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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 00:27

Merci gentille Nadael pour tes soleils couchants sur La pointe de Trévignon… 

 

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:58

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« Notre destin, à nous et à nos semblables, est d’affronter le monde comme les orphelins que nous sommes, pourchassant au fil de longues années les ombres de parents évanouis. À cela, il n’est d’autre remède qu’essayer de mener nos missions à leur fin, du mieux que nous le pouvons, car aussi longtemps que nous n’y sommes pas parvenus, la quiétude nous est refusée »

 

Après Never let me go et Les vestiges du jour, je me suis attaquée à ce magnifique roman. Certains auteurs, comme celui-ci, méritent vraiment d’être découverts dans l’ensemble de leur œuvre. Ses ouvrages ne m’ont pas tous suscité le même intérêt. C’est évidemment une opinion personnelle fondée sur mes valeurs... Mais si j’ai adoré Never let me go, je me suis mortellement ennuyée dans Les vestiges du jour, qui consiste à mon sens en une longue énumération de 350 pages sur les grands salons anglais. Dommage… le film est pourtant excellent…

Christopher Banks, notre héros et narrateur, a vécu sa vie entre Londres et Shanghai. La Chine des années 30 étant soumise à l’invasion massive et destructrice des Japonais, il vécut avec ses parents à l’intérieur des limites strictes d’une concession internationale pour laquelle son père travaillait. Il lui était défendu de pénétrer dans les quartiers chinois de la ville, jugés dangereux. C’est dans cette atmosphère d’ostracisme et d’isolement d’un pays en guerre que l’auteur convie le lecteur à voyager aux côtés de Banks. Ses personnages seront marqués par la solitude. Chacun luttera à sa manière et tentera de survivre.

Mais la trame principale du roman n’est pas qu’associée à la guerre, même si elle constitue le fond historique du roman. Elle tourne autour du kidnapping des parents de Christopher, alors qu’il n’a pas atteint l’âge de 10 ans. Se retrouvant seul, il retournera en Angleterre et deviendra détective. Après des années d’enquêtes et d’investigations, il tentera de les retrouver dans une Chine toujours sous la menace des attaques et d’une situation politique complexe.

Outre Christopher, plusieurs personnages sont marquants dans ce livre. À commencer par sa mère, femme forte et déterminée, qui a mené des campagnes contre le commerce de l’Opium en Chine dans les années 30. Elle revendiquera également les actions commises par la « compagnie » - la concession internationale. Et sera éprise d’une compassion pour le malheur des Chinois défavorisés. Il y aura aussi la belle Sarah, femme énigmatique aux valeurs superficielles. Akira, son ami d’enfance japonais. L’oncle Philip, dirigeant une organisation philanthropique se consacrant à améliorer les conditions de vie dans les quartiers chinois. Allié ou ennemi? 

Le roman est construit sur fond d’intrigue, sans être un policier. Tant mieux, parce que je n’aime pas le polar et je me serais vite lassée. C’est avant tout l’histoire d’un jeune homme déterminé, qui ira au bout de ses convictions. Le regard innocent de l’enfance est mis en valeur par l’auteur, qui évoque avec sensibilité la nostalgie d’un temps passé. La fidélité dans l'amitié et la force des souvenirs se présentent de manière touchante. Fait intéressant, une histoire de mutation génétique m’a ramenée à Never let me go, pour lequel j’ai eu un coup de foudre. Probablement parce que j’ai été émue par le destin de ces jeunes. Tout autant que je l’ai été par Christopher…

« Je pense que ce ne serait pas un mal si tous les enfants comme toi grandissaient entourés de toutes sortes de nationalités, en empruntant un petit quelque chose à chacune. Alors, peut-être que les hommes seraient moins méchants les uns avec les autres. Il y aurait moins de guerres, pour commencer. Oh, oui! Peut-être qu’un jour on en finira avec tous ces conflits, et ce ne sera pas grâce aux grands hommes d’État, ni aux Églises, ni aux organisations comme celle-ci. Ce sera parce que les gens auront changé. Ils seront plus mélangés ».

