Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 01:05

mariama6

 

« Mon cœur est en fête chaque fois qu’une femme émerge de l’ombre. Je sais mouvant le terrain des acquis, difficile la survie des conquêtes : les contraintes sociales bousculent toujours et l’égoïsme mâle résiste. Instruments des uns, appâts pour d’autres, respectées ou méprisées, souvent muselées, toutes les femmes ont presque le même destin que des religions ou des législations abusives ont cimenté »

 

Il y a des lettres d’amour, de désamour aussi. Des mots passion, des lettres émotions. Mais celle qu’adresse Ramatouyalé à Aïssatou, sa meilleure amie, est aussi noire que 30 années de colère contenue. Ce roman épistolaire est le cri d’une femme que des générations avant elle ont soumise au silence. Des femmes amputées de leur dignité. Reléguées ou échangées ; des femmes-objets que l’on se passe d’une main à l’autre. Des femmes au service des hommes qu’elles épousent. Et de toutes celles qui n’attendaient que la liberté de vivre et de jouir d’une indépendance de sentiments et de mœurs.

 

Cette œuvre est majeure pour ce qu’elle raconte de la condition des femmes dans l’Afrique du Sénégal des années 70. Elle a été écrite entre deux périodes historiques, correspondant à l’éclosion d’une République et de l’Indépendance acquise. Mariama Bâ, Sénégalaise et mère de neuf enfants, s’est hautement engagée dans le militantisme associatif. Elle a lutté contre les castes et la polygamie dont elle se refusait d’être l’alliée. Elle s’est battue pour le droit des femmes, faisant d’elle une icône des luttes pour l’égalité et l’accès au pouvoir. Elle est morte deux ans après nous avoir livré cette lettre…

 

C’est donc dans ce contexte que s’inscrit Une si longue lettre. On dit que la confidence noie la douleur. Que de livrer ses secrets les plus intimes efface un peu de la blessure qu’ils laissent en nous. Au lendemain de la mort de Modou, son mari, Ramatouyalé fera vœu d’épancher ce chagrin à travers les mots. Des mots porteurs d’incompréhension, des mots de douleur, de frayeur aussi, de tendresse, d’un peu d’espoir?

 

Ses souvenirs sont habités d’amertume. Elle cherche à déceler la cassure du fil à partir de laquelle tout s’est dévidé. Se demande de quels bouleversements intérieurs était habité Modou pour ainsi tout abandonner en épousant une autre. Pourquoi avoir accepté ce statut de coépouse et de se voir nivelée du jour au lendemain au même niveau que l’autre, nonobstant les enfants et les années d’amour. Folie ou manque de cœur? Binetou, une enfant pas plus vieille que Daba, l’une de leurs filles. À peine sortie de l’enfance, belle et désirable, « Un agneau immolé comme beaucoup d’autres sur l’autel du matériel ». On vient de l’installer dans la demeure de Ramatouyalé, selon la coutume des funérailles. Et sa désinvolture laissera un goût amer…

 

Nous sommes loin des odeurs rafraîchissantes de la mangue verte pimentée, de la couleur des boubous ou du son des tam-tams. Quand Mariama Bâ écrit son Afrique natale, c’est de la solitude des femmes dont elle nous parle. De la dépression qui les guette et de trop d’années de soumission. Elle nous montre que la vie n’est pas lisse et que ces petites aspérités, sur lesquelles on bute, nous façonnent. Mais surtout, que l’amitié est plus forte que tout. Et qu'on est mère pour comprendre l'inexplicable...

 

mariama2

 

« L’amitié a des grandeurs inconnues de l’amour. Elle se fortifie dans les difficultés, alors que les contraintes massacrent l’amour. Elle résiste au temps qui lasse et désunit les couples. Elle a des élévations inconnues de l’amour »

 

mariama3

« Et puis, on est mère pour comprendre l’inexplicable. On est mère pour couver, quand les éclairs zèbrent la nuit, quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise. On est mère pour aimer, sans commencement ni fin »

 

mariama5

13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 21:13

coucher soleil manu

 

Cognac est en feu et mon cœur s’illumine!


