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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:30

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Il arrive parfois qu'un livre tombe à point et permette à son lecteur d'entrer dans un moment de grâce même si, dans les faits, il vit un épisode éprouvant. Je ne saurais jamais assez remercier Claudie Gallay d'avoir fait de ce roman le livre culte m'ayant accompagné dans l'une des périodes les plus importantes de ma vie. Quand je l'ai lu il y a quelques années, chacune des phrases qui en découlait m'était telle une caresse apportée par la vague. De chaque page s'écoulait la texture rassurante et chaude du sable, celui dans lequel il fait si bon se plonger les pieds au soleil. Les déferlantes était mon rendez-vous quotidien avec la vie. J'aurai certainement de la difficulté à demeurer objective (en fait le suis-je jamais!?) puisque ce roman est intimement lié à des émotions intenses.

 

L'histoire se déroule à La Hague, à la pointe du Cotentin. Le lieu est sauvage et la force de la nature violente, ce qui, étonnamment, ne diminue en rien, bien au contraire, la chaleur du roman. Une étrange dualité s'installe entre ces deux mouvements, dualité qui nous consomme et finit par nous habiter. C'est ainsi que débute l'histoire, un jour de tempête. L'atmosphère est teintée de quelques maisons, de falaises, d'une plage, d'un phare et d'un petit restaurant de bord de mer. On s'y sent bien...

 

À mon sens, la richesse du roman réside dans la densité de ses personnages. Il y a Lambert, cet homme tourmenté et mystérieux, auquel je me suis vite attachée. Puis Théo, Morgane, Lili et bien d'autres. La force qui les unie est complexe. Le mystère qui les entoure ne nous quitte jamais. Les personnages sont constamment tiraillés entre le besoin de solitude et celui du partage. Les dialogues sont forts, troublants. Ils ont tous un rapport à ce lieu, énigmatique ou nostalgique. Le point d'ancrage est le deuil et les émotions qui en résultent sont variées : douleur, amour, haine, colère ... La recherche d'un passé ausculte chaque seconde de l'instant présent.

 

L'auteure fait preuve de retenue et de discrétion. Le roman évolue lentement, au rythme d'une musique qui permet de savourer les embruns de chaque note. Qu'il était bon de le retrouver avant d'éteindre la lumière ...

commentaires

M
Merci pour votre article, il me donne vraiment envie de découvrir cette oeuvre d'autant que je connais bien les lieux dont il est question !
A bientôt !
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N
Quel beau roman Marie-Laure! Merci de ta visite et à bientôt
L
Voilà un roman que je lirai probablement un jour. Certes, il est un peu épais - je crois - mais je me dis qu'il doit en valoir le coup.
Et puis, j'aime bien les falaises, boire une bière en regarder le soleil plongée, vivre seul dans un phare...

Une caresse apportée par la vague, comme c'est cute, et comme ça a l'air doux...
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N
"Turlutte"!!!! ptdrrrrrrrrrrrr c'est excellent !!!!!!!!!! ^^
L
Tourlou... J'aime bien ce mot... ça me fait penser à Turlutte...
N
Les déferlantes est mon coup de cœur, c'est tellement beau comme histoire. Mais j'ai aussi adoré "Dans l'or du temps", "Seule Venise" et "L'amour est une île".
Sauf que........ ces Déferlantes..... il faut lire celui-là....... c'est une caresse pour l'âme!
Tourlou Biisoni ! Traduction de Bison en finlandais :P
L
Et puis j'ai vu que tu avais presque tout lu d'elle...

Tourlou... ! ;-)
N
Ah mon Bison, je t'encourage à le lire, même s'il est un peu épais, les vagues viendront bercer ton âme et le sable s'écoulera de chaque page. Maudit que c'est bon!
M
Tu en parles bien et nous donne envie de le lire. Ils traient justement quelques part dans ma, monumentale, PAL... ;)
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N
Je manque d'objectivité concernant ce roman parce qu'il a été un réel exutoire... j'ai aimé sa lenteur et l'apaisement procuré... :-*
Des gros becs mon kinG
L
traient, du verbe traire... Je reconnais bien le bouseux qui sommeille en toi ;-)... Combien de vaches derrière ton château ? :D
B
Tu viens de me donner l'envie de lire ce livre... Je sors moi aussi d'une lecture qui m'a bouleversée peut être parce qu'elle me parlait d'un pays où est né mon père... et puis aussi parce que
l'auteur Yasmina Khadra nous offre un beau regard sur cette période pourtant noire de l'Algérie... et que ce regard je l'avais déjà vu dans les yeux de mon père. Alors si tu en as l'occasion lis
"Ce que le jour doit à la nuit"...
J'adore cet espace littéraire que tu nous offre ici.
Bisous de Bab's qui se sauve au boulot.
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N


Ce roman est une vraie douceur... j'espère que tu l'aimeras autant que je l'ai aimé...


"Ce que le jour doit à la nuit" m'attend dans ma bibliothèque de livres non lus depuis 1 an! Tu m'as donné envie de le lire tout de suite après "Beloved"...


Je vous embrasse bien fort


Nad xxx 



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