Quel plaisir d’avoir partagé cette lecture avec Malika et Claudia Lucia :-)

 

Malika : http://3bouquins.over-blog.com/

 

Claudia Lucia : http://claudialucia-malibrairie.blogspot.fr/2014/07/kazuo-ishiguro-quand-nous-etions.html

 

Également lu du côté de chez Eeguag il y a quelques années. Pour lire sa critique :

http://eeguab.canalblog.com/archives/2006/10/01/3053183.html

23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:58

Excellent Challenge chez Belette, c’est ici :


http://thecanniballecteur.wordpress.com/2014/07/06/challenge-il-etait-une-fois-dans-louest-reprise-par-le-cannibal-lecteur/

 

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« Si Cormac McCarthy avait le sens de l’humour, il aurait pu concocter une histoire comme Les frères Sisters, western sanglant, pétri d’un comique féroce. »


Los Angeles times

 

L’un des plus grands plaisirs que j’éprouve en lecture est celui de l’instant où, ma lecture du moment achevée, je me tourne vers le choix du prochain livre. Sans exagérer, ça me rend presque euphorique. Mais je recherche avant tout l’alternance d’un style littéraire à l’autre pour m’immiscer au cœur d’un voyage où je serai transportée par le dépaysement. À cent lieues de l’histoire d’amour à laquelle je venais d’échapper, par l’entremise d’un roman japonais un peu mièvre, je me suis retrouvée en plein cœur d’un western sanglant, assise au bar d’un saloon, pas trop loin d’un bordel et de l’amour d’un soir, entourée de whisky, de viande de bison et de pain ranci, d’un écho de duel aux pistolets et de deux tueurs à gages, les frères Sisters : deux brutes de la pire espèce, truands et bandits, à l’allure dégingandée. Et n’allez surtout pas croire qu’il fut de tout repos de voyager auprès d’eux !

 

Envoyés aux trousses d’un chercheur d’or, ils feront la route de l’Oregon jusqu’en Californie, en compagnie de leurs fidèles chevaux, Tub et Nimble (clin d’œil à Jolly Jumper et Lucky Luke, version gangster de la pire espèce). Chaque village traversé donnera lieu à des rencontres pour la plupart peu amicales. En ces 500 pages, j’ai aussi croisé une sympathique araignée venimeuse, qui m’a rappelé celles du désert du Mojave en Arizona. Eh oui, celle-ci avait fait pénétrer son poison mortel dans l’orteil de l’un des frères qui, visiblement, les affectionnait autant que moi! Autrement, ce livre est teinté d’un humour ironique et absurde. Je me suis surprise à quelques reprises à éclater de rire. Quelques questionnements colorent la route, et pour n’en nommer que quelques-uns… qu’est-ce qui fait un grand homme? La richesse? La force de caractère? Celui qui ne perd jamais son sang-froid? L’auteur répondra ainsi :

 

« Le grand homme, c’est celui qui sait repérer un vide dans le monde matériel, et le combler avec l’essence de lui-même. Le grand homme c’est celui qui sait attirer la chance en un lieu qui en était dépourvu auparavant, par la seule force de sa volonté. Le grand homme, enfin, c’est celui qui sait faire quelque chose en partant de rien. »

 

Finalement, l’auteur rend compte de l’hystérie qui entoure la ruée vers l’or, du désir de richesse, de s’emparer du bien d’autrui. Plusieurs réflexions pivotent autour de ce thème. Mais aussi autour de l’esprit humain, empli de curiosité et de persévérance, d’aventure et de labeur, ainsi que de soif de liberté. Franchement, j’ai parcouru ce roman avec beaucoup d’enthousiasme. Et pour être dépaysée, je l’ai été pleinement, c’est le moins qu’on puisse dire! Certaines critiques de la presse ont dit de ce livre « Imaginez Mark Twain sur l’acide. Complètement déjanté… », « Western terriblement imagé, digne d’un film des Coen », « À bien y penser, c’est un peu du Tarantino »…

 

Les frères Sisters ou comment devenir gangster ! 

23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 00:56

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Oui, les éléphants pleurent!

