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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 14:21

À celui qui…


Rendre c'est ultime...

L’occulte menace
Sangsue ceignant
La commissure de mes lèvres
Ma fièvre
Ma fièvre
(L'aurai-je rêvé...)
Son sous-rire
Méphistophélique

Son infecte gestation…
Indigne

L'indigeste
Indigeste

Lui rendre le Verbe
Funeste
De sa dentition perfide…
Luciférienne
Crashant le réel
De sa langue bifide
D’un simple

« Motus mon ange »

Je ne refuse plus rien
Mais je rends Tout

La radiance de l’holocauste
La famine des sens
Le ghetto de son ire
L'Amor qui nécrose
(Est-ce... Est-ce...
Vraiment
Un détail de l'histoire
)
Cette ciguë qui m’anime
Qui me mine
Que je rumine

Cette vaillante Petite sœur
Qui tremble
Brisée
Dans la pâleur de mon charnier


Lui rendre
Son ego sans trique
La Tour Treize
Aux Cent Persiennes
L’envers
La terreur
D’une cage d’ascenseur
En haut… en bas
En haut… en bas

Je ne refuse plus rien
Mais je rends Tout

*

Car je sais qu’en…
Moins de dix ans
Un Ange sauta…
Même s’il était déjà mort

Car de cuirasse
Je n’avais que l’amour
Et j’y ai cru
Si long... temps
Je vous aim... ais
(Cela aurait dû suffire)
Mais moi…
J’étais aveugle
Comme une ecchymose

*

À l’Aube…

Alors si les non-dit
De leurs canines effilochées
Si la meute de molosses affamés
Qui parcourt l’hémoglobine
De mes artères poudreuse
S’interrogent sur leur sort
J’aimerais que ces mots
Soient leur cénotaphe

J’aimerais en secret
Dans ce trait que j’esquisse
Ils déterrent

Ma juvénile sérénité

 

Saphariel

20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 01:29

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Ce magnifique roman, se déroulant à New York dans les années 70 et s'étalant sur une trentaine d'années, porte essentiellement sur le déclin de l'âme, de la fondation à la chute. Il met en scène quatre personnages principaux à la psychologie complexe, dont Léo Hertzberg, professeur d'histoire de l'art et narrateur, ainsi que sa femme Érica, professeur d'anglais. Ils se lieront d'amitié à Bill et Violet, peintre et écrivaine, avec lesquels ils vivront un parcours de vie parallèle, d'un quotidien dans le même immeuble du quartier de SoHo au vécu de semblables tragédies. Les couples auront chacun un fils.


Les drames, prenant par moments l'allure de «thrillers», se succéderont les uns aux autres et se révéleront dans la seconde partie du livre, la première partie servant à asseoir la personnalité des personnages et se présentant comme initiatrice des drames à venir. L'auteure nous conviera à l'univers des désordres alimentaires, de l'hystérie et nous fera vivre plusieurs deuils. Elle nous illustrera avec doigté l'effondrement d'une âme adolescente orpheline, immature, qui saura trahir, mentir pathologiquement sans remord, abuser de drogue, voler... Et l'âme d'un père «substitut» qui pardonne difficilement, mais qui pardonne...

 

Si ce roman porte sur le déclin de l'âme, il parle aussi d'une grande histoire d'amitié pour laquelle il nous est facile de concevoir certains élans autobiographiques, notamment en ce qui a trait à l'univers de l'art. D'ailleurs, ce n'est pas sans hasard que Siri Hustvedt dédie son livre à son mari Paul Auster (remarquez que je parle du «mari» de Siri Hustvedt et non de la «femme» de Paul Auster – c'est une grande écrivaine!). Un couple en parfaite symbiose, on retrouve dans leurs oeuvres la résonance de l'un chez l'autre et inversement. Ce roman est tout simplement bouleversant et exploite la force fragile de l'âme exactement comme j'aime la découvrir, sans artifices et avec profondeur sur les émotions dévoilées. Elle en tire sa force à un point tel que nous avons l'impression d'évoluer à travers chaque personnage, à travers leurs doutes, leurs questionnements, leurs joies et leurs peines. Hustvedt est une écrivaine honnête, authentique et humaine. Son roman est un chef-d'oeuvre. Quelle grande claque en plein visage...

