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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 02:38

aubergedespauvres

 

« La passion est un ouragan, quelque chose de sublime qui précipite la chute »

 

« Une forte passion, même quand ça se termine mal, c’est pas mal, ça fout un peu de désordre et beaucoup de vie dans les veines »

 

Coup de foudre! Un grand roman, passionné, passionnant, envoûtant…

 

L’Auberge des pauvres est ce livre qui vous brûle la peau des sentiments. J’ai tourné chaque page comme on se rend à un rendez-vous intime, avec l’énergie de l’attente et le vertige des sens. Avec ce désir pressant de retrouver cette « Vieille », une femme atypique aussi attachante qu’inoubliable.

 

Ah! Une grande dame! Une dame pleine de bonté et de compassion, qui a tout perdu, des illusions de la vie jusqu’à la raison. Une histoire d’amour qui s’est mal terminée. Un amour violent, pervers, humiliant, raciste, haineux. Mais aussi, un grand amour, une passion brûlante nommée Marco. Dans son Auberge, ancien asile reconverti en refuge pour les âmes blessées, elle accueille les histoires des uns et des autres, ces petits et grands drames de la vie qui brisent et nous reconstruisent, nous rendent un peu différent et nous changent à jamais. Elle montre le chemin pour se connaître un peu plus. C’est le lieu des amours perdus, des écorchés de la vie, une confrontation ultime avec la solitude.

 

« Une auberge pour solitude trempée dans l’alcool dur et le mauvais vin, pour membres insolites d’une société qui aimerait bien être secrète, mais qui n’est autre qu’une addition d’êtres saccagés par la vie, ruinés avant l’heure, désertés par la gloire, par l’amour… »

 

Le narrateur est marocain. Avec sa femme, ils sont devenus des étrangers qui n’ont plus grand-chose à se dire. Ils se sont mariés parce que c’est rassurant de faire comme tout le monde. La routine s’est installée et les gestes de tendresse ont fait place à l’ennui. Il a encaissé et souffert en silence. Jusqu’au jour où la mairie de Naples lui offre de venir rédiger un portrait de la ville. L’occasion idéale pour fuir, non sans culpabilité, et cesser de poser un voile sur la réalité. Le destin lui fera croiser la route de cette « Vieille ». La profondeur de leurs échanges sera le battement de cœur de ce si beau roman plein de sensibilité.

 

« J’étais prêt à dormir en souriant à la vie, à la nuit, à l’amour, ah! L’amour! La passion dont j’ai si souvent rêvée, cette superbe chevelure qui s’enroule autour de mon corps, ces algues fraîches, vertes, grises ou même bleues qui s’insinuent entre les doigts, cette lumière fulgurante qui me nomme et m’invite à m’asseoir sur un banc de sable, cette suave lenteur du désir qui décline toutes les nuances de ma peau, la réchauffe, la réinvente comme au temps de l’enfance. »

 

Il y a des lectures que l’on traverse en vol direct. D’autres pour lesquelles on voyage en faisant de petites escales. On prend le temps de s’arrêter et de réfléchir en posant les amarres. L’auberge des pauvres en fait partie. On quitte le navire en se demandant ce qui relève de l’imaginaire ou de la réalité. Chacun a ses rêves et vit de ses illusions. Quelles sont ces ombres du passé qui flottent dans l’Auberge? Les histoires d’amour ont toutes le mérite d’être vécues, même au prix d’énormes souffrances. Si les événements se répètent, chaque histoire est unique. Et puis il reste au final la force des souvenirs, ceux qui sont là comme l’écho d’un temps qu’il serait injuste de trahir par l’oubli. La « Vieille » n’oubliera jamais Marco, ni Gino son Idé, qui « un jour est venue le déposer à l’Auberge comme on dépose un blessé ». Qu’en est-il de la liberté, l’ont-ils perdue ou retrouvée?

