Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:33

Belle de Toi


Au seuil macabre de la nuit
Briser le pacte je me rétracte
Loin de toi mon amour
La sagesse est une fuite en arrière
Quand ma porte se referme sur toi
Je retourne dans mon placard
Mon cœur las s’enclose
Une pause en attente de ton sourire

L’obsession est mon hiver
J’en ai bien peur
Je prise le mutisme
Comme l’on prise l’engrenage
Mais le fer est immuable
Une douce vision de la violence
Un reflet de l’éthéré novice
Qui violemment me berce
Mon androïde miroir
N’est que revers
Il m’aveugle
Comme un soleil de neige

Ici
Tout est givre
Là-bas
Ne m’oublie pas

Loin de toi
Je suis impersonnelle
L’image vacante
D’une âme sans teint
Son ombre aliénée me fait offense
Lacère
L’interne dimension

Et comment te dire l’effroi…

Le confinement des sentiments
Me rapproche de l’hérésie
Il y a une baignoire
J’y plonge avec volupté
Me laissant engloutir
Car j’ai cru pouvoir nager…
Seule

Mais nage-t-on vraiment dans le noir ?

Il y a du sang
Un goutte-à-goutte
Je m’éviscère… je la tue…
Mais l’Immortelle est illusionniste
De la résurrection
De ce temps où tout est immobile
Je ne trouve que ricanement
Face à mon extinction
Je suis le combattant de la vacuité
L’antre famélique
Où se gave l’effondrement

Mes saintes fêlures font l’éloge de la mort

L’ombre me ceint du feint secret
Me traque
Me pourfend
Je suis le dédale
Le scélérat invoqué
La mégapole exacerbant mes péchés
Je suis l’idole de la désolation
Le fan de la prodigieuse mutilation
Parfois ange déchu de l’abstraction
Je sais le jour où nous sommes mortes
J’entrevois l’oeil torve et avide
Le festin du Grand Loup
Où le rouge des origines a été bu
Comme un élixir

Le schisme se veut lent
Abrasif

Je suis l’urne de chair
Où geint l’égorgée diurne
Gorgée d’absinthe
Et morte je le suis
D’elle… à moi
Son gouffre rayonne
Distillant l’ennui viscéral
D’un monde sans Amour

Et si je suis belle
Ce n’est que de son effroi...
Par toi
Par l’offrande de ton regard

Car…
Tu me vois
Et…
Je te vois

 

Saphariel

commentaires

Nad 20/09/2012 18:15

Ma sœur d'âme... j'ai adoré le rythme de tes mots dès les premières lignes. J'ai trouvé que ce tempo ajoutait à la douleur de l'absence. Ah... ce mal d'amour, celui de l'éloignement et de l'ennui,
cruel et déchirant... Peut-être nous permet-il d'apprécier davantage les retours...? Il n'en demeure pas moins que la carence qu'elle suscite est douloureuse. Tantôt amoureuse, tantôt amicale, à
d'autres moments maternelle (clin d'oeil)... qu'importe son origine, elle est là, elle s'ancre en nous avec force... (grrr...).
Je sens aussi dans ces mots une douce libération, un exutoire, une force qui cherche à sortir de l'eau et qui y arrive, à la toute fin. J'ai l'impression que tu te poses en combattante, que tu
arrives à te moquer des maux, à prendre un recul bienfaisant. Et tes images pour exprimer ce combat sont tellement denses, chargées de belles émotions... Seul ton coeur connaît la source de ces
sentiments qui t'appartiennent et qui font la beauté de ton ressenti. Il y a de la liberté dans ces mots-là... J'ai posé longtemps mon regard sur ceux-ci:

Je m’éviscère… je la tue…
Mais l’Immortelle est illusionniste
De la résurrection

Je suis le combattant de la vacuité
L’antre famélique
Où se gave l’effondrement

Je t'embrasse fort xxx

L'amarrée Des Mots

  • : L'amarrée des mots
  • L'amarrée des mots
  • : « Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi... » - Eric-Emmanuel Schmitt
  • Contact

En ce moment je lis...

La Frontière du loup par Hall

Rechercher