Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 20:36

Auprès de moi

 

Tu m’avais pourtant prévenue, Soph, que j’allais être émue à la fin de cette histoire. Si j’étais en médecine, comme toi (et même en ne l’étant pas, d’ailleurs), je trouverais ce roman d’Ishiguro « dérangeant ». Il s’inscrit dans une perspective historique du début des années cinquante, au moment des grandes percées de la science médicale qui ouvraient la voie à toutes les possibilités. Trop de possibilités ? Jusqu’où faut-il aller et au nom de quoi ? De quelle conscience ? Tout cela doit quand même t’effrayer un peu, Soph, sinon beaucoup. En tout cas, retiens bien que si un jour je passe sous ton bistouri, je souhaite me réveiller « entière »…

 

Dans les années quatre-vingt-dix, les élèves « spéciaux » d’un collège de Hailsham sont soumis à des expérimentations médicales. Lesquelles? Je ne peux pas vous en parler, car si vous n’avez pas lu le roman, ce serait un gâchis de vous les dévoiler. J’ai mis moi-même une bonne centaine de pages à mieux comprendre où l’histoire s’en allait, à vraiment saisir le destin inévitable de ces enfants. Mais je ne me suis pas lassée, au contraire, l’histoire coule et nous le découvrons au fur et à mesure. Sensiblement au même rythme que ces jeunes l’apprennent, plusieurs années plus tard, trop tard… alors que ces conditions dans lesquelles ils ont été élevés leur ont été cachées. 

 

Ils s’interrogent sur le sens de la vie, se posent des questions sur eux-mêmes. Leur avenir est déterminé et ils ne pourront jamais avoir d’enfants. Le monde du dehors leur est inconnu et ils sont effrayés à l’idée de franchir les portes de Hailsham. Plus que quiconque, ils doivent se garder en bonne santé et éviter les maladies, car ils ont été « choisis ». Ils vivent dans l’inquiétude et la souffrance d’un monde dur et cruel, dans la solitude et la peur. Ils sont sensibles, intelligents… Ils ont une sexualité précoce et ils s’aiment, librement, volontairement. Au-delà de tout, ils sont fidèles à l’engagement de leur amitié. Ce roman met l’accent sur l’importance de la mémoire et des souvenirs. Les plus précieux, ceux qui ne s’effaceront jamais. Il parle du don de soi, inconditionnel, de la perte de l’innocence et de la fragilité humaine. Il est presque impossible que ce roman ne vous touche pas, au moins un tout petit peu…

 

« Et j’ai vu une petite fille, les yeux hermétiquement fermés, tenant contre sa poitrine le vieux monde généreux qui – elle le savait au fond de son cœur – ne pourrait pas demeurer, et elle le tenait et suppliait : Never let me go. »

commentaires

manU 19/09/2015 10:38

La littérature japonaise recèle tant de belles surprises...

Nad 21/09/2015 04:29

J’ai adoré ce roman! Et le film aussi d’ailleurs. L’atmosphère est dérangeante, tu verras jusqu’où peuvent mener les grandes percées de la science, beaucoup trop loin sans doute... Et à quel prix! J’espère vraiment que tu l’aimeras…

phil 09/08/2014 16:22

A-t-on le futur qu'on veut ou que l'on nous impose ???

Pour les percées de la science, est-ce un bien? On découvre pleins de trucs aujourd'hui qui découlent de ces avancées technologiques et de notre progrès ! Mais avec la médecine chinoise vieille de
plus de 4000 ans, on peut "soigner" !!! alors progrès, pas progrès ???

Pour le Bison, en blouse blanche, fallait le voir, il l'a portait bien! Mais fallait pas se presser pour finir les TP de bioch, toujours dernier !!! (On peut pas lorgner dans le(s) décolleté(s)
de(s) fille(s) d'à côté et faire les dosages enzymatiques !

Nad 09/08/2014 16:36



J’ai l’impression qu’on s’en va de plus en plus vers ce qu’on nous
impose, qu’on ne contrôlera même plus notre propre vie…


Pour les percées de la science, c’est sans doute un bien pour la
guérison de la maladie. En même temps, il y a les médecines alternatives, comme la médecine chinoise, oui, et j’y crois énormément. Je suis d’ailleurs une consommatrice des voies alternatives.
 


