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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 23:40

Nouvelles-3 5692

 

  « Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants, mais peu d'entre elles s'en souviennent. »

 

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Cette histoire d’amour a commencé j’avais à peine 12 ans et, depuis, elle ne m’a jamais quittée. J’en ai rêvé des nuits de ce petit garçon au regard azur et aux cheveux d’or. On disait de lui qu’il était tombé du ciel, ébloui par une étoile. Qu’en plein désert, à mille milles de toutes les terres habitées, il avait surpris de sa petite voix un aviateur… 

 

« S'il te plaît... dessine-moi un mouton! »

 

J’avais aussi entendu dire qu’il avait rencontré des gens un peu bizarres. Un roi, un buveur, un vaniteux, un allumeur de réverbères, un géographe... Si je ne pouvais pas encore apprécier toute la saveur de leurs échanges, je me doutais bien qu’en lui vivait un petit homme qui avait toutes les curiosités de saisir le monde qui l’entoure.

 

« Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. »

 

C’est alors que j’ai croisé la route du renard…


J’ai mis des années à comprendre pourquoi on risquait de pleurer un peu si on s’était laissé apprivoiser. Que l’on devient responsable de ses engagements et qu’il faut prendre le temps d’approfondir pour mieux connaître. S’asseoir un peu plus loin, d’abord, et regarder du coin de l’œil. Puis s’approcher, doucement. Tout cela m’apparaissait tellement triste! Je n’avais pas encore compris que se laisser apprivoiser pouvait susciter le manque, mais qu’en même temps, tout l’amour qu’il contenait était le cadeau d’une vie. Je n’avais pas encore compris que c’était à cause de la couleur du blé… Qu’« on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux »…

 

« Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »

 

On disait justement de mon Petit Prince qu’il était tombé amoureux d’une rose, une rose unique au monde, ce qui l’avait désemparé. Et que le renard l’avait aidé à s’y retrouver un peu. Au premier regard, elle avait l’air d’une rose comme toutes les autres. Puis, il l’avait arrosée, abritée sous un paravent et mise sous un globe. Il l’avait même écoutée se plaindre et se vanter. Ainsi, elle était devenue importante, à cause du temps qu’il y avait consacré…

 

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose importante. »

 

Il lui fallut un long voyage pour le comprendre, saisir à quel point il l’aimait. Un voyage duquel on ne revient jamais que par l’esprit. Aimer, c’est accepter de voir l’autre disparaître un jour. Pauvre Petit Prince… À moins que ce soit toi qui aies tout compris? Tu disais que « Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et que c'est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.  » Moi, je veux bien te croire… D’ailleurs, l’aviateur m’a priée de le prévenir si jamais je croise ta route un jour. Tu voudrais bien qu’on s’apprivoise l’un l’autre? Nous serons uniques au monde…


pp1

Chaque fois que je retrouve le Petit Prince de St-Exupéry, je me surprends à le chercher dans les recoins de mon cœur. Après tout, il m’a enseigné beaucoup de ces valeurs essentielles que les grandes personnes ne m'avaient pas encore apprises. Il m’a montré que la vie est une histoire de rencontres. Que l’écorce est la part superficielle des choses. Que, lorsque l’on devient de grandes personnes, on se retrouve souvent emprisonné par les choses matérielles, que l’on s’accroche à l’inessentiel. Que l’on juge par rapport aux apparences. Que les grelots dans le ciel ou les champs de blé peuvent nous rappeler les gens que l’on aime. Mais avant tout, qu’on a tous un enfant en nous…

 

Si vous le croisez quelque part, vous lui direz que je l’attends toujours?

 

Je t’aime mon Petit Prince xx

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 02:15

Nouvelles-3 5685

 

Ce superbe recueil de poésie regroupe plus des 26 plus beaux poèmes de la poète japonaise Misuzu Kaneko, illustrés par les magnifiques aquarelles de Midori Yoshida. Née à Nagato en 1903, un petit village de pêcheurs, elle s’enlève la vie à l’âge de 26 ans. Ses poèmes pour enfants se sont principalement inspirés de la mer. Setsuo Yazaki les a fait revivre à travers ses manuscrits posthumes…

 

japon2

 

Thank you so much Hitomi, my little pearl from Japan...

 

Thank you for this long-lasting friendship, for your joyful smile and for all the memories treasured in me forever. For these priceless moments we have shared at McGill, like real friends do. For the Cherry Blossom in flower shape which symbolises your courage, facing the challenges life has put you through over the last few years…  

 

I will save this poetry book close to my heart, which will allow me to remember the great times we had together, as well as your presence, always precious and unique.