Je ne sais pas si un jour j’arriverai à décrire cette magie qui naît en moi quand je contemple un coucher de soleil. On dirait un feu dans l’âtre de la cheminée, qui prend vie et s’enflamme. Quand il s’apaise, c’est pour mieux m’envelopper de sa douce chaleur. C’est alors le moment le plus fort à mes yeux, où tout n’est encore qu’une promesse. Jusqu’à l’empreinte du souvenir qu’il laisse au fond de mon regard.  

 

C’est doux et aussi violent qu’une passion! C’est quelques minutes d’émerveillement…

 

Un grand merci à toi ma p’tite grenouille des Charentes pour ce soleil couchant  Je le garde ici précieusement…

 

Bisouilles

 

coucher manu

 

Soleil en feu à travers les fenêtres de l’église Saint-Antoine

10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 23:56

diner3bon

 

« Eddie Cabot : Attends que je pige ce que tu dis. Tu dis que tu donnes jamais de pourliche?
Monsieur Pink :
J'en ai rien à branler que la société dise que ça se fait. D'accord pour donner un pourboire si on fait quelque chose qui le mérite. Si on m'offre un service en plus, je paierais un extra mais le pourliche qu'on paie automatiquement, ça c'est bidon. »

 

Quentin Tarantino, Reservoir Dogs (extrait en première page)

 

diner5bon

 

Voilà un repas qui a de quoi vous couper l’appétit!

 

C’est à contrecœur que Paul et sa femme Claire acceptent l’invitation de Serge et Babette dans un grand resto pompeux d’Amsterdam. Le genre d’endroit où on vous détaille le moindre pignon de pin dans l’assiette et la provenance de l’huile d’olive. Bref, le cadre idéal pour les Serge de ce monde, le type arrogant, méprisant et prétentieux, imbu et se croyant doté d’une intelligence supérieure. Vous me suivez? Le parfait imbécile qui après une brève formation de 6 semaines en œnologie, accroche son diplôme chez lui à un endroit où personne ne peut manquer de le voir. Cela vous étonne si je vous dis qu’il est politicien, en tête de liste du principal parti d’opposition et grand favori pour devenir le prochain premier ministre?

 

Enfin, un repas qui s’éternise – c’est le lot des repas en mauvaise compagnie, non? – de l’apéritif au digestif, en passant par l’entrée, le plat principal et le dessert, marquant chacun un chapitre. Au fil du dîner, la discussion se corse, crises de larmes et règlements de compte. Tout cela allant crescendo jusqu’au sujet qui fait exploser toute possibilité d’envisager une fin de repas plus calme : Leur garçon respectif, des ados de 15 ans. Ils ont commis dans la complicité un acte d’une extrême violence qui amènera l’un d’eux à réfléchir aux conséquences d’un certain nombre de dilemmes moraux. Prises de position entre parents pour protéger ses ouailles, reste à savoir qui a influencé qui… point d’ancrage de la bombe à retardement qui n’attend que l’explosion fatale!

 

Je suis passée à travers ce dîner noir à la vitesse de l’éclair, aussi rapidement que je peux engloutir un millefeuille à la crème pâtissière. Contre toute attente, ce roman est teinté d’un humour décapant, écrit avec sarcasme et ironie. Les pensées à voix hautes du narrateur sont pimentées de remarques cinglantes qui habitent son discours intérieur.

 

Il porte aussi un regard sur le couple d’aujourd’hui, sur la famille et les défis auxquels sont confrontés les parents. Il ne manque pas de pointer du doigt la notion de « normalité » et la valeur qu’on lui accorde dans une société marquée par la violence et l’individualisme. Qu’en est-il de la part d’hérédité et de l’acte responsable? La question se pose d’elle-même par l’entremise du personnage de Paul qui, sous des dehors d’homme en parfait contrôle de ses émotions, cache une profonde détresse associée à la maladie mentale dont il souffre.

 

Lire ce livre peut se comparer à se retrouver dans un resto où l’ambiance est empreinte de romantisme, mais qui, en fin de soirée, provoque chez les clients des maux de tête dévastateurs. Et il n’y aura pas que le tanin en cause!

 

Qui vient dîner avec moi ce soir?