 


Ah ce Bison mdrrrrrrrr comme ça il la portait fièrement sa blouse
blanche? Si je comprends bien, quand il avait à faire des choix, c’est celui du dosage dans la blouse blanche des dames qu’il choisissait? J’suis même pas étonnée! Pauvre toi, et tu faisais tes
travaux pratiques avec lui??? T’es courageux! J’te gage qu’en plus de regarder dans le décolleté il leur disait des p’tits mots doux à l’oreille! Quel romantique il est!!! Mdrrrrrrrr Toi Phil tu
regardais bien devant??? 



phil 07/08/2014 12:29

Partons dans le futur ... en passant par ce centre Hailsham ! Des jeunes libres mais encadrés de gardiens !
Vive les sociétés parallèles ! Y'a les nous et les autres !

J'ai été séduit par la lecture limpide de ce roman. On y rentre et on le lit facilement. Tu le dis toi aussi l'histoire est fluide, elle coule, on glisse avec. Les éléments s'imbriquent comme un
tetris petit à petit au rythme de la lecture.

C'est un livre qui questionne sur le fondement d'une société alternative. Avec petite vie tracée d'avance, déterminée hummmm c'est cool non? On n'est pas dans Hunger game avec des rebelles et une
opposition. Ici c'est tranquille et attirant c'est peut-être ce qui en fait quelque chose d'inquiétant et de dérangeant ! Ca pourrait nous arriver !

Et le titre: Auprès de moi toujours qui est la traduction française du roman, prend tout son sens!

Quand j'y repense là maintenant. C'est un roman qu'on lit facilement, je me rappelle avoir eu du mal à m'en détacher et pourtant, y'a pas de rebondissements à nous mettre en haleine. On sait même
les choses depuis le début, disons le quart du livre! C'est peut être que la narration est mystérieuse et que c'est l'écriture de l'auteur qui coule ... ?

En tout cas, c'est une belle fiction qui amène à réfléchir sur l'évolution de notre superbe société!
Et la je comprend enfin maintenant pourquoi le Bison c'est barré de son cursus en biochimie et de ses progrès lol !

notre futur futur ???

Nad 09/08/2014 16:11



Celui-là c’est mon petit bijou de l’auteur. Moi aussi j’ai eu du mal à m’en détacher et comme tu dis, c’est pas qu’il
y a de grands rebondissements. Je me suis attachée à ces jeunes. Je me sentais triste pour ce destin qu’ils n’ont jamais choisi, finalement. J’ai tellement pleuré à la fin du livre. Tout ça est
terrifiant, quand on y pense. Les grandes percées des sciences médicales ont du bon, c’est certain, mais où faut-il s’arrêter? Des jeunes « libres », attachés par les chaînes d’une
société qui contrôle tout, jusqu’à la vie des gens, jusqu’à leur dernier souffle. Les sociétés parallèles, oui, c’est ça! Ça pourrait nous arriver, comme tu dis, c’est ce qui est dérangeant.
Pourtant, j’aurais voulu que le roman se poursuive, qu’il ne s’arrête jamais, comme un besoin d’en savoir plus, de vivre un peu plus loin auprès d’eux.  


 


Notre futur futur? Brrrrr Ça me donne froid dans le dos, pas toi?

Pour notre Bison, en même temps, il me semble que je l’aurais bien imaginé! mdrrrr



UBU 10/06/2014 23:24

ahemm....
si tu avais su, tu aurais quand méme pu me balancer un message personnel codé avec écrit en gras:
"" never let me read les vestiges du jour""
j aurai mis du temps a comprendre, mais au moins je n aurai pas perdu quelques heures de ma vie dans cette ecriture hyper lente.
Aprés ca faut pas s étonner que les autres livres d Ishiguro, ne me tentent plus du tout.

Nad 11/06/2014 00:47





Dire que j’ai voulu te faire plaisir en lisant avec toi Les
vestiges du jour! Homme ingrat… Tu as tellement insisté! Allez allez, tu verras, tu ne pourras pas ne pas l’aimer… Je me suis encore fait avoir!  (mdrrrrrrrrr)


 



UBU 09/06/2014 22:08

Kazuo oshiguro ?
c est pas le gars qui a ecrit les vestiges du jour ?
film certainement fabuleus si j en crois les critiques mais roman tellement mou et bien fait pour s endormir en moins de 30 minutes que pour me faire lire un autre Ishiguro
il faudrait me payer
bon, peut etre celui ci un jour
ou bien alors demain,
ccomme le dit une vieille chanson... ;-)

Nad 10/06/2014 19:31



Oui oui, c’est ce gars-là! (mdrrr) Je suis certaine que le film des
« Vestiges du jour » est très bien, mais je ne m’attendais tellement pas à être déçue à ce point par le livre. Never let me go, par ailleurs, film et livre, sont excellents!



krol 06/06/2014 09:57

J'ai vu le film que j'ai beaucoup aimé... je n'ai jamais lu l'auteur mais j'ai un livre de lui qui m'attend quelque part...

