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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 00:10

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« La petite mendiante qui avait déclenché le jeu de ces souvenirs ne bougea pas. Je m’approchai d’elle. Sa paume était ouverte sur ses genoux repliés. Mais elle n’en savait rien. Elle dormait… Je mis quelques pièces dans cette main qui se referma inconsciemment, innocemment, comme une fleur blessée. Je pensai alors à ce que Dostoïevski faisait dire à l’un de ses personnages :

-Tant qu’il y aura au monde un enfant, un seul enfant malheureux, je ne pourrai pas croire à Dieu.

Et, regardant la petite fille de Macao, j’ajoutai intérieurement :

-Encore moins aux hommes… »


Quand on aime voyager, il est presque impossible de passer à côté des écrits de Kessel. Ses romans sont une invitation à prendre le large. Et il m’en faut peu pour céder à la tentation, remplir un sac et m’évader. Le plus difficile a été de choisir la destination vers laquelle j’avais envie de partir. J’ai hésité entre plusieurs, La piste fauve de l’Afrique, Les cavaliers de l’Afghanistan, Les nuits de Sibérie, La vallée des rubis de la jungle birmane, La steppe rouge de la Russie bolcheviste. Plusieurs encore… Pour finalement arrêter mon choix sur la découverte du pays des dragons, la Cité Interdite. Goûter un « vrai » canard laqué Made in China, ça me plairait bien!


Kessel a suivi les traces de son ami George, Chinois de Shanghaï, dans les recoins les plus obscurs du grand monstre sacré. Son ami fait parti de ces hommes rares, pleins de bonté, obsédés par la misère humaine. Ensemble, ils nous font découvrir, à travers leurs dialogues, la fureur d’une ville qui ne dort jamais. Parce que Hong-Kong, ce n’est pas que le charme de ses campagnes, avec ses petites rizières, ses paysans et ses attelages de boeufs. Ce n’est pas non plus que la beauté des femmes, cette grâce dont l’auteur fait éloge avec pas mal d’enthousiasme. Ni que la magie des sampans, ces barques flottantes qui, à la nuit tombée, emplissent le fleuve d’un immense navire nocturne, spectacle de feux multicolores. Ah ça, j’aimerais trop…


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La Chine, c’est aussi ces grands ports qui sentent le mazout et le charbon. Là où chaque jour des contrebandiers d’opium de la Compagnie des Indes orientales s’en mettent plein les poches, sous la complicité des autorités chinoises. L’un des plus grands marchés clandestins au monde. Beaucoup d’argent pour un petit nombre de gens et tant de misère pour la majorité… Mais ça, ce n’est pas qu’en Chine! Sans oublier le trafic clandestin de l’or. Kessel a aussi rencontré cette « vendeuse d’enfants », c’est son titre, elle met au monde de beaux enfants pour les revendre à des prix exorbitants et se faire une fortune. Le moyen qu’elle a trouvé pour survivre. Sinon, l’auteur parle très peu de l’invasion de la Chine par les Japonais. En revanche, comme Hong-Kong est situé au seuil de la Chine communiste, Mao Tsé-Toung et le nationaliste Tchang Kaï-Chek sont au cœur de bons nombres de ses débats. La Chine communiste! Ça me fait rire… « communiste », mais avec une économie et le capitalisme!


Quand on pense à Hong-Kong et Macao, on pense aux maisons de jeux, là où après une partie de Ma-Jong ou de fanfan, les hommes vont se choisir une femme pour passer la nuit, comme dans un buffet « all you can eat ». Le paradis de la débauche version orientale. M. Fu est à la tête de l’une des plus grandes maisons de jeux mondialement connue. Une chose est certaine, il ne vit pas dans la rue à manger des restants de table! Miss coca Cola non plus. Kowloon est un no man’s land qui a forcément marqué Kessel puisqu’il y consacre un chapitre entier. Un enfer de boue et de ruelles obscures, douteuses, d’une odeur corrompue. Avec ses fumeries d’opium, ses cases de prostituées.


En gros, l’auteur ne donne pas tellement envie d’y aller, mais il nous fait connaître ces deux villes avec l’authenticité du voyageur qui s’est mêlé à ses habitants. Celui qui sort des grands hôtels pour touristes et plonge au cœur de leur quotidien. C’est ainsi que j’aime voyager, loin de la foule, loin des sentiers déjà tracés. De toute façon, je préfère les grands espaces sauvages à la foule étourdissante des grandes villes où les gens sont entassés et vivent les uns sur les autres. 

 

Mon véritable coup de cœur? Le Tiger Balm! Un petit pot d’onguent qui représente un pactole impressionnant. Là-bas, ils en font tout un plat. 25% de camphre, 10% de menthol. Douleurs musculaires, migraines, piqûres d’insectes ou voies respiratoires obstruées? Optez pour Tiger Balm! Mdrrrr Je ne verrai plus jamais mon pot d’analgésique de la même manière!

 

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Dans le cadre du Challenge « Lire sous la contrainte » chez Philippe D.

 

C’est ici

 

Philippe D

commentaires

le Bison 20/09/2016 09:07

Et ? Tu t'en sers pourquoi d'autres, ce baume du tigre... Parce que ça chauffe... :D

Nad 21/09/2016 00:21

J'm'en sers seulement quand j'me fais une entorse de majeurs :D)))
Mais toi, oublies pas Bison.................. "Don't scratch your balls after using Tiger Balm", sinon tu vas avoir la bizoune en feu!!! ^^ ^^

Dimitri DEMONT 15/06/2016 10:43

Bonjour,
Je viens de finir Hong-Kong et Macao et je me pose une question : est-ce que Miss Coca Cola est finalement le même personnage que la Vendeuse d'enfants ? (qui apparaissent dans deux nouvelles différentes)
Merci pour votre éclairage :)

Nad 16/06/2016 21:26

Bonjour,
Malheureusement je l'ai lu il y a trop longtemps et je ne me souviens plus du tout, désolée!
Par contre, Miss coca Cola est inoubliable :D

Philippe D 03/11/2014 20:08

Si Kessel fait voyager, il est temps que je le lise! J'adore les voyages.
Je suis allé en Chine mais je n'ai pas visité les endroits que tu cites.