 

« …Et la tempête passe à côté. On préférerait voir les toits des maisons arrachés, les arbres déracinés et soulevés en l’air ; les documentaires sur les tornades, les ouragans et les tsunamis produisent un effet apaisant. Bien sûr, c’est horrible, nous avons tous appris à dire que nous trouvons cela horrible, mais un monde sans catastrophes et sans violence – la violence des éléments ou la violence de chair et de sang -, voilà qui serait vraiment insupportable » 

 

Les avis de  Dasola et Eeguab 


 

diner2bon

20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 00:52

Combinaison de plongée, crème solaire, lunette de soleil, gougoune, caméra… j’oublie quelque chose à apporter sur mon île sauvage?

 

Saint Exupéry a dit que pour voyager heureux, il faut voyager léger. J’ai toujours aimé cette idée... 

 

 

antilles6

 

antilles1

 

Anguilla 2012 575

16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 01:16

La réserve faunique du Parc de la Vérendry est un vrai petit coin de paradis avec lequel j’aime à renouer quelques fois par année. 4000 lacs, deux grands réservoirs, des rivières (Chochocouane, Capitachouane, Outaouais, etc), une forêt sauvage de 13 000 km, des îles flottantes et un feu de bois pour se réchauffer l’hiver! Superbe weekend de pêche à l’achigan sur la glace, en plein mois de février et au cœur du vortex polaire, à -40. C’était glacial, c’était mordant, c’était même insupportable, mais c’était surtout un moment inoubliable, partagé avec mes deux p’tits loups amoureux de pêche et de nature…

 

Nouvelles-3 5767-001

 

Thomas, petit grand pêcheur parmi les hommes 

 

 

peche1

 

peche5

 

peche4

 

peche7

 

peche2

12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 01:16

poutine-1.png

 

Écrit avec mon patient favori, qui m’en fait baver autant qu’il en bave à l’idée d’un jour tremper son palais dans ce plat hautement gastronomique…  

 

Bisous baveux, of course, parce que tu le vaux bien!

Ta psy préférée 

 

Poutinade

 

Ne vous met prenez pas aujourd'hui c'est jour J

A préparer à deux une immense poutinE

Dicktat culinaire fleuron du CanadA

Joyau des fins gourmets, sauce brune au festiN

Encore! Me dit-il en bouffant comme un porC

Alors que M’sieur prétend à un plat un peu kitcH

N’a dîné hier soir que de vers à suceR

Compacte est la poutine à l’aspect de vomI

Hannetons gigotant au beau milieu des friteS

Ramollies par le grain du fromage alléchanT

Ivre et fier il en bave il en pleure d’émoI

Solange à jubiler cordon bleu de divA

Trempette dans le vin la Nad touche au diviN

Il ne faut pas croire qu’elle en soit le gratiN

A voir sur son corps nu un début d’eczémA

Ne vous met prenez pas c’est bien ça l’art du larD!

 

Poutine au lard

Caviar, sardines

J-C qui couine

Dans le nectar

 

Dans le Margaux

La graisse de porc

En corps accord

Avec Margot

 

Quoi qu’il en dise

Le Papathée

S’il ironise

Y’en a bavé

 

Sous le divan

En peau de vache

Névrose en cache

J’fais mon bilan!

 

Psychose on cause

De son Oedipe

Il prend la fuite

J’en ai ma dose!

 

De sa psyché

Son âme en choc

De tous ses tocs

Bien refoulés

 

Mais revenons

À nos sardines

Car de poutine

Il est question!

 

Fort molle en elle

Car Nage Nad

Madame oiselle

Dans la panade!

 

A l’ail Nad dîne

Se baigne en sauce

Dans la poutine

Se noie en fosse!

 

Nad se dandine

JC sans dents

Dîne en sourdine

Rage dedans!

 

Nad entre en couenne

Comme au couvent

Tant elle émane

Des goûts savants

 

De graisse en tics!

Nad se délecte

De vieux lombrics

Vivant en secte!

 

Ses appas, Nad

En joue de trot

Sa poutinade

Aux vers de trop!

 

Se confesse à

L’abbé Chamel

Si délicat

S’attire d’elle!

