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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 15:50

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Suis-je objective lorsque je commente Marie Laberge? Absolument pas! Mais tenez-vous-le pour dit, je l’assume très bien … Qu’importe les sujets abordés, sa fine psychologie et la force de ses dialogues arrivent chaque fois à me plonger dans l’univers dramatique de ses personnages pour en vivre tous les états d’âme, du plus subtil au plus profond. Je ressens cette émotion difficilement exprimable que ses mots me rejoignent là où mon âme est la plus sensible. Le rapport que j’entretiens face à ses écrits est viscéral, oui, c’est le mot juste … ils m’atteignent, me perturbent, me font pleurer parfois, rire aussi et surtout, ne me laissent jamais indifférente. C’est ce qui me plaît avant tout dans la littérature, la force qu’ont certains auteurs, à travers leurs écrits, de laisser en nous une trace palpable des lieux, des personnalités, des atmosphères, bien après en avoir refermé les pages. Marie Laberge y arrive avec grâce …

 

Dans ce roman policier (son deuxième après « Sans rien ni personne »), elle s’attaque, si je puis me permettre l’expression, à un sujet fort délicat : les abus sexuels perpétrés par les membres de l’église. Elle illustre avec insistance la difficulté d’obtenir justice face aux institutions religieuses ; les victimes se faisant ordonner de garder le silence et de respecter l’ensemble de l’église, de la protéger et de ne pas la salir en dénonçant des agresseurs repentants auxquels le diocèse a déjà pardonné. Elle ne manque pas de rappeler que les gens abusés sont souvent considérés comme des pêcheurs indignes qui ont attiré les prêtres dans la disgrâce. L’Église est ainsi allée dans le même sens néfaste que la psychanalyse en culpabilisant les enfants face aux actes commis à leur égard et en achetant le silence des victimes. En ignorant la maltraitance et les abus, elle a laissé planer le doute et l’incertitude chez elles, en plus d’avoir été complice des gestes violents posés par ses membres.

 

Ce roman est écrit, comme toujours et pour mon plus grand plaisir, dans un québécois pure laine que les lecteurs non familiers avec ses expressions pourraient avoir du mal à suivre. Loin de sombrer dans le chauvinisme, Marie Laberge reste fidèle à ses racines et fière d’y appartenir. Marie Laberge est une auteure authentique, que je pourrais comparer en ce sens à Michel Tremblay, Réjean Ducharme, Victor-Lévy Beaulieu, etc … Dans ce roman policier, elle allie ses talents de dramaturge à ceux de romancière. L’intrigue est bien ficelée et intelligente. Le dénouement final est mené avec brio. Si la plupart de ses romans abordent des sujets controversés, certains sont récurrents, comme l’exclusion sociale. Les dialogues sont savoureux, opposant deux enquêteurs, l’une québécoise, l’autre français. Les chocs culturels qui en résultent de part et d’autre m’ont fait sourire … L’atmosphère est palpable, on se croirait même dans ce petit coin reculé du Québec, à Sainte-Rose-du-Nord. Hommage à la citation de Camus en début de livre. Une autre merveille …

commentaires

manU 11/03/2017 10:49

Peu importe l'objectivité quand il y a la passion... ;)

Nad 17/03/2017 00:44

Tout à fait d'accord sweet yoU... <3 ;-)

christw 21/04/2014 06:50

Je place ces deux polars dans ma liste de lectures à venir. J'aimerais découvrir Marie Laberge en espérant qu'on trouve ses livres ici en bibliothèque ou en librairie.

Nad 21/04/2014 16:43



Marie Laberge est une auteure québécoise que j’aime beaucoup. Au-delà de ses écrits, cette femme est profondément généreuse et humaine. J’ai
eu l’occasion de la rencontrer à quelques reprises et chaque fois je ressors emballée de ces rencontres. Quelle femme! Je te souhaite de trouver ses romans. Normalement, ils sont dispos à la
FNAC…



Jean-Charles 28/02/2014 17:52

Ne pas connaître le Canadien est un handicap pour lire ce livre ?

Nad 28/02/2014 20:51



Ne pas connaître le québécois ? Dans
le cas de Marie Laberge c’est une bonne question. Cette auteure est très fidèle à ses origines. Donc tous ses romans sont teintés des accents de chez nous. Mais tu n’aurais pas de mal, et les
expressions que tu ne comprendrais pas tu les devinerais facilement J



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