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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 00:35

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« Le vent ne vient de rien et nulle part ne va, il passe »

 

L’univers de Damasio est vaste et riche, et la force de son imaginaire d’une créativité hors du commun. Il arrive à transposer les mots en images avec un génie de l’art descriptif à vous couper le souffle, sans vouloir jouer sur les mots. Car de vent il est question, dans ce superbe roman. Mais pas n’importe lequel…

 

Ils sont 23, hommes, femmes, scribe, pilier, troubadour, sourcière, braconnier du ciel et j’en passe, et sont de la 34ième « horde du contrevent ». Ils marcheront durant plus de 30 ans avec acharnement, conviction, courage, intelligence, sans répit, affrontant les vents les plus dévastateurs. Des vents mordants, voire mortels, à moins deux cents degrés, le corps vitrifié, telles des griffes qui vous lacèrent la peau jusqu’à l’âme. Ils suffoqueront jusqu’à se cracher les poumons. Et nous souffrirons tout autant qu’eux, grâce à ce génie qu’a l’auteur à nous faire ressentir la fragilité derrière les épreuves avec tant de précision. Ils avanceront en position groupée, en delta, en forme de goutte d’eau, en diamant, en cône, car le code numéro un de la horde est le suivant : seul le corps peut contrer le vent. Cette hiérarchie des corps leur conférera une force, une confiance. L’espoir vissé au ventre, ils n’auront qu’un seul objectif, atteindre le bout de la Terre, l’Extrême-Amont, et découvrir l’origine du vent. Et de cette quête, affronter leur destin…

 

La poésie est au centre de ce roman et m’a profondément émue. Si l’histoire en soi est un grand poème, de même que les lieux, car n’est-il pas poétique de rechercher le vent, des métaphores sublimes recouvrent les mots d’un voile d’une infinie douceur. Je repense à ce passage, notamment : « je cherche Aoi, ma petite goutte, tellement légère, chancelante de pluie…». Ou à ceux-là : « Bruissant est le sable », « Dans le rideau du ciel »… Je n’oublie pas non plus les images magnifiques, telles ces méduses qui tombent du ciel et les maisons en forme de goutte d’eau. Et puis, il y a ce septième art, échappé de la plume de Damasio, celui de jouer avec les mots avec tant de magie, car de deux mots jumelés en naîtra un seul : pharéole (phare – Éole – phare dans le ciel), fréole (frégate – Éole – navire du ciel), etc…

 

Outre cette gamme d’émotions qu’il arrive finement à nous transmettre, l’auteur est d’un humour stupéfiant. Golgoth, le Traceur de la horde, de par son personnage dur, au langage cru et non affiné (il m’a fait rire celui-là!), offre un contraste déconcertant avec la poésie de l’ensemble. Il émet ainsi une dualité des sensations, des ressentis… Émanent aussi de ce roman de fortes réflexions philosophiques, des passages extrêmement touchants et une complicité émouvante des personnages. Complicité d’amitié, d’amour aussi…

 

Et puis, il y a les « chrones » (Chronos, Dieu du Temps et de la Destinée), ces entités présentées sous plusieurs formes, et qui sont propres à l’univers de Damasio. 700 pages seront parvenues à me les imaginer, telles des formes de silence qui dérivent, mais toujours abstraitement, c’est pourquoi je joins ici un lien qui vous les fera mieux connaître : http://mushin.fr/les-chrones-dapres-alain-damasio/.

 

C’est donc un très beau roman, dense, complexe, émouvant. La présentation des personnages sous forme de symboles, à chaque chapitre, peut en décourager dès le départ plus d’un. Mais une fois les premières pages franchies, on ne peut que difficilement le lâcher…

commentaires

le Bison 09/02/2017 09:07

Fuck le blizzard :D

Nad 19/02/2017 22:10

Bon à s'en lécher les doigts, comme les moules marinières... ^^

le Bison 19/02/2017 22:01

j'les trempe dans du sirop d'érable pour qu'ils restent au chaud et dégoulinant de bonheur...

Nad 10/02/2017 16:23

mdrrrrrrr Fuck le blizzard! ^^
Couvres quand même tes majeurs...

manU 09/02/2017 08:30

Je ne connaissais ni l'auteur ni le roman et je ne suis pas vraiment attiré par les romans SF mais la faon dont tu en parles, toutes cette poésie, donne envie de le découvrir.