Tu confonds "Le mardi sur son 31" qui est un rendez-vous hebdomadaire organisé par Sophie avec mon propre challenge "Lire sous la contrainte" dont la contrainte du mois est "nom propre de
lieu".
Normalement le livre doit être lu entre le 12 octobre et le 30 novembre mais je te l'accorde. Je note le lien vers ce billet.
Les résultats de mon challenge le 30 novembre et le thème de la nouvelle contrainte aussi.

Bonne semaine.

Nad 04/11/2014 00:20



En Chine? Chanceux! Bon, désolée pour les dates, il m’arrive d’être perdue et de mettre
du temps à comprendre! Mdr Mais merci de me l’accorder, la prochaine fois je ferai tout bien 



claudialucia 05/09/2014 00:55

Lis les cavaliers!Bon sang! Que j'avais aimé ce roman! fascinant! pas lu celui-ci par contre!

Nad 05/09/2014 02:17



Avec ton enthousiasme, tu me donnes tellement envie de le découvrir les cavaliers
afghans! Merci… 



le Bison 02/09/2014 09:00

Oui, je me verrais bien dans un endroit enfumé à faire une partie de Mah-jong, avant de m'éclipser dans l'arrière salle pour une partie de massage, et nettement plus. Parce qu'avec ce prix-là, je
peux m'offrir la totale ! pour le dépaysement, bien sur.

Le Tiger Balm, si puissant et si efficace. Bibi Phil t'en parlera certainement mieux que moi. Indispensable.

Nad 02/09/2014 18:17



Pour le dépaysement bien sur. Une évidence… Quand on voyage, il faut rentrer dans les
terres pour voir du pays! Chaque grand explorateur a découvert des territoires, intimes, inexplorés ou non… 



Nadael 01/09/2014 12:00

Encore un auteur que je n'ai pas lu... j'ai Le lion dans ma pal.

Nad 02/09/2014 18:15



Ce lion doit être une autre merveille…



Asphodèle 01/09/2014 11:10

Je crois que Kessel a forgé en partie l'image que j'avais des deux Chine (en 70-80) avec ce livre et m'a donné envie d'apprendre le chinois ! Mais je peux t'assurer que la Chine communiste a bel et
bien existé, sans une once de capitalisme, c'était un autre monde, une autre époque pourtant pas si lointaine mais ensevelie, déjà par l'argent à tout prix... Mais Macao et Hong-Kong ont toujours
eu ce parfum de stupre, de luxure à cause du jeu ! Les chinois (même communistes^^) sont fous de Jeux...l'ont toujours été !

Nad 02/09/2014 18:15



Ma chère Isabelle, oups, j’ai oublié de mentionner que son récit de voyage a été écrit en 1957. La Chine des années 50 c’était autre chose, le capitalisme aussi. Mais l’auteur
semblait dire à quel point le roulement de l’économie, via la contrebande d’opium et d’or (de chiens aussi!), le marché du jeu surtout, comme tu le dis si bien, faisaient de la Chine une société
partagée entre deux « idéaux », même si l’un a prédominance sur l’autre, on parle un peu je crois de communisme à travers une économie capitaliste. Tu le résumes parfaitement en
montrant l’« alliance » entre les deux « Les chinois (même communistes^^) sont fous de Jeux...l'ont toujours été ». Moi je suis folle de leur canard laqué qui goûte le bonheur
et surtout de la magie des sampans à la tombée de la nuit  Bisous tout plein    
  



Malika 31/08/2014 12:55

Ah Kessel !!!! J'ai hâte de le retrouver pour un prochain roman ! Ce sera sûrement "Les mains du miracle", à moins que ce ne soit "Belle de jour" !!

Nad 02/09/2014 18:12



L’univers de Kessel est tellement vaste, peu
importe le chemin qu’on emprunte, on voyage en première classe!



manU 31/08/2014 09:36

Joli billet qui donne envie de découvrir Kessel !

Nad 02/09/2014 18:11



Coucou Manu, merci de ta visite qui me fait plaisir, depuis le temps qu’on se croise au
Ranch et ailleurs 



Eeguab 30/08/2014 18:00

Hello Nadine et merci de ton gentil com. sur O'Connor. C'est enrichissant de lire Kessel des dizaines d'années,même plus, après ses écrits de voyage. C'était un temps où ces destinations revêtaient
un parfum d'exotisme réel, d'interdit. Maintenant la notion même de voyage a changé. A bientôt.

Nad 02/09/2014 18:10




Je suis tellement d’accord avec toi. Voyager c’est découvrir une nouvelle culture, se mêler à ses habitants, vivre un dépaysement. Ceux qui partent dans les tours d’ivoire des « tout
inclus », à côtoyer les touristes, manger la même bouffe qu’ils bouffent déjà chez eux et passer la journée dans la piscine de l’hôtel, ils ne voyagent pas, ils « changent d’air »!
J’ai toujours eu horreur de ce genre de voyage, j’aime avant tout vivre avec les gens de la place, à leur rythme, dans leurs habitudes, les deux mains dans la boue. Je suis trop sauvage et
solitaire pour faire autrement. Bonne journée 



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