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 01:25

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Ce livre de Paul Auster, conjoint de Siri Hustvedt, est écrit selon le modèle type du roman inséré dans le roman. Il nous invite à une réflexion sur la conception littéraire à travers maints questionnements. Est-ce que l'écrivain entretient un lien avec la réalité et est-ce que le roman influence lui-même l'avenir de cette réalité? Le message véhiculé reflète-t-il les angoisses de l'écrivain, lequel utilise le médium de l'écriture pour tenter de les apaiser, voire les guérir? Son parcours de vie influence-t-il la dynamique des émotions dévoilées? D'où proviennent les personnages? Quelle est la relation entre eux et son vécu personnel? Bien d'autres questions encore... Son personnage principal, Sidney Orr, est écrivain et lui-même choisira un éditeur comme personnage principal du livre qu'il écrira. Ses questionnements entourant la dynamique du processus littéraire sont dévoilés à eux seuls à travers ce choix.

 

Paul Auster se révèle être un narrateur plutôt qu'un dialoguiste, ce qui, au demeurant, n'enlève rien à la qualité du roman. Le procédé est complexe mais non exagérément. Il arrive à maintenir notre intérêt et notre compréhension à travers trois histoires qui se chevauchent. Les émotions sont à fleur de peau. Les angoisses de l'auteur sont palpables à chaque page. Certaines rencontres entre personnages sont fascinantes, notamment celle entre Sidney et le papetier chinois. Ceci dit, les longueurs des notes en bas de pages peuvent s'étirer jusqu'à plus de cinq pages, ce qui est peu commun. J'ai eu l'impression de souvent perdre contact avec le roman, pour entrer brusquement dans la réalité. Cette scission ne m'a pas plus, au point où j'ai finalement opté pour un survol rapide de la majorité de ces notes au fil de ma lecture.

 

Je suis heureuse de m'être initiée à la littérature de Paul Auster après avoir lu «Tout ce que j'aimais», de Siri Hustvedt. Dans l'un ou l'autre cas, il s'agissait de ma première lecture d'une de leurs œuvres et leur empreinte respective dans l'oeuvre de «l'autre» est frappante. Même si le thème abordé est complètement différent, j'ai eu l'impression dans le deuxième roman d'entamer la seconde partie d'une œuvre musicale. J'en sors positivement troublée...

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 01:16

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Ce livre est tellement drôle! Et comme il s'agit pour Jonas Jonasson d'un premier roman, l'avenir nous réserve de belles surprises. L'auteur est sarcastique, déjanté, et son humour noir. Il suffit de regarder la page couverture de ce road movie pour saisir rapidement que notre centenaire en cavale, Allan, est un «phénomène» hors du commun. Il cavalera avec des personnages aussi loufoques que différents: un sexagénaire cleptomane, un vendeur de hot-dogs et Sonja, une éléphante. D'autres personnages s'ajouteront en cours de route et vous ne serez pas au bout de vos surprises.


L'auteur nous convie alternativement, d'un chapitre à l'autre, entre le moment présent, la cavale, et celui de l'évolution de la vie de notre centenaire, de sa naissance à sa fuite de la maison de retraite. En retraçant son parcours de vie, nous comprenons rapidement d'où vient cet attachant illuminé. Artificier de profession, Allan fait exploser les pages de ce roman dans tous les sens. Sa maison est dynamitée, son ami artificier espagnol explose, de même que l'épicier du coin. Il passera 4 ans dans un hôpital psychiatrique. Il assistera l'URSS dans ses recherches nucléaires. Il sera aussi envoyé en Chine pour combattre les communistes. Il sera sollicité par un pasteur anglican, voisin de cellule à la prison de Téhéran, pour tuer le président Churchill. Pour ne nommer que ces événements marquants...!


Il croisera la route et partagera le repas de plusieurs personnages historiques importants tels que le général Franco, Harry Truman, Mao Tsé-Toung, Churchill, Staline, Einstein, Meretskov, Nixon, Kim Jong-Il, le général de Gaulle et plusieurs autres. Chacune de ces rencontres sera aussi risible que farfelue. Il rencontrera des marxistes communistes, des socialistes, des islamistes, des bouddhistes, des hindouistes, etc... Si cette histoire est dense dans son contenu, l'humour vient à chaque moment alléger son déroulement.