Nad 10/02/2017 16:21

Le vent est présenté sous forme de poésie, l'ensemble de l'oeuvre aussi, c'est tellement beau, l'homme est confronté sans cesse à ses limites. Je ne suis pas non plus SF mais celui-ci est vraiment un roman à part...

ubu 23/02/2014 22:49

ah quelle surprise de voir que tu as aimé cette histoire.
J ai bien vu voila un mois ou deux que tu t étais attaquée à ce roman, dans la partie droite de ton blog, les lectures du moment, et je ne l ai plus revu, je me suis dit...
ca ne lui a pas plu !
---
Et aujourd'hui je vois ta critique ou tu écris le plaisir que tu as eu de le lire.
Eh bien , au moins je ne suis pas un cas isolé, car vraiment je ne saurai classer ce roman, il faudrait peut etre le sortir de sa case science fiction, car cette histoire d hommes et de femmes,
formés pendant leur enfance pour découvrir l origine du vent, est vraiment captivante, je ne saurai dire a quel moment j ai su en le lisant que c était un chef d oeuvre, mais des le départ et passé
les 30 premières pages je crois qu on ne peut la cher ce livre.
Toi qui es complétement amoureuse de poésie tu le décris d une autre maniére que moi, qui n ai vu qu une formidable histoire de voyage trés difficile et tres entrainante, mais oui, tout le temps
les écrits, les descriptions sont la pour te dire que tu es dans une histoire que tu n as jamais lue auparavant , dans une forme très originale.
Autant dans le roman les héros doivent affronter le vent de face, autant dans la réalité on se laisse entrainer par le souffle de l histoire, et à la relecture l an dernier, je me suis dit que c
était passé beaucoup trop vite.
Un comble pour un livre de 700 pages.

Nad 24/02/2014 20:44



Ah bon? Tu as relu ce livre l’an
dernier? J’savais pas… Mais quelle surprise!!!!! Mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr



Dire qu’on aurait pu le lire ensemble,
un chapitre par soir. Eh ben… une prochaine fois peut-être! (re-mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr)



J’ai trouvé aussi que le rythme se
laissait prendre vers la trentième page, puisqu’avant il faut faire l’effort d’associer les personnages à leur symbole graphique. Mais après, les chapitres coulent de source. Je suis aussi
d’accord avec toi sur le fait qu’il ne soit pas à proprement parler un roman de science-fiction. Oui, il y a la présence de ce monde futuriste, mais avant tout il y a ces personnages plus humains
les uns que les autres. J’ai eu la même impression en lisant Barjavel. Difficile d’exprimer précisément pourquoi…



Merci de me l’avoir fait découvrir et
de m’avoir accompagnée dans cette lecture ;-)



Ah non!!! Que dis-je!!! Tu l’as lu
seul…………. (re-re-mdrrrrrrrrrrrrrrrrr)



dasola 22/02/2014 13:11

Bonjour Nadine, je sais que c'est un roman que je dois lire mais il me fait un peu peur: il est long et je ne suis pas très "science-fiction". Mais autour de moi, les gens l'ont beaucoup aimé.
Bonne journée.

Nad 23/02/2014 15:06



Au départ j'ai eu la même réaction que toi, le roman est long, dense, assez complexe, mais au fil des pages on reprend le rythme. Ce roman est un vrai bijou... Bonne journée 



Nadael 21/02/2014 09:43

Ah oui je me souviens de La nuit des Temps de Barjavel, lu quand j'étais adolescente!

Nad 21/02/2014 21:13



La nuit des temps et le grand secret, ah oui, c’est ça... Deux livres d’amour que j’ai tant aimés…



Nadael 20/02/2014 10:28

La science fiction est un genre littéraire que je ne lis pas, cela ne m'attire pas mais ton billet est très beau. Alors je note tout de même le nom de cet auteur.

Nad 21/02/2014 01:50




Comme toi j’ai lu très peu de science-fiction, mais celui-ci on me l’a fait découvrir et c’est une merveille. J’ai vraiment été conquise par la poésie qui s’en dégage. J’avais ressenti la même
chose à l’époque avec Barjavel. Merci chère Nadael…



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