 

One of my favorite poem is Rainbows on Eyelashes. It reminds me of a rainbow with eyelashes of friendship. It reminds me you…

 

I will always be there…

キス

Nad xx

 

Nouvelles-3 5686

 

Rainbows on Eyelashes

  

I wipe and wipe

    Yet they keep flowing,  

    Within my tears  

    A thought arises.  

         

-I must be

    An adopted child-  

 

While I look and look

    At the beautiful rainbows,  

    On the tips of my eyelashes  

    A thought arises.  

 

    -I wonder what  

    Today’s teatime snack will be-  

22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:24

Véro, il n’y a que toi pour vivre des expériences aussi enrichissantes!

Revenir de la Riviera Maya avec une p’tite bibitte, alias un scorpion au venin mortel, confortablement installé, bien au chaud, au fond de ta valise… Comme souvenir de voyage, s’en est tout un!      

Dire que dans la jungle je suis toujours trop occupée à surveiller les tarentules, j’en oublie tout le reste. Ça me rappelle les huttes de Tulum, et le filet qu’ils t’installent autour de ton lit pour éviter ce genre de « rencontre nocturne inoubliable ». Car à la nuit tombée, ça grouille dans tous les sens. Misère…    

Bon, j’en arrive au plus important :    

Les conseils d’une pro sur « Comment tuer la bête en 4 étapes faciles »    

Règle numéro un, va chercher tes bonnes grosses bottes Sorel pour éviter qu’elle t’arrache un bout d’orteil. C’est un conseil d’amie… 

Règle numéro deux, éviter de la perdre de vue, si tu ne veux pas passer la nuit à craindre l’attaque de la bête! J’suis certaine qu’elle trouverait ça douillet un p’tit oreiller de plumes, ça lui changerait de la jungle Maya…    

Règle numéro trois, une fois la bibitte repérée, essayer de mettre fin à ses jours. Mais avant… eh oh quand même!!! Pas si vite!!! Avant, donc… prendre le temps de se demander comment elle pourrait bien réagir si on la mettait dehors dans la neige à moins 30… Un 70 degrés de décalage du jour au lendemain, ce doit être quand même dépaysant, non? Ah Véro, toi t’es la meilleure! J’t’adore!!! La prochaine fois tu m’appelles et je débarque chez toi dans la minute. On pourra s’adonner à toutes sortes d’expériences aussi inoubliables que craquantes.    

Car parlant de « craquantes », j’en arrive à ma règle numéro 4, une fois que tu as pris ton courage à deux mains et que tu l’as écrasé (i.e. : je parle toujours de la bête) « sauvagement » d’un bon gros coup de talon de ta botte Sorel, tu te remémores pour le restant de tes jours le « Skkkkkkkkrouuuuuuuuuch » aussi gracieux que ragoûtant qu’elle a laissé en toi dans un élan de poésie hors de l’ordinaire...    

J’t’adore Véro, avec toi, la vie est un vrai challenge! Quel rayon de soleil tu es...     

And this is « THE » picture of the beast :

 

véro scorpion

11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 23:00

Je fais remonter ce vieux billet couleur café, pour se souvenir d’Haïti, 5 ans après…

Tendresse à ma famille haïtienne, Valérie, François, Marie-Michèle et à toi, grand-maman. Je vous aime <3  

 

 

L'odeur du café

 

 

Et la si belle version illustrée par Francesc Rovira:


 

L'odeurducaféillustré

 

 

"Il y a longtemps, très longtemps, j'étais un petit garçon de 10 ans follement amoureux de Vava. Aujourd'hui, je suis un homme de plus de 50 ans, et je suis toujours amoureux de Vava. L'amour est éternel"

Extrait: Je suis fou de Vava, Les Éditions de la Bagnole, 2014

 

Ce livre est d'une tendresse infinie...

 

Forcé à fuir Haïti sous le régime Duvalier, et suite à l'assassinat de son collègue et ami, Dany Laferrière a choisi le Québec comme terre d'accueil. Dans ce petit récit écrit sous forme de prose, il évoque avec passion les souvenirs de son enfance à Petit-Goâve, auprès de sa grand-mère Da, à laquelle il est profondément attaché. La relation qui les unit est douce et complice, on voudrait tendre la main, la vivre...

 

Son quotidien est semé de petits bonheurs simples. Il regarde les colonnes de fourmis, pendant des heures, sans se lasser... Da arrose la galerie... Dans ces pages, le temps s'est presque arrêté, figé dans le souvenir d'émotions douces.

 

Il a capté dans les moindres détails des images, des couleurs, des goûts, des odeurs, comme le bon café de Da. Et notre voyage n'en est que plus beau, il éveille en nous la finesse des sens et y laisse une empreinte.

