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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 18:55

soif

 

 

 

      Soif

 

Pleurant la fin de ma naissance et le début de ma vieillesse

Je sortis nu d’un sein d’ivresse

Pour traverser sans bruit l’enfance

 

Dans un désordre d’aube pâle où meurt hier, où point demain,

Un poing crispé pour toute main,

Je descendis de mon étoile.

 

Je savais perdre tout espoir dès lors que d’éphémère,

Coupé du ventre de ma mère,

Et l’univers pour mon miroir.

 

Trompant la mort avec l’amour, filant le temps, tissant la vie,

Je m’inventais des mots impies

Comme « éternel », comme « toujours ».

 

Je survolais par nuits sans lune un archipel de terres vierges,

Y tenant allumés des cierges

Pour réchauffer de sombres dunes.

 

Le bonheur dort dans ma mémoire au fond des draps du souvenir,

Le retrouver, le retenir,

A sa fontaine encore boire !


 

Théo

Juin 2008

commentaires

Théo 12/10/2012 19:53

je ne sais pas marcher sans mon rétroviseur :-) mais je n'y vois que le bonheur, le reste s'est effacé; et j'en remercie tous ceux, toutes celles, qui m'ont donné un peu de ce bonheur qui m'est
nécessaire : une manière d'amour, quelle qu'elle soit.

Bises Nad

Nad 19/10/2012 17:42



C'est une belle philosophie
de vie que de savoir marcher devant tout en sachant s'arrêter. Encore plus lorsqu'on se retourne pour ne retenir que le beau. Rendre les gens heureux, tu sais bien le
faire...


Gros
bisous



Nad 20/09/2012 20:15

Traverser la vie sans ne jamais regarder derrière est une tentation à laquelle nous nous efforçons trop souvent de succomber. Et pourtant... Regarder derrière est aussi réconfortant que beau, cela
nous prouve que nous avons existé et que ces moments-là auront eu le mérite d'avoir été vécus. Même si ce retour en arrière nous fait tomber de haut, comme d'une étoile, et que l'espoir de revivre
ces moments fut éphémère, qu'il nous trompe avec de fausses certitudes ou que nous les survolons dans la solitude et l'isolement d'une nuit sans lune, ces souvenirs seront à jamais une empreinte de
nous vers laquelle il est bon de revenir. Peut-être est-ce même un souffle essentiel pour qui veut vivre dans l'authenticité du quotidien. Je ne sais pas. Mais pour celui qui a soif, l'eau est une
source insatiable de réconfort...
Tu vois, ces mots-là je les aime vraiment beaucoup...
Bisous Théo

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