Jonasson profite par moments de situations loufoques pour nous faire réfléchir: «La vengeance ne sert à rien. Il en est de la vengeance comme de la politique. L'une mène à l'autre et le mauvais conduit au pire qui aboutit en fin de compte à l'intolérable». Allan nourrit d'ailleurs une haine maladive face à la politique et on comprend pourquoi...

 

On rit aux larmes dans certains passages, notamment celui du personnage qui meurt sous le fessier de l'éléphante. Impossible de les nommer tous. Dans un épisode en particulier, alors qu'il est condamné à 30 ans de travaux forcés dans le camp de redressement de Vladivostok en URSS, Allan informe les gardiens de sa nouvelle intention: «Maintenant, j'ai envie de boire un coup. Et ici il n'y a rien à boire. Alors je m'en vais».

 

Ah oui! Ce livre est vraiment très drôle! L'humour est non seulement noir, il est subtil, intelligent et absurde. L'histoire est majestueusement bien ficelée malgré toute cette complexité de détails et finement documentée sur le plan historique. L'écriture est fluide et agréable. Les personnages sont colorés et uniques. J'ai adoré! Et j'attendrai le prochain livre avec beaucoup d'impatience... 

20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 01:04

Challenge trilogie de l’été chez Philippe

 

trilogie

 

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Si j'ai mis beaucoup de temps à venir commenter un premier livre de Marie Laberge, c'est fort probablement parce qu'elle est mon auteure québécoise culte et que je n'en tire aucune objectivité. Au-delà de l'écrivaine, Marie Laberge est une femme profondément humaine et reconnue ainsi par l'entourage québécois. Si vous la croisez quelque part, elle vous abordera, amicalement. Elle est authentique, généreuse. C'est une femme d'exception, une femme au grand cœur. Dans cette magnifique trilogie, il m'a semblé reconnaître chez elle des affinités avec deux de ses personnages principaux, un parfait mélange de Gabrielle et Adélaïde: elles reflètent le bonheur, la détermination, le dévouement, l'émancipation...


Les trois tomes de cette trilogie s'échelonnent sur une période d'environ 40 ans, de la grande dépression des années 30 qui a marqué le Québec, aux années 70 de la révolte face au catholicisme. De ces années, Marie Laberge arrive à critiquer éloquemment les comportements humains jugés absurdes et la vision étroite de ceux qui les perpétuent. C'est ainsi que cette grande saga, marquée par des personnages colorés et qui se démarquent des mœurs de leur époque, «s'attaquera» au catholicisme intégriste, à la domination des hommes sur les femmes et au mépris de l'homosexualité. Le tout abordé avec la voix d'une féministe respectée qui n'a pas peur d'exprimer ses opinions.
 

 Arrive dans le second tome la fille de Gabrielle, Adélaïde, personnage le plus affirmé, à la soif incommensurable de justice. Les personnages qui l'entourent feront face aux conséquences de la deuxième guerre mondiale. Adélaïde elle-même sera touchée par les combats et vivra intensément la tourmente. La relation qu'elle entretient avec certains hommes est bouleversante (je pense à Nick, Ted...). Si le troisième tome, «Florent», est celui qui a le moins retenu mon attention, le combat de Florent face à son homosexualité m'a captivée. M'ont captivée également la psychanalyse de Léa et les luttes féministes pour l'émancipation du statut de la femme.

 

Marie Laberge, au risque de me répéter, est mon auteure culte québécoise. Elle a ce don de nous plonger dans le cœur et l'âme de ses personnages pour nous en faire vivre toutes les émotions au point de ressentir les moindres malaises inhérents à leur vécu et leur tragédie personnelle. C'est un vrai délice, pour qui a le «goût au bonheur»... 

