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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 20:14

Dreamland

 

Dreamland

(À Edgar Allan POË)

Les eaux d’une mer infinie qui renverse

D’éternelles montagnes sur le ciel de l’enfer

M’apparaissaient soudain comme hostiles miroirs.

Fatigué de mon corps et de mes pensers noirs,

Je m’asseyais, vaincu, près d’un monde à l’envers,

Espérant la lumière, jaillie de l’ombre adverse.

 

Et longtemps j’attendis, et de jour, et de nuit,

La main pâle et diaphane à venir me chercher.

Je riais au soleil et la nuit, j’ai pleuré

Sur la mort de la Lune en ses reflets brisée.

Le vent de cet automne s’amusait à pencher

L’arbre, sur mon épaule, en un doux chuchotis :

 

« Elle s’éloigne de toi comme s’enfuit la vague,

Portée par un courant qui sidère les flots ;

Mais tu es son rivage au corps de sable chaud ;

Sa crête reviendra s’adoucir sur tes algues,

Ses mille mains d’écume à tes mains se joindront,

T’habilleront d’amour et te caresseront. »

 

Je me suis endormi sur la plage du temps,

Là où je sais rêver, où ton souffle m’attend.

Nul ressac ne saurait effacer tes empreintes :

La mort seule oserait empêcher notre étreinte.

Poète au bois dormant, j’attendrai le baiser

Qui brûlera mon âme au cœur de ton foyer.

 

Théo

Octobre 2004

commentaires

Nad 14/10/2012 22:18

Cher JM,
Quel magnifique hommage rendu à cet homme énigmatique et «multi» talentueux. Ton poème est d'une grande beauté sombre, à l'image de son Dreamland que je viens de lire à l'instant. Je connais trop
peu Poë pour savoir dans quel contexte il l'a écrit... peut-être lors du décès de Virginia ou au soir de sa maladie... Quoi qu'il en soit, voilà tout un défi que tu as relevé la tête haute. C'est
étonnant comme je ressors de ces deux poèmes (le tien et le sien) avec la même émotion, le même trouble. J'ai cru entendre en moi des mots hantés par la solitude, les fantômes de la nuit et la
maladie/la mort. Il y a aussi une force difficile à décrire qui semble défier le temps. Et une douleur qui s'apaise dans le sommeil, trop lourde à supporter de jour et plus forte qu'un cri,
inaudible de terreur. C'est ce qu'il m'a semblé ressentir quand j'ai fermé les yeux, pour mieux entendre ce souffle – un peu comme l'arbre penché sur l'épaule...
Ces mots sont si puissants...
Je t'embrasse
Nad xxx

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