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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 00:16

L'amant (2)

 

Ce petit roman autobiographique relate le premier amour de l'auteure ; un amour tortueux, douloureux, impossible... L'histoire se déroule à Saïgon, à proximité du Mékong. Il est Chinois et a le double de son âge ; il risque la prison. Elle est française et a à peine 15 ans. Mais au-delà de l'âge, son père refusera le mariage de son fils avec la «petite prostituée blanche», ce serait un déshonneur. Ils ne parleront ainsi jamais d'avenir et il lui dira d'emblée qu'il n'a pas la force de l'aimer contre son père, de la prendre et de l'emmener. Pourtant, il en est fou d'amour...


Leurs rencontres seront douloureuses. Il souffrira d'autant l'aimer, pleurera quand ils feront l'amour et dira qu'il est dans un amour abominable. Elle se montrera froide, dépourvue d'affect. Mais en fait, elle ne portera en elle que les stigmates d'une enfance traumatisante. Lorsqu'elle s'offrira à lui, elle dira que «les baisers sur le corps font pleurer, qu'ils consolent». Elle n'a pas appris les touchers qui réconfortent.


Si l'amour occupe une place importante dans le roman, l'histoire d'une famille pathologique constituera à mon sens le cœur de ces pages. Elle a grandi auprès d'une mère dépressive, désespérée, imprudente, inconséquente, irresponsable... Une mère qui, aux moments de crises, se jette sur elle, la bat à coups de poing, l'enferme dans sa chambre. Une mère jalouse, qui lui fera honte et qu'elle décrira ainsi: «Elle marche de travers, ses cheveux sont tirés, vêtue de grisaille comme une défroquée. Elle me fait honte, tout le monde la regarde, elle, elle ne s'aperçoit de rien, jamais, elle est à enfermer, à battre, à tuer». Cette mère entretiendra avec ses enfants un lien dépourvu d'autorité ; les rôles seront inversés. Elle viendra la nuit se blottir contre eux pour soulager la peur. Marguerite se fera la réflexion qu'avec sa mère, «ce n'est pas qu'il faut arriver quelque part, c'est qu'il faut sortir de là où l'on est». Chaque jour est un combat, il faut se battre et survivre. Et pourtant, elle ne prévoyait pas ce qu'elle est devenue à partir du spectacle de son désespoir...


Pour ajouter à cette histoire familiale en ruine, elle n'a que peu connu son père, mort très tôt. Quant à ses deux frères, l'un sera violent, violeur et méprisable. L'autre mourra d'une pneumonie. Elle parlera d'elle-même avec dureté et irrévérence. Estimera qu'à 15 ans, «son visage est parti dans une autre direction, qu'il a été dévasté». «J'avais à 15 ans le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance. Tout a commencé de cette façon pour moi, par ce visage voyant, exténué, ces yeux cernés en avance sur le temps. J'étais triste. J'avais peur de moi, j'avais peur de Dieu, et quand c'était le jour, j'avais moins peur et moins grave apparaissait la mort. Mais elle ne me quittait pas».


J'ai lu quelque part que peu avant la parution de ce roman, Marguerite Duras sortait d'une longue cure de désintoxication. Ce recul évident sur les événements de sa vie ne peut qu'en être empreint. Ce livre est assurément touchant, il m'a profondément perturbée. Elle nous raconte sa jeunesse avec une telle franchise, un tel sang froid... Une jeunesse marquée par la violence, le désarroi et la tristesse. Je lirai un jour «Yann Andréa Steiner», ce roman écrit pour son dernier amant. Au jour de sa mort, à l'âge de 81 ans, Marguerite laissait Andrea dans le deuil, alors qu'il n'avait que 43 ans. Mais avant cette lecture, il me faut assurément m'affranchir de celle-ci...

 

L'amant

8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 21:12

couchant

 

Couchant

A l’écume du soir la vague se dénoue,
Nos ombres allongées, on n’en voit plus la tête,
Les bateaux embrumés de la poupe à la proue,
Et le seul cri certain est celui des mouettes.

Qu’il est bon de rêver !

A l’incertain des mots répondent les corps chauds,
Par de larges élans, comme des océans
Qui menacent le ciel de songes abyssaux
Et partent à l’assaut en éternels amants.

Qu’il est beau le couchant !

Au reflet qui surgit de la Lune à tes yeux,
J’appose le miroir sans tain de mon regard ;
A tes lèvres se pose un cri silencieux,
Nos mains font un anneau scellé dans le hasard.

