages du diable sont les chemins les plus ordinaires. Et le mal n’a pas toujours les traits de la laideur. On ne saurait lire, sur le visage d’un homme, la couleur de son âme. »

 

Un grand merci à toi Nadège de me l'avoir fait découvrir, je me suis régalée :-*

(je le dépose maintenant entre les mains des garçons) ;-)

24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 23:58

 

 

« Tous les crève-cœurs de l’enfance sont des douleurs saignantes qui se referment et laissent des cicatrices. La sagesse n’est rien d‘autre qu’un réseau de stigmates.»

 

Catherine et Angélique se retrouvent en Haute-Saône afin de vider la maison de leurs grands-parents, à qui elles étaient confiées chaque été. Les sœurs y ont ancré des souvenirs que le temps ne pourra effacer, pas même les vents violents qui ont ce pouvoir de balayer les côtes. Pour Catherine, ils porteront à jamais une cruelle odeur de souffrances, de celles propres aux secrets les plus inavouables. Elles sont là, enroulées dans des sacs de couchage, témoins des années qui se sont écoulées. Ce lieu renvoie, en saccades douloureuses, les échos encore tenaces de ses cachettes, du placard à sucreries, du grenier et de ses charpentes, là-même où il faisait bon se retirer, à l’abri du monde.

 

« Je n’y laissais rien, sinon de la poussière, du silence, du vieux foin, l’odeur de cet été, emprisonnée, la chaleur, les souvenirs de ma solitude. »

 

Catherine nous raconte son adolescence à travers un récit touchant qui laisse forcément des traces dans l’âme du lecteur. Que l’on s’identifie ou non à son histoire, il y aura toujours quelque part des traces universelles de séquelles adolescentes qui traverseront les âges et les époques, certains y échappant plus facilement que d’autres. Femme encore aujourd’hui fragile mais incassable, forte de son vécu, elle est demeurée solitaire, à l’image des personnages mélancoliques du « Grand Meaulnes » d’Alain Fournier. Le pas mal assuré mais la démarche courageuse.

 

Tout a basculé l’été de ses 16 ans. C’était un été chaud. Les gamins de la colonie de vacances avaient pris l’habitude de venir se rafraîchir à la piscine municipale où les deux sœurs se trouvaient chaque jour. C’était à l’âge des amitiés éternelles et des histoires d’amour. Des moqueries, du manque d’assurance, des complexes aussi, du corps qui se métamorphose, de nos timidités, des musiques du coeur et des grands bouleversements qui nous jettent sur le chemin de la vie.

 

« Il fallait se débrouiller dans une mer d’incertitude. Je m’étais jetée à l’eau, très loin, directement en pleine mer, sans avoir jamais appris à nager. »

 

C’était la perte de l’innocence, des yeux qui brillent dans la nuit, la caresse de ses mains, sa peau chaude, son odeur musquée et son sexe qui émerge d’un short trop serré, désireux, tendu vers l’autre, encore malhabile. Étrange mélange de douleur et de plaisir. C’était à l’âge des découvertes et des premiers gémissements à deux. Des jouissances qui libèrent nos corps chargés de désir. L’impression que le temps s’est suspendu. C’est arrivé comme ça, au bord d’une rivière, au milieu d’un champ, entouré d’herbes hautes. C’est même arrivé un peu trop vite, sans qu’on pense à se protéger. Et ça restera notre secret, de remords et de honte, jusqu’à la nuit des temps.

 

« La vraie découverte, ce n’est pas le sexe de l’autre, c’est le sien. Comprendre tout à coup dans une sorte de révélation à quoi ça sert, jusqu’où ça va, pourquoi c’est mou, pourquoi c’est creux, pourquoi c’est mouillé. C’est comme découvrir une nouvelle pièce dans la maison où on habite depuis toujours. »

 

C’était « Le Premier Été ». L’été de nos 16 ans. Et si les années ont passées, les souvenirs ont laissé des traces ineffables qui font encore mal aujourd’hui...