 
Le soleil enrubanne les nuages de rose, la nuit approche, et le terme de la maman … Un enfant va naître.
Elle l’a porté longtemps, si longtemps que le père a oublié … Il a quitté sa famille pour une autre. Cela
arrive parfois, rarement.

Elle l’a porté longtemps, si longtemps ! Et ce soir, il va venir sur terre, il va se séparer de sa chair et la longue épreuve commencera : l’apprentissage de la vie.
L’apprentissage des sentiers et celui des dangers ; l’apprentissage de l’eau et celui du feu.
De la faim, de la soif, de l’amour et des jeux …

Ce soir, cette nuit.

La Lune attend. La famille entoure la future maman. Père, mère, frères, sœurs, silencieux et pesants.
Bientôt …
Un singe crie, un lion rugit.

La maman perd ses eaux. Le cercle de famille se resserre.

L’enfant paraît !

C’est un éléphanteau de trois cents kilos.

Alors … Sur les joues des géants gris, montagnes frémissantes, coulent des larmes d’émotion …
Des larmes de joie sillonnent ces peaux immémoriales qui font rêver les enfants. Les grandes oreilles s’agitent, les larmes coulent. Et moi, je comprends … Je comprends qu’ils ont une âme, comme le disent les guerriers Masaï.

Et je m’associe à eux, mes frères paisibles et fiers.

Oui : les éléphants pleurent !! Et je pleure avec eux, de joie.

 

Théo

20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 01:45

 

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Il était bon ce verre de blanc… Onctueux, savoureux… Sauf qu’il m’a coûté mon ordi quand je l’ai échappé sur le clavier hier soir ! Tabarnak ! Oui, c’est le premier mot qui m’est sorti de la bouche. Black out total, des lignes rouges psychédéliques s’affichent à l’écran et puis, plus rien. Envolées les 10 000 photos, les deux dernières critiques que je venais de terminer. Oula…… Respires Nad ! C’est juste du matériel… Penses aux cours de yoga, aux techniques de respiration. Médites. Vas prendre une marche. Enlèves les mauvaises herbes dans le jardin. Reprends une gorgée. Taba… !

Je me suis donc tournée vers le Festival International Nuits d’Afrique, qui se terminait ce soir, et j’ai découvert ou redécouvert des petites merveilles.      

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Banda Kakana

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Ernesto Dabo

 

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Lorraine Klaasen      

   

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Veeby    

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Fefe  

 

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 01:44

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Fleur du mâle

Le soleil allumait les vagues en myriades ;
Les ramiers roucoulaient dans les tamariniers,
En éternel écho au chant des mariniers.
Tes cheveux t’habillaient d’une ébène en cascade.

Poséidon plantait dans ta chair succulente
Mille tridents d’écume à la mousse lubrique.
Les bateaux attendaient, amarrés dans les criques,
Que s’apaise le rut des eaux incandescentes.

Tu sortis d'une lame en extase amoureuse,
Vénus, qu’un dieu marin inonde de semence,
Et tu offris ton corps de native indécence
Au désir façonné par ta bouche pulpeuse.

Et l’océan portait une étrange rumeur,
Tandis que j’accordais sur ta peau de basane
L’archet dur de mon corps aux marées océanes,
Qui laissent sur la grève leur sel et notre odeur.

Théo
Janvier 2005/mars 2009

20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 01:41

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   Être      

(Île de Rimbaud)

Etre Rimbaud, attaché au poteau du rêve,
Descendre les fleuves sur le dos d’un radeau
Jusqu’à la chute sombre, inévitable et brève,
De l’horizon dans l’eau.

Etre un sale gosse, marcher dans la gadoue
Boire le calice de sang jusqu’à la lie,
Attendre l’hallali dans l’île de Padoue,
Parque, filer la vie.

Etre ce clavier où se posent les doigts
De la tendresse folle et du divin’ amour,
Pleurer la gamme de mes envies de toi,
Diapason de toujours.

Etre cet homme nu, locataire du Monde,
Qui paye son terme en colliers de larmes,
Qui se noie dans l’amer où regorge l’immonde,
Mais qu’un baiser désarme.

Etre seul et mourir, être deux et pleurer,
Etre en foule et courir devant pauvre Panurge,
S’abandonner aux flots pour un dernier refuge,
Et puis, avoir aimé.