 

Alex Zéma

Son fiancé

Lui intima

De s’effacer

 

Nad a dessein

Ronge son os

JC le frein

De ce cas rosse

 

Poutine en caque

Ou coke en stock

J’en ai ma claque

J’en perds mon froc

 

Ciboire est bon

Autant déboire

Alors « boivons »

Imbus d’espoir

 

J-C & Nad

2014 -2015 (enfin, 6 mois plus tard…)

 

poutine-2.jpg

6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 01:40

Sukkwan Island

 

« Le monde était à l’origine un vaste champ et la Terre était plate. Les animaux de toutes espèces arpentaient cette prairie et n’avaient pas de noms, les grandes créatures mangeaient les petites et personne n’y voyait rien à redire. Puis l’homme est arrivé, il avançait courbé aux confins du monde, poilu, imbécile et faible, et il s’est multiplié, il est devenu si envahissant, si tordu et meurtrier à force d’attendre que la Terre s’est mise à se déformer. Ses extrémités se sont recourbées lentement, hommes, femmes et enfants luttaient pour rester sur la planète, s’agrippant à la fourrure du voisin et escaladant le dos des autres jusqu’à ce que l’humain se retrouve nu, frigorifié et assassin, suspendu aux limites du monde. »

 

*******

 

Comment fait-on pour se remettre d’une telle lecture?

 

Une chose est certaine, le paysage est à couper le souffle. Imaginez-le, quelques instants, en fermant les yeux. Une cabane en cèdre blottie dans un fjord au sud de l’Alaska. Un lieu sauvage en plein milieu de nulle part. Aucune âme qui vit à des km à la ronde. Après tout, c’est l’endroit idéal pour se camper dans la solitude d’un retour aux sources. Le décor rêvé dans lequel l’auteur a planté son histoire qui, elle, ne vous quittera jamais plus une fois le livre refermé…

 

Jim avait repéré ce coin de pays depuis un bon moment. Il s’était dit qu’en s’y installant durant un an avec Roy, son fils de 13 ans, ils pourraient apprendre à mieux se connaître. Quoi de mieux qu’une forêt vierge de toutes choses inutiles pour se retrouver, seuls à seuls. Roy s’était dit qu’il pouvait lui faire confiance. S’était-il même posé la question?

 

Au premier jour, son père s’était acharné à construire un abri pour le bois et un fumoir à poisson. C’est étrange, il avait semblé à Roy qu’il se retrouvait face à un modèle de père qu’il n’avait pas connu : fragile, dépressif, inaccessible... Pourquoi tous ces reproches et cette culpabilité? Ces confidences de grandes personnes sur ses infidélités et son mépris des femmes? Chaque jour, il s’enfonçait un peu plus profondément dans des pensées obscures qu’il était devenu impossible à son fils d’atteindre. Son discours était incohérent. Même que le soir, il pleurait dans des sanglots étouffés en se parlant à lui-même. Roy s’était dit qu’il pouvait lui faire confiance. Avait-il eu tort?

 

« Je ne sais pas pourquoi je suis devenue comme ça. Je me sens si mal. Ça va pendant la journée, mais ça me prend la nuit. Dans ces moments-là, je ne sais plus quoi faire. Je suis désolé, Roy. J’essaie de toutes mes forces. Je ne sais pas si je vais tenir le coup. »

 

Et Roy dans tout ça? Comment tenir le coup devant la fragilité d’un père censé rassurer son enfant? Tous ces doutes ont plongé son fils dans l’insécurité et la détresse. Roy s’était même mis à le craindre, le détester. Pouvait-il en être autrement? Il ressentait de la confusion, des choses qu’il n’arrivait pas à analyser. On aurait même dit que, ce jour-là, son père s’était jeté de la falaise. Roy s’était pourtant dit qu’il pouvait croire en lui…

 

« Je ne sais pas à quoi c’est dû, je ne me suis jamais senti à ma place nulle part.