 

Merci à mon complice manU pour ce très beau cadeau riche en émotions. Je viens de découvrir une auteure vers qui je reviendrai, c’est certain :-*

Venez lire ses billets Sous la vague et Ma mère, le crabe et moi

 

Merci à Anne Percin d’avoir écrit un roman aussi fort qui m’a ramenée vers des souvenirs aussi précieux que fragiles.

 

Sous la vague, les avis de Nadège, Jérôme et Noukette

 

Ma mère, le crabe et moi, les avis de Jérôme et Noukette

 

 

 

22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 00:21

 

 

« Tout est noir dans la chambre. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On ne voit pas le désordre. Les bouteilles, les cendres sur la moquette, les disques éparpillés. Le radio-réveil clignote. Les chiffres s’affichent en vert. »

 

Antoine pose son regard dans le miroir. Ce reflet de lui-même ne l’effraie pas, ou du moins ne l'effraie plus, à peine se rend-il compte qu’il n’est plus le même homme. Il revient de loin, d’un ailleurs hors du monde. Avachis sur son canapé, son quotidien se résume à fumer des joints. Allumer, tirer quelques bouffées, boire une gorgée de whisky. One Bourbon, One Scotch, One Beer. Sa quête dure depuis un sacré bout de temps déjà. Regard sur le monde environnant, recherche d’identité. Il s’accroche aux souvenirs d’ « avant » - avant la grande dérape – comme pour se cramponner à l’existence. Un décor à son image...

 

« L’herbe est rase. Il a tondu la pelouse hier. Des thuyas malades, jaunis, ferment l’espace. Au milieu du jardin, près de la balançoire rouillée, traîne un ballon crevé. La plaque de bois flotte dans le vide, une corde est coupée, pas nette, tout effilochée. »

 

Où sont passés les secrets de son enfance? L’air doux et les sourires. Tom Sawyer à la lumière d’une lampe de poche, sous les draps. Où sont passés les complots et les espiègleries? Lorette et ses robes à fleurs? Son visage doux et le premier baiser, enlacés dans l’herbe chaude. Envolés dans un nuage de fumée amère. Parce qu’un jour, d’aussi loin qu’il soit, il lui faudra bien revenir. Revenir de loin. Revenir tout court. Même Léa, avec qui il couche de temps en temps, préfère « rester amis ». La phrase qui tue. C’est comme ça quand on ne peut plus faire confiance. Léa est partie.

 

Le récit est parsemé de détails du quotidien qui rendent compte de sa douleur, qui accentuent le drame qui se joue, sous nos yeux de lecteur. Les allers-retours du présent au passé semblent être une façon de se rassurer, enviable ou non, quand tout nous échappe. Serait-ce aussi ce brin de nostalgie qui sommeille au creux de ses tripes? Chez Antoine, le temps s’est un peu arrêté pour tout le monde. Une famille banale, comme bien d’autres, et qui cherche à se retrouver. Mais trop tard. Sa sœur Camille s’isole, fume et sèche ses cours. Elle tente de survivre à une mère dépressive, partie sans donner de nouvelles. Elle se cherche, recherche l’amour. Antoine lui ressemble et en a conscience. Coup de poing au cœur. Tel un boomerang, nos racines nous heurtent parfois en plein visage. C'est comme ça...

 

« Il la regarde et il sait qu’ils sont pareils. À sa démarche, à son regard inquiet, sa réserve et ses ongles rongés, les bouts de peau qu’elle s’arrache. Ils sont pareils. Seuls et pareils dans la nuit des nationales. Sortis sur la pointe des pieds, maladroits… »

 

Olivier Adam m’a offert, une fois encore, une immersion dans un monde où le quotidien est drapé de souvenirs amers. Où l’âme et la mer s’unissent pour rompre la vague meurtrière du temps qui passe. La rumeur des eaux n’est pas loin. Il suffit de tendre le regard, quelque part À l’ouest.

 

« Les vagues s’échouaient sans violence, lourdes et épuisées. »

 

« J’ai fermé les yeux. So long Marianne sur le ressac. »

 

Merci Bison, je deviens complètement accro à ce Adam et ses états d'âme :-* 

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