Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 20:53
Le Ruban - OGAWA Ito

« L’espoir est quelque chose qu’on fait naître. »

 

Et si je vous disais que cette histoire d’amour a pris naissance dans le chignon d’une vieille dame passionnée d’oiseaux? Vous seriez peut-être déjà tentés de la lire, ne serait-ce que pour la douceur des images multiples que ces mots éveillent en vous. Quant à moi, j’ai ouvert ce roman et je l’ai refermé seulement une fois que j’ai eu terminé mon voyage sur les ailes de Ruban. Et connu la beauté de son destin…

 

Dans le nid chaud de sa chevelure, Sumire, sous l’œil et les soins complices d’Hibari, sa petite-fille d’adoption, couve jour et nuit l’œuf qui vient de tomber du nichoir d’un arbre centenaire. Avec cette tendresse propre à l’amour, et à travers des liens qui se resserreront entre elles à jamais, la petite Hibari prendra soin du retournement de l’œuf et de son incubation artificielle. Tout cela avec le même soin délicat que celui d’un secret confié aux seules personnes qui nous sont chères. Jusqu’au jour où Ruban naîtra, une jolie perruche calopsitte à tête jaune, qui viendra se percher sur l’épaule de Sumire. Ce jour-là, les cerisiers venaient de fleurir. Sous l’œil triste mais à la fois attendrie d’une vieille dame et de sa petite-fille, il prendra son envol, liant à tout jamais leur âme.

 

« Soudain, le dos de sa main est entré dans mon champ de vision. En regardant bien, sur ses mains, il y avait des montagnes et des vallées, des rivières, c’était comme la Terre vue d’en haut, de très loin. Ces mains avaient aimé Ruban, m’avaient serrée contre elle. » 

 

Sur son passage, témoins de certains malheurs, Ruban apaisera de sa présence. À chacune des petites histoires qui nous seront racontées sous formes de nouvelles, il apportera tantôt un réconfort physique aux douleurs, tantôt il donnera le courage d’aller de l’avant à cet homme malheureux qui aura tout perdu, même l’envie de vivre. Un jeune travesti apprendra les beautés de l’apprivoisement. Doucement, sa colère s’atténuera. D’autres histoires touchantes viendront parfumer ce roman où Ruban deviendra unique, source de consolation par sa douceur répandue. Il sera à la fois Citron, Banana, Sûbô ou Suehiro, selon les prénoms d’adoption que lui donneront ceux à qui il offrira son amour. Mais à jamais, pour Sumire, il sera Ruban, celui qu’elle aura couvé dans la chaleur de son chignon, réincarnation de l’homme aimé dont elle fut séparée par le mur de Berlin en 1961. Il reliera leur âme pour toujours…

 

Ce beau roman, on voudrait le poser sous notre oreiller pour qu’il nourrisse nos rêves. Il est écrit avec douceur et un infini respect des malheurs de chacun. Même dramatiques, les situations de vie qui nous sont présentées, en aucun cas ne sombrent dans les effets pervers de la victimisation. Les symboles sont multiples et forts. J’ai été particulièrement touchée par celui de la liberté, que l’auteure nous présente à la fois à travers le dilemme de la cage et celui du mur de Berlin, dont l’Ouest est enclavé dans la capitale de l’Est. Au-delà de la mort, Ruban unit les gens à jamais, les liens familiaux sont soudés, les amitiés aussi, plus fortes encore. Des pages emplies de magie, d’espoir et de rêves, ce roman est un hymne à la vie...

 

« Que notre ruban soit un lien éternel à notre amitié »

 

Un immense merci ma Douce Cristina pour ce précieux moment de lecture… xx 

Le Ruban - OGAWA Ito
Le Ruban - OGAWA Ito

commentaires

Nadège 15/02/2016 16:37

Que j'aimerais dérouler ce ruban. Il y a tant de délicatesse dans la littérature japonaise... Je t'embrasse fort (je suis peu présente en ce moment...)

