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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 09:41

cridamour

 

Ce roman est « terriblement » magnifique et d’une belle profondeur. En le parcourant, j’ai pris conscience plus que jamais du sens que l’on donne au mot fragilité. L’auteur nous convie à poser un regard sur la douleur associée à la perte. Après la mort de l’être aimé, qu’advient-il de l’amour? Qu’est-ce qui continue d’exister? Pour ces adolescents qui en sont à leur premier amour, s’élève au centre du monde une énorme forteresse de magie et de rêve, qui provoque, à sa chute, cette douleur qu’on croit alors insurmontable.

 

Sakutaro et Aki étaient en quatrième quand ils se sont rencontrés. Dès les premiers instants, ils tombent amoureux. Il ne s’en relèvera jamais. Ils vivront une grande histoire d’amour… d’ailleurs, toutes les histoires d’amour ne sont-elles pas les plus grandes, les plus passionnées pour ceux qui les vivent? Aki lui insufflait le désir de voir, de vivre, de toucher, de ressentir…

 

« Elle se tenait devant moi, jeune fille sur le point de devenir adulte, pareil à du cristal de roche posé sur une table et qui, vu sous un certain angle, se met tout à coup à miroiter magnifiquement ». 

 

En barque, il l’emmènera, une nuit, sur l’île des rêves. En cette île où ils seront seuls au monde, il rêvera de lui faire l’amour. Elle sera là, devant lui, désirable, aimée. Les lèvres d’Aki auront un goût de feuilles d’automne. Et il les boira, délicates et fraîches, à sa source. Il est amoureux fou, d’ « une évidence plus grande que sa propre existence ».

 

Lorsqu’en première de lycée Aki apprend qu’elle est atteinte de leucémie, le monde de Sakutaro s’effondre à ses pieds. Et c’est là qu’on entre dans le coeur du roman : la mort. À travers le deuil que traverse le jeune homme, on prend conscience de l’expérience que cela peut signifier pour un adolescent. Ce choc est douloureux pour n’importe qui, mais à 16 ans, il est peut-être encore plus difficile d’en comprendre le sens. Est-ce que la mort a une raison d’être? Sakutaro confondra le rêve et la réalité, perdra ses repères. Dans le vide qu’il sentira en lui, il cherchera à trouver un sens à la maladie. Dans sa douleur, il ne saura même plus ce qu’il cherche à fuir. Et il apprendra à vivre à travers elle...    

 

« J’ai été entraîné pendant un instant dans un tourbillon euphorique vertigineux. J’étais la proie d’une joie suave qui faisait frémir chacune des minces parois de mon cœur. Je revivais l’émotion de notre premier baiser, de la première fois où nous nous étions enlacés. Mais l’instant d’après, ce tourbillon de lumière fut englouti dans un abîme obscur, absolument silencieux ».  

 

Le grand-père de Sakutaro a vécu ce grand chagrin et consolera du mieux qu’il le peut son petit-fils. Ils se retrouveront souvent, devant une bière. Il lui racontera cette femme mariée qu’il a aussi aimée, durant 50 ans, d’un amour impossible. Et qui est morte de vieillesse avant qu’il n’ait pu vivre auprès d’elle.

 

Afin de rendre un dernier hommage à Aki, Sakutaro entreprendra un pèlerinage à Cairns, en Australie, avec ses parents (à elle). Avant qu’elle ne meure, elle s’était passionnée pour la vision du monde et le mode de vie traditionnel des aborigènes d’Australie. Il représentait un monde idéal auquel elle aurait voulu appartenir et qui donnait un sens à l’épreuve qu’elle traversait.

 

« La mer hivernale, paisible, calme, d’un bleu limpide. Où que je porte mon regard, j’étais aspiré vers des souvenirs pleins de nostalgie. J’ai vissé fermement un couvercle sur mon cœur et j’ai tourné le dos à la mer ». 

 

Un roman empli de spiritualité, qui fait éprouver l’une des plus grandes expériences de la vie...

 

japo1

commentaires

le Bison 27/06/2014 22:20

Il est temps que je le sorte de ma bibliothèque, celui-là...
Le problème, c'est que je n'ai pas le temps de tout lire. Et quand je bois, je ne lis pas... Ça limite encore mon temps de lecture.

Ce roman est terriblement magnifique et d'une belle profondeur. Tabarnak, en une phrase, tu me donnes envie de m'y plonger dedans, comme dans une verre de Chambly !

Nad 28/06/2014 00:35



Vraiment touchant ce roman…


Le mieux est donc de lire, plongé dans un verre
de Chambly! Question de joindre l’utile à l’agréable


À la tienne Bison, une BdC pour toi!



phil 26/06/2014 16:49

On ne répand pas que des cendres avec ce livres, on répand un chagrin, on partage ce chagrin. On parle de mort, mais on parle aussi d'amour. C'est le yin le yang avec ce côté japonais de la
narration qui fait qu'on prend l'info plus ou moins poétiquement mais toujours avec sensibilité sans entrer dans le pathos.
C'est le Tao, on est dans l'équilibre du yin et du yang.
Et ce roman questionnera le lecteur.
C'est beau , c'est efficace, c'est un coup de cœur et en plein cœur

Nad 26/06/2014 23:55



C’est trop vrai, on ne répand pas que des cendres…


L’amour et la mort, deux forces, deux dualités d’une même passion.
Le yin et le yang, c’est exactement ça Phil et tu l’exprimes bien. Je suis contente de n’être pas la seule à ressentir cette beauté, cet équilibre des sentiments, entre souffrance et forces
positives, là où la plupart des gens fuient. Merci…  



Loo 26/06/2014 12:27

Je suis assez sensible à la littérature japonaise et effectivement leur poésie me convient pour un tel sujet. Je suis de plus une grande mangeuse de nouille ! Bonne journée.

Nad 26/06/2014 23:54



La poésie est presque une seconde nature chez les
Japonais… 



Malika 24/06/2014 09:29

Je ne suis pas très sensible à la littérature japonaise, souvent trop poétique pour moi .

Nad 25/06/2014 02:32





Il y a tant d’auteurs à lire et pour tous les
goûts. Une chose est certaine, on ne se lira pas un japonais en LC, mdrr



ubu 23/06/2014 23:25

coucou Nadine,
eh bien, il a l air triste ton bouquin
Le genre : tu le donnes pas a des gens en deuil ,ou a des gens depressifs..
heureusement il ne fait que 220 pages
L amour conjugué a la mort, eh bien je m en protège de ce genre de livres....
Heureusement qu il y a des personnes qui y sont sensibles comme toi... sinon que mangerai l auteur de ces pages tristes.
De l eau chaude et des nouilles a faire tremper dedans, ca va un moment, mais il faut en vendre beaucoup pour nourrir son homme.

Nad 24/06/2014 00:03



Tu me fais rire! Ben oui, c’est pas le livre le
plus joyeux et sans doute pas à lire pour une personne qui n’est pas en grande forme. Il m’a fait de la peine aussi, mais il était surtout très beau, avec de beaux sentiments. En même temps,
l’auteur, comme à peu près tous les auteurs japonais que j’ai lus, arrive à nous rendre les événements les plus tragiques presque poétiques. Il ne fait pas du tout dans le pathos et le grand
pleurnichage.


T’as quelque chose contre l’eau chaude et les
nouilles dedans? mdr



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