 

Des personnages s'infiltrent ici et là avec simplicité. Sa première amoureuse, la petite Vava à la robe jaune, celle qui fait toujours battre son coeur 50 ans plus tard. Un voisin un peu trop curieux, des amis d'école, sa cousine Didi... Dany Laferrière est un authentique, un poète de l'âme et des sentiments vrais.

 

La beauté de cette prose, selon moi, réside dans cette manière qu'il a d'aborder le quotidien avec nonchalance, désinvolture, naturel. Son village est plein de vie, il y fait chaud. Et on s'y croirait, sous le soleil des Caraïbes. En le refermant sur la dernière page, j'ai posé ce livre sur mon cœur, simplement, dans un geste d'amour...

 

"J'ai écrit ce livre pour toutes sortes de raisons. Pour faire l'éloge de ce café que Da aime tant et pour parler de Da que j'aime tant. Pour ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis.

Ni l'odeur de la terre.

Ni les pluies de Jacmel.

Ni la mer derrière les cocotiers.

Ni le vent du soir.

Ni Vava, ce brûlant premier amour.

Ni le terrible soleil de midi.

Ni Auguste, Frantz, Rico, mes amis d'enfance.

Ni Didi, ma cousine, ni Zina, ni Sylphise, la jeune morte, ni même ce bon vieux Marquis.

Mais j'ai écrit ce livre surtout pour cette seule scène qui m'a poursuivi si longtemps: un petit garçon assis aux pieds de sa grand-mère sur la galerie ensoleillée d'une petite ville de province.

Bonne nuit, Da!" 

 

Juillet 2012

 

Tout bouge autour de moi: Le lien (clicker pour lire)


 

Dany

11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 00:24

capitaine-trefleok

 

Quelle Bd magnifique! On en ressort les yeux brillants et embués de toute cette magie qui allie le merveilleux au fantastique. Un univers légendaire où cohabitent lutins, fées, sirènes, elfes, géants, vouivres et autres, sans oublier ces redoutables pirates à l’épée affûtée. Un monde imaginaire et d’une poésie sans nom, signé Hausman-Dubois, ce célèbre duo complice. Si l’un émerveille notre regard à la pointe de son pinceau d’aquarelle aux couleurs douces, d’où jaillissent des rouges, des orangés et des verts éclatants nous rappelant le contraste des éléments, l’autre nous convie, en tant qu’érudit elficologue, à prendre part à cette grande épopée. Le temps d’une lecture, je me suis même prise pour une petite lutine espiègle. Ben quoi?   

 

capitaine1

 

Le brave Capitaine Trèfle, ancien corsaire, vient en aide à un joli petit lutin malmené par quatre spadassins. C’est Haggard Craspeck, le crapuleux capitaine écarlate, qui est à l’origine de cette traîtrise, lui-même qui fit ramener en Ardenne des « Peaux-Rouges armés jusqu’aux dents, des Iroquois sanguinaires de l’Ontario », au Canada! Passage que j’ai relu plusieurs fois, pour des raisons évidentes et surtout pour m’assurer de ne pas l’avoir imaginé (j’en ris d’ailleurs encore).

 

Bref, Nourcine, notre mignon lutin des sables, à la « voix ténue comme le frôlement d’une aile de papillon », le priera de l’aider à retrouver les siens. Mais aussi et surtout, Dodeline, sa « fiancée lutine, dodue du corselet », son « amie coquine », sa « menue compagne », autant de qualificatifs qui m’ont fait sourire jusqu’à l’attendrissement. Ils vivaient dans des « maisons-champignons, des châteaux de fleurs, des manoirs-montagnes et des palais d’eau et de corail », avant que l’homme y fasse irruption et en fasse des bêtes de cirque.  

 

« Et puis, l’homme est venu… venu déranger, bousculer, chasser, troubler les rivières, ensabler la mer, abaisser les cimes, remonter les vallées, déboiser les forêts, mettre l’envers à l’endroit, tout sens dessus dessous. Bref, ils nous firent tant de misères que nous mîmes les bouts vers des cieux plus doux pour nous… De l’autre côté du monde! Là… là au-delà de la mer et de la douzième marche en partant du pied droit! » 

 

Certaines pleines pages sont époustouflantes, avec une tonne de petits détails auxquels on ne veut échapper. De ces pleines pages, on peut notamment s’émerveiller devant cette jeune fille qui s’offre au monstrueux appétit d’un poulpe géant aux bras hérissés de protubérances suintantes. Sans oublier ces planches de scènes de la nature à vous couper le souffle, comme ces paysages du Pôle Nord, ces Iguanes sur une île du Sud ou encore ces morses sur la banquise, qui observent le spectacle d’un bateau prisonnier des glaces. Mais il y a aussi ces images qui font sourire, comme ce bonhomme de neige avec une carotte au bout du nez, dans un hiver où « les odeurs de la neige sont nuancées ». Je pourrais parler de tant d’autres tellement cette Bd est en soi une œuvre d’art d’images et de mots.