Théo
Juillet 2005
 

14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 13:52

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« La vallée de Tucson se trouvait étalée devant nous, nichée dans son berceau de montagnes. La plaine déserte qui nous séparait de la ville s'offrait à nous comme une main à une diseuse de bonne aventure, avec ses buttes et ses mamelons, les lignes de vie et de coeur des lits secs de ses cours d'eau.
Venant du sud, un orage approchait, lentement. Il ressemblait à un immense rideau de douche gris-bleu tiré par la main de Dieu. C'était tout juste si on voyait au travers, si on distinguait les contours des montagnes de l'autre côté. De temps en temps, de blancs rubans de lumière bondissaient nerveusement entre les nuages et les sommets des montagnes. Une brise fraîche se levait derrière nous, parcourant de frissons les troncs des prosopis »

 

Barbara Kingsolver fait partie de mes écrivaines américaines favorites. Quelle dame! La vie rêvée, une petite ferme isolée dans les Appalaches, loin de l’agitation urbaine. J’aime bien ces femmes déterminées, qui ont du caractère. Militante, elle a longtemps contesté l’engagement américain au Vietnam et milite contre le maccartisme… et pour la liberté des femmes. Elle est pianiste, biologiste, écologiste, activiste écolo et environnementaliste. Son intérêt pour la justice sociale est présent dans chacun de ses romans, où elle s’exprime avec une émouvante simplicité. Oh oui, quelle femme! Une femme qui touche à l’essentiel… Les héroïnes de ses romans sont libres et indépendantes. Elles expriment leur féminité à travers des sentiments complexes. Elles sont attachantes. Rebelles aussi. Et je m’y reconnais…

 

C'est donc toujours un plaisir d'entamer l’un de ses romans et ces deux-ci furent, une fois de plus, une excellente surprise. Évidemment, il y a cette nature sauvage et aride, le dépaysement. Et ces petits drames de la vie quotidienne. Il y a aussi Taylor, l’héroïne de ses deux romans, qui fuira le Kentucky et roulera vers l’ouest, vers un « nowhere ». Mais attention! Rien de moins qu’à bord de sa vieille Coccinelle, que j’échangerais même, sans hésitation, contre mon Westfalia rose! Sa destination? Qu’importe… sans doute partira-t-elle un peu à la recherche d’elle-même. Et cherchera à fuir une vie bien rangée, de mère au foyer, avec sa traînée de petits.  

« Quand j'étais haute comme trois pommes, je partais pêcher au bord des étangs le dimanche, et je ramenais tout un tas de goujons plus maigrichons les uns que les autres et, des fois, une perche grande comme le pouce. À voir maman, on aurait dit que j'avais attrapé le fameux poisson de Shep's Lake, le rêve des vieux chiqueurs de tabac.
"Voilà ma grande fille qui ramène le souper", disait-elle. Et après avoir fait cuire le tout, elle nous le servait rien qu'à nous deux comme un repas de Thanksgiving »

 

Elle rencontrera Turtle, une petite indienne de trois ans, abandonnée sur la route de l’Oklahoma. À travers elle, elle se retrouvera peu à peu. Cette petite sera l’occasion, pour l’auteure, de parler des populations autochtones Cherokee et des réfugiés guatémaltèques. D’autres femmes s’ajouteront à son parcours, avec qui elle se liera d’amitié. Aussi différentes soient-elles, elles auront un point en commun : elles s’offriront la liberté de vivre, avec leurs rêves et leurs regrets. Et j’en serai touchée… Touchée par cette solidarité et cette entraide. Par leur générosité inconditionnelle. L’arbre aux haricots et sa suite, Les cochons au paradis, est une histoire pleine d’humanité, de douceur et de tendresse. On se sent bien en refermant le livre sur la dernière page. On en ressort avec une soif de simplicité et d’exil… J’aime cette idée de partir vers un nowhere, à la recherche de rien, de rien d’autre qu’une certaine liberté…  

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 23:57

C’est le temps d’enfiler ma combinaison et de partir en plongée, tout bientôt. Dans la péninsule du Yucatán et le Quintana Roo...