Nad 15/02/2016 20:11

Un très beau Ruban à dérouler... Je t'embrasse fort aussi, surtout prends ton temps, je sais tout ce qui t'entoure en ce moment... ;-)
Gros becs

dasola 15/02/2016 14:43

Bonjour Nadine, tu parles bien de ce roman dont je n'avais pas entendu parler. Ta chronique est aussi douce que le roman semble t-il. Merci et bonne après-midi.

Nad 15/02/2016 20:10

Je te souhaite de le découvrir un jour. On ne peut que l'aimer, ne serait-ce que pour la douceur qu'il dégage et le bien-être qu'il procure...
Bonne journée Dasola

jerome 12/02/2016 08:53

La littérature japonaise et sa douceur pour parler de sujets délicats, c'est une chose que j'apprécie énormément !

Nad 15/02/2016 20:08

Oui, c'est tout à fait ça, beaucoup de douceur, de pudeur et de tendresse. Ces lectures font du bien...
Bonne semaine Jérôme

le livre-vie 11/02/2016 18:08

Quelle belle chronique! Je l'ai savourée comme on savoure un bon thé! Merci beaucoup pour le moment et pour la découverte!

Nad 15/02/2016 20:07

Ah tu l'as lu toi aussi, super! Oui c'est un roman vraiment délicieux, tout en délicatesse...
Je ne le trouve pas sur ton blog, si jamais tu as fait une critique tu peux m'écrire le lien ici? Je le rajouterai...
Bisous et bonne semaine à toi Céline

Chrisdu26 09/02/2016 22:20

Quel bel hommage tu rends à ce livre ma Belle Nadine. Tes mots sont une invitation au voyage au merveilleux, c'est si joliment écrit.

"Ce beau roman, on voudrait le poser sous notre oreiller pour qu’il nourrisse nos rêves".

C'est trop beau !

Et puis il n'y a que les Japonais pour écrire des histoires aussi douces et oniriques. Des petits œufs dans un chignon, vraiment c'est trop beau ! Et ta façon de nous amener ce livre est très émouvante. Merci beaucoup ma Caribou ! Tu es adorable en tout.

Un joli ruban de toi à moi <3 Un gros baiser sur ta joue :)

XXX

Nad 11/02/2016 02:56

Les romans asiatiques me font toujours beaucoup de bien, oh oui, c’est troooop beau cette idée d’œuf dans un chignon! J’ai aussi retrouvé ce sentiment-là dans certaines lectures d’Afrique ou des Antilles, la mentalité des habitants y est sans doute pour beaucoup, leur douceur, leur sérénité, la paix intérieure, les croyances… Ah que ça fait du bien!...

Merci ma tite bulle de savon, c’est toi qui est adorable comme tout!

Un Ruban de toi à moi ;-) xxx

le Bison 09/02/2016 22:19

Que rajouter à cette belle chronique, à ce beau livre...
Probablement rien qui ne puisse embellir ce texte.
Ah si... pour nourrir mes rêves, pas besoin d'un livre sous mon oreiller, j'imagine juste d'autres plumages sous la couette...

calopsitte à tête jaune, ça sonne aussi poétiquement qu'un juron québécois :-)

Nad 11/02/2016 03:03

Tabarnak Bison, fais quand même attention de pas t’étouffer avec un bout d’plume!!!

Hostie d’câlisse de tabarnak de calopsitte à tête jaune, ah oui, c’est vrai que ça sonne bien……… ^^

manU 09/02/2016 21:03

Des plumes comme des pétales de fleurs de cerisiers qui virevoltent dans les airs...
Une jolie couverture pour un roman qui semble plein de poésie.
Beau billet !

Nad 11/02/2016 03:07

« Des plumes comme des pétales de fleurs de cerisiers ... », oh que c’est beau ça ma sweet grenouille…! :-*

L'amarrée Des Mots

  • : L'amarrée des mots
  • L'amarrée des mots
  • : « Si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi... » - Eric-Emmanuel Schmitt
  • Contact

En ce moment je lis...

Résultats de recherche d'images pour « les enfants de l'exode salgado »
 

Rechercher