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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 15:32

 

« Tant que je pourrai sortir dans le jardin et contempler les étoiles, je ne serai jamais malheureux. »

 

Il m’arrive souvent de nourrir le rêve de partir m’isoler sur une terre sauvage, dans un recoin de monde où la nature nous invite perpétuellement à s’abandonner à vivre. Il n’y aurait que le silence des lieux comme seule boussole, pour guider le chemin des hasards. Chaque rencontre serait source d’émerveillement ; la voix d’un mélèze solitaire, la luminescence d’une aurore, le hurlement du loup à la nuit tombée et même l’odeur du bois. Des heures, droit devant, pour écrire mes pensées et les coucher sur le papier de ma vie qui défile. Un regard furtif posé sur les années passées, non pas pour les regretter, mais pour mieux définir celles à venir. Oui, tout cela me serait suffisant pour avoir le sentiment d’avoir accompli ma vie.

 

Il n’y aurait que le silence des lieux comme seule boussole et seule quête possible...

 

« La lumière n’est rien s’il n’y a pas l’obscurité, tout autour, pour la définir. »

 

Rick Bass et sa femme Elizabeth ont rendu ce rêve possible en allant se terrer dans un Ranch des montagnes de la Yaak Valley, une vallée sauvage du Montana à quelques kilomètres de la frontière canadienne. L’appel d’un retour aux sources, la volonté de vivre d’essentiel. Aucune âme humaine à des kilomètres, à mille milles de toutes les terres habitées. Quelques amis pour briser la solitude, aux moments venus. Un Magasin général et le Dirty Shame Saloon pour abreuver le silence. Une terre d’abondance pour les orignaux, les cerfs, les loups, les ours, les grizzlys et toutes espèces animales qui arrivent à survivre en ces lieux. Ils furent grisés par la beauté de leur nouveau refuge. Ce qu’ils auront perdu en confort, ils l’auront gagné en liberté...

 

« Si le bonheur ne coûtait rien, ça ne vaudrait pas la peine de le posséder. »

 

Les premières neiges pointeront leur nez d’ici quelques semaines. On ressent bien à travers les mots de Rick Bass le mélange d’appréhension et d’adaptation auquel ils devront faire face. Il coupera du bois presque jour et nuit en vue de se faire une réserve pour passer l’hiver. Mélange également de curiosité fébrile, cette neige est attendue avec impatience, on le sent aussi excité qu’un enfant à la vue du premier flocon de novembre, les yeux pétillants et l’envie d’aller se rouler dans toute cette blancheur. Mais parfois aussi, les vents glacials de l’Alaska leur fouetteront le visage. Ils provoqueront la sensation de lacération sur la peau distendue.

 

« Tant pis s’il fait froid. La beauté en vaut la peine. »

 

L’humidité s’infiltrera à travers chaque interstice. Sans électricité – une seule radio à ondes courtes - les nuits seront noires et tomberont à moins 40. La voiture sera munie de sièges chauffants et de pneus d’hiver. Les tuyaux risqueront de geler et gare à vous si vous croisez Bigfoot dans les montagnes, il est sacrément plus gros qu’un grizzly en période de rut. Mais il faut s’être collé au moins une fois dans sa vie à ces lieux aux limites de la nature extrême, pour pouvoir se dire, en contrepartie, qu’il n’y a pas plus bel endroit au monde que le spectacle offert par ces forêts à perte de vue, ces lacs et glaciers, ces aurores boréales et le chant des étoiles...

 

« Je découvre, ici, des vérités sur moi-même. »

 

L’auteur, fondateur de l’Association de sauvegarde des forêts de la vallée du Yaak et écologiste américain, est visiblement préoccupé par la survie des forêts et la négligence de l’homme face à son environnement. Plusieurs passages du livre mettent en lumière sa conscience écologiste, notamment les opérations minières, les coupes à blanc et la surcombustion du bois de chauffage, sans oublier les espèces disparues.