 

Quelques clins d’œil finement pensés, du dessinateur et du scénariste, ajoutent à la magie de l’ensemble, comme l’apparition du mystérieux vaisseau fantôme Le Hollandais volant ou même les mots de cette comptine, Promenons-nous dans les bois... Douze chapitres, ou plutôt Chat-clown, de bonheur et d’immersion dans un monde empreint de poésie et de jolis petits personnages dodus avec lesquels on voudrait bien s’imaginer vivre à l’abri d’une maison-champignon.

 

Je viens de renouer avec la BD, et non la moindre, grâce à ce généreux cadeau du marin manU, gentille grenouille des mers qui coasse autant qu’elle « cronde » ;-)    

 

Son magnifique billet signé à l’encre verte est ICI

 

capitaine2

2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:11

Ces battements de coeur sont pour toi ma Lumen, petite soeur d’âme adorée. Pour toutes ces belles années d’amitié et pour les bougies soufflées aujourd’hui…

 

L'artdécouterlesbattements de coeur

 

J’ai acheté ce roman sur un coup de cœur. Et puis, il y avait ce titre si beau, qui suscitait en moi plein de curiosité. Son récit est tout simple, mais il tire sa force de la densité des sentiments qui habitent les personnages. Il rend un hommage respectueux aux souvenirs ancrés en chacun de nous. Aux tournants de la vie, aux expériences que le temps ne guérit pas, mais qu’il réduit à un encombrement tolérable. C’est avant tout l’histoire d’un grand amour.

 

« Je parle d’un amour qui rend la vue aux aveugles. D’un amour plus fort que la peur. Je parle d’un amour qui insuffle du sens à la vie, qui résiste aux lois naturelles de l’usure, qui nous épanouit, qui ne connaît aucune limite. Je parle du triomphe de l’esprit humain sur l’égoïsme et la mort »

 

Tin Win et Mi Mi s’aiment de cet amour-là. On pénètre dans leur univers complice avec un infini respect de l’amour et de l’admiration qu’ils se témoignent.

 

Le monde qui entoure Tin Win disparaîtra peu à peu, jusqu’à voiler ses yeux et lui faire perdre la vue. Il apprendra l’art de sentir les parfums, de reconnaître les sons, les nuances, les voix. Elle sera son plus fidèle regard. À travers elle, il touchera la vie comme un enfant s’émerveille de découvrir le monde qui l’entoure. Mi Mi a les pieds tordus, une difformité génétique. Elle est incapable de marcher. Chaque jour, il la portera sur son dos comme on porte un cadeau. Son odeur lui rappellera celle des pins après la première averse de la saison des pluies. Une odeur de sucre, délicate et fine comme une caresse.         

 

« Je me suis souvent demandé quelle était la source de sa beauté, de son éclat. Ce n’est ni la taille du nez, ni la couleur de la peau, ni la forme des lèvres ou des yeux qui rendent quelqu’un laid ou beau. Ce qui rend beau c’est l’amour »

 

En petit orphelin, Tin Win a grandi bien trop vite. Un jour, alors qu’il avait 10 ans, sa mère lui a dit de l’attendre là, dehors, sur une souche de pin. Il y est resté durant quatre jours, elle n’est jamais revenue. Comme lectrice, j’ai parcouru certaines pages, comme celles marquées par cet épisode, sur la pointe des pieds, avec un pincement au cœur.

 

Mais quel beau roman, on dirait un murmure. Un chuchotement intime de mots qui s’insinuent en nous et qui nous font poser les amarres, le temps d’un questionnement, d’un regard intérieur. Nous aimons tous selon l’image que l’on se fait de l’amour. Mais jusqu’où serions-nous capables d’aller pour le retrouver? Au prix de quels renoncements? La véritable essence des choses n’est pas visible à l’œil et pourtant, on se laisse éblouir jusqu’à l’aveuglement.