Quelque chose me manquait, mais j’ai le sentiment qu’être ici avec toi va tout arranger. Tu vois ce que je veux dire? »

 

Je ne sais pas si le petit a compris. Peut-on comprendre le désespoir d’un père quand on a 13 ans et qu’on lui avait fait confiance? Je me retrouve à la fin de ce roman en me disant que David Vann a réussi un exploit hors du commun : arriver à décrire avec finesse une longue chute vers l’inévitable. J’hésite toujours à parler de folie parce qu’après tout, qui suis-je pour en juger? Une chose est certaine, un fils a accompagné son père pour le sauver et survivre à ses propres rêves. Il s’est senti désarmé devant sa douleur, parce qu’il ne la comprenait pas. Ils étaient partis pour apprendre à mieux se connaître et s’apprivoiser l’un l’autre. Au final, ce qu’ils ont découvert était plus terrifiant encore que tout ce que vous ne pourrez jamais imaginer… 

 

L’auteur avait le même âge que son personnage de Roy quand son propre père est mort, à 40 ans. Et j’ai eu le sentiment que son histoire était l’expression d’une souffrance personnelle. On aurait dit qu’il était allé puiser en lui juste ce qu’il lui fallait de force nécessaire pour accomplir ce roman. Au bout de 10 ans, je sens cet aboutissement comme un acte de courage. J’ai aimé la profondeur de ce livre, qui lui, n’est pas qu’une histoire d’horreur et de sang. Mais une grande histoire d’humanité…

 

T’avais raison manU, je m’en souviendrai longtemps! Merci de l’avoir fait parvenir jusqu’à moi, par-delà l’Atlantique ;-)

 

Pour le Bison, passionné de Nature Writing et de terres sauvages, ce roman a été un grand coup de cœur, un CHOC!   

 

Discorde Island ou la possibilité d’une île, l’avis d’Eeguab 

 

Venez lire l’entrevue de Guillome qui a rencontré David Vann! Le chanceux!!! C’est ICI

 

BDSI

 

Quel plaisir j’ai pris à lire la BD d’Ugo Bienvenu. Si vous voulez mettre une image sur les mots, et pour encore plus d’émotions…

 

BDSI2

1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 22:58

Nouvelles-3 5704

  

Cerise est la petite fille la plus adorable que j’ai croisée ces dernières années. Comment ne pas s’attacher à cette jolie frimousse aux pommettes rouges et aux grands yeux brillants de vie? Elle rêve de devenir romancière et, j’en suis convaincue, elle y arrivera… Rien ne l’arrête quand elle a une idée en tête! Elle aime bien aider les gens et se mêler un tout petit peu de la vie des autres. Mais c’est parce qu’elle a un cœur grand comme ça. Avec ses copines, Line et Érica, elle complote, mène des enquêtes et suit des pistes. D’ailleurs, dans ses carnets remplis de détails de toutes sortes, il y a des trésors inestimables de rencontres et de retrouvailles…

 

Au cœur de cette Bd extrêmement touchante, on retrouve les mystères entourant Sandra, une amie avec qui elle partage une tonne de points en commun. L’auteur nous amène avec beaucoup de sensibilité à découvrir son monde intérieur, habité par un traumatisme d’enfance. Il nous fait réfléchir à la puissance des souvenirs, à la culpabilité, à l’amnésie, cette manière inconsciente d’occulter la réalité. L’écho des souvenirs qui remonteront à la surface sera douloureux, en même temps qu’il fera prendre conscience à Cerise de ses propres blessures. Je crois que l’auteur a voulu nous dire qu’à deux nous sommes moins seuls, que le partage de nos tristesses est le meilleur moyen de parvenir à s’en libérer.  

 

N’allez pas croire pour autant que cette BD est triste à mourir. Si elle est extrêmement touchante, elle est surtout infiniment attendrissante et pleine d’humour. J’ai été touchée, émue, ramenée aux soirs de mes propres réveillons, quand il est impossible de s’endormir. Et je ne suis pas la seule, car Cerise, ma nouvelle amie, a encore envie de croire à la magie de Noël. Elle demandera même au père Noël de l’aider à trouver la formule magique pour arrêter de grandir. 

 

Grâce à elle, j’ai découvert une histoire qui porte sur la fidélité et sur le lien d’appartenance. Sur l’amour aussi, l’amitié, la solidarité et le deuil. Sur la nostalgie du temps passé… Du haut de ses dix ans et demi, son univers est vaste et riche. Quoique jeune, elle porte déjà en elle la marque de ses propres souvenirs. Comme ce livre que son papa lui lisait quand elle était encore plus petite, avec son odeur particulière et son toucher unique. Un trésor de poésie enfantine, rafraîchissant comme tout. Avec les superbes illustrations d’Aurélie Neyret. Merci Cerise, tu es à croquer!