 

Oui, il m’arrive souvent de nourrir le rêve de partir m’isoler sur une terre sauvage, dans un recoin de monde où la nature nous invite perpétuellement à s’abandonner à vivre. Il y aurait des forêts à perte de vue, des lacs et des glaciers et le chant des aurores. Le silence serait porteur de mille mots tendres. Puis, chemin faisant, j’irais danser sous les étoiles...

 

« Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir enfin l’impression d’être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes. » - Jim Harrison

 

Quel bonheur d'avoir partagé cette lecture avec manU, mon sweet bûcheron des marais :-*

 

 

 

commentaires

Libriosaure 05/02/2017 19:26

Magnifique article, tu nous as fait voyager alors même qu'on n'a pas ouvert le livre...

Nad 10/02/2017 16:18

C'est un voyage dont on ne voudrait jamais revenir...

nadège 24/01/2017 10:55

Il y a là dans tes mots toute ta jolie sensibilité, ta vérité, ton "entièreté". "s'abandonner à vivre", "danser avec les étoiles"... Je t'embrasse.

Nad 25/01/2017 03:19

Et dans ces mots-là il y a toute ta gentillesse... je t'embrasse ma Nadège

le livre-vie 22/01/2017 15:12

Je nourris ce doux rêve également, je le caresse toutes les nuits et aimerais pouvoir m'échapper un peu. Il est réalisé en partie, je vis isolée de tout ou presque (plus proche voisin à 2 km, 1 km de chemin pour arrivé chez moi). Je peux savourer le spectacle des chevreuils qui viennent trouver refuge chez nous, ou le ballet de la chouette qui me salue toutes les nuits. Mais il me manque la montagne... Et cet isolement n'est que temporaire, je travaille "à la ville" où les stimulis sont constants.

Oui, moi aussi je caresse ce doux rêve...

Nad 22/01/2017 19:06

Plus proche voisin à 2 km, c'est merveilleux! Même si tu travailles en ville tu as le bonheur de te retrouver chaque soir, chaque nuit, dans ton cocon isolé du monde. Ça n'a pas de prix...:-*
C'est vrai que les lacs et les montagnes ajoutent beaucoup, mais tu as le spectacle des chevreuils et le ballet d'une chouette. Magique comme décor...
Bisous

Alex-Mot-à-Mots 17/01/2017 12:16

Oui, mais tu ne partirais pas longtemps, n'est-ce pas ?

Nad 17/01/2017 16:30

Je partirais y vivre toute une vie! :-)

Jerome 17/01/2017 12:00

J'avais adoré ! Et c'est une parfaite lecture de saison ;)

Nad 17/01/2017 16:32

En effet, et il paraît qu'il fait pas chaud en France en ce moment! Merci Jérôme ;-)

Léa Touch Book 16/01/2017 15:14

J'ai beaucoup aimé ce livre :)

Nad 17/01/2017 16:30

Un livre qui fait du bien! :-)

le Bison 16/01/2017 09:10

Le silence des lieux, juste des coups de hache répétés à longueur de matinée. Cogne, cogne, cogne, dans mon cœur, dans mon corps, l'hiver est là, la neige enveloppe, le froid isole. Quel bon bouquin, celui-là, je l'ai adoré (mon premier Rick Bass, peut-être même). Quel grand silence.

J'ai l'impression que pour survivre là-bas, il faut beaucoup beaucoup de bois, des caisses de bières et de Gewurtzraminer, du petit bois, des grosses bûches, et peut-être une motoneige pour briser, le temps d'une pinte ou d'une pipe, sa solitude au Dirty Shame Saloon (ne pas y emmener sa femme). Ne pas oublier de racheter des épices à Caribou pour manger avec une côte de Grizzly.

Qu'il est tentant ce silence, qu'il est tentant de plonger dans cet hiver, dans cette neige, et de ne plus y revenir... Car une fois goûté à un tel silence, si beau, si profond qu'il en mouille mes yeux, je crois que je n'aurai plus envie de le quitter...

Nad 17/01/2017 23:56

Tu devrais voir la binette à Vincent ou Thomas quand j'me bois des jus verts "qui goûtent le gazon", pour employer leurs mots.....
Pfffffffffffffffffff ^^
Ben oui, si ça émoustille papilles et pulsions, à quoi bon :D))))

le Bison 17/01/2017 22:45

Du cola.... Effectivement quelle idée !?! Autant boire un jus de chou kale...