 

« Comment leur expliquer que ce que tu représentes pour moi, ce que tu me donnes ne dépend nullement de l’endroit du monde où tu te trouves? Qu’il est inutile de sentir la main de l’autre pour savoir qu’il y a contact? Quelle vie morne et monotone mènent ceux qui ont besoin de mots, qui ont besoin de toucher, de voir ou d’entendre l’autre rien que pour le sentir proche »

 

Oui, quel beau roman, on dirait un bruissement. Un effleurement intime de mots qui nous rappellent la force de l’amitié. Celle qui accompagne les blessures de l’abandon, du deuil, et celle qui naît des solitudes de l’âme. Et de tous ces sentiments qui traversent les hommes, de la peur à la méfiance, de la haine à l’envie, de la joie au doute…

 

Jan-Philipp Sendker signe de ces simples battements de coeur son premier roman, qui a eu l’art de m’émouvoir. L’art d’écouter les battements de cœur, une pulsation d’émotions à fleur de peau.       

 

Kalaw4 

Kalaw3

15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 22:00

Les premiers humains en terre d’Amérique seraient arrivés par le détroit de Béring, entre la Sibérie et l’Alaska. Les hommes qui ont découvert ces terres se sont demandé : est-ce qu’on retourne affronter nos malheurs ou est-ce qu’on tente la grande traversée? Une femme parle à son homme, tente de le convaincre de le faire, il s’appelle Nataq. Voici sa complainte, à mon sens l’une des plus belles chansons de Desjardins…

 

artiste richard desjardins

 

Nataq

Vous pouvez écouter ce si beau poème en cliquant ici

 

Toi, tu es ce soleil aveuglant les étoiles;
Quand tu parles au mourant sa douleur est si douce.
Pour trouver le racage et tuer l’animal,
Pour trouver le refuge tu es mieux que nous tous,
Nataq.


Je dis que je ne peux rêver la vie sans toi.
J’ai la mémoire des eaux où je me suis baignée.
Maintenant que tu vis, que je rêve à la fois,
Tout mon être voudrait que tu sois le dernier,
Nataq.


Mais je ne veux pas mourir sur ce rocher accore
A la vue des autres, abusée par les dieux.
Il n’y a pas de fleurs pour jeter sur mon corps,
Et qui donc frappera le tambour de l’adieu?


Je te le redis, je te suivrai dans la fosse,
Mais je veux de la terre, ô Nataq, tu m’entends!
Si cela te convient, si la vie nous exauce,
Nous serons ensemble jusqu’à la fin des temps.


Mais je suis si inquiète, la lumière retarde
Un peu plus chaque jour, ton silence m’opprime.
Ouvre les yeux et vois que les loups nous regardent,
Ils ont déjà choisi le moment, la victime.


Et voilà que s’échappe dans ce ciel obscurci
Le souffle du chaman étranglé de remords.
Vois! il tremble de peur et ses doigts sont noircis,
Et pendant que je t’aime, il appelle la mort.


Si la mort se hasarde où s’achève le monde
Sois certain qu’elle ne viendra pas que pour lui;
Cachons bien nos blessures, elle s’en vient pour le nombre.


Ô Nataq bien-aimé, moi, mon coeur a conclu,
Moi, je meurs de mourir dans ce funeste camp.
Oui, nous sommes perdus comme nul ne le fut,
Oui, nous sommes perdus mains encore vivants.


Ouvre les yeux et vois cette nuée d’oiseaux
A l’assaut de la mer inconnue, où vont-ils?
Moi je dis que là-bas il y a des roseaux;
Allons voir, allons voir; je devine des îles.


Où le jour se lève, me nourrit et se couche,
Sur des plumes divines et des cavernes sûres.
Il y aura de l’eau chaude comme ta bouche
Pour accoucher la fille et fermer sa blessure.


A ton signe, à ta voix, recueillis sous tes lances,
Des troupeaux de bisons réclamant sacrifices,
Et quand éclatera la lune d’abondance,
Des orages de fruits pour que vive ton fils.


Ton destin est le mien, nous ne mangerons plus;
Nous irons frayer aux savanes intérieures,
Et tu t’enflammeras mon désir pur et nu;
Que je hurle ta joie, que tu craches mon coeur.


Et si par miracle nos prières parviennent
A calmer ces dieux fous que ta douleur fascine,
Je n’accepterai pas que l’un d’eux me ramène
Où j’ai pleuré du sable et mangé des racines.


Je ne retourne pas sur les lieux anciens,
Sous les lois de guerriers débouchant aux clairières,
La mémoire brûlée, le flambeau à la main;
S’il me faut retourner, je retourne à la mer.


Je suis jeune, Nataq, comme un faon dans l’aurore,
Et la vie veut de moi et voudrait que tu viennes;
Réveillons la horde, je l’entends qui l’implore;
Attachons les épaves aux vessies des baleines.