 

Allez lire le beau post de Valentyne, qui est venue visiter ce Québec que j’aime tant, à travers la plume de Laberge J 

Et sa critique d’Adélaïde et Florent

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 00:28

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Ce roman évoque la complexité des relations familiales. Le portrait de famille dont il sera question rayonnera autour de l'histoire d'amour risible et invraisemblable d'un homme de 84 ans, père de famille, avec une jeune ukrainienne de 50 ans sa cadette. Elle a des goûts de luxe, une tenue vestimentaire provocatrice, des seins comme des «ogives nucléaires» et une pensée... limitée. Et tout cela, au grand désespoir de ses filles. C'est ainsi que, craignant pour la santé mentale de leur père, l'amour naissant sera le prétexte d'une longue suite de réconciliations entre les membres de la famille.

 

Les différents personnages évoqueront également leurs ancêtres et ceux qui les ont quittés. C'est d'ailleurs avec beaucoup d'émotion que l'auteure nous parle, telle une ritournelle, de la vie et de la mort, comme d'un traumatisme profondément enfoui en elle. Dans une scène de mise à mort d'un poulet, voici ce qu'elle nous livre: «Après un dernier spasme, le poulet s'était immobilisé. Tu vois Nadezhda, c'est comme ça que nous mourrons»... Les personnages se questionnent également sur l'amour que se sont portés leurs parents, sur leurs origines, sur le pourquoi de leurs actes et pensées: «L'histoire personnelle ça définit, ça nous aide à comprendre, à apprendre...». Également: «Je croyais que l'histoire de mes parents se résumait à une histoire heureuse, une histoire de triomphe sur la tragédie, mais je me rends compte à présent que le bonheur n'est fait que d'instants fugitifs qu'il faut saisir avant qu'ils ne s'échappent.»

 

Ce roman s'inscrit avant tout sur un fond historique et politique. Il est question de la guerre civile, du conflit opposant les communistes de Moscou et les partis communistes nationaux. Il est question également de Staline, du goulag, de l'Armée rouge, de l'invasion de la Pologne et de la grande famine qui tua 10 millions de personnes en 1932-1933. Puis, inévitablement, il est question des traumatismes qui en résultent pour chacun des personnages. Et ces relations de cause à effet, en plongeant le lecteur dans l'âme de chacun, font la richesse de ce roman.
 

«Une brève histoire du tracteur en Ukraine» est ce roman dans le roman que notre octogénaire s'est donné la mission d'écrire. C'est lui qui tissera les liens entre l'histoire de l'Ukraine et le présent. Il sera l'élément rassembleur.

 

Ce beau livre, aux accents de l'Ukraine (car les personnages se sont bel et bien fait attribuer des accents spécifiques à chacun), a une richesse et une profondeur de dialogues sans égal. Autre point auquel je ne m'attendais pas du tout: sous des dessous de guerre et de traumatismes, ce roman est à mourir de rire! Et si parfois l'on sourit tristement, c'est sans doute davantage par compassion. Parce que cette guerre a bel et bien existé et que ceux qui l'ont vécue ne l'oublieront jamais... Marina Lewycka, originaire de l'Ukraine et née dans un camp de réfugiéallemand, pourrait nous en dire long...

20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 00:26

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C'est le seul livre dont je n'ai pas terminé la lecture avec une certaine fierté. C'est vraiment n'importe quoi et ceux qui me connaissent savent que j'arrive difficilement à dire entièrement du mal d'une «œuvre» littéraire. Je suis presque toujours en mesure de reconnaître un certain mérite à une œuvre, ne serait-ce que d'avoir été publié. Mais le livre d'Élizabeth Gilbert, ce n'est rien de moins qu'une accumulation de névroses maladroitement dissimulées sous les mots. Un chagrin d'amour déployé aux yeux de tous avec provocation. Élizabeth Gilbert est intolérable, narcissique, hystérique, imbue d'elle-même et j'en passe! Elle est à mes yeux tout ce qui s'éloigne de l'authenticité. Son voyage n'est pas crédible, j'ai soupiré à chaque page, toujours en me disant, après avoir lu les deux premiers volets sur l'Italie et l'Inde, «c'est maintenant en Indonésie que je serai touchée». Et j'ai fait le tour de la République en deux pages, c'en était vraiment trop. C'en était d'ailleurs déjà trop quand elle se prenait pour un guide spirituel après quelques jours dans un ashram de l'Inde. Bon, c'est assez, j'en ai déjà trop dit...