 

Un grand merci manU d’avoir déposé ce petit bijou sous mon épinette de Noël (ce n’était pas un sapin!). Cette lecture était magique. Et je me suis empressée de lire les tomes 1 et 2, question de savoir dans quoi Cerise s'était encore mise les pieds!

 

Son magnifique billet à l’encre verte est ICI

 

Ceriseordi1

 

Maintenant, passons aux choses sérieuses… Comment terminer ce billet sans partager avec vous la recette de cookies au chocolat de la mamie d’Érica!

 

La recette donne ENVIRON 20 biscuits – évidemment, ça dépend qui les cuisine... manU, j’espère au moins que tu ne te sens pas visé?........

 

-200 g de pépites de chocolat noir

-1 cuillère à café de cannelle en poudre

-80 g de beurre ramolli

-125 g de sucre roux

-150 g de farine

-1 œuf

-1 cuillère à soupe de lait

-½ sachet de levure

 

Mettre le beurre dans un saladier. Ajouter le sucre et la cannelle, malaxer vivement puis ajouter l’œuf. Mélanger à nouveau. Incorporer la farine en remuant bien avec une spatule en bois. Ajouter la levure, puis le chocolat et le lait.  Former des boules et les disposer sur une plaque de four protégée par du papier cuisson. Les aplatir pour qu’elles aient environ 1 cm d’épaisseur. Faire cuire à four chaud (210 degrés) pendant 12 minutes.

 

Passons maintenant aux choses encore plus sérieuses……

 

Une photo des biscuits de Cerise à la manière d'une grenouille des Charentes. Oups! C’est vrai… j’avais promis de ne pas me moquer, en plus, ce n’est pas du tout mon genre. Arf, mais je n’ai pas pu m’en empêcher, parce qu’après tout, ils sont alléchants, uniques GROOOOS et C-A-R-R-É-S! 

p.s.: Notez que dans certains cas, la recette qui prévoit 20 biscuits pourrait en donner 9. Selon la générosité du cuisinier ou sa manie des grandeurs…

 

Biscuits Cerise Manu

 

Pour mettre à l’honneur tes superbes biscuits ronds non-censurés, ne lésinons pas sur la taille de la photo (dommage que je n’arrive pas à faire la même chose avec les miens……)

 

Oups j’oubliais! Ces photos sont protégées par un Copyright ©

 

Biscuits Cerise ronds

 

Parce que je suis fairplay et attentionnée, voici une photo de mes cookies de Cerise au M&M. Vraiment dommage que je ne sois pas arrivée à mettre une image plus grande! Mdrrrrrrrrrr Juré, ce n’était pas voulu du tout du tout!!! Tu me crois j’espère? Non??? Ah bon, pourtant…

 

Biscuits Cerise Nad

 

Tu sais bien que je les adore tes cookies manU, mon cuisinier favori

Mille mercis encore de m'avoir fait découvrir cette adorable petite Cerise au grand coeur...

28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 23:40

Nouvelles-3 5692

 

  « Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants, mais peu d'entre elles s'en souviennent. »

 

pp3


Cette histoire d’amour a commencé j’avais à peine 12 ans et, depuis, elle ne m’a jamais quittée. J’en ai rêvé des nuits de ce petit garçon au regard azur et aux cheveux d’or. On disait de lui qu’il était tombé du ciel, ébloui par une étoile. Qu’en plein désert, à mille milles de toutes les terres habitées, il avait surpris de sa petite voix un aviateur… 

 

« S'il te plaît... dessine-moi un mouton! »

 

J’avais aussi entendu dire qu’il avait rencontré des gens un peu bizarres. Un roi, un buveur, un vaniteux, un allumeur de réverbères, un géographe... Si je ne pouvais pas encore apprécier toute la saveur de leurs échanges, je me doutais bien qu’en lui vivait un petit homme qui avait toutes les curiosités de saisir le monde qui l’entoure.