Qu’il est doux de t’aimer !


Théo
2-4 juin 2007

8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 20:14

Dreamland

 

Dreamland

(À Edgar Allan POË)

Les eaux d’une mer infinie qui renverse

D’éternelles montagnes sur le ciel de l’enfer

M’apparaissaient soudain comme hostiles miroirs.

Fatigué de mon corps et de mes pensers noirs,

Je m’asseyais, vaincu, près d’un monde à l’envers,

Espérant la lumière, jaillie de l’ombre adverse.

 

Et longtemps j’attendis, et de jour, et de nuit,

La main pâle et diaphane à venir me chercher.

Je riais au soleil et la nuit, j’ai pleuré

Sur la mort de la Lune en ses reflets brisée.

Le vent de cet automne s’amusait à pencher

L’arbre, sur mon épaule, en un doux chuchotis :

 

« Elle s’éloigne de toi comme s’enfuit la vague,

Portée par un courant qui sidère les flots ;

Mais tu es son rivage au corps de sable chaud ;

Sa crête reviendra s’adoucir sur tes algues,

Ses mille mains d’écume à tes mains se joindront,

T’habilleront d’amour et te caresseront. »

 

Je me suis endormi sur la plage du temps,

Là où je sais rêver, où ton souffle m’attend.

Nul ressac ne saurait effacer tes empreintes :

La mort seule oserait empêcher notre étreinte.

Poète au bois dormant, j’attendrai le baiser

Qui brûlera mon âme au cœur de ton foyer.

 

Théo

Octobre 2004

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 20:34

Métropolis

 

Métropolis

 

   Le serment du soleil de sur ma peau s'efface,

 

Agonie d'une étoile qui passe ;

Orphelines, nos ombres ont regagné le sein

D'une nuit pleine qui pèse, et sans nombre.

 

C'est ainsi que les jours meurent, dans un cri de lumière,

Aux rivages paisibles des villes altières

Peuplées d'automobiles et de monades tristes,

Aux pensées immobiles à qui rien ne résiste.

 

Des maisons imparfaites en murailles dressées

Qui chancellent impures, aux flots de nos désirs,

Que la foudre et le vent parcourent d'un sillon,

Me rappellent ton nom.

 

Dans le meilleur des mondes demeurés,

Un rossignol chantait sa musique invisible

Et redonnait à l'homme une chance d'été,

Quand on le prit pour cible.

 

Je courais ta douleur aux brisants du soleil,

Le cygne s'éteignait dans un chant de couleur,

Un chant de mort vermeil.

 

Je me suis arrêté aux frontières du monde,

Là où la nuit libère la rumeur qui gronde,

À chercher ta lumière.

 

Théo

31 décembre 2007

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 19:55

8864.jpg

 

L'amour, nous forgerons

 

C'est en forgeant Christian

que se forge l'amour

bien trempé fortifiant

sous les feux de l'humour.

 

Sa croupe sous l'enclume

Jean suis, j'en sue marteau,

ses yeux le four s'allument

d'un jeu de mains étau.

 

Lucie se laisse fer

son corps rougi à cœur

se plie en quatre faire

contorsions dos majeur.

 

Des baisers en fusion

s'échappent de sa gorge

rougis de confusion

sous le pouls de ma forge.

 

Il faut battre le fer

ça tant qu'amour est chaud

voir laisser Lucie faire

de son corps un lingot.

 

Mes mots poussent les feux

attisent mon plaisir,

avec là texte en queue

en tête un vil désir.

 

Peu à peu se façonne

son corps bleu martelé

que d'un coup je poinçonne

de mon sceau potelé!

 

Un membre un peu osé

qui se tient comme un manche

par l'ostie déposée

dans le creux de ses hanches.

 

Bâton de maréchal

ferrant la bonne affaire

Lucie devient glaciale

me renvoie en enfer.

 

Son corps en nage coule

dans l'eau froide du bain

l'amour tiédi s'écroule

par le feu qui s'éteint!

 

Par ailleurs ou Janus,

avoir tact j'aurai pu

encore eut-il fallu........

que ma Lucie le susse.