1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 16:13

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Longtemps après l'avoir terminé, ce livre est demeuré sur ma table de chevet, un peu comme lorsqu'on regarde un film et qu'on demeure sans voix, tétanisés par les images et les mots. Je ne sais pas précisément qu'elles étaient mes attentes, mais une chose est certaine, j'avais le désir de partager mon ressenti avec des gens l'ayant lu. Quelque chose me «dérangeait» ou m'avait probablement troublée. Difficile de ne pas l'être lorsqu'on traverse avec le petit Oskar Schell, 9 ans, l'un des plus grands drames que puisse avoir à vivre un enfant: la perte d'un parent. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center et ce livre constitue avant tout un roman sur le deuil et la colère face à l'incompréhensible.

 

Le petit Oskar est un enfant surdoué, curieux, imaginatif, créatif, sensible et possède une maturité bien au-delà des enfants de son âge. Sans que son diagnostic ne soit clairement explicité dans le livre, il a le portrait type de l'«autiste savant» ou du «syndrome d'Asperger». Ses interactions sociales sont anormales et non empathiques. Il s'intéresse à l'astrophysique et aux inventions, qu'il note méticuleusement dans un cahier. Ses comportements sont répétés et excessifs. C'est ainsi que, découvrant une clé dans la garde-robe de son père, Oskar se convainc qu'il s'agit de l'héritage lui étant destiné et entreprend de parcourir le grand New York durant plusieurs mois pour trouver la serrure à laquelle elle correspond. Ses recherches acharnées donneront lieu à des rencontres inusitées, parfois totalement loufoques, parfois tragiques. Sa pensée est minutieuse et introspective, avec un flot d'émotions surabondantes. J'ai trouvé un certain décalage entre la complexité de son raisonnement adulte et sa manière de s'exprimer plutôt enfantine, même si j'en comprends les liens avec le syndrome d'Asperger.

 

Oskar est complètement détestable dans certaines scènes et antipathique avec sa mère, au point de sembler la détester. Est-ce une colère redirigée? Quoi qu'il en soit, l'auteur a clairement mis l'accent sur la relation père-fils au détriment de la relation avec la mère. Je me suis demandée tout au long de cette lecture pourquoi il a prêté à ce personnage une personnalité «déviante». Pour justifier ses actes ou pour amplifier le drame déjà existant? Pour jouer sur la complexité des sentiments? Lorsqu'un enfant de 9 ans perd son père auquel il est profondément attaché, il suffit d'avoir une âme pour être plongé dans un profond deuil, même si sa peine n'est pas un prétexte pour tout excuser...

Un «mystérieux» locataire, muet et survivant des bombardements de Dresde en 1945, avec lequel Oskar se lie d'amitié, est hébergé chez sa grand-mère paternelle. Sans vouloir vous en dire davantage, j'ai été conquise par ces rencontres et par la teneur de leurs dialogues...

 

Ce roman innovateur et original porte sur le deuil et le destin. L'auteur nous amène à comprendre que la perte d'un être cher se vit bien au-delà de l'espoir que le souvenir ne s'amenuise. La présence de ceux qui nous ont quittés s'amarre éternellement à l'âme de ceux qui survivent et le temps ne permet que d'apaiser la douleur. Ce roman ne peut laisser personne indifférent. Il a littéralement conquis mon cœur...

 

kraussok

26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 15:55

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Mille mercis à mon frérot et ma belle soeur qui m'ont fait découvrir ces polars arctiques:) J'ai passé des heures mémorables avec les personnages colorés de ces 9 polars. Des heures de rires à profusion, de rires parfois noirs parfois jaunes et encore de rires aux éclats!

 

Ces polars sont d'autant plus authentiques que Jorn Riel, ethnologue et aventurier danois, a vécu 16 ans au Groenland à entendre des histoires de trappeurs. Ils évoquent les souvenirs de l'auteur, qu'il nous livrera dans un contenu 100% humoristique mais émouvant à la fois. Chaque fois que l'on ouvre un polar, on est plongé dans un monde totalement à part, dans un monde nouveau et opaque, qu'il arrive habilement à nous faire découvrir.