Nous serons les premiers à goûter aux amandes;
Traversons, traversons, amenons qui le veut.
Aime-moi! Aide-moi! Mon ventre veut fendre.
Je suis pleine, Nataq, il me faudra du feu.

 

Richard Desjardins


Chez Asphodèle 

 

Asphodèle1

 

1- Marie et Anne : La soupe de la sorcière de Jacques Charpentreau
2 – Valentyne : Tempête de Thomas Tranströmer
3- Soène : extrait d’une prière que devait dire Consuelo chaque jour, écrite par Saint-Ex, extraite du livre « A et C de
4 – Béné31 : Beaux jours d’octobre de Fernand Gregh
5 – Nadael : Le Moulin d’Émile Verhaeren
6- Jacou33 : Books on the bookshelves de LR Knost.
7 – Modrone-Eeguab : Le Phare d’Eckmuhl de Max Jacobs
8 – LylouAnne : À ma fille de Victor Hugo.
9 – DimDamDom59 : Mort aux vaches de Georges Brassens
10 – Asphodèle : 
Les oiseaux déguisés d’Aragon

13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 02:38

aubergedespauvres

 

« La passion est un ouragan, quelque chose de sublime qui précipite la chute »

 

« Une forte passion, même quand ça se termine mal, c’est pas mal, ça fout un peu de désordre et beaucoup de vie dans les veines »

 

Coup de foudre! Un grand roman, passionné, passionnant, envoûtant…

 

L’Auberge des pauvres est ce livre qui vous brûle la peau des sentiments. J’ai tourné chaque page comme on se rend à un rendez-vous intime, avec l’énergie de l’attente et le vertige des sens. Avec ce désir pressant de retrouver cette « Vieille », une femme atypique aussi attachante qu’inoubliable.

 

Ah! Une grande dame! Une dame pleine de bonté et de compassion, qui a tout perdu, des illusions de la vie jusqu’à la raison. Une histoire d’amour qui s’est mal terminée. Un amour violent, pervers, humiliant, raciste, haineux. Mais aussi, un grand amour, une passion brûlante nommée Marco. Dans son Auberge, ancien asile reconverti en refuge pour les âmes blessées, elle accueille les histoires des uns et des autres, ces petits et grands drames de la vie qui brisent et nous reconstruisent, nous rendent un peu différent et nous changent à jamais. Elle montre le chemin pour se connaître un peu plus. C’est le lieu des amours perdus, des écorchés de la vie, une confrontation ultime avec la solitude.

 

« Une auberge pour solitude trempée dans l’alcool dur et le mauvais vin, pour membres insolites d’une société qui aimerait bien être secrète, mais qui n’est autre qu’une addition d’êtres saccagés par la vie, ruinés avant l’heure, désertés par la gloire, par l’amour… »

 

Le narrateur est marocain. Avec sa femme, ils sont devenus des étrangers qui n’ont plus grand-chose à se dire. Ils se sont mariés parce que c’est rassurant de faire comme tout le monde. La routine s’est installée et les gestes de tendresse ont fait place à l’ennui. Il a encaissé et souffert en silence. Jusqu’au jour où la mairie de Naples lui offre de venir rédiger un portrait de la ville. L’occasion idéale pour fuir, non sans culpabilité, et cesser de poser un voile sur la réalité. Le destin lui fera croiser la route de cette « Vieille ». La profondeur de leurs échanges sera le battement de cœur de ce si beau roman plein de sensibilité.

 

« J’étais prêt à dormir en souriant à la vie, à la nuit, à l’amour, ah! L’amour! La passion dont j’ai si souvent rêvée, cette superbe chevelure qui s’enroule autour de mon corps, ces algues fraîches, vertes, grises ou même bleues qui s’insinuent entre les doigts, cette lumière fulgurante qui me nomme et m’invite à m’asseoir sur un banc de sable, cette suave lenteur du désir qui décline toutes les nuances de ma peau, la réchauffe, la réinvente comme au temps de l’enfance. »

 

Il y a des lectures que l’on traverse en vol direct. D’autres pour lesquelles on voyage en faisant de petites escales. On prend le temps de s’arrêter et de réfléchir en posant les amarres. L’auberge des pauvres en fait partie. On quitte le navire en se demandant ce qui relève de l’imaginaire ou de la réalité. Chacun a ses rêves et vit de ses illusions. Quelles sont ces ombres du passé qui flottent dans l’Auberge? Les histoires d’amour ont toutes le mérite d’être vécues, même au prix d’énormes souffrances. Si les événements se répètent, chaque histoire est unique. Et puis il reste au final la force des souvenirs, ceux qui sont là comme l’écho d’un temps qu’il serait injuste de trahir par l’oubli. La « Vieille » n’oubliera jamais Marco, ni Gino son Idé, qui « un jour est venue le déposer à l’Auberge comme on dépose un blessé ». Qu’en est-il de la liberté, l’ont-ils perdue ou retrouvée?

