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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 22:17

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On m’a offert ce livre et j’ai eu un immense plaisir à le parcourir. Ce fut la découverte non seulement d’un auteur, mais d’un univers auquel il me tardait chaque fois de revenir. Un médecin se fait kidnapper et se réveille dans le désert africain entouré d’un groupuscule de médecins humanitaires anarchistes. Ses ravisseurs, aux méthodes terroristes, ont pour tête dirigeante une dénommée Dziiva. Pourquoi ce kidnapping? Un moyen de pression et de vengeance sur les nantis de l’Occident. Par l’entremise de ses deux protagonistes (Dziiya et le kidnappé), deux mondes s’opposeront : les pays industrialisés (sous la forme futuriste du monde spatial) et le tiers-monde (désert africain). À mon sens, la force de ce roman repose sur la richesse des dialogues philosophiques entre ces deux personnages qui sont autant de représentations de la privation de liberté, du libre choix, de la conscience humanitaire et de l’altruisme.   

 

Dziiva, la plus revendicatrice des deux, critiquera le gouffre économique causé par la spatialisation. L’aide et la conscience humanitaires qui se seront éteintes par le même phénomène. Elle décrira avec un impressionnant doigté la spirale hiérarchique de l’altruisme. À commencer par « charité bien ordonnée commence par soi-même »… Elle cherchera à inverser les priorités pour d’abord nourrir les affamés, soigner les malades et loger les sans-abri. Mais elle ne manquera pas de rappeler que cette initiative impliquerait d’enrayer l’égoïsme, la quête de privilèges, la notion de profit ou de puissance. C’est donc un roman fort en réflexions sur le monde industrialisé.

 

Le titre tire son origine de la démarche sous-jacente à toute cette entreprise : terraformer le désert, c’est-à-dire transformer son environnement naturel afin de le rendre habitable. Même si j’arrivais à en déduire le sens, ce mot m’était alors inconnu. Après quelques recherches, j’ai lu quelque part que la « terraformation » est un terme de science-fiction qui a été popularisé par l’auteur américain Jack Williamson. Forts de cette information, vous vous demanderez sans doute si notre kidnappé, fraîchement débarqué dans ce désert africain, arrivera à reconnaître les failles de son système qui privilégie les plus nantis au profit des pauvres… Pour le savoir, il faut le lire…

 

On dit d’Ayerdhal qu’il est un homme engagé, et je n’ai aucun mal à le croire. Chaque grain de ce désert est l’empreinte vivante de ses idéologies. Je remercie l’acteur de ce présent qui m’a amenée à découvrir un auteur remarquable, riche de profondeur humaine et d’imagination…

commentaires

manU 08/03/2017 06:43

Terraformer le désert en une oasis de fraises... Parce qu'il manque un peu de fraises dans les "lait-fraise" africains, ne trouves-tu pas ? :D

Nad 17/03/2017 00:32

Terraformer le désert en une oasis de Leclerc... Parce qu'il manque un peu de ces merveilles dans les patelins québécois, ne trouves-tu pas? ^^

le Bison 07/03/2017 08:45

Terraformer le désert en une oasis de houblons... Parce qu'il manque un peu de houblon dans les bières africaines, ne trouves-tu pas ? :D

Nad 17/03/2017 00:29

Terraformer le désert en une oasis de sirop d'érable... Parce qu'il manque un peu de sucre dans les binouzes du désert, ne trouves-tu pas? :D

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