 

Les personnages sont colorés, authentiques, drôles, excentriques, attachants, décapants, sensibles et doux sous leurs allures rustres. Solitaires, ils passent des jours interminables dans la nuit polaire, sans lumière, 6 mois par année, les voisins étant à des km de traîneau. Et quand ils se rencontrent, ils boivent un coup d'alcool distillé, jusqu'à l'effondrement de toutes pensées cohérentes. Ils manquent la présence des femmes jusqu'à en inventer, philosophent avec un coq à défaut d'avoir un compagnon de route. Bref, difficile de démêler le vrai du faux tant les histoires sont à ce point absurdes et loufoques par moments. Riel affirmera lui-même: «Ces racontars sont des histoires vraies qui pourraient passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l'inverse».

 

Les versions sous forme de BD doivent être agréables à lire et doivent accentuer de manière plus tangible, visuel à l'appui, les diverses situations. J'aimerais bien découvrir la «binette» des personnages maintenant que leur personnalité m'est dévoilée!

 

Voici les neuf polars existants, à lire l'un à la suite de l'autre:

 

-La vierge froide et autres racontars

-Un safari arctique et autres racontars

-La passion secrète de Fjordur et autres racontars

-Un curé d'enfer et autres racontars

-Le voyage à Nanga et autres racontars

-Un gros bobard et autres racontars

-Le canon de Lasselille et autres racontars

-Les ballades de Haldur et autres racontars

-La circulaire et autres racontars

 

Merci Stef et Nad!

26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 15:52

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Luis Sepulveda, dans ce roman écologiste, dénonce avec force les prédateurs humains. Son personnage principal, narrateur dont le nom n'est pas dévoilé et journaliste free lance à Hambourg, crée une agence d'information alternative centrée sur les problèmes qui portent préjudice à l'environnement écologique. Elle répond en même temps «aux mensonges employés par les nations riches pour justifier le pillage des pays pauvres».

 

Contacté par Sarita Diaz, correspondante étrangère au Chili, il se rendra à Punta Arenas en Patagonie, la ville la plus australe du monde. Il fera la traversée en tant qu'aide-cuisinier à bord de «l'Étoile du Sud», où il sera mis en contact avec le capitaine Nilssen. Des demandes d'aide de la part d'organisations écologistes (Greenpeace, etc...) fusent de partout. Le Nishin Maru, un bateau-usine japonais, vient d'arriver dans le port austral avec l'aide de remorqueurs de la marine chilienne et dans l'intention de chasser illégalement les baleines bleues, ce qui constitue une violation du moratoire imposé par la Commission Internationale pour la Chasse à la Baleine.

 

L'auteur cherche à défendre le plus fondamental des droits: le droit à la vie. Il détient les mots et les images pour éveiller notre imaginaire, notre sensibilité. Des clins d'oeil à certains ouvrages tels que Moby Dick et «Le bateau qui ne voulait pas flotter» de Farley Mowat alimentent la vision d'une lutte commune, à tout le moins d'une passion partagée, voguer sur la mer. Les mots de Charles Darwin viennent également soutenir son combat: «Tristes solitudes où la mort, plus que la vie, semble régner en souveraine». Luis Sepulveda porte la voix des animaux marins avec amour. Plusieurs passages m'ont bouleversée et portée à réfléchir. En voici un: «Je trouve parfois les dauphins beaucoup plus sensibles que les êtres humains, et plus intelligents. C'est l'unique espèce animale qui n'accepte pas de hiérarchie. Ce sont les anarchistes de la mer».

 

Même si je préfère généralement les lectures où les dialogues et la psychologie prédominent sur les longues descriptions de lieux (quoi que le lieu ici est d'une beauté époustouflante), la cause me tenant à cœur, elle m'a tenue en haleine. J'ai aimé particulièrement la seconde partie du livre, là où la lutte pour la défense des baleines se met en place. L'énigme qui entoure le Nishin Maru est captivante. Le dénouement est assez surprenant, il y a de quoi pleurer... Mais cette finale n'est rien de moins que le cri de rage de l'espèce menacée...

 

« Le Monde du Bout du Monde, ou l’art de devenir marin et militant écologique ». Lisez surtout l’avis touchant du Bison d’un Ranch sans nom. C’est ICI

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