 

« Nous avons tous dans notre vie des moments d’absence, un état d’inconscience qui nous gouverne et nous fait faire des choses que nous regrettons ensuite. C’est ce que j’appelle le destin »

 

Petite parenthèse sur Momo, un personnage auquel je me suis attachée. Il est Sénégalais clandestin et vend des bricoles sur les trottoirs. La « Vieille » l’adopte symboliquement. Elle est juive, il est musulman. Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le Momo de Madame Rosa dans La vie devant soi, ou encore le Momo de Monsieur Hamil dans M. Ibrahim et les fleurs du Coran. Des histoires d’amour qui traversent les religions…


jelloun 

Sans manU, je n’aurais jamais découvert ce magnifique roman. Merci à la gentille grenouille... 

 

Venez aussi lire le superbe billet du BISON, « Naples ou la vieille ne sont qu’une allégorie de la passion et de l’amour ».

 

C’est aussi l’occasion, manU, puisqu’aujourd’hui tu souffles les bougies et ouvres la page sur une nouvelle année, de te souhaiter bon anniversaire!!!  

 

Ta carte est ICI


grenouillemanu

7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 00:18

Loup2ok

 

« L’important, c’est d’arriver. Peu importe la durée du voyage »    

 

Sors ton Kanuk et tes bottes à poil, tes mitaines et ta tuque, direction le 66e parallèle de latitude nord du cercle polaire arctique. Douillets s’abstenir…

 

J’ai ce goût de l’Alaska, du Nunavut et du Grand Nord. Eh oui... Pourquoi me regardez-vous de travers? Parce que tu n’en as pas assez de la neige cinq mois par année, à moins 40, qu’on me dit? Mais non, la neige pour moi, c’est comme un grand poème d’amour. Les flocons dansent dans le ciel, s’épanouissent dans la chute et viennent mourir sur ta joue. C’est pas romantique ça? Je suis une femme d’hiver, née un jour de tempête de neige, en plein cœur d’un janvier frileux. C’est sans doute ce qui a forgé en moi ce goût passionné des extrêmes. Une attirance vers ces bouts de monde à la Sepulveda et Tesson, version sud, version est. Un désir, plus fort que la rage encore, de vivre en harmonie avec la nature sauvage, d’escalader les montagnes ou les pics glaciers, ailleurs qu’au mur d’escalade de la rue du Vieux-Port. Ce goût des aiguilles de pin qui tapissent le sol et l’odeur du feu de bois qu’on regarde s'éteindre jusqu’à la dernière braise. Ce décor figé dans la glace et pour lequel je fonds d’amour…

 

« La quinzaine de petites tentes luisaient dans la nuit claire, comme des lanternes éclairées de l'intérieur et disposées sur le sol en prévision d'une cérémonie secrète. L'ensemble évoquait un village d'êtres féeriques, tout droit sortis d'une vieille légende. Un voyageur aurait douté de sa réalité... »

 

Nicolas Vanier, lui, n’a pas peur du froid. Passionné du Grand Nord québécois, il a suivi les traces des Indiens montagnais, puis traversé la péninsule du Labrador, guidé par ses chiens de traîneau et accompagné de ses loups. Il a vécu dans une cabane des Rocheuses et de la Colombie-Britannique, puis parcouru le Yukon jusqu’en Alaska. Voyagé face au vent dans les forêts glacées de Sibérie. Descendu des rivières en radeau de sapin et en canoë jusqu’au détroit de Béring. C’est un voyageur de l’extrême. Extrêmement passionné, infiniment passionnant.

 

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Serguei, 17 ans, est ému par le spectacle d’une louve jouant avec ses petits. De la lueur qui éclaire ses yeux, à la vue du spectacle, il est conscient de violer les lois de son peuple nomade. Pire encore, comme futur chef, il doit les abattre. Il refuse. Rejeté de son clan, il devra survivre seul avec ses « Loups », en pleine Sibérie. Les destins se croisent, car le jeune Ohio du « Chant du Grand Nord », 15 ans, sera aussi chassé de son peuple pour les mêmes raisons. Il a refusé de respecter les traditions de sa tribu Nahannis et partira avec ses Huskies. Tous deux sont allés au bout de leurs convictions. Ils ont choisi une vie en solitaire à la mort de leurs plus fidèles compagnons. Leur destin a basculé du jour au lendemain. Et jamais ils ne se sont retournés pour regretter.

