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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 23:40

Nouvelles-3 5692

 

  « Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants, mais peu d'entre elles s'en souviennent. »

 

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Cette histoire d’amour a commencé j’avais à peine 12 ans et, depuis, elle ne m’a jamais quittée. J’en ai rêvé des nuits de ce petit garçon au regard azur et aux cheveux d’or. On disait de lui qu’il était tombé du ciel, ébloui par une étoile. Qu’en plein désert, à mille milles de toutes les terres habitées, il avait surpris de sa petite voix un aviateur… 

 

« S'il te plaît... dessine-moi un mouton! »

 

J’avais aussi entendu dire qu’il avait rencontré des gens un peu bizarres. Un roi, un buveur, un vaniteux, un allumeur de réverbères, un géographe... Si je ne pouvais pas encore apprécier toute la saveur de leurs échanges, je me doutais bien qu’en lui vivait un petit homme qui avait toutes les curiosités de saisir le monde qui l’entoure.

 

« Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. »

 

C’est alors que j’ai croisé la route du renard…


J’ai mis des années à comprendre pourquoi on risquait de pleurer un peu si on s’était laissé apprivoiser. Que l’on devient responsable de ses engagements et qu’il faut prendre le temps d’approfondir pour mieux connaître. S’asseoir un peu plus loin, d’abord, et regarder du coin de l’œil. Puis s’approcher, doucement. Tout cela m’apparaissait tellement triste! Je n’avais pas encore compris que se laisser apprivoiser pouvait susciter le manque, mais qu’en même temps, tout l’amour qu’il contenait était le cadeau d’une vie. Je n’avais pas encore compris que c’était à cause de la couleur du blé… Qu’« on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux »…

 

« Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »

 

On disait justement de mon Petit Prince qu’il était tombé amoureux d’une rose, une rose unique au monde, ce qui l’avait désemparé. Et que le renard l’avait aidé à s’y retrouver un peu. Au premier regard, elle avait l’air d’une rose comme toutes les autres. Puis, il l’avait arrosée, abritée sous un paravent et mise sous un globe. Il l’avait même écoutée se plaindre et se vanter. Ainsi, elle était devenue importante, à cause du temps qu’il y avait consacré…

 

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose importante. »

 

Il lui fallut un long voyage pour le comprendre, saisir à quel point il l’aimait. Un voyage duquel on ne revient jamais que par l’esprit. Aimer, c’est accepter de voir l’autre disparaître un jour. Pauvre Petit Prince… À moins que ce soit toi qui aies tout compris? Tu disais que « Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et que c'est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.  » Moi, je veux bien te croire… D’ailleurs, l’aviateur m’a priée de le prévenir si jamais je croise ta route un jour. Tu voudrais bien qu’on s’apprivoise l’un l’autre? Nous serons uniques au monde…


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Chaque fois que je retrouve le Petit Prince de St-Exupéry, je me surprends à le chercher dans les recoins de mon cœur. Après tout, il m’a enseigné beaucoup de ces valeurs essentielles que les grandes personnes ne m'avaient pas encore apprises. Il m’a montré que la vie est une histoire de rencontres. Que l’écorce est la part superficielle des choses. Que, lorsque l’on devient de grandes personnes, on se retrouve souvent emprisonné par les choses matérielles, que l’on s’accroche à l’inessentiel. Que l’on juge par rapport aux apparences. Que les grelots dans le ciel ou les champs de blé peuvent nous rappeler les gens que l’on aime. Mais avant tout, qu’on a tous un enfant en nous…

 

Si vous le croisez quelque part, vous lui direz que je l’attends toujours?

 

Je t’aime mon Petit Prince xx

 

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commentaires

Soph 25/06/2015 15:58

Tu me dessines un mouton Nad?
Il faudra me raconter Berlin avec les filles ;-)

Nad 28/06/2015 21:24

Avec plaisir pour le mouton Soph! :D
Sauf qu'il n'aura pas l'air d'un mouton......... ptdrrrrr

Philippe D 01/02/2015 21:16

Je crois qu'il faut une certaine maturité pour "apprivoiser" ce récit. Petit, je n'ai pas aimé cette histoire. Je l'ai reprise bien plus tard et ai eu un tout autre regard sur le PP.
Bonne semaine.

Nad 02/02/2015 01:52





Je suis tellement d’accord avec toi. Quand j’étais petite, je ressentais plein
d’émotions en lisant ce livre, sans trop tout comprendre. Mais c’était déjà beaucoup…



claudialucia 01/02/2015 18:06

Que c'est beau et juste et plein de sensibilité ce que tu dis sur Le petit Prince!

Nad 02/02/2015 01:52



Quand on aime…



Chrisdu26 31/01/2015 20:52

Tu sais que je n'ai jamais osé faire un billet sur le Petit Prince, je me suis dis que je n'y arriverai pas, peur de ne pas être à la hauteur de cette histoire unique et voilà que toi tu le fais
divinement bien. J'en suis toute émue! Ce livre a beaucoup de signification pour moi, merci Nadine de me le rappeler...
Et s'il te plait, si tu croises ce petit bonhomme dit lui que je l'attends aussi ...

Nad 01/02/2015 17:54



Depuis 3 ans que je n’ose pas et puis, je me suis dit que sans Le Petit Prince, il me
manquait ici l’essentiel. Il me tient tellement à cœur... Je ne sais pas si mes mots sont vraiment arrivés à y rendre justice, mais c’est fait et je me sens presque soulagée! Il me faut Romain
Gary maintenant, mon auteur culte…



le Bison 29/01/2015 22:30

Tabarnak, j'crois que je n'ai jamais lu cette histoire de petit prince. Et j'crois que j'suis trop vieux pour tomber amoureux de ce petit bonhomme. Mais peut-être que pour le faire découvrir aux
petits bisons, cela mériterait une lecture.

Nad 30/01/2015 15:15



Je pense que tes p’tits bisons se régaleraient et que ta princesse Marilou pourrait
tomber amoureuse! Tabarnak, je crois même que tu l’aimerais beaucoup, toi aussi, Bison tout doux sous son gros poil…  



Nadael 29/01/2015 09:33

La lecture de ton billet m'a profondément émue. Ce petit Prince est dans mon coeur aussi... merci pour tes mots pleins de tendresse et d'amour. Je t'embrasse.

Nad 30/01/2015 15:13



Gentille Nadael, toi aussi tu l’aimes bien hein? C’est qu’il est tellement touchant!...
Je t’embrasse, bonne journée à toi



manU 29/01/2015 08:31

Quel joli billet !
Comment ne pas avoir envie de se replonger dans cette histoire unique après l'avoir lu ?!
La première photo, ce sont tous tes trésors se reportant au Petit Prince ?
Merci et encore bravo...

Nad 30/01/2015 15:13



J’adore cette histoire, je ne me lasse jamais de la relire, elle est tellement
touchante et humaine. Tu sais, quand j’étais petite, j’étais vraiment amoureuse de lui! Si tu savais comme j’ai pleuré quand j’ai compris qu’il mourait de la morsure du serpent. Ma première peine
d’amour…  Inconsolable!


Oui, ce sont mes petits trésors et puis j’en ai d’autres aussi, comme la version
polonaise de Paul, la version japonaise de Hitomi, même en alsacien   


BiZzzz Crôa



Eeguab 29/01/2015 08:08

Désert, rose, aviateur, renard et mouton, définitivement au pantheon de l'enfance et du rêve. Bonne journée Nad.

Nad 30/01/2015 15:08




Je vis chaque jour au panthéon de l’enfance et du rêve, il fait bon ici…  Bonne journée Claude



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