 

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La magie des cenotes

 

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Ma hantise de la mer des Caraïbes… sales bêtes!

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Heureusement, il y a aussi de magnifiques poissons tropicaux…

 

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:41

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Ce roman est « terriblement » magnifique et d’une belle profondeur. En le parcourant, j’ai pris conscience plus que jamais du sens que l’on donne au mot fragilité. L’auteur nous convie à poser un regard sur la douleur associée à la perte. Après la mort de l’être aimé, qu’advient-il de l’amour? Qu’est-ce qui continue d’exister? Pour ces adolescents qui en sont à leur premier amour, s’élève au centre du monde une énorme forteresse de magie et de rêve, qui provoque, à sa chute, cette douleur qu’on croit alors insurmontable.

 

Sakutaro et Aki étaient en quatrième quand ils se sont rencontrés. Dès les premiers instants, ils tombent amoureux. Il ne s’en relèvera jamais. Ils vivront une grande histoire d’amour… d’ailleurs, toutes les histoires d’amour ne sont-elles pas les plus grandes, les plus passionnées pour ceux qui les vivent? Aki lui insufflait le désir de voir, de vivre, de toucher, de ressentir…

 

« Elle se tenait devant moi, jeune fille sur le point de devenir adulte, pareil à du cristal de roche posé sur une table et qui, vu sous un certain angle, se met tout à coup à miroiter magnifiquement ». 

 

En barque, il l’emmènera, une nuit, sur l’île des rêves. En cette île où ils seront seuls au monde, il rêvera de lui faire l’amour. Elle sera là, devant lui, désirable, aimée. Les lèvres d’Aki auront un goût de feuilles d’automne. Et il les boira, délicates et fraîches, à sa source. Il est amoureux fou, d’ « une évidence plus grande que sa propre existence ».

 

Lorsqu’en première de lycée Aki apprend qu’elle est atteinte de leucémie, le monde de Sakutaro s’effondre à ses pieds. Et c’est là qu’on entre dans le coeur du roman : la mort. À travers le deuil que traverse le jeune homme, on prend conscience de l’expérience que cela peut signifier pour un adolescent. Ce choc est douloureux pour n’importe qui, mais à 16 ans, il est peut-être encore plus difficile d’en comprendre le sens. Est-ce que la mort a une raison d’être? Sakutaro confondra le rêve et la réalité, perdra ses repères. Dans le vide qu’il sentira en lui, il cherchera à trouver un sens à la maladie. Dans sa douleur, il ne saura même plus ce qu’il cherche à fuir. Et il apprendra à vivre à travers elle...    

 

« J’ai été entraîné pendant un instant dans un tourbillon euphorique vertigineux. J’étais la proie d’une joie suave qui faisait frémir chacune des minces parois de mon cœur. Je revivais l’émotion de notre premier baiser, de la première fois où nous nous étions enlacés. Mais l’instant d’après, ce tourbillon de lumière fut englouti dans un abîme obscur, absolument silencieux ».  

 

Le grand-père de Sakutaro a vécu ce grand chagrin et consolera du mieux qu’il le peut son petit-fils. Ils se retrouveront souvent, devant une bière. Il lui racontera cette femme mariée qu’il a aussi aimée, durant 50 ans, d’un amour impossible. Et qui est morte de vieillesse avant qu’il n’ait pu vivre auprès d’elle.

 

Afin de rendre un dernier hommage à Aki, Sakutaro entreprendra un pèlerinage à Cairns, en Australie, avec ses parents (à elle). Avant qu’elle ne meure, elle s’était passionnée pour la vision du monde et le mode de vie traditionnel des aborigènes d’Australie. Il représentait un monde idéal auquel elle aurait voulu appartenir et qui donnait un sens à l’épreuve qu’elle traversait.

 

« La mer hivernale, paisible, calme, d’un bleu limpide. Où que je porte mon regard, j’étais aspiré vers des souvenirs pleins de nostalgie. J’ai vissé fermement un couvercle sur mon cœur et j’ai tourné le dos à la mer ». 

 

Un roman empli de spiritualité, qui fait éprouver l’une des plus grandes expériences de la vie...

 

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