 

« À force de parler à ses loups, il avait l'impression de les entendre lui répondre. Il lisait dans leurs yeux la moindre interrogation, la plus petite peur. Surtout, il y reconnaissait la confiance absolue et permanente qu'il avait fini par conquérir, au prix du renoncement ultime, celui auquel nul être humain n'avait consenti avant lui. L'abandon de tout ce qui, jusque-là, avait fait de lui un homme parmi les hommes. »

 

Je poursuis mes lectures de Vanier, un peu pour me rappeler les igloos de mon enfance et les gros bonhommes de neige avec un foulard autour du cou. Beaucoup pour ces odeurs de bois dans la cheminée. Énormément, rien que pour sentir la neige qui fond sur la langue. Extrêmement, comme un souvenir de bouts de doigts gelés et d’orteils qu’on ne sent plus. Passionnément, pour toutes les batailles de boules de neige auxquelles je suis imbattable (sourire). Finalement, à la folie, pour le plaisir de boire un grand chocolat chaud avec des guimauves qui flottent à la surface... Miam! Sans oublier les queues de castor au Nutella. Mortel...

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 22:08

Cobafamille8ok

 

Ce petit coin de paradis, je l’ai trouvé dans le Quintana Roo de la péninsule du Yucatán, au Mexique. Le pays de Frida, avec sa jungle, ses singes et ses chiens Itzcuintli... Je n’oublierai jamais cette famille maya à laquelle je pense encore chaque jour et que je me remémore avec la gorge nouée et des souvenirs plein le cœur. Il m’est même venu à l’esprit de m’étendre un hamac dans cette nature sauvage de la jungle tropicale et de vivre auprès d’eux, au moins quelque temps. M’imaginer en Jane avec son Tarzan, et sauter d’une liane à l’autre, pourquoi pas…!

 

Dans les villages Mayas, la nuit se passe à la belle étoile, beau temps mauvais temps, avec une petite couverture de feuillages au-dessus de la tête. Très rarement, mais parfois, ils dorment dans des hamacs installés à même les huttes. Ces huttes sont faites de branchages, avec des toits de palmes, et servent essentiellement à cuisiner et abriter le feu pour la cuisson des fajitas et des galettes de maïs.

 

Ils ont passé leur vie entourés de bestioles peu ragoûtantes, comme des TARENTULES, et disent même à quel point elles sont délicieuses sous le feu de bois et la braise. J’ai mes doutes là-dessus, même immergées du chocolat fondant le plus cochon… En plus, la pire offense serait de refuser d’en manger avec eux, s’ils venaient à vouloir partager avec vous cette ravissante « offrande » à poils, à huit pattes et huit yeux! Je préfère encore manger une patte de scorpion ou une rondelle de serpent dans le jus de canne à sucre. Qui dit nuit à la belle étoile dit aussi dormir en pleine communion avec la nature. Je savais déjà, avant de partir dans la jungle, que ces petites bibittes sortent la nuit, elles ne supportent pas le soleil et l’humidité à 45 degrés. Que de belles nuits blanches… Rien à faire, je ne m’y ferai jamais. Mais bon, je voulais du dépaysement, je l’ai eu. Et je ne m’en plains pas. D’autant plus que ça faisait rire les petits Mayas à gorge déployée! Qui a dit que dormir à la belle étoile était un luxe exotique? Je blague… c’est un luxe inestimable…

  

Le jour on ne voit pas les hommes, normal, ils rentrent le soir, après une journée de chasse et de pêche. Ce qu’ils rapportent constitue le repas du soir. Les femmes ont passé la journée à préparer les fajitas dans les grosses marmites en fonte suspendue au-dessus du feu. On croque dans les fruits à même les arbres. Une abondance de noix de coco, de bananes, d’ananas, de pastèques, de mangues et de papayes (le fruit le plus délicieux au monde!). Ils ne parlent ni l’anglais, ni l’espagnol, encore moins le français, ils parlent le Quiché, et pourtant, rien ne s’est perdu des émotions qu’on s’est transmises. Je veux bien imaginer que lorsqu’on communique avec le cœur, on peut arriver à franchir toutes les frontières. Les petits dansent et font de la musique. Quand ils soufflent dans les grands coquillages, on ne peut même pas imaginer la mélodie qui s’en échappe. C’est beau, c’est attendrissant, c’est plein de vie et d’amour. Les rituels et les traditions sont la richesse de leur quotidien. Rien n’est plus émouvant que de les regarder danser, quand la saison des pluies déverse sa manne et rend la terre boueuse et fertile. C’est jour de fête! Et j’ai dansé avec eux, sous la pluie battante, la joie dans le cœur…

 

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