 

JC ELOY

08/06/2005

18 19 M180Tenue d'approche feu isolante VTN,M74 tenue d'app

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 19:50

La Corde et le Nœud


Je parle seule
D’aussi loin
Que l’écho me revienne
Seule
Ou presque
Dans le tintamarre
Obsédant
De l’enfance

Le bitume
Tout de spectre revêtu
Me dévisage
Hors d’atteinte

Strangulation

Agonie
Ma belle
Ma flatteuse Héroïne

(Entends-moi)


Je veux à la démesure
De tes viles aspirations
À toi la meurtrière
Dédiée cet univers nébuleux
Absurde
Et sans adresse

Te parler aussi de
Ces quatre murs
De bois
De leur ivresse
Pourpre
Mais que ces murs sont
Aussi soyeux
Qu’abrasif

Te dire
La mélodie suave du mort
Qui pendule à mon cou
Te dire
Que je m’écrie
À gorge repliée

Même si parfois
Je m’édite
Lâche et désœuvrée

Je suis la corde
Tu es le nœud

Je suis toi
(Tuez-moi !)

La Corde e(s)t le Nœud
Coulant d’adieux

Au fond de la fosse
L’espoir perdure
Mais le caveau saigne
De solitude

Je suis vaincue
Autant
Qu’invaincue

J’ai tout avalé

Leurs couleuvres sont des vipères
Qui serpentent
Dans les artères froides
De ma déveine

Pourtant

Je m'y suis pendue

Deux serpents sans queue
Aux murmures incessant
Minaudent sous un soleil
De mort
Nous condamnant
À l’errance statique

Ceci est tient

Ceci est mien

Ceci est

La Loi

 

Saphariel

28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 12:21

La grammaire est une chanson douce

 

J'ai trouvé ce tout petit livre par hasard, chez un bouquiniste de l'Outaouais. Je n'avais plus rien à me mettre sous les yeux, alors j'ai «fouillé», me laissant aller à mes ressentis. J'aime tant parcourir les rayons ainsi, sans avoir au préalable de titre en tête, ce à quoi je me suis laissée aller trop peu souvent. Donc je ne cherchais rien de précis... Et mon regard a croisé le titre de ce roman à l'évocation si belle et poétique. Mais, quand j'ai vu qu'il avait été écrit par un académicien, je l'ai reposé. J'ai horreur généralement de ce genre de livre, que je classe dans la même catégorie que les prix Goncourt. Non seulement ils m'ennuient, mais en plus je les trouve prétentieux. Et pourtant, chaque fois mon regard y revenait, appuyé, de surcroît, par la quatrième de couverture. Alors je l'ai acheté... Je ne me lançais pas dans une grande aventure, le livre fait 150 pages et est écrit en gros caractères! Mais quand même, je suis allée au bout de mes préjugés...


Jeanne et son frère Thomas font naufrage au large d'un archipel imaginaire où des lettres de Scrabble flottent sur les eaux. Comme chaque naufragé de l'île, ils y arrivent muets, la tempête ayant arraché tous leurs mots. Les personnages de ce roman sont des verbes, des noms, des pronoms, des adjectifs, des articles... Et ils tombent malades, en plus d'avoir des sentiments. Tantôt maltraités, tantôt répétés sans cesse et usés, appauvris et massacrés, ils gisent sur des lits de fortune dans un hôpital surchargé de patients.


Ce roman, représenté sous forme allégorique, porte non seulement sur la relation d'amour entre l'écrivain et ses mots, mais d'abord et avant tout sur l'importance de préserver la justesse de la langue. Sans oublier, bien sûr, d'apprendre à relever les défis de la grammaire, des exceptions et des accords. L'auteur dira: «Les mots c'est comme les notes. Il ne suffit pas de les accumuler. Sans règles, pas d'harmonie. Pas de musique. Rien que des bruits. La musique a besoin de solfège, comme la parole a besoin de grammaire». Jeanne et Thomas prendront donc conscience du fait qu'avec les mots nous ne sommes jamais seuls. Nous nous enrichissons d'un trésor inestimable dont trop d'hommes sont appauvris et limités. Des forces destructrices et protagonistes, telles que la peur, la paresse et l'indifférence, chercheront sans cesse à nuire au savoir. Et il faudra à chaque instant s'en préserver...


Je ne peux pas dire que c'est le genre de lecture qui me permet de beaucoup m'évader, et je n'aurais pas lu 100 pages de plus. Évidemment, ce n'est pas un polar ni un roman à la psychologie fine qui pousse à de belles réflexions sur l'âme humaine et dont les dialogues sont d'une richesse émouvante. Mais j'ai aimé l'idée originale de la présentation, d'autant plus que la langue française me tient à cœur. Et surtout, je l'ai lu jusqu'au dernier mot:)

19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 21:31

le.grand.bleu.01

 

 

À la mer si beaucoup

 

J'en rêvais,

des pieds dans l'eau

sous les miens bien au sec

des fonds de mille mètres;

que d'eau sous le bateau.