Nad 09/06/2014 00:07




Je m’apprête à le regarder, et j’ai hâte! J’en ai entendu beaucoup de bien…


 




Sophie 03/06/2014 15:22

Le film de James Ivory, The Remains of the Day, vaut certainement l'écoute. Retenue, non-dits, regrets... Une de ces oeuvres qui ne font pas regretter la nuance des lignes écrites.

Nad 04/06/2014 17:44



Je l’ai réservé à la biblio et je le regarde ce
week-end. Je t’en reparle, après tout, c’est toi qui m’as fait découvrir l’auteur



Nadael 03/06/2014 15:19

De cet auteur j'aimerais lire Les Vestiges du jour, j'ai vu le film il y a peu. Mais je note celui dont tu parles, tes mots m'intriguent...

Nad 04/06/2014 17:41



Je suis dans « Les vestiges du jour »
en ce moment, qu’aux cinquante premières pages, et jusqu’à présent je me trouve plus dans de longues descriptions des lieux et des qualités requises pour devenir majordome. Ça me lasse un peu,
j’espère qu’il y aura une envolée…



Jean-Charles 02/06/2014 12:48

Il sera sûrement sur le blog quand tu ouvriras les yeux.
Bon réveil, bonne journée.

Nad 04/06/2014 17:46



Maintenant c’est le Chapter 5 que j’attends




Jean-charles 01/06/2014 22:05

De la façon dont tu en parles on a très vite envie de s'y jeter la tête première dans ce bouquin. Je note parce qu'en ce moment je n'ai pas la tête à lire, à vrai dire à quoi l'ai-je !
Des bisous d'un autre bout du monde.

Nad 02/06/2014 02:02



Mais à écrire Jean-Charles! Chapter 4 c’est pour quand?
 



Malika 01/06/2014 20:27

J'avais beaucoup aimé ce roman également. Je l'ai lu il y a quelques années mais ce qui me reste c'est une atmosphère comme hors du temps et une histoire d'amour très émouvante.

Nad 02/06/2014 01:58



Coucou Malika, « Une atmosphère comme hors du temps ».
C’est exactement ça! Un plaisir de partager « Quand nous étions orphelins » ensemble



Eeguab 31/05/2014 07:51

Resté un peu insensible à cette variation génétique, je préfère de loin du même auteur Quand nous étions orphelins. Pour Les vestiges du jour, le film est admirable mais je n'ai pas lu le livre. A
bientôt.

Nad 02/06/2014 01:53





Je lis en ce moment « Les vestiges du jour » et en
lecture commune « Quand nous étions orphelins ». Il se peut fort bien que « Never let me go » ne soit pas mon favori, mais je l’ai vraiment aimé. J’ai hâte de le
découvrir…Bonne semaine Claude 



 



le Bison 30/05/2014 23:00

Voilà un auteur qui a priori ne m'intéressai pas... Le livre ne me disait rien. Mais là, c'était avant. Parce que maintenant je le rajoute illico dans ma pal.

Je m'intéresse beaucoup à la littérature japonaise mais comme je crois qu'il écrit directement en anglais, j'ai soigneusement évité de croiser ses écrits. A tort, je viens de m'en rendre compte par
ta chronique.

(je viens de vérifier sur Wiki, vu qu'il a quitté le Japon à l'âge de 6 ans, normal qu'il ait délaissé sa langue natale) Mais du coup, j'ai envie de découvrir ses écrits.

Nad 31/05/2014 03:21





Avec ta belle sensibilité, je pense que tu l’aimerais bien ce roman
Bison. Il y a vraiment de superbes réflexions qui en découlent sur la force des souvenirs, le don de soi, la fragilité de l’homme, le sens de la vie… Je commence tout bientôt « Les vestiges
du jour », qui est apparemment aussi un autre grand roman de l’auteur. J’aime beaucoup comme toi la littérature japonaise. J’ai toujours l’impression que les sentiments s’opposent, entre
violence et douceur, et qu’ils offrent au final toute la force aux émotions qu’ils expriment. Ishiguro a quitté le Japon à 6 ans, mais j’ai eu ce sentiment, en lisant le roman, qu’une empreinte
japonaise a été tatouée en lui, plus qu’anglaise… 



L'amarrée Des Mots

  • : L'amarrée des mots
  • L'amarrée des mots
  • : « Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi... » - Eric-Emmanuel Schmitt
  • Contact

En ce moment je lis...

Résultats de recherche d'images pour « les enfants de l'exode salgado »
 

Rechercher