Par contre, un bol de café le matin au réveil le week-end, ça réchauffe le majeur... Mais double effectivement, à quoi sert le café, si on a le sirop d'érable qui réchauffe tout autant papilles et pulsions... :D

Nad 17/01/2017 19:38

J'connaissais même pas ça! ^^ mdrrrrr
Après, le cola c'est comme le café, jamais bu ça de ma vie, beurk :P
Moi tu sais, j'ai une âme pure, je bois le sirop 100% pur à même l'érable quand il coule au printemps......... :D))
C'est ça ou rien d'autre ^^ ^^

le Bison 17/01/2017 19:12

et des caisses de Bec Cola ! :D

Nad 17/01/2017 16:33

Sûr que si je goûte à ce silence et ces paysages quelques temps, je ne pourrai plus jamais m'en passer après.
Comme une cabane en Alaska avec une remise pour ranger mon bois, des caisses de Gewurztraminer, des majeurs pour occuper les soirées froides, un vol de lagopèdes au-dessus des montagnes, des épices à caribou pour le steak de grizzly (ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr), une cabane à sucre (un must!), un igloo, avec tout ça, ça risque de fretter les poils quand même, mais j'aurai au moins le cœur et l'âme au chaud ^^

A_girl_from_earth 15/01/2017 23:30

Ah, ça me plaît bien ça moi aussi, l'idée de m'isoler sur une terre sauvage, par contre, je choisirais plutôt une terre type île, avec soleil, et compagnie, parce que l'hiver et le froid risqueraient de me plomber le moral à la longue, haha ! En tout cas le contexte de ce récit me plaît bien quand même, j'aime vraiment cette idée de liberté, se retrouver face à l'essentiel, face avec soi-même.

Nad 16/01/2017 03:05

Là j'vais prêcher pour ma paroisse mais tu sais, le froid et l'hiver ça peut plomber le moral quand y'a pas de neige, mais avec les grandes étendues enneigées à perte de vue, toute cette belle blancheur, le soleil reflété sur les flocons, le plaisir de s'allumer un feu, c'est tellement magique! ^^
Bon, après tu me diras, la Nad du Québec elle a pas l'choix, elle s'en prend les deux pieds dedans 6 mois par année (ptdrrrrr), faut bien qu'elle s'y fasse sinon ça va lui coûter cher de thérapie, mais vraiment, je trouve ça sublime! La neige c'est poétique, ça me rend songeuse, l'air est pur, c'est ressourçant :P
(je ferais une bonne vendeuse de voitures non?) Ha ha ha ha
Je blague, je comprends ce que tu dis, il y a le désir de vivre selon la liberté offerte et la quête de vivre d'essentiel...
Tu viens dormir dans mon igloo à moins 40 ? :-)))))))

Caroline 15/01/2017 17:30

Ma foi, la petite grenouille... heu pardon ! le sweet bûcheron des marais et toi m'avait convaincue, je vais lire Winter :-)

Nad 15/01/2017 23:20

De quoi donner quelques frissons dans l'échine et une envie de faire un feu de bois! :D)

Eeguab 15/01/2017 08:24

Hello Nad. Rick Bass est dans ma galerie de portraits d'auteurs préférés. J'ai dû en lire quatre ou cinq. Je lirai cet Hiver avec plaisir. Merci encore pour le Reptile que je dévore de grand appétit. Bises froides et picardes mais chaleureuses cependant. A bientôt.

Nad 15/01/2017 15:53

Ah cool! J'irai voir ça sur ton blog, je suis curieuse de savoir lesquels :D
Amuses-toi avec le reptile... ;-)
Bon dimanche Claude, bises

manU 15/01/2017 08:07

Ah ben ça c'est du billet !!! Bravo BûcheronNad !!

Nad 15/01/2017 15:49

Tires-toé une bûche mon bûcheron qu'on placote autour du feu ^^
Trop l'fun de lire ensemble!
Big BisouillEs :-*

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