 

« Nous avons tous dans notre vie des moments d’absence, un état d’inconscience qui nous gouverne et nous fait faire des choses que nous regrettons ensuite. C’est ce que j’appelle le destin »

 

Petite parenthèse sur Momo, un personnage auquel je me suis attachée. Il est Sénégalais clandestin et vend des bricoles sur les trottoirs. La « Vieille » l’adopte symboliquement. Elle est juive, il est musulman. Je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le Momo de Madame Rosa dans La vie devant soi, ou encore le Momo de Monsieur Hamil dans M. Ibrahim et les fleurs du Coran. Des histoires d’amour qui traversent les religions…


jelloun 

Sans manU, je n’aurais jamais découvert ce magnifique roman. Merci à la gentille grenouille... 

 

Venez aussi lire le superbe billet du BISON, « Naples ou la vieille ne sont qu’une allégorie de la passion et de l’amour ».

 

C’est aussi l’occasion, manU, puisqu’aujourd’hui tu souffles les bougies et ouvres la page sur une nouvelle année, de te souhaiter bon anniversaire!!!  

 

Ta carte est ICI


grenouillemanu

commentaires

manU 02/11/2014 16:18

" J’ai tourné chaque page comme on se rend à un rendez-vous intime, avec l’énergie de l’attente et le vertige des sens."

Waouww !

Nad 03/11/2014 03:32



Les abeilles ont ce genre de réflexion parfois, c’est le miel…



C’est gentil d’être repassé ici M’sieur grenouille  



valentyne 19/10/2014 17:11

Un auteur que j'aime beaucoup (même si ses histoires me semblent toujours si tristes....) Je note ce titre....
bises Nadine

Nad 20/10/2014 04:42



Un livre magnifique, profondément humain, plein de réflexions. Je ne connais pas ses
autres livres, incapable de dire s’ils sont tristes. Mais celui-ci ne l’est pas. C’est une petite mine d’or… Bisous Valentyne



MTG 18/10/2014 09:41

He bien, quelle chronique enthousiaste. Je ne connais pas cet auteur (seulement de nom) mais je note le titre et le mets dans ma liste à lire. Le thème me plait, je lis en priorité les histoires
d'amour et surtout tu m'as convaincu !

Nad 18/10/2014 16:11



De belles histoires d’amour qui ont éclaté, mais qui auront eu le mérite d’avoir été
vécues. Un très beau roman.



Babou* 17/10/2014 09:53

Tu as les mots pour donner l'envie de partir vers de nouveaux horizons... Je voulais te remercier pour ces belles découvertes que tu nous offre en partage. Je mets ce titre et cet auteur sur la
liste de mes livres à lire. Je vais même aller m'inscrire à la bibliothèque du village pour lire à nouveau.

Gros bisous de nous deux.

Nad 17/10/2014 22:47



Et peut-être que j’aurai le plaisir de lire de tes critiques littéraires ma Bab?



Bisous à vous deux



Chrisdu26 16/10/2014 20:48

Un joli souvenir de lecture pour moi aussi grâce à manU. Un voyage fabuleux à la rencontre de personnages atypiques mais tellement envoûtants... et la vieille.... SI MAGNIFIQUE

Merci Nadine :D

Nad 17/10/2014 22:45



Atypiques et tellement envoûtants, comme tu dis, attachants et d’une rare sensibilité
grâce à la plume de l’auteur. Et cette vieille avec qui on aimerait passer la soirée en se disant qu’il n’y aurait pas de quoi s’ennuyer!  Merci Chris



Nadael 16/10/2014 10:31

Je crois qu'elle me plairait bien à moi aussi cette vieille dame de l'auberge, et tu fais allusion à Momo de La vie devant soi, un roman que j'ai adoré. Je note donc ce roman, je n'ai encore jamais
lu Tahar Ben Jelloun.

Nad 17/10/2014 22:44



Oh oui, elle est inoubliable cette vieille et je crois que tu l’aimerais beaucoup,
autant que Madame Rosa, en beaucoup plus atypique  Bon weekend Nadael  



Philippe D 15/10/2014 21:11

Je n'ai encore rien lu de cet auteur.
Mon fils en a lu un et me l'a passé. Je le lirai peut-être un jour.
Bonne soirée.

Nad 17/10/2014 22:43



Ce roman m’a procuré un moment fort de lecture, grâce à manU. Dire que je n’avais
jamais entendu parler de cet auteur avant… Maintenant, j’ai envie de tout découvrir de ses écrits!