 

« Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais : "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent : "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. »

 

C’est alors que j’ai croisé la route du renard…


J’ai mis des années à comprendre pourquoi on risquait de pleurer un peu si on s’était laissé apprivoiser. Que l’on devient responsable de ses engagements et qu’il faut prendre le temps d’approfondir pour mieux connaître. S’asseoir un peu plus loin, d’abord, et regarder du coin de l’œil. Puis s’approcher, doucement. Tout cela m’apparaissait tellement triste! Je n’avais pas encore compris que se laisser apprivoiser pouvait susciter le manque, mais qu’en même temps, tout l’amour qu’il contenait était le cadeau d’une vie. Je n’avais pas encore compris que c’était à cause de la couleur du blé… Qu’« on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux »…

 

« Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »

 

On disait justement de mon Petit Prince qu’il était tombé amoureux d’une rose, une rose unique au monde, ce qui l’avait désemparé. Et que le renard l’avait aidé à s’y retrouver un peu. Au premier regard, elle avait l’air d’une rose comme toutes les autres. Puis, il l’avait arrosée, abritée sous un paravent et mise sous un globe. Il l’avait même écoutée se plaindre et se vanter. Ainsi, elle était devenue importante, à cause du temps qu’il y avait consacré…

 

« C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui rend ta rose importante. »

 

Il lui fallut un long voyage pour le comprendre, saisir à quel point il l’aimait. Un voyage duquel on ne revient jamais que par l’esprit. Aimer, c’est accepter de voir l’autre disparaître un jour. Pauvre Petit Prince… À moins que ce soit toi qui aies tout compris? Tu disais que « Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et que c'est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.  » Moi, je veux bien te croire… D’ailleurs, l’aviateur m’a priée de le prévenir si jamais je croise ta route un jour. Tu voudrais bien qu’on s’apprivoise l’un l’autre? Nous serons uniques au monde…


pp1

Chaque fois que je retrouve le Petit Prince de St-Exupéry, je me surprends à le chercher dans les recoins de mon cœur. Après tout, il m’a enseigné beaucoup de ces valeurs essentielles que les grandes personnes ne m'avaient pas encore apprises. Il m’a montré que la vie est une histoire de rencontres. Que l’écorce est la part superficielle des choses. Que, lorsque l’on devient de grandes personnes, on se retrouve souvent emprisonné par les choses matérielles, que l’on s’accroche à l’inessentiel. Que l’on juge par rapport aux apparences. Que les grelots dans le ciel ou les champs de blé peuvent nous rappeler les gens que l’on aime. Mais avant tout, qu’on a tous un enfant en nous…

 

Si vous le croisez quelque part, vous lui direz que je l’attends toujours?

 

Je t’aime mon Petit Prince xx

 

pp5

26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 02:15

Nouvelles-3 5685

 

Ce superbe recueil de poésie regroupe plus des 26 plus beaux poèmes de la poète japonaise Misuzu Kaneko, illustrés par les magnifiques aquarelles de Midori Yoshida. Née à Nagato en 1903, un petit village de pêcheurs, elle s’enlève la vie à l’âge de 26 ans. Ses poèmes pour enfants se sont principalement inspirés de la mer. Setsuo Yazaki les a fait revivre à travers ses manuscrits posthumes…

 

japon2

 

Thank you so much Hitomi, my little pearl from Japan...

 

Thank you for this long-lasting friendship, for your joyful smile and for all the memories treasured in me forever. For these priceless moments we have shared at McGill, like real friends do. For the Cherry Blossom in flower shape which symbolises your courage, facing the challenges life has put you through over the last few years…  

 

I will save this poetry book close to my heart, which will allow me to remember the great times we had together, as well as your presence, always precious and unique.

 

One of my favorite poem is Rainbows on Eyelashes. It reminds me of a rainbow with eyelashes of friendship. It reminds me you…

 

I will always be there…

キス

Nad xx

 

Nouvelles-3 5686

 

Rainbows on Eyelashes

  

I wipe and wipe

    Yet they keep flowing,  

    Within my tears  

    A thought arises.  

         

-I must be

    An adopted child-  

 

While I look and look

    At the beautiful rainbows,  

    On the tips of my eyelashes  

    A thought arises.  

 

    -I wonder what  

    Today’s teatime snack will be-  

L'amarrée Des Mots

  • : L'amarrée des mots
  • : « Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi... » - Eric-Emmanuel Schmitt
  • Contact

En ce moment je lis...

 

Rechercher