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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 22:29

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« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. 

 

Marguerite Duras »

 

Cet extrait, tiré d’un roman de Marguerite Duras, figure en début de livre. Le roman lui-même en porte d’ailleurs le titre. Hum… Quatre phrases assassines qui en disaient déjà beaucoup sur les enjeux auxquels le lecteur serait confronté. Si cette auteure à la plume sublime (Duras), demeure l’une des plus grandes écrivaines de son temps, il n’en demeure pas moins que je reste peu étonnée de l’entendre prononcer ces quelques mots. Quelle femme désagréable était-elle, quand on regarde de plus près la nature de la relation qu’elle a entretenue avec Yann Andrea Steiner. Il m’est indéniable qu’elle devait elle-même être insupportable. Mais ne vous fourvoyez pas, je l’adore, littéralement parlant. Toutefois, par cet extrait, je me savais déjà soumise à des rapports tendus et douloureux, toujours à cent lieues du roman d’amour que je recherche désespérément. Ce court extrait mis à part, j’ai lu la quatrième de couverture, pour m’en donner une meilleure idée, voire motiver ma lecture. Je peux vous la transcrire ici, elle fait quatre lignes, elle aussi : « Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L’homme est noir, la femme est blanche. Et alors? ». Voilà qui ne m’avançait guère plus, l’un comme l’autre prenant des directions diamétralement opposées. La meilleure chose à faire étant d’en juger par moi-même…    

 

En effet, l’homme est noir et la femme est blanche. Et alors? Présenté ainsi, on s’attendrait à un choc des cultures, à une forme de racisme à laquelle seraient soumis les amants. À un amour plus grand que tout, prêt à tout. Mais non… À part un bref épisode où le père de Solange, rencontrant pour la première fois Kouhouesso, fixe ce dernier avec stupeur en s’apercevant qu’il est noir, je n’ai pas vu. J’étais plutôt à rire de ce ridicule. On est loin de la période de l’esclavagisme, non? À moins qu’on soit encore aussi attardé? Bon, je n’ai pas compris la nécessité d’imposer cet enjeu alors qu’il sert davantage de prétexte à l’histoire que de finalité en soi. Finalement, ce roman n’est aucunement représenté correctement par la quatrième de couverture. Par contre, avec l’extrait de Duras, tout est là… Une femme, un homme et beaucoup de souffrances imposées par ce dernier…      

 

Kouhouesso est citoyen canadien né au Cameroun anglophone. Il vit à Los Angeles où il pratique le métier d’acteur. Un torse massif, des épaules larges sur un corps très long, il est représenté dans le livre telle une icône de la beauté masculine. Le type d’homme, comme le décrit Darrieussecq, qui déclenche « l’adoration, la peur et le manque ». Mais également l’archétype de l’homme égoïste qui parle beaucoup de lui et s’intéresse peu aux autres. Et par-dessus tout, qui offre beaucoup de promesses…

 

Solange en tombe amoureuse, d’un amour qui côtoie de près la folie. En peu de temps son cœur bascule dans les tourments de l’attente, des textos qui ne viennent pas, du vide. Il repousse ses caresses, lui laisse des messages ambigus, de rupture. Refuse la main qu’elle lui tend. Et puis, le grand silence… Jusqu’à deux mois sans nouvelles… Au bout de combien de temps se rompt un lien? Se dénoue une histoire? Elle ira dans son Afrique natale à la recherche d’un écho de ses origines, pour mieux le connaître. Jamais Solange, désespérée, ne renoncera.      


Oui, comme dirait Duras, il faut beaucoup aimer les hommes pour les aimer, dans un tel contexte. Et Darrieussecq, psychanalyste de profession, arrive à représenter cette souffrance de l’attente avec beaucoup de justesse. Certes, je n’aime pas son style littéraire écrit à la troisième personne et dépourvu de dialogues. Il faut dire aussi que je suis loin d’être une adepte du mouvement psychanalytique, qui transparaît, il faut bien le dire, de chacune des pages de ce roman, où l’on imagine aisément Solange sur le divan de sa psy. Néanmoins, elle sait parler de sentiments et nous faire vivre la chute de l’âme, de l’euphorie à l’effondrement. C’est déjà ça…      

 

Bla Bla Bla !!!!!!...................

 

psy

commentaires

manU 11/01/2017 12:09

Ah les hommes... ;)

Nad 11/01/2017 23:48

ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrr à qui l'dis-tu !!! ^^

ubu 11/03/2014 23:20

ah, Nadine, quand je lis ceci ""En effet, l’homme est noir et la femme est blanche.""
ca me fait de suite penser a ce sketch de Muriel Robin.
je me suis empresse de le revoir encore une fois apres t avoir lu, et encore une fois, j ai bien ri....

http://www.youtube.com/watch?v=DOHr60Q_S4k

Par contre, une chose qui m aurait freiné a la lecture de ce roman, est le fait que l auteur soit psychanalyste, j aurais espéré que ce "métier" disparaisse, car depuis que j ai lu Michel Onfray,
la psychanalyse et moi on ne se connait plus, il est hors de question qu une seule fois dans ma vie j achète un livre qui cautionne cette pratique fabuliste.
Je crois que tu n aimes pas non plus la psychanalyse, ouf, je suis content de l apprendre...

Nad 12/03/2014 18:44



Excellent ce sketch! Mdrrr Cette humoriste est sans
doute bien connue chez vous, en ce qui me concerne, je n’en ai jamais entendu parler. Il faudra me la faire découvrir J
(Méga?)


Quoi? Tu n’aimes pas la psychanalyse? (gros sourire) Ah oui… Michel Onfray… Pauvre Freud, s’il savait ce
que tu penses de lui. Il se taperait une méchante psychose et serait l’objet de ses propres perversions! Et bien moi non plus, je ne l’aime pas. Nan… Mais ça tu le sais déjà, mdrrrr


Il a causé tellement de torts, à commencer par les enfants qu’il a culpabilisé des actes commis à leur
égard. Si je me mets à en parler je ne m’arrêterai plus. En tout cas, la pauvre Darrieussecq, avec son livre, elle était déjà à mes yeux à moitié condamnée. Ça partait bien mal pour elle…



Nadael 11/03/2014 09:51

Bon apparemment cette lecture ne t'a pas enthousiasmée. De cette auteure, j'ai lu il y a quelques années, Le bébé, qui m'avait plu sans pour autant me donner une envie irrépressible de la lire à
nouveau.En revanche ton beau billet me donne sacrément envie de lire Duras dont je n'ai lu qu'Hiroshima mon amour (magnifique). Sinon, cette histoire de femme blanche et d'homme noir me fait
repenser au film avec Spencer Tracy et Katherine Hepburn, Devines qui vient dîner? (beau et bon film).

Nad 11/03/2014 16:27



J’aime tellement Marguerite Duras. Je souhaite lire tous ses livres... Hiroshima mon amour sera sans doute le prochain... Devines qui vient
dîner, oh oui, excellent film!


Bonne journée Nadael



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