Asphodèle 13/10/2014 23:35

Quel beau billet Nad sur ce livre que j'ai adoré, d'un auteur que j'ai beaucoup lu, je dois en avoir une dizaine dans ma bibliothèque ! Si ce n'est fait, je te conseille L'Enfant de sable, Les
amandiers meurent (toujours) de leurs blessures, Harrouda, Le premier amour est toujours le dernier,etc. J'ai aimé cette période où il nous racontait le fantastique qui règne au Maroc et
l'intégrait à des sujets actuels, je n'accroche plus à ses dernières publications beaucoup plus "réalistes" pour moi... Mais je relis souvent ses livres, sa poésie inimitable et son talent !!! :)
Bises ^-^ (et bonne soirée pour toi, moi c'est mon lit qui m'appelle !!!) Pour répondre à ton comm chez moi, il y a poésie jeudi et j'ai hâte !!! ;)

Nad 14/10/2014 15:01



Ma Isa, alors tu es une grande fan de Ben Jeloum! Une dizaine dans ta bibli? Wow! Je
retiens les titres que tu déposes ici, parce que je n’ai lu que celui-ci, et j’ai très envie d’aller beaucoup plus loin dans ma découverte de l’auteur. J’en ai trouvé un samedi dans une vente
trottoir, j’oublie le titre… en plus il est tellement poétique, comme tu le dis, je soulignais toutes ses belles réflexions et métaphores en cours de lecture, c’est dire qu’il y avait des post-it
partout! Je t’embrasse



le Bison 13/10/2014 22:11

J'avais lu cet avis dithyrambique rédigé par la grenouille des Charentes. Il m'avait converti à l'auteur. Et puis, par la suite, j'en ai lu un seul. Sans plus. Bien sûr, ce n'était pas cette
"Auberge des Pauvres". Faudra que je ré-essaye... Parce que tu m'as autant convaincu que le crapaud imbibé au pineau.

Nad 23/06/2016 14:23

J’pense que des cuisses de crapauD imbibées au pineau pendant quelques années, hostie qu’ça doit être bon!!! ^^

le Bison 22/06/2016 09:09

Depuis, je l'ai lu :D
Et j'ai adoré. Un grand moment, mélange de passion et de pizza.

Tu crois qu'un crapaud imbibé au pineau, ça se conserve des années, comme un ver dans une bouteille de mezcal ?

Nad 14/10/2014 14:55



C’est un livre vraiment magnifique, je crois que tu l’aimerais beaucoup, en tout cas tu
aimerais cette vieille atypique, ça j’en suis même assurée! Tu comprendras si tu le lis un jour… Elle est inoubliable! Parlant « crapaud imbibé au pineau », t’as vu la pose qu’il prend
sur la plage? Trop classe!  



manU 13/10/2014 09:12

Encore un beau billet que tu nous offres là, avec tes mots si justes, merci à toi !

Content que ce livre te plaise, c'est un de mes plus beaux souvenirs de lecture et tu sais quoi, tu m'as donné envie de le relire !
Le relire, y retrouver ce que j'ai aimé et découvrir et redécouvrir certains passages à côté desquels je suis sans doute passé...

Merci pour mon anniv', c'est gentil à toi ! :)

Je vois qu'il y avait des paparazzis sur la plage cet été ! Ça m'apprendra à faire du topless ! ;)

Quant aux Minions, je les adore même si je n'ai pas encore vu Moi, moche et méchant 2. Le premier, j'ai adoré !

En ce jour d'Action de grâce chez toi, je te souhaite une magnifique journée Nad !

Nad 14/10/2014 14:53



Je n’oublierai jamais cette auberge, ni cette vieille, un moment de lecture fort et
tellement humain. Quel beau roman! Tu m’as ouvert la porte vers l’univers d’un auteur d’une sensibilité hors du commun. Merci manU, grenouille qui fait du topless on the beach! Avec son verre de
Pineau à la main...


 


Passons aux choses sérieuses, les Minions! Ça, c’est le top du top! Ils me font
tellement rire ces petits bonhommes jaunes! Il n'y a plus personne qui veut venir regarder ces films au ciné avec moi, apparemment je ris trop fort, je fais même honte à mes enfants!
mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr 



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