Je le vois,

soudain l'océan se fait vieux

soucieux moi aussi,

mes cheveux blanchis si vite;

les vagues ne jouent plus

prennent de l'âme,

les vieux lions rugissent.

 

Ah la mer si beaucoup.

 

Je la suis, elle me suit?

le vent débraillé traîne ses loubards

sur ce terrain-vagues, un vague à lames

une vague de fond à crête blanche,

il me semble,

l'avoir déjà rencontrée

est-ce elle, son sosie?

Mais où et quand?

Me sourit-elle de ses dents blanches?

Elle m'a sûrement reconnu, c'est elle

la belle robe blanche et ses froufrous,

elle ressemble comme deux gouttes d'eau

à la vague de mon premier amour:

À s'y méprendre, je me souviens,

mais si mon amour souviens-toi

nous étions sur la jetée qui

tenait par la taille le vieux port endormi,

nous jouions à nous jeter des baisers

cette vague est venue se briser sur un rocher

déposer son sel sur nos lèvres nos baisers,

souviens-toi ma douce tu m'avais même dit:

qui se soucie qu'une vague meurt?

Sur l'océan une vague sait nager

mais sur terre elle se noie.

 

À la mer si beaucoup.

 

Je m'endors,

lentement les pieds dans l'eau

là, au-dessus de moi mille mètres d'eau

mon cœur à sec mon corps n'a plus froid

oui, oui je me souviens ces mots si doux:

«GO AND SEE MY LOVE»

 

JC.Eloy

29/08/2005

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 18:55

soif

 

 

 

      Soif

 

Pleurant la fin de ma naissance et le début de ma vieillesse

Je sortis nu d’un sein d’ivresse

Pour traverser sans bruit l’enfance

 

Dans un désordre d’aube pâle où meurt hier, où point demain,

Un poing crispé pour toute main,

Je descendis de mon étoile.

 

Je savais perdre tout espoir dès lors que d’éphémère,

Coupé du ventre de ma mère,

Et l’univers pour mon miroir.

 

Trompant la mort avec l’amour, filant le temps, tissant la vie,

Je m’inventais des mots impies

Comme « éternel », comme « toujours ».

 

Je survolais par nuits sans lune un archipel de terres vierges,

Y tenant allumés des cierges

Pour réchauffer de sombres dunes.

 

Le bonheur dort dans ma mémoire au fond des draps du souvenir,

Le retrouver, le retenir,

A sa fontaine encore boire !


 

Théo

Juin 2008

19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 18:53

Faussaire

J’appréhende les matins éclatants qui sertissent les yeux de faux semblant.

Au diable les « joyeux » mécontents. Je veux des matins sans décorum. Délivrant la mélancolie d’une profonde métamorphose. Des paupières rougissantes. Sans barreaux.

Je veux des cieux empourprés de mon âme close.

Elle se ferait oiseau. Libre et tonnante de mille mots endoloris. Sous la voûte, virevoltante, je jouerais Ma symphonie. Une suite d’accord morose que seuls les anges décrypteraient. J’enverrai valser les frontières aux regards foudroyants leurs rengaines, cette morne comptine… qui me lance… lance… lancinante :

« Mets ton masque petite fille
Ton visage frôle l’indécence
Mets ton masque petite fille
Ta tristesse frise l’impudence »


Et la foudre à mes mains serait mon tisonnier.

De ces longs combats nocturnes, je veux orchestrer la parade immortelle. Encenser l’éther blêmissant de mes aubes insoumises. Parader l’effroi de trop longues nuits insomniaques. Et dans la violence du déluge m’atomiser. Incendier les péchés dissidents de mes pensées. Hurler la peine qui déchire les parois de ma cage. Mettre le feu au pantin du politiquement correct.

Je veux un ciel de tempête, heureux de vivre son mal de vivre. Je veux la liberté d’être libre. Libre d’être mourante. Mourante et affamée de vivre. Vivre la tourmente et passer mon chemin.

Mais toujours cette sentence comme un boomerang:

"Les poupées cassées jamais ne se réparent
Les âmes brisées jamais ne se dénudent"


J’appréhende les beaux jours lumineux où il faut faire semblant et jouer.
Jouer un rôle qui rassure les mal heureux.

Je veux des jours sans comédie enjouée.

 

Saphariel

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